Pierre Mendès France

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Mendès (homonymie), France (homonymie), Mendès France (homonymie) et PMF.
Pierre Mendès France
Pierre Mendès France, en 1968.
Pierre Mendès France, en 1968.
Fonctions
Président du Conseil des ministres français
et Ministre des affaires étrangères

(7 mois et 18 jours)
Gouvernement Pierre Mendès France
Législature IIe législature
Prédécesseur Joseph Laniel
Successeur Edgar Faure
Ministre français des Affaires étrangères
Président René Coty
Gouvernement Pierre Mendès France
Prédécesseur Georges Bidault
Successeur Edgar Faure
Ministre d'État
Président René Coty
Gouvernement Guy Mollet
Député de l' Eure
Député de la 2e circonscription de l'Isère
Législature IIIe ( Cinquième République)
Prédécesseur Jean Vanier
Successeur Jean-Marcel Jeanneney
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Paris ( France)
Date de décès (à 75 ans)
Lieu de décès Paris ( France)
Nationalité française
Parti politique Parti radical et radical-socialiste, RRRS ( 1932- 1958)
FGDS ( 1967- 1968)
Conjoint Lily Cicurel
Marie-Claire de Fleurieu
Enfants Bernard
Michel
Profession avocat

Pierre Isaac Isidore Mendès France [1], surnommé PMF, né le à Paris et mort le (à 75 ans) dans la même ville, est un homme d'État français.

Il s'initie à la vie politique dès 1924 dans les mouvements étudiants d'opposition à l'extrême droite puis est élu député de l'Eure en 1932 [2]. Radical-socialiste, il participe à la coalition du Front populaire. Il est membre de l'éphémère second gouvernement Blum en mars et avril 1938. Pendant la Seconde Guerre mondiale, après avoir été incarcéré par le régime de Vichy, il parvient à rejoindre la Résistance et s'engage dans les Forces aériennes françaises libres. Il est commissaire aux Finances puis ministre de l'Économie nationale dans le gouvernement provisoire du général de Gaulle de septembre 1943 à avril 1945.

Nommé président du Conseil par le président René Coty, en juin 1954, il cumule cette fonction avec celle de ministre des Affaires étrangères. S'il parvient à conclure la paix en Indochine, à préparer l'indépendance de la Tunisie et à amorcer celle du Maroc, ses tentatives de réforme en Algérie entraînent la chute de son gouvernement, cible à la fois de ses adversaires colonialistes et de ses soutiens politiques habituels anti-colonialistes. Il quitte alors la présidence du gouvernement en , après avoir été renversé par l'Assemblée nationale sur la question très sensible de l' Algérie française.

Ministre d'État sans portefeuille du gouvernement Guy Mollet en 1956, il démissionne au bout de quelques mois en raison de son désaccord avec la politique du Cabinet Mollet menée en Algérie.

Il vote contre l'investiture de Charles de Gaulle à la présidence du Conseil en , puis abandonne tous ses mandats locaux après sa défaite aux élections législatives du mois de novembre de la même année. Élu député de la 2e circonscription de l' Isère en 1967, puis battu l'année suivante, il forme un « ticket » avec Gaston Defferre lors de la campagne présidentielle de 1969.

Bien qu'il n'ait dirigé le gouvernement de la France que pendant un peu plus de sept mois, il constitue une importante figure morale pour une partie de la gauche en France. Au-delà, il demeure une référence pour la classe politique française, incarnant le symbole d'une conception exigeante de la politique [note 1], [3].

Pierre Mendès France qui selon sa veuve « enviait à Charles De Gaulle sa mort magnifique »" eut la même fin rapide, succombant à un infarctus foudroyant le , à son bureau, chez lui rue du Conseiller-Collignon à Paris 16e; il avait demandé par testament que ses cendres soient dispersées à Louviers (Eure) dont il fut maire.

Famille et origines

Pierre Mendès France est issu d'une vieille famille d'ascendance séfarade judéo-portugaise du nom de « Mendes de França », installée à Bordeaux, Rochefort, Louviers et Paris. Son premier ancêtre établi en France est Luis Mendes de França arrivé du Portugal vers 1684 et établi à Bordeaux en provenance de La Rochelle [4]. Son père, Cerf-David Mendès France, était rigoureusement areligieux. L' Affaire Dreyfus avait été la grande bataille de sa vie, qu'il avait vécue « moins en juif solidaire qu'en démocrate indigné », démocrate de gauche bien qu'il n'ait jamais adhéré à aucun parti politique. Sur le sujet des études de son fils, sa position était claire : le parcours sera laïc, de l'école communale au doctorat en droit [5]. Évoquant son rapport au judaïsme en dans L'Arche, Pierre Mendès France se définit comme non religieux et non pratiquant et explique que, s'il se sait juif, « ce n'est ni un fait religieux ni un fait racial », mais « une sensation », « une sensibilité » [6] « et donc une réalité » [7].

La sœur de Pierre, Marcelle Grumbach, précise que leur mère était plus superstitieuse que croyante, et elle confirme que le père, Cerf-David Mendès France, était rigoureusement areligieux, raison pour laquelle c'est à Strasbourg, chez les grands-parents maternels, que Pierre a fait sa Bar Mitzvah [5]. Il s'est rapidement éloigné des valeurs religieuses mais il a plusieurs fois exprimé son attachement au judaïsme. Lors de l'entrevue rapportée par la revue L'Arche il disait en 1976 : « Je sais que je suis juif. Mes enfants, qui n'ont pas la foi plus que moi savent qu'ils sont juifs. Je sens que les antisémites me considèrent comme juif, voilà les faits [8]. » [note 2]. De même, Pierre Birnbaum rapporte cette affirmation de Mendès : « Je suis athée, républicain français mais je suis aussi très attaché au judaïsme. C'est comme ça... » [9].

Pierre Mendès France était aussi passionné par l'histoire des marranes et par les recherches généalogiques sur ses ancêtres, remontant jusqu'au XVIe siècle. Depuis 1935, il n'a cessé de rassembler une importante documentation, annotée et classée. L'histoire de ces « gens quelconques jette mille lumières sur les conflits de religions et de mœurs, d'affaires et de pouvoir en Europe occidentale entre le XVe siècle et le XXe siècle [4]

Bachelier à quinze ans, il devient en 1928, à vingt et un ans, le plus jeune avocat de France, après des études de droit et un passage par l' École libre des sciences politiques de la rue Saint-Guillaume.

Très intéressé par les questions économiques et financières, il soutient en mars 1928 une thèse sur la « politique de redressement du franc menée par Raymond Poincaré », dans laquelle il salue l'efficacité « brute » de cette politique, mais en critique les conséquences économiques et sociales.

Il est initié le à la respectable loge Paris et visite la loge Union et Progrès à Pacy-sur-Eure [10].

En 1933, Pierre Mendès France épouse Lily Cicurel (1910-1967), sœur de Raymond Cicurel. Son mariage en 1933 a été acté religieusement [11]. Amie proche de Marcelle, Lily est une artiste peintre. Elle a notamment réalisé le portrait de son époux [12]. Ce mariage la libère de l'autorité d'une mère dominatrice, juive d'origine égyptienne, dont le mari Moreno Cicurel a été assassiné au Caire [13].

De leur union naissent deux enfants : Bernard Mendès France (1934-1991) et Michel Mendès France, mathématicien (né en 1936) – ce dernier ayant lui-même deux enfants : Tristan Mendès France (1970) et Margot Mendès France (1975). Lily meurt en 1967. Les biographies de Pierre Mendès France restent très discrètes sur Lily Cicurel, qui n'est citée que dans le livre de Patrick Girard Ces Don Juan qui nous gouvernent qui s'étend sur la liaison, dès 1956, entre Mendès France et Marie-Claire de Fleurieu [14].

Le 2 janvier 1971 à Montfrin (Gard), Pierre Mendès France épouse civilement - et secrètement - en secondes noces Marie-Claire de Fleurieu, née Marie-Claire Servan-Schreiber.

Other Languages