Picardie

 Ne doit pas être confondu avec Picardie wallonne.
Picardie

Logo de l'ex région administrative de Picardie
Administration
Pays Drapeau de la France  France
Départements et collectivités territoriales Aisne (02)
Oise (60)
Somme (80)
Arrondissements 13
Cantons 129
Communes 2 292
Conseil régional Conseil régional de Picardie
ISO 3166-2 FR-S
Démographie
Gentilé Picards
Population 1 922 342 hab. (2012)
Densité 99 hab./km2
Langues
régionales
Picard
Géographie
Superficie 19 399 km2
Liens
Site web http://www.picardie.fr

La Picardie ( prononcé [ p i . k a ʁ . ˈ d i]) est une région culturelle au nord de Paris, ancienne province et ancienne région administrative. Son nom est repris à la fin du XXe siècle pour désigner une région administrative regroupant les départements de l' Aisne, de l' Oise et de la Somme ayant le même chef-lieu, Amiens. Dans le cadre de la réforme territoriale, la région Picardie a fusionné avec la région Nord-Pas-de-Calais le 1er janvier 2016 [1]. Le nom de cette nouvelle région est Hauts-de-France, après avoir été provisoirement appelée Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

La Picardie, fraction de l' antique Belgique gauloise, recouvre au Bas Moyen Âge tous les territoires au nord de Paris, depuis Beauvais jusqu'à Calais et Tournai, parlant une langue romane distincte du français, le picard, dont le dialecte le plus vivace est aujourd'hui appelé ch'ti. Elle ne désigne plus au sortir de la Guerre de Cent Ans que le gouvernement militaire de sa partie méridionale disputée par les Pays-Bas bourguignons mais restée française. Elle est érigée sous l' Ancien régime en une généralité, et à la veille de la Révolution forme le cœur de la généralité d'Amiens, qui s'étend de la Manche orientale à la Champagne et de l' Île-de-France à l' Artois et au Hainaut.

Étymologie

L’étymologie du mot Picardie est géographique et historique. Le mot apparaît une première fois sous la plume de Nicolas de Bray dans sa Gestes de Louis VIII à propos de Philippe Hurepel devenu en 1216 par mariage comte de Boulogne puis en 1218 par apanage comte de Clermont, qualifié d'« honneur de la Picardie ». Ces deux villes en sont effectivement les portes nord et sud. Quelques années plus tard, en 1248, il réapparait sous la plume de Guillaume de Nangis.

Le terme devait être entré récemment dans l'usage et était dérivé du mot « picard », popularisé par la révolte des étudiants de 1229. C'est ainsi que Matthieu Paris qualifie en effet dans sa Chronica Maiora écrite vraisemblablement entre 1236 et 1248, les étudiants originaires de la région « voisine de la Flandre » dans son récit concernant cette année.

Le mot signifie en picard « piocheur », au sens de laboureur. Les Parisiens appelaient « piocheurs » tous les agriculteurs vivant au nord des zones forestières du Senlisis et du Valois (où les paysans étaient bûcherons), et dans le Nord on appelait « Picards » tous ceux qui ne parlaient pas le flamand : Arras, Boulogne, Calais, Tournai étaient des villes « picardes ».

À Paris, le néologisme fit florès parce qu'il associait en un jeu de mots la pique et une province réputée pour sa hardiesse militaire (sa milice s'était illustrée à Bouvines en 1214, quelques années avant l'apparition du mot). Il perdura dans ce sens les siècles suivants à cause du caractère montré par les Picards, du genre « tête de pioche », dans leur attachement aux libertés communales acquises par les villes drapières défendues par une milice bourgeoise.

Les étudiants des diocèses de Beauvais, Noyon, Amiens, Laon, Arras, Thérouanne, Cambrai, Tournai, ainsi qu'une partie des diocèses de Liège et d' Utrecht formaient à Paris, Orléans et Boulogne la « Nation Picarde ». Celle-ci représentait les domaines linguistiques picard et flamand.