Philip Mountbatten

Duc d'Édimbourg

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Philip Mountbatten
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Le duc en 2015.

Titre

Prince consort du Royaume-Uni et des
royaumes du Commonwealth

Depuis le
(66 ans, 3 mois et 15 jours)

PrédécesseurElizabeth Bowes-Lyon
Biographie
TitulaturePrince de Grèce et de Danemark
Prince du Royaume-Uni
Duc d’Édimbourg
Comte de Merioneth
Baron Greenwich
DynastieMaison de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksbourg
Nom de naissancePhilippe de Grèce et de Danemark
Naissance (96 ans)
Corfou (Grèce)
PèreAndré de Grèce
MèreAlice de Battenberg
ConjointÉlisabeth II
EnfantsCharles, prince de Galles
Anne, princesse royale
Andrew, duc d’York
Edward, comte de Wessex
RésidencePalais de Buckingham
Château de Windsor
Sandringham House
Château de Balmoral
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Le prince Philip, duc d’Édimbourg, né prince Philippe de Grèce et de Danemark le à Corfou, en Grèce, est le cinquième enfant (seul encore en vie depuis le décès de Sophie de Grèce en 2001) et seul garçon du prince André de Grèce et de la princesse Alice de Battenberg. Il est donc le petit-fils du roi Georges Georges Ier de Grèce et un cousin germain des rois Georges II et Paul Paul Ier de Grèce. Il est également un petit-neveu de la dernière tsarine Alexandra Fiodorovna Romanova.

Il est surtout connu pour être le mari de la reine Élisabeth II du Royaume-Uni. Il est celui qui a occupé le plus longtemps le rôle de prince consort du Royaume-Uni et le conjoint étant resté le plus longtemps marié à un monarque britannique régnant.

Membre de la maison dano-allemande du Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksburg, le prince Philip est né dans la famille royale grecque, mais sa famille s’est exilée hors de Grèce quand il était enfant. Après des études en Allemagne, en Angleterre et en Écosse, il a rejoint la Royal Navy britannique à l’âge de 18 ans en 1939. En juillet 1939, il commence à correspondre avec la princesse Élisabeth, la fille aînée et héritière présomptive du roi George VI. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il sert dans les flottes de Méditerranée et du Pacifique.

Après la guerre, Philip obtient la permission de George VI d’épouser Élisabeth. Avant l’annonce officielle des fiançailles, il renonce à ses titres royaux grec et danois, se convertit de la religion orthodoxe grecque à l’anglicanisme, et devient sujet naturalisé britannique, adoptant le nom de famille Mountbatten de ses grands-parents maternels britanniques. Après cinq mois de fiançailles, devenu le lieutenant Philip Mountbatten, il épouse Élisabeth le . Lors de son mariage, il reçoit par son beau-père le prédicat d’altesse royale et le titre de duc d’Édimbourg. Philip quitte le service actif, ayant atteint le grade de capitaine de frégate, quand Élisabeth devient reine en 1952. Sa femme le fait prince du Royaume-Uni en 1957 et Lord Grand Amiral en 2011.

Philip a eu quatre enfants avec Élisabeth : Charles, Anne, Andrew et Edward. Grâce à un décret en conseil datant de 1960, les descendants de Philip et Élisabeth ne portant pas de titres royaux peuvent utiliser le nom de famille Mountbatten-Windsor. Sportif passionné, Philip a aidé au développement de l’attelage équestre. Il est le président de plus de 800 organisations et le président du Duke of Edinburg’s Award pour les personnes âgées de 14 à 24 ans.

Biographie

Jeunesse

Né en Grèce peu avant la proclamation de la Deuxième République hellénique, il passe son enfance en France où ses parents s'installent aux côtés de la princesse Marie Bonaparte et de son époux, Georges de Grèce. Philip commence son éducation dans une école américaine à Paris dirigée par Donald MacJannet, qui décrit Philip comme un « garçon robuste, bruyant… mais toujours remarquablement poli »[1]. En 1928, il est envoyé au Royaume-Uni à la Cheam School, vivant avec sa grand-mère maternelle et son oncle, George Mountbatten, au palais de Kensington ou au Lynden Manor de Bray, dans le Berkshire[2]. Dans les trois années qui suivent, ses quatre sœurs épousent des princes allemands et s'installent en Allemagne, alors que sa mère est placée dans un asile après avoir été diagnostiquée schizophrène[3],[4] et que son père s'installe dans un petit appartement à Monte-Carlo. Philip aura peu de contacts avec sa mère pendant le reste de son enfance[5]. En 1933, il est envoyé à la Schule Schloss Salem en Allemagne, ce qui a « l'avantage d'économiser les frais de scolarité » car l'école est la propriété de la famille de son beau-frère, Berthold de Bade[6]. Avec la montée du nazisme en Allemagne, le fondateur juif de Salem Kurt Hahn fuit la persécution et fonde la Gordonstoun School en Écosse. Après deux trimestres à Salem, Philip s'installe à Gordonstoun[7],[8]. En 1937, sa sœur Cécile, son mari (Georg Donatus, grand-duc héritier de Hesse), ses deux jeunes fils et sa belle-mère périssent dans un accident aérien à Ostende ; Philip, qui n'a alors que seize ans, assiste aux funérailles à Darmstadt. L'année suivante, son oncle et tuteur Lord Milford Haven meurt d'un cancer des os.

Carrière militaire

Le duc d'Édimbourg photographié par Allan Warren en 1992.

Après avoir quitté Gordonstoun en 1939, le prince Philip rejoint la Royal Navy, où il se distingue l'année suivante au Britannia Royal Naval College de Dartmouth comme le meilleur cadet de sa promotion[9]. Il est nommé aspirant en janvier 1940. Philip passe quatre mois sur le cuirassé HMS Ramillies qui assure la protection des convois de la Force expéditionnaire australienne dans l'océan Indien, suivi par de plus courts passages sur les navires Kent, Shropshire et à Ceylan (aujourd'hui Sri Lanka).

La voiture du prince, durant son séjour à Ceylan.

Après l'invasion de la Grèce par l'Italie en octobre 1940, il est transféré de l'océan Indien sur le cuirassé HMS Valiant de la flotte de Méditerranée[10]. Parmi d'autres missions, il participe à la bataille de Crète, et est cité pour son comportement pendant la bataille du cap Matapan où il est chargé du contrôle des projecteurs du cuirassé.

Philip reçoit une citation à l'ordre de la Royal Navy le ainsi que la croix de guerre française 1939-45 avec palme. Il reçoit également la croix de guerre grecque de la vaillance[9]. Il occupe des fonctions moins prestigieuses comme celle de chef de la chaufferie sur le navire de transport RMS Empress of Russia[11].

Philip est promu enseigne de vaisseau après une série de cours à Portsmouth où il termine premier dans quatre des cinq catégories[12],[13]. En juin 1942, il est affecté sur le destroyer des anciennes classes V et W reclassé escorteur antiaérien, le HMS Wallace, et qui est chargé d'escorter des convois sur la côte est de l'Angleterre, ainsi que pour l'invasion alliée de la Sicile[14]. Il est promu au grade de lieutenant de vaisseau le . En octobre de la même année, à tout juste 21 ans, il est nommé "First lieutenant" (officier en second) du destroyer HMS Wallace devenant ainsi l'un des plus jeunes officiers en second de la Royal Navy. Lors de l'invasion de la Sicile, en juillet 1943, alors qu'il est toujours officier en second du HMS Wallace, il réussit à faire lancer un radeau avec des fumigènes qui distrait suffisamment les bombardiers pour permettre au navire de s'échapper en passant inaperçu[14]. En 1944, il est à nouveau affecté sur un destroyer, mais plus récent, le HMS Whelp de la classe W, qui fait partie de la flotte britannique du Pacifique au sein de la 27e flottille de destroyers. Il est présent dans la baie de Tokyo pour la signature des actes de capitulation du Japon. En janvier 1946, Philip retourne au Royaume-Uni sur le HMS Whelp et est affecté comme instructeur à l'école des officiers mariniers, l'établissement à terre (Stone frigate) HMS Royal Arthur, installé à Corsham, dans le Wiltshire[15].

Il est promu capitaine de corvette en 1950, puis capitaine de frégate en 1952 ; et enfin amiral de la flotte en 1953.

Il est colonel en chef honoraire de six unités canadiennes : les Cameron Highlanders of Ottawa, les Queen’s Own Cameron Highlanders of Canada, The Royal Canadian Army Cadets, le Royal Canadian Regiment, le Royal Hamilton Light Infantry (Wentworth Regiment) et les Seaforth Highlanders of Canada. Il est président d’honneur de l’Association des Officiers de la Marine du Canada et de la Royal Canadian Regiment Association, et commodore d’honneur de la Royal Canadian Naval Sailing Association.

À l’occasion de son 90e anniversaire, en 2011, il est nommé « Lord-grand-amiral » de la Marine royale, amiral d’honneur du Commandement maritime (aujourd’hui la Marine royale canadienne), général du Commandement de la Force terrestre (aujourd’hui l’Armée canadienne) et du Commandement aérien (aujourd’hui l’Aviation royale canadienne).

Mariage et descendance

Le duc d'Édimbourg en 2008.

En 1939, le roi George VI et la reine Elizabeth visitent le Britannia Royal Naval College à Dartmouth. Pendant cette visite, la reine et le comte Mountbatten demandent à Philip d'accompagner les deux filles du roi, Élisabeth et Margaret, ses cousines au 8e degré par la reine Victoria, et au 7e par le roi Christian IX de Danemark[16]. Élisabeth tombe amoureuse de son cousin et ils commencent une correspondance[17]. Finalement, au cours de l'été 1946, Philip demande au roi la main de sa fille. Le roi accepte sa demande mais ne veut fournir aucun engagement formel jusqu'au vingt-et-unième anniversaire d'Élisabeth, au mois d'avril suivant[18]. Dans l'intervalle, Philip renonce à ses titres royaux grec et danois ainsi qu'à son allégeance à la couronne grecque, se convertit de l'orthodoxie grecque à l'anglicanisme et devient sujet britannique par naturalisation[19], tout ceci étant achevé le . Philip Mountbatten prend le nom de famille de sa mère. Les fiançailles sont annoncées au public le [20]. La veille de son mariage, le roi George VI décerne à Philip le prédicat d'altesse royale et le matin du mariage, le , il est fait duc d'Édimbourg, comte de Merioneth et baron de Greenwich [21].

Philip et Élisabeth se marient à l'abbaye de Westminster. La cérémonie est enregistrée et diffusée par la BBC à 200 millions de personnes du monde entier[22]. Cependant, dans l'Angleterre d'après-guerre, il n'est pas acceptable que des relations allemandes du duc d'Édimbourg soient invitées au mariage, y compris ses trois sœurs survivantes, qui ont toutes épousé des princes allemands, certains d'entre eux avec des connexions nazies. Après leur mariage, le duc et la duchesse d’Édimbourg élisent domicile à Clarence House. Leurs deux premiers enfants y sont nés : le prince Charles en 1948 et la princesse Anne en 1950.

Philip a tenu à poursuivre sa carrière dans la marine, bien conscient que le futur rôle de son épouse en tant que reine finirait par éclipser ses ambitions. Néanmoins, Philip retourne dans la marine après son voyage de noces, d'abord dans un emploi de bureau à l'amirauté et, plus tard, dans la direction du Old Royal Naval College à Greenwich[9]. En 1949, il est en poste à Malte, après avoir été nommé premier lieutenant du destroyer HMS Chequers, le navire amiral de la 1re flottille de destroyers de la flotte méditerranéenne[23]. En juillet 1950, il est promu au grade de lieutenant commandant et commande la frégate HMS Magpie[24]. Il est promu commandant en 1952 du HMS Chequers mais sa carrière active navale s'était terminée en juillet 1951[25],[26].

Lors de l'accession de son épouse au trône, le , il devient prince du Royaume-Uni et n'a plus de nom de famille. À partir de ce moment, il est considéré comme prince consort et cela bien qu'il n'ait jamais reçu le titre. Il renonce à sa carrière militaire pour devenir conseiller personnel de la reine. Il est nommé en 1953, à titre honorifique, amiral de la Royal Navy, Marshal of the Royal Air Force et maréchal britannique. Il est fait prince du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord par sa femme le . Le couple a quatre enfants :

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