Pierre Bonnard

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Pierre Bonnard
Tête de Bonnard (Portrait photograph of Pierre Bonnard), c.1899, Musée d'Orsay.jpg

Tête de Bonnard (Pierre Bonnard) (vers 1899),
photographie anonyme, Paris, musée d'Orsay.

Naissance
Décès
Nom de naissance
Pierre Eugene Frederic BonnardVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
(Française) Drapeau de la France France
Activité
Formation
Mouvement
Mécène
Conjoint
Œuvres réputées
signature de Pierre Bonnard

signature

Pierre Bonnard, né le à Fontenay-aux-Roses (Seine) et mort le au Cannet (Alpes-Maritimes), est un peintre, graveur, illustrateur et sculpteur français.

Peintre de personnages, figures, nus, portraits, paysages animés, intérieurs, natures mortes, fleurs et fruits, Bonnard est un artiste postimpressionniste, membre du groupe des nabis.

Biographie

La maison natale de Pierre Bonnard à Fontenay-aux-Roses.
Autoportrait (1889), collection particulière.

Pierre Bonnard est le fils d'Eugène Bonnard (1837-1895), fonctionnaire du ministère des Armées, et d'Élisabeth Mertzdorff (1840-1919)[1]. Il a un frère, Charles (1864-1941), et une sœur musicienne, Andrée (1872-1923)[2], épouse du compositeur d'opérette Claude Terrasse. Il est né au no 17, rue de Châtenay (aujourd'hui rue Estienne-d'Orves) à Fontenay-aux-Roses, demeure qu'il quittera avec sa famille en 1870[3],[4].

Formation

Dans sa jeunesse, Pierre Bonnard montre un intérêt pour les lettres, le latin, le grec, la philosophie, ainsi que pour le dessin et la couleur. En 1885, après avoir obtenu son baccalauréat, il entre en faculté de droit, selon les désirs de son père. Il obtient sa licence en 1888. Il suit en même temps les cours de l'Académie Julian et est admis à l'École des beaux-arts de Paris, où il rencontre Édouard Vuillard, de qui il se rapproche. Il découvre les peintures de Paul Gauguin, Edgar Degas, Claude Monet et Paul Cézanne.

Les nabis

Pierre Bonnard adhère au groupe artistique des nabis, composé, entre autres, d'Édouard Vuillard, Maurice Denis et Félix Vallotton. Il est fortement influencé par les idées de Paul Gauguin et par la vogue du japonisme. En effet, cette dernière influence est favorisée par l'ouverture de l'importante exposition d'art japonais en avril 1890 à l'École des beaux-arts[5]. Tout particulièrement marqué par cette dernière tendance et la conception différente de la perspective et de l'espace que l'on retrouve dans le kakemono, Pierre Bonnard reçoit alors le surnom de « nabi très japonard[6] ». Ce mouvement a également pour caractéristiques l'exaltation de la couleur, la simplification de la forme et la sublimation du quotidien, auquel les nabis confèrent un caractère atemporel.

En novembre 1889, Bonnard prête serment d'avocat. Pendant l'année 1890, il se rend tous les jours au prétoire. Il y dessine des hommes de loi. Cette année-là, il effectue son service militaire comme soldat de 2e classe au 52e régiment d'infanterie à Bourgoin dans l'Isère. C'est l'origine de sa toile L'Exercice, où il manie des tons purs.

Les nabis s'avèrent également novateurs dans le domaine des arts graphiques, en réalisant des albums d'estampes et des livres illustrés. Pierre Bonnard est le premier nabi à s'intéresser à l'affiche. Rejetant au départ le modelé de la peinture traditionnelle en faveur d'aplats de couleurs franches, cernés par une ligne évocatrice et élégante qui vise à l'effet décoratif, il trouve progressivement une voie toute personnelle, où il emploie pour peindre des sujets intimes, intérieurs, nus, fenêtres ouvertes sur jardin, des effets postimpressionnistes servis par des palettes de couleurs légères et lumineuses, le tout soutenu par un sens très sûr de la composition et du dessin.

En 1891, il présente cinq tableaux et quatre panneaux décoratifs au Salon des indépendants. Cette même année, il exécute une commande pour France-Champagne, et abandonne du même coup sa carrière juridique. Il fait alors la connaissance d'Henri de Toulouse-Lautrec, avec qui il se lie d'amitié. Ils se retrouvent en concurrence pour un projet destiné au cabaret du Moulin Rouge, que Lautrec réalise.

Au Salon des indépendants de 1892, Bonnard présente Le Corsage à carreaux et La Partie de croquet.

En 1893, il rencontre Maria Boursin, dite Marthe de Meligny[7]. Elle deviendra son modèle puis son épouse, le . Le , Renée Monchaty, qui avait servi de modèle à des tableaux comme La Cheminée[8], et avec qui il était lié depuis une dizaine d'années, se donnait la mort.

La même année est publiée Scène de famille, l'une des premières lithographies de Bonnard, dans la revue L'Estampe. Il illustre Le Petit Solfège et Petites scènes familières, les albums musicaux de Claude Terrasse, son beau-frère. Après quoi, il réalise d'autres lithographies pour La Revue blanche, dont Parisiennes et La Femme au parapluie.

En 1897, Bonnard illustre de 18 dessins au pinceau un roman du Danois Peter Nansen, Marie, paru dans La Revue blanche. Il est alors remarqué par Ambroise Vollard et produit, sur sa demande, 109 lithographies pour un ouvrage de poésies libres de Paul Verlaine, Parallèlement. Il renouvelle l'expérience, toujours à la demande de Vollard, pour Daphnis et Chloé de Longus.

Maturité

Au début des années 1900, Bonnard voyage beaucoup à l'étranger, d'abord à Venise et à Milan, en 1899, avec Roussel et Vuillard, puis en Espagne en 1901, Séville, Grenade, Tolède, Madrid. En 1905 et 1906, il entreprend une croisière en Belgique et aux Pays-Bas.

Bonnard semble trouver sa voie dans un retour à un certain impressionnisme, introduisant le mystère dans l'apparence visible. Il représente de nombreux nus, tous posés par Marthe, auxquels il associe des motifs de son quotidien (jardin, fruits). L'étude de la femme à la toilette devient primordiale dans ces années du début du siècle.

Pendant la Première Guerre mondiale, il fit partie du groupe des peintres qui reçurent mission à la fin de 1916 d'aller peindre la guerre. Il s'acquitta de son devoir en une seule toile inachevée, Un village en ruines près de Ham (1917). Parmi des habitations calcinées, des troupes françaises attendent. Un vieillard accroupi symbolise l'accablement et la misère. À l'arrière-plan se distingue une voiture de la Croix-Rouge, signe d'autres désastres[9].

En 1920, il réalise la scénographie de Jeux, sur une musique de Claude Debussy pour les Ballets suédois et Vaslav Nijinski.

En 1924, une rétrospective de son œuvre lui est consacrée à la galerie Eugène Druet à Paris[6].

Il achète en 1926 la villa Le Bosquet au Cannet et actuellement situé au 16 boulevard Sadi-Carnot, où il se retire pendant la Seconde Guerre mondiale et où il passera les dernières années de sa vie. Là, il vit une osmose complète avec la nature. La même année, il illustre Les Histoires du petit Renaud de l'écrivain et illustrateur Léopold Chauveau. Il traverse ensuite une période d'introspection, durant laquelle il peint des intérieurs et des scènes de rues nocturnes. Ces thèmes anodins sont à la fois joyeux et poignants, comme s'il cherchait à représenter une certaine idée du temps perdu.

Son épouse, Marthe, meurt le [10].

Les retouches in situ

Il arrivait à Pierre Bonnard, devenu célèbre, de retoucher ses toiles une fois celles-ci achetées et exposées dans un musée. Ses amis appelaient ça « bonnarder » ou « bonnardiser ».

Un journaliste relate, en 1943, cette attitude devenue visiblement coutumière jusqu'à la fin de sa vie[11].

« Au musée de Grenoble puis au musée du Luxembourg, il lui arriva de guetter le passage d'un gardien d'une salle à l'autre, de sortir d'une poche une minuscule boîte garnie de deux ou trois tubes et, d'un bout de pinceau, d'améliorer furtivement de quelques touches un détail qui le préoccupait. Et, son coup fait, de disparaître, radieux, comme un collégien après une inscription vengeresse au tableau noir[12],[13]. »

Postérité

Pierre Bonnard écrivait à propos de son œuvre: « J'espère que ma peinture tiendra, sans craquelures. Je voudrais arriver devant les jeunes peintres de l'an 2000 avec des ailes de papillon »[14].

En 1998, l'écrivain et poète Guy Goffette publie Elle, par bonheur et toujours nue, un récit consacré à Pierre Bonnard et à sa femme Marthe, depuis leur rencontre jusqu'à leur mort respective[15].

Le musée Bonnard du Cannet, ancienne maison de l'artiste et qui lui est entièrement consacré, est ouvert depuis le [16].

C'est à son petit-neveu, Antoine Terrasse, historien d'art spécialiste du mouvement des nabis et du post-impressionnisme, que l'on doit le plus grand nombre de monographies sur l'ensemble de son œuvre (peintures, dessins, photographies et correspondances).

Une rétrospective de son œuvre, « Pierre Bonnard, peindre l'Arcadie », a eu lieu au musée d'Orsay à Paris, du 17 mars au . Elle a accueilli 510 412 visiteurs. Une autre rétrospective, « Pierre Bonnard, la couleur radieuse », a été présentée, du au , au nouveau pavillon Pierre-Lassonde du musée national des beaux-arts du Québec à Québec. L'exposition qui regroupait une quarantaine de toiles, des estampes et des photographies de l'artiste[17] a attiré plus de 120 000 visiteurs[18].

Du au a eu lieu l'exposition « Bonnard / Vuillard. La donation Zeïneb et Jean-Pierre Marcie-Rivière »[19] au musée d'Orsay à Paris. Elle présentait une donation comprenant 25 tableaux et 94 dessins de Pierre Bonnard ; 24 tableaux, trois pastels et deux dessins d'Édouard Vuillard. Commencée dans les années 1960 par André Levy-Despas, le premier mari de Zeineb Kebaïli, cette collection a été poursuivie pendant plus de quarante ans par Zeineb et Jean-Pierre Marcie-Rivière[20].

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