Pindare

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Pindare
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Naissance 518 av. J.-C.
Cynocéphales
Décès 438 av. J.-C.
Argos
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture grec ancien ( dorien littéraire)
Genres

Œuvres principales

Pindare, en grec ancien Πίνδαρος / Píndaros, né à Cynoscéphales, un bourg près de Thèbes ( Béotie), en -518, mort à Argos en -438, est l'un des plus célèbres poètes lyriques grecs.

Forte personnalité profondément attachée à la religion traditionnelle et à l'antique aristocratie dorienne qui prédominait à Thèbes, Pindare n'aimait pas Athènes dont l'esprit démocratique l'inquiétait : préférant les villes gouvernées par une aristocratie sachant instaurer l' Eunomie (le « bon ordre », du grec ancien εὐνομία) [Note 1], il a consacré ses chants à célébrer ce vieil idéal [1]. En digne héritier de la conception aristocratique et dorienne du concours athlétique, Pindare est le premier à faire de l' épinicie, hymne de triomphe, sorte de poème dont la signification est à la fois religieuse et morale [2]. Considéré dès l' Antiquité comme le maître incontesté et inimitable du lyrisme choral grec, synthèse de l'art poétique, musical et chorégraphique, il inaugure en outre dans ses Odes triomphales un art puissant aux rythmes savants où foisonnent des images somptueuses, art redécouvert par les Modernes seulement au XIXe siècle, et qui a inspiré les plus grands poètes. En évoquant « Pindare serein plein d'épiques rumeurs », Victor Hugo [3] résumait les deux traits essentiels du poète grec, la majesté tranquille et presque religieuse qui a frappé ses admirateurs, et la vigueur s'épanchant dans les flots larges et sonores de ses images et de sa langue.

Biographie

Les éléments biographiques que nous possédons sur Pindare sont minces, malgré les cinq Vies laissées par l'Antiquité [4].

Les débuts du poète

Selon la tradition, il est membre d'une famille aristocratique. Son père se nomme Daïphante et sa mère, Cléodicé [5]. Il naît en 518 à Cynocéphales, en Béotie, un bourg aux portes de Thèbes ; il se dit avec orgueil « enfant de l'illustre Thèbes, dont les sources le désaltéraient [6] ». Dans le fragment 193 de ses œuvres, il évoque « la fête quinquennale / escortée de bœufs où pour la première fois / [il] fut couché, tendre enfant dans ses langes » : cette allusion aux jeux Pythiques nous montre qu'il naît au mois d'août ou de septembre. Il a un frère nommé Éritimos. S'il faut en croire l'indication qu'il donne lui-même dans la Ve Pythique [7], il appartiendrait à la race des Égides, pieux héros fréquentant oracles et sanctuaires, et qui furent à Théra prêtres d' Apollon Carnéen : le caractère manifestement religieux de cette famille s'accorde avec la piété de Pindare, qui fit élever des chapelles en l'honneur de Cybèle, d' Apollon Boédromios et d' Hermès Agoréos [8], et à qui on rendait des honneurs exceptionnels dans le sanctuaire d'Apollon à Delphes. Les Égides avaient en outre joué un rôle important dans l' invasion dorienne : à l'époque préhistorique, cette famille de la noblesse thébaine avait accordé son appui aux Doriens pour qu'ils s'emparent d' Amyclées [9]. La famille de Pindare, riche et estimée, possédait une maison à Thèbes, où le poète a habité souvent par la suite.
La cité semble avoir possédé, à l'époque de Pindare, une école de poètes lyriques où la flûte était particulièrement en honneur [10]. Il participe jeune aux concours de poésie, où selon Pausanias [Où ?], il aurait été battu par Corinne. Selon une autre tradition rapportée par Plutarque, la poétesse lui aurait reproché d'avoir composé un poème où le mythe manquait. Après qu'il fut tombé dans l'excès inverse, celle-ci lui aurait alors conseillé de « semer à pleines mains, mais non à plein sac [11]. » À Athènes, où il étudie le lyrisme choral, il a comme professeur Agathocle [Note 2] et peut-être Apollodore, deux poètes musiciens, auteurs de dithyrambes. Hérodote fait de lui l'élève de Lasos d'Hermione. Sa première ode, la Xe Pythique, est composée à l'âge de vingt ans. Elle célèbre la victoire du Thessalien Hippocléas au double stade, ainsi que la famille de l'athlète, les Aleuades. En 490, il compose sa VIe Pythique en l'honneur de Xénocrate, frère de Théron, futur tyran d' Agrigente.

La maturité et la gloire

En -480, les Perses envahissent la Grèce. Thèbes, gouvernée par une aristocratie, pactise avec l'ennemi auprès duquel elle se bat ; le général perse Mardonios occupe la cité et Thèbes lui fournit l'appui de sa cavalerie à la bataille de Platées en -479 ; après la victoire de l'armée grecque, Thèbes est assiégée et les chefs du parti mède mis à mort [12]. On ne sait si Pindare approuva cette politique d'alliance avec les Perses, comme l'affirme l' historien Polybe de Mégalopolis [13] et à sa suite Tycho Mommsen [Note 3]. Il a sans doute craint une guerre civile si une révolte violente éclatait contre le pouvoir des oligarques thébains [14]. Il est certain en tout cas qu'il a dû souffrir par la suite de la trahison des Thébains et qu'il l'a regrettée [Note 4] comme le montre le panégyrique qu'il fait de la bravoure des Éginètes [15], composé juste après la victoire de Salamine -en 480 ainsi que les panégyriques composés pour Athènes : dans l'un d'eux, Pindare célèbre Athènes comme le rempart de la Grèce : « Ô toi, illustre Athènes, brillante, couronnée de violettes et fameuse par ton chant, rempart de l'Hellade, cité divine [16]. Athènes le récompense en lui attribuant la dignité de proxène et en le gratifiant de dix mille drachmes pour le dithyrambe qu'il lui a consacré [17]. Mais c'est Simonide de Céos, non Pindare, qui s'est fait le chantre des victoires remportées contre les Perses.

Course de chars et terma, par le peintre d'Euphilétos. Amphore pseudo-panathénaïque attique à figures noires.
Vers 500 av. J.-C.

Entre 480 et 460, Pindare voit sa renommée s'étendre dans l'ensemble du monde grec ; auréolé du plein éclat de sa gloire, il s'attache alors à différentes cours aristocratiques grecques, comme celle du tyran Hiéron de Syracuse, en l'honneur duquel il compose la Première Olympique et les trois premières Pythiques, ou celle du roi de Cyrène, Arcésilas IV, pour lequel il compose les IVe et Ve Pythiques. Ces clients princiers, à la tête d'une importante fortune, étaient en effet seuls à pouvoir pratiquer l'élevage et posséder des attelages pour les deux épreuves de la course de chevaux et de la course de chars. Dans le domaine des épinicies commandées par les tyrans grecs de Sicile, il est concurrencé par le poète Bacchylide, caractérisé par un style plus délicat. Cette concurrence se signale par quelques traits de jalousie chez l'un et l'autre de ces deux poètes [18].
Comme Pindare assiste le plus souvent aux jeux panhelléniques, puis dirige généralement lui-même l'exécution de ses odes triomphales, il est certain que durant ces vingt ans il dut parcourir presque toute la Grèce. Il est en relation avec le roi de Macédoine, Alexandre Alexandre Ier, pour lequel il compose un éloge [Note 5]. C'est en souvenir des relations d'Alexandre Ier de Macédoine avec Pindare, que, selon la légende, Alexandre le Grand épargna la maison du poète lyrique à Thèbes pendant le sac de cette ville par les Macédoniens [19]. En 476 vraisemblablement Pindare se rend en Sicile, à la cour de Théron d'Acragas et à celle de Hiéron [20]. À cette occasion, il parcourt les principales villes de Sicile, dont Syracuse. Il semble traduire une impression personnelle lorsqu'il évoque, dans la Première Pythique, l' Etna en éruption avec ses torrents de lave rouge roulant « des blocs de roche avec fracas » [21]. Un autre voyage le mène sans doute auprès d' Arcésilas IV, roi de Cyrène, cité qu'il semble avoir visitée et dont il décrit la longue route pavée de blocs solides que les ancêtres du roi avaient bâtie au milieu des sables en la conquérant sur le désert.
Pindare était marié à une femme nommée Mégaclée, suivant la biographie d' Eustathe, et il avait deux filles et un fils nommé Daïphantos qui fut daphnéphore à Thèbes [22].
La vieillesse de Pindare est assombrie par les malheurs de Thèbes, vaincue et dominée par Athènes, de 457 à 447, malgré le succès des Thébains à la bataille de Coronée (446 av. J.-C.). Il meurt à quatre-vingts ans, selon un de ses biographes, peut-être à Argos peu après -446, année qui correspond à la plus tardive de ses œuvres que nous puissions dater. Selon la biographie de Suidas [23], Pindare serait mort au théâtre d'Argos, au cours d'une représentation, la tête appuyée sur l'épaule de son jeune ami Théoxène de Ténédos, pour lequel il avait composé un Éloge amoureux cité par Athénée [Note 6]. Selon Valère Maxime [24], cette scène se serait produite au gymnase.

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