Pays de Léon

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Léon
Blason de Léon
Héraldique
Drapeau de Léon
Drapeau
Pays de Léon
Carte de Localisation
Administration
PaysDrapeau de la France France
Création de l'évêché de Léon848
Capitale historiqueSaint-Pol-de-Léon
Kastell Paol en breton
Démographie
Gentilé(fr) léonard, léonarde
(br) leonad, leonadez
Langue(s)Français - Breton
Religioncatholique
Géographie
Coordonnées48° 35′ nord, 4° 02′ ouest
Superficie2 019 km2

Le pays de Léon (bro Leon en breton) est une ancienne principauté de Basse-Bretagne, patrie des Léonards (Leoniz en breton) ; il est souvent désigné sous la forme courte Léon. Le Léon forme la pointe nord-ouest du Finistère, dont Brest, avec plus de trois-cent-mille habitants, est aujourd'hui l'agglomération principale. Il doit à sa géographie d'avoir conservé un particularisme culturel.

Comté fondé par Even le Grand, libérateur en 937 des trafiquants d'esclaves (en) normands, sur un territoire allant de Lannion à Châteaulin et au-delà, le Léon est réduit à ses frontières actuelles et confisqué en 1179 par Henri Plantagenêt aspirant à l'Empire. Scindé en une vicomté de Léon, une seigneurie de Léon et une seigneurie de Penhoat, il échoue à obtenir son indépendance en 1235 et est confié en 1276 à un comte évêque, suzerain temporel des vassaux subsistants. Il se confond à partir de cette date avec l'évêché de Léon. Devenu une quasi-république épiscopale enrichie par l'armement et le commerce des crées du Léon, il restera le cœur de la résistance des Princes de Léon au centralisme ducal puis royal.

Dénomination

Étymologie

Le nom de Léon[note 1], prononcé en léonard [leun] avec un « n » final très nasal et évanescent, c'est-à-dire « léoun' » si on utilise l'orthographe française, était expliqué autrefois par les prêtres du diocèse comme venant du latin leonis, la bête christianisée par saint Pol Aurélien lors de son arrivée dans la ville déserte de son cousin Gwithur, identifiée à un lion. D'autres[1] ramenaient l'étymologie à un castellum legionensis, et, pour appuyer leur hypothèse, voyaient là la preuve qu'une légion romaine avait stationné à l'emplacement de l'actuelle commune de Saint-Pol-de-Léon. En fait aucun document ne corrobore ces étymologies. Le roman de Tristan et Iseut de Béroul[2], datant des environs de 1170 mentionne « Loenois » ou encore « Loenoi », mais dans l’index des noms propres, Ernest Muret auteur de l’édition de 1922 du roman indique « Loenoi 2868, Loenois [2310], patrie de Tristan, située d’après les plus anciens romans en Grande-Bretagne, mais confondue plus tard avec le pays de Léon, dans la Bretagne française. « Le Loonois a été identifié par F. Loth avec le Lothian, en Écosse. Il n’est pas impossible non plus, écrit M. J. Loth (p. 88), que ce pays ait désigné la région de Caerlleon-sur-Wysc dont la situation conviendrait mieux. » Ce terme d’ancien français Loenois , n’a pas de rapport avec le lion ou la légion. Le problème est que le latin leo, ni même legio, n'était pas passé dans le vocabulaire de l'ancien breton, a fortiori pas sous sa forme du cas régime de l'ancien français se terminant par un « n ».

Un étymon plausible est l'ancien breton litau qui désignait le rivage continental aux bretons insulaires, qui a donné LLyddaw en gallois[3] et aurait donné en breton moyen Lezoun puis par une substitution qui s'observe plus souvent à l'initiale (v.g. Sabrina - Havren) Lehoun. L'absence de documents en breton moyen ne permettra jamais d'infirmer ou confirmer cette étymologie, ou une autre mais le strict respect des règles de l'étymologie bretonne appelle un ligau, non attesté, plutôt qu'un litau. Cependant on dispose de la mention, en latin, du terme de Letewicion[4] et surtout du terme Letavia[5] pour désigner l'ensemble de la Bretagne.

Il est possible que le sens de ce terme ait été réduit à la partie la plus anciennement colonisée au IVe siècle, le Léon, comme semble en garder le souvenir la légende de Conan Mériadec localisée par les hagiographes au e siècle à Plougoulm[6], après que se fut produite une seconde colonisation à l'origine de la Domnonée et de la Cornouaille. On sait en effet que le Léon ne faisait pas partie de la Domnonée lors de la création de celle-ci. On aurait là avec le terme de Léon, une évolution un peu semblable à celui de France, qui désignait d'abord tout le territoire de la Gaule puis seulement un pays de quelques kilomètres carrés au nord de Paris. Là encore, l'étaiement de toute hypothèse restera toujours faible.

Si l'on veut remonter à un hypothétique ligau ou antérieurement ligan, plus conforme mais non attesté, les étymons possibles sont la province irlandaise de Laghain ou celle de Laggan, à l'ouest de la Foyle, ou bien encore Lugdun, littéralement « forteresse de Lug », qui a effectivement donné, par extension du nom de la capitale Lyon, son nom à la Gaule celtique conquise, la Lyonnaise, et plus particulièrement à l'Armorique, la Lyonnaise III. Dans ce cas, le nom aurait subi la même réduction de sens de la province à une de ses parties la plus anciennement colonisée.[réf. nécessaire]

La forme ancienne française « Loonois », qui a donné en français moderne « Léonais », tendrait à laisser supposer[réf. nécessaire] un « loones » issu de « Lodonesia », ancien nom du comté brittonique de Lodain. Il y aurait là une étymologie commune avec le royaume légendaire de Lyonesse localisé dans les îles Sorlingues mais il est possible que ce royaume englouti de Lyonesse soit un « Lyon enes », c'est-à-dire île de Léon, ce qui nous renvoie à notre point de départ.

Quelle que soit l'étymologie, le toponyme renvoie, comme beaucoup de toponymes bretons, à un lieu de Bretagne insulaire, en l'occurrence la presqu'île du Nord du Pays de Galles, Lleyn (cf. infra sub « Colonisations bretonnes »), dont l'étymologie est tout aussi problématique.

Pays de Léon

Pays de Léon a anciennement son correspondant latin, pagus Leonensis, et breton, bro Leon. Un pagus est une subdivision carolingienne d'un comté. L'expression pays de Léon renvoie ainsi à l'histoire du comté de Léon et son démantèlement par les Ducs de Bretagne.

Vicomté et seigneurie de Léon

En 1166, Henri Plantagenêt, au terme d'une campagne militaire de deux années, force le Duc de Bretagne Conan IV à marier l'unique héritière, Constance de Bretagne, à son fils Geoffroy. Devenu régent pour celui-ci, qui est alors mineur, il vainc le jeune et riche comte de Léon Guyomarch IV, qui conduit la révolte, en 1169 et en 1177. À la mort de ce dernier, en 1179, il confisque le comté. En 1180, il le scinde en trois fiefs qu'il distribue aux héritiers :

En 1276, après des décennies de conflits, le Duc Jean le Roux accapare ce que possède encore le vicomte Hervé IV, arrière-petit-fils de Guyomarch V, et achète la suzeraineté sur la seigneurie de Léon à Hervé IV.

Le fief du Léon est alors remis par le Duc à l'évêque de Léon. Celui-ci reçoit lors de son entrônement le titre de « comte évêque ». Vassal de jure du Duc, il est choisi par la Curie. Il est de facto inamovible, le diocèse ayant aussitôt adopté une organisation assurant son indépendance. Les archidiacres, véritables administrateurs de l'évêché, ne sont en effet révocables que par la Curie et les canonicats laïcs du chapitre cathédral, instances de décision que l'évêque a juré de respecter, sont exercés par les grands vassaux de Léon, dont le premier est le seigneur de Léon.

Baronnie de Léon

Avant de constituer un bailliage et une province fiscale du Duché, le Léon était une des sept baronnies des États de Bretagne, citée aux assises de Geoffroy en 1185. Les barons de Rohan, originaires du Vannetais mais descendants des vicomtes de Léon, héritent en 1349 de la Seigneurie de Léon, en 1476 de celle de Penhoat, et cumulent ainsi les charges et leurs bénéfices à peu de frais, l'administration locale étant assumée principalement par l'évêque-comte.

Principauté de Léon

Les Rohan, considérant que le mariage d'Anne de Bretagne en 1491 les avaient déliés, en tant que princes d'Empire, de la suzeraineté du duché de Bretagne, dont il se faisaient ainsi les souverains présomptifs, se sont honorés depuis 1564 du titre de prince du Léon, conférant au Léon celui de principauté jusqu'à la Révolution[7].

Blason

Blason d'or au lion morné[8] de sable. Le blason du Finistère reprend le blason du pays de Léon, accolé à celui de la Cournouaille.

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