Pierre Elliott Trudeau

Pierre Elliott Trudeau
Pierre Elliott Trudeau, en 1975.
Pierre Elliott Trudeau, en 1975.
Fonctions
Premier ministre du Canada

(4 ans, 3 mois et 27 jours)
Monarque Élisabeth II
Gouverneur Edward Schreyer
Jeanne Sauvé
Gouvernement 22e conseil des ministres
Législature 32e
Prédécesseur Joe Clark
Successeur John Napier Turner

(11 ans, 1 mois et 14 jours)
Monarque Élisabeth II
Gouverneur Roland Michener
Jules Léger
Edward Schreyer
Gouvernement 20e conseil des ministres
Législature 28e, 29e et 30e
Prédécesseur Lester Bowles Pearson
Successeur Joe Clark
Chef du Parti libéral du Canada

(16 ans, 2 mois et 10 jours)
Prédécesseur Lester Bowles Pearson
Successeur John Napier Turner
Ministre fédéral de la Justice

(1 an, 3 mois et 1 jour)
Gouverneur Roland Michener
Premier ministre Lester Bowles Pearson
Lui-même
Gouvernement 19e et 20e conseil des ministres
Législature 27e
Prédécesseur Lucien Cardin
Successeur John Napier Turner
Député à la Chambre des communes
pour Mont-Royal

(18 ans, 7 mois et 22 jours)
Élection 8 novembre 1965
Réélection 12 septembre 1968
30 octobre 1972
8 juillet 1974
22 mai 1979
18 février 1980
Législature 27e, 28e, 29e, 30e, 31e et 32e
Groupe politique Libéral
Prédécesseur Alan Macnaughton
Successeur Sheila Finestone
Biographie
Nom de naissance Joseph Philippe Pierre Yves Elliott Trudeau
Date de naissance
Lieu de naissance Outremont ( Canada)
Date de décès (à 80 ans)
Lieu de décès Montréal ( Canada)
Nationalité Canadienne
Parti politique Parti libéral du Canada
Conjoint Margaret Trudeau
Enfants Justin Trudeau
Alexandre Trudeau
Michel Trudeau
Sarah Elisabeth
Diplômé de Université Harvard
Institut d'études politiques de Paris
London School of Economics
Université de Montréal
Profession Avocat
Professeur
Religion Catholicisme

Signature de Pierre Elliott Trudeau

Blason de Pierre Elliot Trudeau.svg Coat of arms of Canada (1957-1994).svg
Premiers ministres du Canada

Pierre Elliott Trudeau (baptisé sous le nom de Joseph Philippe Pierre Yves Elliott Trudeau [1], abrégé selon ses initiales PET [2], [3]), né le à Outremont ( Québec) et mort le à Montréal ( Québec), est un homme d'État canadien. Il exerce les fonctions de Premier ministre du Canada à deux reprises : du au , puis du au , sous la bannière du Parti libéral [4]. Par sa longévité politique et l'importance des changements qu'il a mis en œuvre, il est certainement la figure politique canadienne la plus importante de la seconde moitié du XXe siècle [5].

En tant que ministre de la Justice sous Lester B. Pearson, il fait adopter le Bill omnibus qui légalise le divorce et décriminalise l' avortement et l' homosexualité, considérant que « l'État n'a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation [6] ».

Alors qu'il est Premier ministre, le Canada établit des relations avec la Chine communiste en 1970, puis avec Cuba en 1976. C'est également sous son mandat que la peine de mort est abolie. Chef du camp du « non » au premier référendum portant sur l'indépendance du Québec, il est le principal artisan du rapatriement de la Constitution de 1982, événement qui suscite encore aujourd'hui la controverse.

Pierre Elliott Trudeau influence fortement la politique canadienne par diverses interventions. Son caractère flamboyant et intellectuel [7] sert à rehausser la visibilité du Canada sur la scène mondiale.

Il est également un homme dont l'héritage est souvent critiqué : au niveau économique, c'est pendant le régime Trudeau que s'est creusé le déficit des finances publiques canadiennes. Au Québec, il lui est reproché son implication dans de nombreux scandales s'attaquant au mouvement indépendantiste québécois [8] tandis que son Programme énergétique national créé un fort ressentiment dans l'Ouest du Canada.

Son fils Justin Trudeau exerce également les fonctions de Premier ministre du Canada depuis 2015.

Biographie

Jeunesse

Pierre Elliott Trudeau est né le à Outremont sur l'île de Montréal, fils d’un entrepreneur canadien français, Joseph Charles Émile Trudeau, et d’une dame de la bourgeoisie canadienne anglaise, Grace Elliott. Il est baptisé le en l' église Saint-Viateur d'Outremont [1] : pour l'occasion, son parrain est son grand-père Joseph Trudeau, agriculteur rentier de Saint-Rémi, et sa marraine est sa grand-mère Malvina Cardinal.

Pierre Trudeau est le deuxième d’une famille de trois enfants; Suzette née en 1918 et Charles junior en 1922. Trudeau nait peu de temps après que son père eut fondé l’Automobile Owner’s Association : ce n’est donc pas dans l’opulence, mais dans les tensions financières et la crainte de voir l'entreprise sombrer dans la faillite qu’il vit les premières années de sa vie. Il fait ses études primaires à l’académie Querbes, puis va au collège Jean-de-Brébeuf pour ses études secondaires. Durant ces années, le réseau de stations-service Champlain de son père prospère jusqu’à ce qu’il le vende pour la somme de 1,4 million de dollars à l’ Imperial Oil. À partir de ce moment, les Trudeau peuvent vivre dans un certain confort financier.

À cette époque, Pierre est un enfant fragile et timide, n’ayant pas encore développé la confiance en soi et l'excentricité qui feront sa marque des années plus tard, lors de sa carrière politique. Son père sait comme il est difficile à l’époque de prospérer pour un Canadien français. Il entreprend donc de rendre son fils plus sûr de lui, l’incitant à pratiquer la gymnastique suédoise, la crosse, le hockey. Pierre s’habitue au caractère exubérant de son père.

En avril 1935, Charles-Émile Trudeau meurt à 47 ans d'une pneumonie. Pierre, alors âgé de 15 ans, en est profondément bouleversé. Il adopte alors un comportement outrancier, insolent, provoquant et imprévisible avec ses amis, sans doute pour masquer son désarroi. Avec sa famille, il reste l’adolescent poli et discret qu’il a toujours été. Comme pour se détacher de son père, il délaisse les activités populaires qu’il pratiquait plus jeune pour se lancer dans des cours de diction et des sports solitaires.

À la sortie de Brébeuf, il s’inscrit à la faculté de droit de l’ Université de Montréal. Il trouve les cours ennuyeux et inutiles, ce qui lui fait dire que l’étude du droit au Québec dans les années 1940 ne mène qu’à « une vie minable parmi des gens incapables d’aligner deux idées ». Il finit toutefois ses cours et entreprend de pratiquer le droit comme stagiaire. Il se serait alors joint à la société secrète des Frères chasseurs [9], [10].

Départ du Canada

Son désintérêt de la profession d'avocat conjugué au climat social déplaisant qui régnait à cette époque au Québec et la peur d'être conscrit (c’était la Seconde Guerre mondiale et la crise de la conscription) l’amènent à quitter le Canada en septembre 1944. Alors âgé de 24 ans, Trudeau décide de faire une maîtrise en économie politique à l’ Université Harvard au Massachusetts. Après la guerre, il s’inscrit à l’ École libre des sciences politiques de Paris. Un an après, il part en Angleterre étudier à la London School of Economics. Il y suit les cours du haut dirigeant du Parti travailliste anglais, Harold Laski, et devient grâce à ce professeur un fervent partisan des idées socialistes. Puis, ne trouvant toujours pas sa place dans la société, il entreprend un tour du monde, durant lequel il traverse notamment la Chine à vélo [réf. nécessaire].

Retour au Québec

Trudeau revient au Québec en 1949. Maurice Duplessis était alors Premier ministre du Québec et la province s’industrialisait en dépendant des investissements américains. À son retour, une grève illégale éclate à Asbestos (les mineurs de l’ amiante exigeaient de meilleures conditions de travail) et Trudeau décide d’accompagner le journaliste Gérard Pelletier, qui se rendait à Asbestos suivre les événements pour le compte du journal Le Devoir. Très rapidement, Pierre prend parti pour les manifestants par des discours virulents qui attirent l’attention du chef syndical Jean Marchand et lui valent aussi d’être brièvement détenu par la police locale. Puis, sa passion pour la politique le conduit à postuler pour un poste de fonctionnaire à Ottawa, poste qu’il obtient, devenant ainsi attaché au conseil privé pendant un an (jusqu’en 1951).

Puis, il se joint à Cité libre, une revue attaquant Duplessis et le clergé catholique conservateur du Québec. L’auteur principal de cette revue était Gérard Pelletier, qui devient un des plus grands collaborateurs et amis de Trudeau, qui publie donc dans Cité Libre et dans le journal Le Devoir plusieurs articles suggérant des réformes sociales et une plus grande égalité. Puis, en 1956, Trudeau coordonne la publication du livre La grève de l’Amiante. Trois ans plus tard, il reçoit la médaille du président de l’ Université de Western Ontario pour le meilleur essai savant de l’année : Some Obstacles to Democracy in Québec.

Septembre 1959, Duplessis meurt et, le , les libéraux provinciaux de Jean Lesage prennent le pouvoir. Trudeau devient alors professeur de droit constitutionnel à la Faculté de droit de l' Université de Montréal.

La Ligue des droits de l'homme

En 1963, Pierre Trudeau, Gérard Labrosse, J. Z. Léon Patenaude et Jacques Hébert fondent la Ligue des droits de l'homme, renommée par la suite la Ligue des droits et libertés [11].

Saut en politique

Très vite, Trudeau se lance en politique fédérale en se présentant comme candidat pour le Parti libéral du Canada dirigé par Lester B. Pearson. Aux élections de 1965, il est élu député de Mont-Royal au sein d'un gouvernement libéral minoritaire. Pearson le choisit alors pour être son secrétaire parlementaire.

En 1967, toujours sous Pearson, Trudeau devient ministre de la Justice. Du 27 au 30 novembre de la même année [12], Pearson organise une conférence constitutionnelle des premiers ministres où Trudeau domine largement les débats, ce qui accroît sa popularité. En décembre, Trudeau dépose un projet de loi légalisant l’ avortement, le divorce et l’ homosexualité. En conférence de presse, il prononce, pour justifier son point de vue, une citation qui restera célèbre : « L’État n’a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation ».

Candidature à la direction du Parti libéral

À la fin de 1967, Pearson annonce son départ de la vie politique. Trudeau pose sa candidature à la direction du Parti libéral. La course voit s'affronter 10 aspirants dont les principaux sont, outre Trudeau : Mitchell Sharp (ministre des Finances), Paul Hellyer (ministre des Transports), Paul Martin père (secrétaire d'État aux Affaires extérieures), Robert Winters (ministre de l'Industrie et du Commerce) et John Turner qui, à trente-huit ans, est le plus jeune des candidats.

La convention se déroule à Ottawa du 3 au 6 avril 1968. Le dernier jour, Trudeau remporte, bien que difficilement (au 4e tour contre Robert Winters), la course à la chefferie du Parti libéral du Canada. Il devient par le fait même le quinzième Premier ministre du Canada. Il est assermenté le 20 avril.

Résultats électoraux

Si on exclut un bref intermède de neuf mois pendant lequel le Canada est dirigé par un gouvernement minoritaire progressiste-conservateur mené par Joe Clark, le régime Trudeau dure 16 ans, d'avril 1968 à juin 1984. Seuls Mackenzie King et John A. Macdonald ont exercé la fonction de premier ministre plus longtemps que Pierre Elliott Trudeau.

Moins de trois mois après être devenu chef de son parti, Trudeau remporte son premier combat électoral lors du scrutin du 25 juin 1968, qui voit l'élection d'un gouvernement libéral majoritaire : 155 députés libéraux contre 72 pour le parti progressiste-conservateur de Robert Stanfield, 22 pour le Nouveau Parti démocratique dirigé par Tommy Douglas et 14 pour le Ralliement créditiste de Réal Caouette.

Les élections suivantes ont lieu le 30 octobre 1972. Cette fois, les libéraux se retrouvent à la tête d'un gouvernement minoritaire, avec seulement 109 sièges contre 107 pour les députés du parti progressiste-conservateur. La balance du pouvoir appartient aux 31 députés néo-démocrates, dont le chef est maintenant David Lewis.

À la suite d'un vote de non-confiance, de nouvelles élections sont déclenchées au début de l'été 1974. Au scrutin du 8 juillet, les libéraux font élire 141 députés contre 95 Progressistes-conservateurs, 16 Néo-démocrates et 11 Créditistes. Ils sont à nouveau majoritaires.

Au cours des années qui suivent, les autres partis fédéraux élisent de nouveaux chefs : Joe Clark au parti progressiste-conservateur, Ed Broadbent chez les néo-démocrates et Fabien Roy chez les créditistes. Lors des élections du 22 mai 1979, les libéraux perdent le pouvoir et c'est le parti progressiste-conservateur qui forme le gouvernement. Mais celui-ci est minoritaire (136 députés conservateurs, 114 libéraux, 26 néo-démocrates, 6 créditistes) et ne reste en poste que pendant neuf mois. Les libéraux regagnent le parlement lors des élections du 18 février 1980 et disposent d'une majorité confortable : 147 libéraux, 103 progressistes-conservateurs et 32 néo-démocrates.

En février 1984, Trudeau annonce son intention d'abandonner la vie politique. Il quitte ses fonctions quatre mois plus tard.

Trudeau et le souverainisme québécois

Dès qu’il est élu premier ministre, Trudeau s’applique à faire du Canada un véritable pays pluraliste en s'inspirant grandement des politiques du Royaume-Uni en matière d'immigration et en tentant de rassembler les deux principaux peuples fondateurs du pays, parfois surnommés les deux solitudes. Un des gestes notoires qu’il fait dans cette direction est d’adopter la loi sur les langues officielles, officialisant par le fait même le caractère bilingue du Canada, en obligeant les institutions fédérales à offrir des services en anglais et en français à la grandeur du pays, tout en créant le poste de commissaire aux langues officielles. Bien qu'en apparence uniquement positives, ces deux mesures, la politique d'immigration et celle de la langue, demeurent controversées puisqu'elles ont pu servir à affaiblir le nationalisme québécois et suscitent des craintes chez les anglophones qui prônent l' unilinguisme.

Pierre Trudeau est mu avant tout par un « antinationalisme viscéral » à l'égard du Québec. Selon lui, il faut refonder le Canada en prenant pour modèle une citoyenneté cosmopolite exemplaire affranchie de ses origines historiques [5]. Le Canada se définit par son multiculturalisme, dans un pays où l'histoire ne fonde rien [5].

Crise d'Octobre

Article détaillé : Crise d'Octobre.

Des Québécois avaient déjà commencé à revendiquer l’ indépendance de leur province dès le début des années 1960. Les plus extrémistes formèrent le Front de Libération du Québec (FLQ), un réseau promouvant la souveraineté québécoise par des actes radicaux. En octobre 1970, des membres du FLQ enlèvent le diplomate britannique James Richard Cross et le ministre provincial du travail, Pierre Laporte. Certains parmi eux seront responsables de la mort de Pierre Laporte survenue pendant sa détention. Ils confectionnent aussi des bombes artisanales qu’ils déposent dans des boîtes aux lettres de quartiers anglophones de Montréal, visant ainsi un symbole fédéraliste, la poste. À la demande du Premier ministre du Québec ( Robert Bourassa) et du maire de la ville de Montréal ( Jean Drapeau), Trudeau met à la disposition du gouvernement du Québec l'armée, pour appuyer les forces policières, et proclame la Loi sur les mesures de guerre [13]. La Loi sur les mesures de guerre met en suspens l'application de la Déclaration canadienne des droits de l'homme et accorde aux autorités des pouvoirs étendus dont celui de procéder à des arrestations et à des détentions préventives. Sous cette loi, les policiers procèdent à plus de 400 arrestations excessives (dont celle d' Andrée Ferretti, Pauline Julien, Gaston Miron et Gérald Godin) et injustifiées, qui ne débouchèrent sur aucune accusation, malgré une détention incommunicado de plusieurs mois dans certains cas.

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