Pas-de-Calais

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Pas-de-Calais
Image illustrative de l'article Pas-de-Calais
Administration
Pays Drapeau de la France  France
Région Hauts-de-France
Création du département
Chef-lieu
( Préfecture)
Arras
Sous-préfectures Béthune
Boulogne-sur-Mer
Calais
Lens
Montreuil
Saint-Omer
Président du
conseil départemental
Michel Dagbert
Préfet Fabienne Buccio
Code Insee 62
Code ISO 3166-2 FR-62
Code Eurostat NUTS-3 FR302
Démographie
Gentilé Pas-de-Calaisiens
Population 1 472 589 hab. (2014)
Densité 221 hab./km2
Géographie
Superficie 6 671 km2
Subdivisions
Arrondissements 7
Circonscriptions législatives 14
Cantons 39
Intercommunalités 33
Communes 891

Le Pas-de-Calais est un département français, qui doit son nom au pas de Calais (sans majuscule à « pas » et sans trait d’union), le détroit qui le sépare de l' Angleterre [1]. La préfecture de ce département est Arras. L' Insee et la Poste lui attribuent le code 62.

Le Pas-de-Calais est l'un des départements les plus peuplés de France, porté par son extrémité Est qui abrite plus de la moitié de sa population. S'il ne possède pas de très grandes villes, ni de centre urbain polarisant à lui seul tout l'espace départemental, il n'en dispose pas moins d'un réseau équilibré de villes moyennes et secondaires dont les principales sont Calais, Boulogne-sur-Mer, Arras et Liévin.

Il est créé par regroupement de l' Artois (alentours d' Arras, Béthune, Lens et Saint-Omer) et d'une partie de l'ancienne Picardie (alentours de Boulogne-sur-Mer et Calais), deux territoires qui restent, encore aujourd'hui, assez différents culturellement et économiquement. Jusqu'en 2015, le Pas-de-Calais était rattaché au département du Nord pour former la région Nord-Pas-de-Calais. Aujourd'hui, il constitue avec quatre autres départements, la région Hauts-de-France.

Histoire

Carte du Pas-de-Calais en 1792.
Carte du Pas-de-Calais en 1852.
Article détaillé : Histoire du Nord-Pas-de-Calais.

Création du département

Le Pas-de-Calais est l'un des 83 départements créés à la Révolution française, le , en application de la loi du . Pour créer ce département, le régime révolutionnaire fusionne une partie de la province de Picardie ( Boulonnais, Calaisis et une partie du Ponthieu) avec l' Artois (reconquis sur les Pays-Bas du Sud un siècle plus tôt). En 1806, il y avait 1 261 habitants dans le département ayant pour langue maternelle le flamand, principalement dans les environs de Saint-Omer [2].

Sous Napoléon, c'est le Boulonnais qui est choisi pour assembler l' armée des côtes de l'Océan, devenue «  Grande Armée », pour préparer le débarquement en Angleterre entre 1803 et 1805. La première distribution de la Légion d'honneur a lieu au camp de Boulogne le . Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo le , le département entier est occupé par les troupes britanniques de à .

La première Guerre mondiale

Elle est particulièrement dure dans ce département, alors habité par environ 1 000 000 personnes. Le front passant à quelques kilomètres à l'est de Lens et d'Arras, de nombreuses batailles marquent le territoire. Les hommes sont en grande partie mobilisés ou doivent travailler à la mine. Une partie de la population doit fuir.

En 1918, des « comités de réfugiés » ou « unions de réfugiés » existent dans les zones les moins touchées et non-occupées, associant souvent Belges et Français [3] (par exemple au Portel, à Berck, à Rang-du-Fliers, au Touquet-Paris-Plage et à Saint-Omer). À Boulogne-sur-Mer est créée une Œuvre du placement gratuit des réfugiés. À Calais, un comité des réfugiés du Pas-de-Calais cohabite avec un comité officiel belge de secours aux réfugiés. Leur interlocuteur commun est à la préfecture le service départemental des réfugiés et celui des évacuations, ainsi que la commission départementale des réfugiés (11 membres se réunissant deux fois par semaine à la préfecture, plus une sous-commission de trois membres traitant des urgences) [3]. La Croix-Rouge et de nombreuses œuvres charitables les aident. En printemps 1918, un service de reconstitution des régions libérées tente de préparer le retour des populations et la protection des biens, services et personnes dans les zones où l'ennemi a reculé. Il faut y faire parvenir des matériels, denrées et mobiliers, ce qui nécessite des moyens de transports difficiles à trouver.

À la signature de l'Armistice, le Pas-de-Calais est probablement le département le plus dévasté. Plusieurs villes dont Lens sont rasées, les installations minières et les habitats attenants sont dévastés, et « plus de deux cents communes rurales n'existent plus » selon André Mabille de Poncheville. Le département est classé avec onze autres en zone rouge et il souffre de séquelles physiques, psychiques et environnementales durant des décennies.

La seconde Guerre mondiale

Le littoral, un peu épargné par la première Guerre, est plus durement touché par la seconde. Les ports de Calais et Boulogne-sur-Mer sont assiégés par les Allemands en , juste avant l' opération Dynamo à Dunkerque.

Les Allemands craignant un débarquement venant d'Angleterre sur les côtes du Pas-de-Calais, de nombreuses blockhaus et fortifications sont construits sur le littoral, formant partie du mur de l'Atlantique, mais également à l'intérieur des terres, comme la Coupole d'Helfaut, le blockhaus d'Éperlecques et la forteresse de Mimoyecques. En , différentes opérations de diversion ont lieu dans le Pas-de-Calais visant à couvrir le débarquement de Normandie.

Les bombardements sont nombreux et certaines villes sont entièrement détruites. Les habitants vivent dans des caves ou partent se réfugier loin des conflits. Calais est déclarée détruite à 73 %, Boulogne-sur-Mer à 85 %. Cette dernière est également la ville de France qui a connu le plus de bombardements aériens [4].