Pierre Boulez

Pierre Boulez
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Pierre Boulez en février 1968.
Nom de naissance Pierre Louis Joseph Boulez
Naissance
Montbrison, Drapeau de la France  France
Décès (à 90 ans)
Baden-Baden, Drapeau de l'Allemagne  Allemagne
Activité principale Compositeur, chef d'orchestre
Style Musique contemporaine
Années d'activité 19452015
Collaborations Ircam
Cité de la musique
BBC Symphony
New York Philharmonic
Ensemble intercontemporain
Formation Conservatoire de Paris
Maîtres Olivier Messiaen
René Leibowitz
Enseignement Collège de France
Académie du festival de Lucerne
Distinctions honorifiques 27 Grammy Awards
Praemium Imperiale

Œuvres principales

Pierre Boulez, né le à Montbrison et mort le à Baden-Baden, est un compositeur et chef d'orchestre français.

Fondateur, puis directeur de l' Institut de recherche et coordination acoustique/musique (IRCAM) et de l' Ensemble intercontemporain, il est également professeur au Collège de France, chaire « Invention, technique et langage en musique », de 1978 à 1995.

Au début de sa carrière, il joue un rôle important dans le développement de la musique sérielle, de la musique électronique et de la musique aléatoire. Ses vues polémiques sur l'évolution de la musique lui valent une réputation d'enfant terrible.

Comme chef d'orchestre, Pierre Boulez est connu principalement pour sa direction des œuvres des compositeurs du XXe siècle comme Béla Bartók, Alban Berg, Claude Debussy, Gustav Mahler, Maurice Ravel, Arnold Schönberg, Igor Stravinsky, Edgard Varèse et Anton Webern, mais aussi les œuvres de certains de ses contemporains tels Elliott Carter ou György Ligeti. Il a été entre autres directeur musical des orchestres symphoniques de la BBC, de New York ou de Chicago.

En 1976, pour le centenaire du festival de Bayreuth où il est régulièrement invité, il dirige L'Anneau du Nibelung, cycle de quatre opéras de Richard Wagner, sur une mise en scène de Patrice Chéreau. Durant sa carrière, Pierre Boulez est particulièrement récompensé par 27 Grammy Awards.

Biographie

Enfance et adolescence

Fils de Léon Boulez, ingénieur et industriel, et de Marcelle Calabre, Pierre Boulez a une sœur, Jeanne, et un frère, Roger. Il prend ses premiers cours de piano à l’âge de six ou sept ans. Après des études secondaires au petit séminaire de Montbrison, l’institut Victor de Laprade, il est admis pour l’année scolaire 1941-1942 à Lyon en classe de mathématiques supérieures qu’il abandonne l’année suivante pour préparer le concours du Conservatoire de Paris où il entre en 1943 dans la classe préparatoire d' harmonie de Georges Dandelot. En 1944, après avoir échoué au concours d'entrée de la classe de piano, il intègre la classe d'harmonie avancée d' Olivier Messiaen, d'où il sort l'année suivante avec un premier prix d'harmonie. Il étudie brièvement le sérialisme avec René Leibowitz. Mais jugeant son enseignement trop rigide quant à l’application des techniques héritées de la seconde école de Vienne, il prend ses distances avec ce dernier dès l'automne suivant et retrouve assez vite une complicité avec Messiaen : « Échanger Messiaen contre Leibowitz, c’était échanger la spontanéité créatrice, combinée avec la recherche incessante de nouveaux modes d’expression contre le manque total d’inspiration et la menace d’un académisme sclérosant » racontera-t-il plus tard à Antoine Goléa. Le 12 février 1946, la pianiste Yvette Grimaud crée à l’École normale de musique les 12 Notations et les Trois Psalmodies, premières œuvres personnelles du compositeur (après ses essais pour voix et piano en 42-43) [1].

Débuts professionnels

En 1945, pour gagner sa vie, Pierre Boulez s'est spécialisé dans les ondes Martenot, jouant, entre autres, dans la fosse des Folies Bergère [2]. Il est engagé, en 1946, au côté de Maurice Jarre pour jouer la musique de scène du Hamlet, monté par la compagnie de Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault qui, rapidement, le nomme directeur de la musique de scène. Abandonnant les ondes Martenot, Pierre Boulez dirige son premier ensemble instrumental constitué pour cette création [3].

Il compose durant cette période sa Première Sonate pour piano (1946) qui, plus encore que la Sonatine pour flûte et piano, effectue la synthèse des influences récentes du jeune compositeur. Puis se trouvent ses cantates Le Visage nuptial et Le Soleil des eaux, appuyées sur des poèmes de René Char et souvent décrites comme sa période lyrique, ainsi que sa  sonate pour piano (1948) écrite à 23 ans, chef-d'œuvre du « premier Boulez », d’un lyrisme véhément prenant pour cadre le modèle de la sonate beethovénienne pour mieux le pulvériser en poussant plus loin l’exploration des techniques sérielles [4].

En 1953, soucieux de faire entendre la musique moderne dans de bonnes interprétations mais surtout exaspéré par ce qu’il entend ailleurs, « toutes griffes dehors » pour reprendre l'expression de Jean-Louis Barrault [5], il organise avec ce dernier et sur la base du mécénat privé, les concerts du « Petit Marigny » dans la petite salle du théâtre où sa programmation d'avant-garde va devenir le Domaine musical. Mais la difficulté à trouver des chefs disponibles pour la création contemporaine le contraint à diriger lui-même les œuvres, d'abord pour des petites formations instrumentales. Il commence à diriger des ensembles plus vastes en 1957 à Cologne où Hermann Scherchen le laisse diriger son Visage nuptial.

Carrière internationale

En 1958, sur l'invitation d’ Heinrich Ströbel, alors directeur de la station de radio du Südwestfunk, Pierre Boulez prend résidence à Baden-Baden pour seconder le chef d'orchestre Hans Rosbaud, créateur du Marteau sans maître le 18 juin 1955. Celui-ci étant affaibli par la maladie, il le remplacera au pied levé pour de grands concerts orchestraux à Donaueschingen les 17 et 18 octobre 1959 où il entame sa véritable carrière de chef [6].

Sa carrière se poursuit à l' Orchestre de la Résidence de La Haye [7], puis au Concertgebouw d’Amsterdam, notamment après la mort de Rosbaud. À Paris en 1963, il se charge de la commémoration du cinquantenaire du Sacre du printemps dont l’enregistrement sera récompensé par l' Académie du disque. Ses représentations de Wozzeck faciliteront son engagement à Bayreuth en 1966 pour la production de Parsifal. Il devient alors de plus en plus difficile pour le jeune chef de refuser les offres qu’on lui propose à la tête des plus grandes formations et les contrats vont désormais s’enchaîner avec l' Orchestre de Cleveland en 1967, puis avec l' Orchestre symphonique de la BBC de 1971 à 1975 en alternance avec l' Orchestre philharmonique de New York de 1971 à 1978 et, plus tard, avec l' Orchestre symphonique de Chicago en 1995.

Après André Cluytens de 1955 à 1958, et avant Alain Altinoglu en 2015, il est le second chef français à être invité au Festival de Bayreuth à diriger la musique de Richard Wagner. En 1966, 1967, 1968 et 1970, il choisit d'y interpréter l' opéra en trois actes Parsifal produit par Wieland Wagner [8].

De 1976 à 1980, il revient à Bayreuth pour diriger une nouvelle version du Ring mis en scène par Patrice Chéreau. Si, en s'écartant de l'imagerie et de l'interprétation traditionnelles, la mise en scène de Chéreau a causé un scandale lors des premières représentations en 1976, elle a finalement gagné l'assentiment de tout le public du festival, et a été saluée par quatre-vingt-cinq minutes d'applaudissements et cent un levers de rideau lors de la dernière représentation, le [9].

En cette même année 1976, il fonde l' Ensemble intercontemporain, un ensemble de solistes dédié à l'exécution de la musique contemporaine.

En 1979, il crée Lulu d' Alban Berg à l'Opéra de Paris dans la version complétée par Friedrich Cerha. En 1992, Il reprend Pelléas et Mélisande à Cardiff avec le metteur en scène Peter Stein qu'il retrouve en 1995 à Amsterdam pour une nouvelle production de Moïse et Aaron. Puis il dirige de nouveau Parsifal en 2004 dans la mise en scène controversée de Christoph Schlingensief. Interrogé sur les idées iconoclastes de ce dernier, il déclarera « il vaut mieux avoir trop d’imagination que pas assez ».

Pierre Boulez lors d'une conférence de presse
au Palais des beaux-arts de Bruxelles le 25 octobre 2004.

En 1988, dans le cadre du festival d'Avignon, il dirige Répons en plein air à la carrière Boulbon et est le compositeur invité du centre Acanthes, à Villeneuve-lès-Avignon, où il donne une série de cours de direction d'orchestre à de jeunes musiciens [10]. La même année, les thèmes concernant le rythme, la mélodie, le timbre, l’harmonie, le matériau et la forme sont abordés dans une série de six films pédagogiques « Boulez XXe siècle » réalisés par Nat Lilenstein. Soucieux de transmettre son expérience, il dirige également à plusieurs reprises des ensembles tels que l'Orchestre des jeunes Gustav Mahler ou celui de l’Académie du festival de Lucerne qui permettent à des apprentis-musiciens de se familiariser avec le travail collectif et à la vie professionnelle.

Dernières années

À l'automne 2010, une opération à l’œil l'oblige à annuler ses concerts en tant que chef pour plusieurs mois. S'il remonte par la suite à quelques occasions sur un podium, il ne donne plus de concerts à partir de 2012.

Fondateur de l'académie du Festival de Lucerne en 2004, Pierre Boulez met fin à son enseignement en 2015, mais reste directeur artistique de l'Académie [11].

Il meurt le à Baden-Baden à l'âge de 90 ans [12].

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