Politique

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Notion polysémique, la politique recouvre :

  • la politique en son sens plus large, celui de civilité ou Politikos, indique le cadre général d'une société organisée et développée ;
  • plus précisément, la politique, au sens de Politeia, renvoie à la constitution et concerne donc la structure et le fonctionnement (méthodique, théorique et pratique) d'une communauté, d'une société, d'un groupe social. La politique porte sur les actions, l’équilibre, le développement interne ou externe de cette société, ses rapports internes et ses rapports à d'autres ensembles. La politique est donc principalement ce qui a trait au collectif, à une somme d'individualités et/ou de multiplicités. C'est dans cette optique que les études politiques ou la science politique s'élargissent à tous les domaines d'une société ( économie, droit, sociologie, etc.) ;
  • dans une acception beaucoup plus restreinte, la politique, au sens de Politikè, ou d'art politique se réfère à la pratique du pouvoir, soit donc aux luttes de pouvoir et de représentativité entre des hommes et femmes de pouvoir, et aux différents partis politiques auxquels ils peuvent appartenir, tout comme à la gestion de ce même pouvoir ;
  • la politique est le plus souvent assortie d'un épithète qui détermine sa définition : on va parler de stratégie politique [1] par exemple pour expliquer comment elle se situe dans une perception combinatoire et planifiée de nature à lui faire atteindre ses objectifs.

Histoire

Anthropologie

Article détaillé : Anthropologie politique.

Selon Georges Balandier, l'anthropologie politique « tend à fonder une science du politique, envisageant l'homme sous la forme de l'homo politicus et recherchant les propriétés communes à toutes les organisations politiques reconnues dans leur diversité historique et géographique » [2].

Les anthropologues ont distingué quatre systèmes politiques primitifs, qui se situeraient en dehors de toute logique étatique [3].

  1. Les bandes de chasseurs-cueilleurs nomades. Du fait de leur taille réduite (guère plus d'une centaine d'individus), et de leur mobilité, ces bandes n'éprouveraient nul besoin d'instituer des autorités politiques permanentes.
  2. Les sociétés lignagères. Décrit par Evans-Pritchard, dans son étude classique sur les Nuer, ce système politique implique la réunion de plusieurs groupes familiaux, au sein desquels les aînés possèdent une légitimité particulière, qui les rend aptes à dénouer un conflit.
  3. Les sociétés à notables charismatiques. Ici, le pouvoir est représenté ponctuellement par quelques personnalités reconnues pour leurs qualités morales ou leurs attributs matériels. Toutefois, cette dignité demeure individuelle, et n'est pas transmissible héréditairement.
  4. Les sociétés à chefferies. Quelques individus exercent un pouvoir incontestable et héréditaire, dont l'étendue reste cependant variable.

L'existence de sociétés sans États reste néanmoins sujette à caution.

États proche-orientaux

Au cours de la ville d' Obeid en Mésopotamie, (6500 à 3750 av. J.-C.) vont apparaitre et se combiner deux faits importants:
Le phénomène de structuration économique initié au début de l'ère Néolithique atteint un niveau critique, qui entraîne l'émergence d'une nouvelle cellule sociologique, la ville, ainsi que l'avènement d'inégalités sociales [4]. L'invention de l' écriture permet l'administration rationnelle d'un espace donné : « les écrits, en effet, permettent de porter au loin des messages, de noter des comptes, de conserver des archives, toutes ressources susceptibles d'aider au plus haut degré l'administration de l'État » [5]. L'avènement conjoint de ce modèle sociologique et de cette technologie intellectuelle contribue à l'émergence d'une structure humaine nouvelle, l' État, et de son corollaire, la politique.

À partir de l'an 3000 av. J.-C., Les Cités-États qui apparaissent en Mésopotamie semblent privilégier des régimes politiques assez proches de la monarchie constitutionnelle, voire de la république. Un poème sumérien étudié en particulier par Samuel Noah Kramer fait ainsi état de la présence de deux assemblées à Uruk, l'une, l'assemblée des anciens, s'apparentant à une sorte de sénat, l'autre à une assemblée du peuple. La légitimité du roi d' Uruk semble dépendre étroitement de ces deux assemblées : il ne déclare en effet la guerre à la cité de Kish qu'après avoir reçu au moins le soutien de l'assemblée du peuple [6]. Qui plus est, l'attribution du pouvoir royal n'est que rarement héréditaire. Le terme sumérien pour désigner le roi, Lugal, consiste en effet en l'association de la racine Lu, homme et gal, grand. Ce qui importe ici avant tout ce sont les qualités morales et nullement l'appartenance héréditaire : Sargon d'Akkad n'obtient ainsi le trône que grâce à ses vertus royales [7].

Progressivement le pouvoir monarchique se renforce, tout à la fois en puissance (les premières cérémonies de sacre, qui impliquent une légitimité de droit divin apparaissent au début du IIe millénaire av. J.-C. [7]) et en étendue (les cités-États sont absorbées par de grands royaumes). Les institutions démocratiques et républicaines, notées par Kramer, tombent de fait en désuétude. Le renforcement de l'autorité monarchique va favoriser, au cours du premier quart du IIe millénaire av. J.-C., la mise en place d'une administration et d'une jurisprudence normalisées, évolution illustrées par les codes d' Ur-Nammu (vers -2100), de Lipit-Ishtar (vers -1930) et d' Hammurabi (vers -1750), ainsi que les Lois d' Eshnunna (vers -1760) [8]. Certes ces premiers corpus juridiques n'ont aucune visée exhaustive et s'apparentent plutôt par leur style à des recueils de prescriptions morales [8]. Toutefois le fait qu'ils entendent corriger les traditions orales dans une optique rationnelle représente une rupture importante : « la situation dans une société proche-orientale est donc très différente de celle des sociétés sans histoires, où les coutumes sont absolument fixes et où le changement est subi et non organisé » [9]

L'affermissement de grands États centralisés et rationalisés induit l'organisation de relations internationales. De la fin du IIe millénaire av. J.-C. à -1100, un espace allant de l' Égypte à Élam, et de l' Arabie au royaume Hittite est régi par un système diplomatique élaboré : le système d'Armana [10]. Fondé sur un relatif équilibre géopolitique entre quatre ou cinq grandes puissances, ce système dispose de sa lingua franca, l'akkadien, et de ses protocoles propres. Ainsi, les « différents rois entretenant des relations diplomatiques sont réputés appartenir à une seule et même grande famille ou grande maison (…) les rois de statut identique se traitent de frères, ceux de moindre envergure sont les fils ou les serviteurs des premiers » [10]. Les invasions successives des peuples de la mer mettent fin à cette construction politique élaborée.

Il semble ainsi que les États proche-orientaux ont forgé la quasi-totalité des formes et structures politiques. Pour autant si le politique est certes un objet bien établi, il ne s'agit en aucun cas d'une pensée ni d'une théorie politique. : « jamais le mythe, la loi, la coutume dans leur ensemble ne deviendront objet de débat explicite, parce qu'elles continuent à relever du sacré, et du sacré seul » [11]. Les hommes d'États proche-orientaux se préoccupent avant tout des politiques, de la gestion des affaires administratives, et fort peu de la Politique, de l'ordre étatique dans son ensemble — car l'ordre est partie prenante de l'ordre divin dans son ensemble, et ne saurait être contesté, discuté ou simplement considéré [11].

Cité grecque

Article détaillé : Cité grecque.

En dépit des précédents proche-orientaux, l'origine de la politique se confond généralement avec celle de la pensée politique et donc de fait, avec la Cité grecque. Ainsi l'helléniste anglais Moses Finley, a-t-il pu affirmer que la politique « est une des activités les moins répandues dans le monde pré-moderne ». Il s'agit en effet, « d'une invention grecque, ou, pour être plus précis, une invention que firent séparément les Grecs, les Étrusques et/ou les romains » [12].

Tout au long du IIe millénaire IIe millénaire av. J.‑C., la Grèce apparaît comme une simple continuité périphérique du système d'Amarna. Comme le note en effet Jean-Pierre Vernant : « la Méditerranée ne marque pas encore de part et d'autre de ses rives, une coupure entre l'Orient et l'Occident. Le monde égéen et la péninsule grecque se rattachent sans discontinuité (…) d'une part au plateau anatolien (…) de l'autre (…) à la Mésopotamie et à l' Iran » [13]. De la sorte, le premier État grec connu, le royaume mycénien, s'apparente par de nombreux traits aux monarchies proche-orientales contemporaines. Il s'agit en effet d'une royauté bureaucratique, caractérisée par une régulation quasi-maniaque de la vie sociale [14]. De plus, le roi ou anax possède une autorité essentiellement militaire et religieuse [15]. Aussi, la politique à l'ère mycénienne prend ainsi la forme d'une activité essentiellement administrative, inscrite dans un cadre cosmogonique plus large.

Effectif à partir du XIIe siècle XIIe siècle av. J.-C. le déclin du monde mycénien va entraîner un redéploiement complet des structures politiques initiales : l'anax disparaît et les potentats locaux, dits basileus ne conservent le plus souvent que des prérogatives religieuses [16]. Le reflux de la souveraineté monarchique va favoriser deux forces sociales jusqu'ici quasiment exclues du jeu politique : « d'une part les communautés villageoises, et de l'autre une aristocratie guerrière » [17]. Les dissensions fréquentes entre ces deux forces, vont rendre nécessaire la mise en place du débat politique ou agôn, sur une place publique. Le pouvoir cesse dès lors de dépendre d'un centre unique, pour être le produit d'une délibération constante : « l' archè ne saurait plus être la propriété exclusive de qui que ce soit ; l'État est précisément ce qui a dépouillé tout caractère privé, particulier, ce qui, échappant au ressort des genè, apparaît déjà comme l'affaire de tous » [18].

Progressivement s'instaure une entité politique d'un genre nouveau : la polis ou cité. Elle se caractérise par trois traits principaux : l'usage du discours rationnel, la publicisation des actes politiques, et la croyance en l'égalité des citoyens devant la loi (ou isonomie) [19]. Cette instauration invalide de fait les vieilles coutumes orales, qui régulaient jusqu'alors le jeu politique et social. Plusieurs législateurs, regroupés sous l'appellation générique de sept sages vont promouvoir en conséquence une nouvelle éthique citoyenne, qui témoigne d'une volonté de rationaliser la justice : le criminel n'est ainsi plus jugé coupable vis-à-vis de sa victime, mais de la cité entière [20].

Pendant moral de cette éthique, la «  sôphrosunè » ou modération, fait converger l'ensemble des structures sociales vers un « juste milieu » [21]. Solon impose ainsi une égalité géométrique, ou homoneia, des corps de citoyens, en accord avec les rapports de types musicaux (2/1, 3/2, 4/3) : la première classe de citoyen reçoit ainsi cinq cent mesures de blé, quand la dernière classe n'en reçoit que deux cents [22]. Par la suite les démocrates comme Clisthène généralisent le principe de l'égalité absolue, fondée sur le rapport 1/1 : chaque citoyen devient dès lors l'entité indivisible d'un corps unique : la cité [23]. Afin de garantir ce principe, Clisthènes procède à une réforme profonde de l'espace civique athénien, en regroupant les quatre tribus traditionnelles en dix tribus : purement conventionnelle, cette division administrative achève de rationaliser la cité [24].

Moyen Âge et époque moderne

Au Moyen Âge, le régime politique le plus répandu est celui de la monarchie. Le roi est alors le suzerain de ses vassaux. À partir de la Renaissance, le roi devient souverain. Dans certains États, le régime prend la forme de la monarchie absolue de droit divin, dont l'archétype est, en France, le roi Louis XIV.

Fin du XVIIe siècle - XXe siècle

À partir de la fin du XVIIe siècle et au XVIIIe siècle, pendant les Lumières, les injustices qui découlent des inégalités entre les trois ordres, notamment les privilèges accordés à la noblesse, entraînent des modifications profondes des régimes politiques en Europe.

L' Angleterre est la première à passer à un régime de monarchie constitutionnelle lors de la Glorieuse Révolution ( 1688). La France lui emboîte le pas près d'un siècle plus tard : la Révolution française éclate en 1789. Elle se concrétise dans un premier temps par une Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ; le pouvoir n'émane plus du monarque par l'intermédiaire de droits divins, mais du peuple, et trouve sa légitimité dans les «  droits naturels, inaliénables et sacrés » [25], que possède tout homme (et toute femme) dès la naissance [26]. Le régime passe à la monarchie constitutionnelle ( 1791), puis à la République ( 1792), puis passe par des états transitoires : empire ( 1804), monarchie constitutionnelle (à la Restauration en 1815), République ( 1848), empire ( 1851), avant de se stabiliser en République ( 1871).

Ces deux types de régimes (monarchie constitutionnelle et République) vont se répandre progressivement dans la quasi-totalité des États du monde jusqu'à aujourd'hui.

À partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale

Après la Seconde Guerre mondiale, de nouveaux droits sont proclamés. En France, la Constitution de 1946 définit dans son préambule des droits à caractère essentiellement social ( droit à obtenir un emploi, droit de grève, droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence). Ces droits sont conservés dans la Constitution de 1958.

L'apparition et l'intensification des problèmes écologiques à partir des années 1970 soulève la question des droits et devoirs des citoyens en rapport à leur environnement. Les politiques des États commencent à prendre en compte des objectifs de développement durable, croisant les aspects économiques, sociaux, et environnementaux, selon la description donnée au Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992. L'Union européenne met en place une politique de développement durable. En France, les droits et devoirs liés à l'environnement sont proclamés dans la Charte de l'environnement de 2004, faisant de ce pays le premier État au monde à leur attribuer une valeur constitutionnelle.

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