Parti républicain (États-Unis)

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Parti républicain
(en) Republican Party
image illustrative de l’article Parti républicain (États-Unis)
Logotype officiel.
Présentation
PrésidenteRonna Romney McDaniel
Fondation
Fusion deParti whig et Parti du sol libre
Siège310 First Street SE Washington, D.C. 20003
États-Unis
PositionnementDroite
IdéologieConservatisme[1]
Libéralisme économique[2]
Fédéralisme[3]
Conservatisme social[4]
Affiliation régionaleUnion démocrate d'Asie et du Pacifique
Affiliation européenneAlliance des conservateurs et réformistes européens (partenaire régional)
Affiliation internationaleUnion démocrate internationale
Adhérents32 807 417 (2017)[5]
CouleursRouge (officieux)
Site webgop.com
Présidents de groupe
SénatMitch McConnell
Chambre des représentantsKevin McCarthy
Représentation
Sénateurs
51 / 100
Représentants
241 / 435
Gouverneurs
33 / 50

Le Parti républicain (en anglais : Republican Party, également surnommé Grand Old Party et abrégé en GOP), est l'un des deux grands partis politiques américains contemporains[a].

Il fut fondé le par des dissidents nordistes du Parti whig et du Parti démocrate, hostiles au statu quo sur l’esclavage, aux revendications souverainistes des États fédérés et favorables au protectionnisme.

Supplantant le Parti whig moribond, il devint le principal parti politique du pays alternant au pouvoir avec le Parti démocrate. Depuis sa fondation, c'est le parti qui a le plus exercé le pouvoir exécutif aux États-Unis, y compris sur une durée continue (1861-1885)[b]. Dans le référentiel bipartite de l’échiquier politique contemporain, le Parti républicain est généralement classé à droite (right-wing).

Donald Trump, qui investit ses fonctions de président des États-Unis le , est le 20e et plus récent président issu de ce parti à ce jour[6].

Histoire

Fondation

Le Parti républicain est fondé en 1854 à Pittsburgh pour s’opposer à la loi Kansas-Nebraska, autorisant la pratique de l’esclavage au Kansas. Les activistes républicains y voyaient la preuve du pouvoir des propriétaires d’esclaves, conspirant pour s’emparer du pouvoir fédéral et étendre l’esclavage à tout le pays. Il s’agissait pour ses fondateurs de proclamer les vertus républicaines comme l’opposition à l’aristocratie et à la corruption. Le programme du Parti républicain proposait une vision progressiste et libérale d’une société industrielle et éduquée, fondée sur la liberté individuelle, la promotion sociale par l’effort et le mérite, une société où la loi du marché l’emportait sur toutes les formes d’asservissement économiques comme l’esclavage.

Les premiers partisans du Parti républicain sont alors les Whigs (libéraux) et les démocrates de Nouvelle-Angleterre et de la région des Grands Lacs comme les gouverneurs ou candidats au poste de gouverneurs comme Nathaniel P. Banks (Massachusetts), Hannibal Hamlin (Maine), Kinsley Bingham (Michigan), la majorité des membres du Parti du sol libre opposé à l'esclavage se rallièrent à ce nouveau parti.

C’est à Ripon, le , qu’eut lieu la première convention du Parti républicain. Le 6 juillet, à Jackson, les délégués républicains proclamèrent que le nouveau parti était opposé à l’extension de l’esclavage dans les nouveaux territoires et commença à sélectionner des candidats pour les élections au Congrès. Le parti s’organisa rapidement dans tout le pays à l’exception du Sud esclavagiste où il ne comptait quasiment aucun partisan.

John Frémont, le premier candidat républicain à l’élection présidentielle en 1856.

Son moralisme et son puritanisme lui acquièrent rapidement le soutien des Yankees de Nouvelle-Angleterre, de New York et du Mid-Ouest, et plus précisément des presbytériens, des méthodistes, des quakers et des luthériens d’origine scandinaves. A contrario, il échoue à emporter l’adhésion des catholiques, des épiscopaliens et des luthériens d’origine germanique.

En 1856, son premier candidat à l’élection présidentielle est John Frémont sur un programme proposant « une terre libre, la liberté du travail, la liberté d’expression et des hommes libres ». Frémont est battu avec 33 % des voix par le démocrate James Buchanan (45 %), tandis que le vieux Parti whig s’effondre avec seulement 22 % des voix pour son candidat, l’ancien président Millard Fillmore. Néanmoins, le Parti républicain remporte un incontestable succès immédiat puisqu’il s’impose en Nouvelle-Angleterre, à New York et dans les États de la région des grands lacs. Frémont n’obtient cependant presque aucun suffrage dans le sud et échoue face à un candidat démocrate soutenu par un parti rassemblé, unissant les ségrégationnistes du sud et les démocrates « conciliants » du Nord.

Élection d’Abraham Lincoln et guerre de Sécession

Affiche de la campagne républicaine de 1860 (en français : « Abraham Lincoln pour président, Hannibal Hamlin pour vice-président »).
Article détaillé : Guerre de Sécession.

En 1860, le candidat du Parti républicain est Abraham Lincoln de l’Illinois. Le contexte de l’élection présidentielle est alors très différent de celui de 1856. L’unité démocrate a implosé et le parti présente deux candidats. L’un est un sudiste ségrégationniste, John Cabell Breckinridge, et l’autre un nordiste modéré, Stephen A. Douglas. C’est la chance du candidat républicain. Au soir des élections, Abraham Lincoln est en tête des candidats et par conséquent est élu président avec 39 % des voix alors que les démocrates divisés totalisaient ensemble 48 % des suffrages.

Abraham Lincoln, premier président des États-Unis émanant du Parti républicain.

L’arrivée au pouvoir d’un républicain « yankee » (nordiste) soutenu par les abolitionnistes déclenche le processus qui mène à la guerre de Sécession. Lincoln parvint brillamment à rassembler les courants de son parti autour de lui et à faire front pour défendre l’intégrité de l’Union. Il reçut également dans un premier temps le soutien des démocrates du nord, appelés alors démocrates de guerre tandis que les républicains-radicaux envisageaient déjà de sanctionner durement les sudistes à la fin de la guerre.

Quand Lincoln proclama que le but de guerre serait l’abolition de l’esclavage, une partie des démocrates le lâchèrent pour devenir des « démocrates de paix » alors que les partis républicains de chaque État de l’Union se rangeaient à la cause abolitionniste, à l’exception des républicains du Kentucky.

En 1862, alors que le pays est en pleine guerre civile, les républicains alliés aux démocrates de guerre remportèrent les élections de mi-mandat. Lincoln est à son tour réélu en 1864 mais est assassiné en avril 1865 par un partisan sudiste alors que la guerre vient de prendre fin avec la victoire des armées de l’Union.

Domination républicaine

Après la victoire des armées du Nord en 1865, les républicains vont dominer la vie politique nationale jusqu’en 1932.

Ils imposent la reconstruction au Sud et privent brièvement de droit de vote les États sécessionnistes.

En 1864, le Congrès passe sous la domination des républicains-radicaux, résolus à se venger lourdement contre les États confédérés pour avoir brisé l’unité de l’Union et à leur imposer de très dures sanctions économiques.

Lincoln était méfiant envers les républicains-radicaux mais en choisissant Andrew Johnson comme vice-président, un sudiste-unioniste, il espérait freiner les appels à la vengeance.

Quand Johnson succède à Lincoln après l’assassinat de ce dernier, il rompt ses liens avec les radicaux et constitue une alliance des républicains et démocrates modérés afin de restituer aux sudistes leurs droits politiques. Cependant, lors des élections de 1866, les Radicaux remportent de nouveau la majorité des sièges au Congrès et imposent leur vision politique de la Reconstruction du Sud. Profitant de leur domination, ils tentent de destituer le président Johnson par la procédure d’impeachment mais échouent à une voix près.

Le président Ulysses S. Grant.

En 1868, Johnson est contraint de renoncer à solliciter un nouveau mandat et laisse la présidence à un républicain-radical, le général Ulysses S. Grant, chef victorieux de l’armée de l'Union. Les radicaux sont alors à leur zénith politique, contrôlant la Maison-Blanche, le Congrès, le Parti républicain et l’armée. Ils visent alors à construire un bastion républicain dans le sud des États-Unis, basé sur le vote des anciens esclaves devenus des hommes libres, des scalawags (natifs du Sud collaborant avec le nouveau pouvoir), des soldats de l’Union cantonnés dans le Sud, et des Carpetbaggers (immigrés économiques venant du Nord pour faire fortune dans le sud, voyageant avec un sac de voyage en toile à tapis). Dans ce but, les républicains du Sud s’organisent sous forme de ligues unionistes afin de mobiliser les électeurs et de combattre les anciens sécessionnistes dont certains s’organisent sous la bannière du Ku Klux Klan. Les premiers membres afro-américains du Congrès des États-Unis ont été élus sous l'étiquette Républicaine en novembre 1868. Il a fallu attendre 1934 pour que le parti démocrate ait ses premiers candidats noirs.

Le président Grant soutint activement la politique des radicaux dans le Sud et la mise en place du 14e amendement sur le droit de vote et les droits civiques des hommes libres. Le vote de ces nouveaux électeurs (noirs, soldats de l’Union, Carpetbaggers) et la privation des droits civiques des anciens officiers et sous-officiers de l’armée confédérée et des partisans connus de la sécession permet la victoire de gouverneurs républicains.

Dès 1872 cependant, le Parti républicain connait des dissensions internes alors que Grant est facilement réélu président contre Horace Greeley, un républicain dissident, soutenu par les libéraux du Parti républicain, menés par Carl Schurz, et les démocrates. Le Parti républicain, omnipotent qu’il est, est alors gangrené par la corruption alors qu’une opposition libérale interne s’active et demande la réconciliation avec les États du Sud, en commençant par mettre fin à la vengeance politique, en rappelant les soldats yankees dans leurs foyers et en rendant leurs droits civiques aux anciens confédérés.

En 1873, le pays connaît des problèmes économiques ce qui permet au Parti démocrate de réémerger politiquement et de gagner la chambre des représentants, mettant fin à la domination des radicaux. Dans le Sud, des coalitions anti-républicaines (qui deviendront les « Dixiecrats ») parviennent progressivement à récupérer le contrôle des États, à mettre en fuite les Carpetbaggers, parfois avec violence, tout en réglant leurs comptes aux scalawags et en « dissuadant », par la peur, les anciens esclaves de profiter de leurs droits civiques.

Le président Rutherford B. Hayes.

En 1876, l’élection présidentielle met un terme définitif à la politique de Reconstruction. L’élection ayant été marquée dans certains États du Sud par la fraude et les intimidations en faveur des républicains, c’est une commission électorale bi-partisane qui proclame finalement vainqueur le candidat républicain Rutherford B. Hayes, minoritaire en voix, après que celui-ci eut promis de rapatrier au nord toutes les troupes fédérales et de rendre leur souveraineté aux trois derniers États sudistes encore sous contrôle fédéral. Ce faisant, démontrant l’échec de la politique des radicaux dans le Sud, Hayes donne aux démocrates un contrôle absolu sur cette région jusqu’en 1964, caractérisé également par l’abandon politique des anciens esclaves et la quasi-disparition du Parti républicain sur le territoire des anciens États confédérés.

En 1874, un dessin politique de Thomas Nast représentant le parti en éléphant fut repris pour symboliser le parti[7]

De 1877 à 1932, malgré son échec dans le Sud, le Parti républicain reste le parti dominant de la vie politique américaine. Il bénéficie de l’assimilation populaire des démocrates à la rébellion (guerre de Sécession), à la minorité catholique (les Irlandais catholiques dominent alors le parti démocrate et dirigent de nombreuses grandes villes) et aux débits de boisson (les intérêts des débiteurs de boissons alcoolisées sont réputés proches des démocrates et non des puritains associés aux républicains).

Divisée entre une aile progressiste et une aile conservatrice, la ligne politique générale du Parti républicain est modérée tantôt libérale tantôt conservatrice, tantôt isolationniste, tantôt internationaliste. La croissance économique est son credo. Il se fait le défenseur de l’économie capitaliste, de l’industrialisation du pays et du développement de ses moyens de transport.

En 1884, il perd la présidence pour la première fois en 24 ans. Son candidat, James Blaine, perçu comme corrompu est battu par le démocrate Grover Cleveland.

En 1890, bien que proches des grands conglomérats et des grandes industries, le Parti républicain est l’initiateur des premières lois antitrust (Sherman Anti-Trust Act, Interstate Commerce Commission) afin de protéger les petits commerces et les agriculteurs.

Affiche de la campagne électorale républicaine de 1900 en faveur de William McKinley et Theodore Roosevelt.

À partir de 1896 et de l’élection de William McKinley, les républicains s’imposent pour de nombreuses années à la Maison-Blanche et au Congrès, en consolidant l’adhésion de la classe moyenne et des industriels. Le Parti républicain est alors tout à la fois progressiste, capitaliste et puritain. C’est le parti du business. Son emprise est aussi locale où des candidats issus de ses rangs dirigent de nombreuses grandes villes du nord (Détroit avec Hazen Pingree, New York avec Seth Low, Toledo avec Rule Jones…).

Au début du XXe siècle, le mouvement populiste, opposé à la politique économique des Républicains jugées défavorables aux États de l’Ouest, est absorbé par les démocrates. Au contraire, le mouvement progressiste, puissant au début du XXe siècle, qui réclame une moralisation de la vie publique et une meilleure prise en compte des aspirations de la population, inspire certains dirigeants républicains, comme le président Theodore Roosevelt. Dès son arrivée à la présidence en 1901, après l’assassinat de McKinley, il s’oppose aux grandes entreprises, aux trusts et réclame un pouvoir fédéral fort, capable de réglementer l’activité économique. Il proclame également que la prospérité doit être partagée et doit concerner toutes les races et toutes les religions.

En 1908, les premières élections des sénateurs au suffrage direct donnent une large majorité aux républicains (60 républicains contre 40 démocrates).

Résultats de l’élection présidentielle de 1912 : en vert les États remportés par Theodore Roosevelt, en rouge les États emportés par William Howard Taft et en bleu ceux remportés par le démocrate Woodrow Wilson.

En 1910, les républicains perdent le contrôle de la chambre des représentants tandis qu’ils se divisent entre progressistes rooseveltiens et conservateurs. En 1912, Roosevelt rompt avec les républicains et se présente comme candidat progressiste contre le président sortant, le républicain William Howard Taft. La division républicaine amène logiquement à un éparpillement des voix (35 % pour Roosevelt, 23 % pour Taft) et conduit le candidat démocrate, Woodrow Wilson (41 % des voix), à la Maison-Blanche et les démocrates à devenir majoritaire au Sénat.

Le Parti républicain reprend la Maison-Blanche et le Congrès dès le début des années 1920 sur un programme économiquement et politiquement isolationniste et anti-SDN. Warren G. Harding, Calvin Coolidge et Herbert Hoover, tous trois républicains, se succèdent à la Maison-Blanche alors que les États-Unis connaissent une vague de prospérité économique sans précédent.

Chute de la maison républicaine

Le président Herbert Hoover.

Le krach de 1929 plonge le pays dans la Grande Dépression et les politiques républicaines non interventionnistes axées prioritairement sur l’équilibre budgétaire paraissent inadaptées à stopper la montée du chômage et à freiner les faillites. En 1932, pour la première fois depuis la guerre de Sécession, les républicains perdent le contrôle de la majorité des grandes villes du pays. Ils vont ensuite perdre la Maison-Blanche, le Congrès, la majorité des postes de gouverneurs et le vote des noirs du Nord du pays. L’année 1936 est la pire année politique de l'histoire des républicains. Lors de l’élection présidentielle, le démocrate Franklin Delano Roosevelt est triomphalement réélu contre le républicain Alf Landon. Seuls deux États, le Vermont et le Maine, restent alors fidèles au parti de Lincoln alors qu’au Congrès, 17 sénateurs et 88 représentants républicains rescapés font face à un « rouleau compresseur » composé de 79 sénateurs et 334 représentants démocrates.

Droitisation du Parti républicain

Robert Taft, leader au Sénat de la coalition conservatrice et coauteur de la loi Taft-Hartley.

Réduit à un pôle minoritaire, le Parti républicain très divisé doit se reconstruire. Il se replie d’abord principalement sur deux courants, l’un conservateur issu de l’ouest et du sud-est du pays et l’autre libéral issu de Nouvelle-Angleterre, tous deux emprunts d’un résidu de la pensée progressiste, autrefois incarnée par Teddy Roosevelt. En 1936, Alf Landon, le gouverneur du Kansas, un républicain favorable au New Deal, l’emporte sur le courant conservateur soutenu par Herbert Hoover et devient le candidat républicain à la présidence. Il est cependant laminé par Franklin Roosevelt. Le parti est alors de nouveau tiraillé entre les isolationnistes, opposants au New Deal comme le sénateur Robert Taft de l’Ohio et les libéraux du nord-est comme Thomas Dewey, le gouverneur de l'État de New York, plus favorable au New Deal. Ainsi, divisé, le parti est par conséquent incapable de faire front face aux démocrates.

À partir de 1939, Robert Taft est la figure de proue des opposants à Roosevelt. Au Sénat, il fédère autour de lui les conservateurs et les démocrates du Sud sur des positions économiques isolationnistes, non interventionnistes en matière de politique étrangère et hostiles au New Deal.

Après 1941 et l'attaque de Pearl Harbor, les républicains jouent le jeu de l’union nationale derrière le gouvernement et au nom de la « realpolitik », en 1945, le Parti républicain accepte l’implication forcée des États-Unis dans les affaires du monde dans le contexte de guerre froide bien qu’en 1947, les isolationnistes menés par Taft tentent encore de s’opposer à l’adhésion du pays à l’ONU et à saper la fondation de l’OTAN. Et c’est de justesse qu’ils approuvent le plan Marshall, pourtant concocté par un républicain.

Le Parti républicain commence pourtant à regagner la faveur de l’opinion comme le démontrent ses victoires au Congrès en 1946 qui leur permet l'année suivante de faire adopter, en dépit de l'hostilité du président Harry S. Truman, la loi Taft-Hartley dont l'objet est de diminuer les prérogatives des syndicats et de limiter le droit de grève.

En 1948, Thomas Dewey échoue cependant de justesse à l’élection présidentielle face à Harry S. Truman, jugé plus crédible pour défendre les États-Unis face au communisme. En effet, à cette époque, des républicains isolationnistes comme Robert Taft s’inquiètent davantage de la bureaucratie et du niveau des dépenses publiques que des conséquences du rideau de fer tombé sur l’Europe.

Billets pour l’inauguration de la présidence de Dwight D. Eisenhower et de son vice-président Richard Nixon en 1953.
Carte illustrant le raz de marée électoral des républicains lors de l’élection présidentielle de 1984.

En 1952, le général Dwight D. Eisenhower, un internationaliste de la lignée politique de Dewey, partisan de l’Organisation du traité de l'Atlantique nord, l’emporte lors de primaires républicaines présidentielles sur Robert Taft. Eisenhower est élu président en novembre 1952, mettant fin à 20 années de règne démocrate sur la Maison-Blanche alors que le pays est en plein maccarthysme. Il ne remet pas en cause le New Deal et étend le système de sécurité sociale, met en œuvre un système autoroutier inter-État, poursuit la politique américaine de son prédécesseur face au communisme et fait respecter dans l’ancien Sud confédéré, au besoin par l’armée, les arrêts de la Cour suprême des États-Unis en matière de déségrégation raciale. Eisenhower est réélu facilement en 1956 mais l’échec de Richard Nixon en 1960 face au candidat démocrate John Fitzgerald Kennedy permet à l’aile conservatrice du parti de prendre de l’ascendant sur l’aile modérée, héritée de Dewey, en imposant ses candidats aux présidentielles (Barry Goldwater en 1964, Ronald Reagan en 1980, George W. Bush en 2000).

Les présidents Ronald Reagan et George H. W. Bush.

À partir des années 1960, les républicains récupèrent les thèmes conservateurs propres aux blancs du Sud et de l'ouest, comme la méfiance vis-à-vis de l’État fédéral et la défense des droits des États fédérés contre les empiétements du pouvoir central. Dans les années 1970, le parti opère une percée dans le Sud grâce à cette ligne conservatrice en accaparant le vote des électeurs blancs qui désertent avec leurs élus le parti démocrate dominé alors par l'aile gauche du parti. En reprenant ainsi dans le sud des thèmes comme la généralisation de la prière à l’école, les droits des états fédérés, l’interdiction de l’avortement ou la défense des valeurs familiales, les républicains parviennent dans les années 1970 et 1980, à y faire élire des gouverneurs, pour la première fois depuis la fin de la période de reconstruction (la Géorgie se dote ainsi en 2001 de son premier gouverneur républicain en 124 ans). En même temps, le parti rompt avec la tradition isolationniste symbolisée autrefois par Robert Taft et entreprend une politique étrangère active dont l’objet est l’endiguement du communisme par tous les moyens. Cette politique symbolisée par le Secrétaire d’État Henry Kissinger oblige néanmoins à quelques choix inattendus comme la reconnaissance de la République populaire de Chine, le début en 1972 des négociations sur la limitation des armements stratégiques avec l'URSS et le retrait des forces américaines du Viêt Nam.

Dans les années 1980, la « révolution conservatrice » lancée par le président Ronald Reagan finit d’ancrer nationalement le parti à droite, malgré l’intermède de 1989 à 1993 de la présidence de George Bush, représentant de l’aile réformiste.

En 1984, Ronald Reagan est triomphalement réélu, remportant 49 des 50 États du pays puis contribue à faire élire en 1988 son vice-président, George H. W. Bush, à la présidence du pays. Cependant, en dépit de ces victoires présidentielles, le parti républicain peine à renverser la majorité démocrate du Congrès.

En 1992, le parti est de nouveau victime de ses divisions. Le courant conservateur, qui n’a pas digéré les augmentations d’impôts du président, préfère alors soutenir un dissident, Ross Perot, privant George H. W. Bush d’une réélection annoncée. Les deux premières années du mandat du démocrate Bill Clinton à la Maison-Blanche, maladroitement gérées, permettent aux républicains de se rassembler sur un programme conservateur intitulé « contrat avec l’Amérique ».

En 1994, pour la première fois depuis 40 ans, le parti républicain remporte les deux chambres du Congrès et redevient majoritaire. Il le restera jusqu’en 2007 (à l’exception des années 2001-2002 pour le Sénat).

Depuis les années 1980-90, le parti républicain remplace le parti démocrate dans ses anciennes zones d’influence, à savoir le Sud, mais perd bon nombre d’électeurs en Nouvelle-Angleterre, dans les Grands Lacs et sur la côte Ouest. Si le parti se maintient encore localement dans ses anciennes places fortes grâce à des élus modérés, il est nationalement ancré au sud et à l’ouest non côtier. En 2007, 20 des 26 sénateurs des États de l’ancienne Confédération sont républicains. Il y a 30 ans, ils étaient tous démocrates.

De 2001 à 2009, les républicains conservateurs étaient à la Maison-Blanche avec le président George W. Bush, et le vice-président, Dick Cheney, réélus en 2004.

Depuis les années 2000

Depuis la révolution conservatrice menée sous Ronald Reagan dans les années 1980, le Parti républicain est dominé par sa branche conservatrice. Celle-ci s’est renforcée en 1994 avec la conquête du Congrès mené par Newt Gingrich et son « contrat pour l’Amérique » puis avec l’arrivée au pouvoir du Texan conservateur George W. Bush, fils du 41e président des États-Unis.

L'ancien gouverneur Mitt Romney, candidat républicain à l'élection présidentielle de 2012.

Cette branche conservatrice s’appuie sur ses bastions électoraux du Sud et de l’Ouest et repose sur un électorat essentiellement blanc (à dominante WASP), banlieusard et rural, patriote et évangélique. Cette posture conservatrice lui a aussi attiré, dans une moindre mesure, un soutien non négligeable de la communauté hispanique et des catholiques, traditionnellement démocrates. Par ailleurs, une majorité des républicains sont climato-sceptiques. Un sondage de 2015 du Pew Research Center indiquait que 64 % des individus s'identifiant comme démocrates reconnaissaient le changement climatique d'origine anthropique, contre 22 % chez les républicains[8].

La branche modérée dite libérale au sens américain du terme du Parti républicain (représentée par Arnold Schwarzenegger, Arlen Specter, Olympia Snowe, Susan Collins, Gordon Smith, Jim Douglas, Rudolph Giuliani) a été la victime de la droitisation du parti.

Ses places fortes du nord-est et de la Californie se sont effondrées d’abord lors des élections présidentielles puis lors des élections locales et fédérales. Les élus républicains qui ont réussi à s’y maintenir sont souvent en dissidence de la ligne officielle conservatrice du parti et de l’administration de George W. Bush. À cause de l'impopularité du président, le parti a perdu le contrôle des deux chambres du Congrès dans les élections de mi-mandat en 2006.

Une petite branche centriste incarnée par John McCain ou George H. W. Bush subsiste pour tenter de rassembler l’aile gauche et l’aile droite du parti et d’incarner ainsi la tradition historique modérée du Parti républicain. Ses représentants comme Rudolph Giuliani, John McCain et Mitt Romney furent les candidats favoris des sondages pour représenter le camp républicain lors de l'élection présidentielle en 2008 au côté de l'ancien sénateur (conservateur) du Tennessee et acteur de cinéma, Fred Dalton Thompson.

Le , lors de la réunion de la convention nationale républicaine à Saint Paul (Minnesota), les délégués républicains confirmèrent John McCain, qui s'était imposé lors des élections primaires, comme candidat à l'élection présidentielle de 2008, ainsi que Sarah Palin, gouverneure de l'Alaska, comme candidate à la vice-présidence. Lors de l'élection du , John McCain est battu par le candidat démocrate, Barack Obama.

Donald Trump, président des États-Unis depuis 2017.

Lors des élections sénatoriales de mi-mandat de novembre 2010, le parti présente plusieurs candidats issus du mouvement des Tea Party, notamment dans le Nevada, le Kentucky et l'Alaska. Dans les élections, le parti a repris une majorité dans la Chambre des représentants avec 242 des 435 sièges, et il a augmenté sa minorité dans le Sénat avec 47 des 100 sièges. De plus, après l'élection, 29 des 50 États seront dirigés par un gouverneur républicain.

Longtemps considéré comme le parti de l’« Amérique blanche », le parti républicain s'est féminisé et a accordé une place importante à la diversité depuis le début de la décennie, avec notamment l'élection des gouverneurs Jindal et Haley (d'origine asiatique), celle des gouverneurs Martinez et Sandoval (d'origine hispanique), ainsi que l'élection de nombreux membres issus des minorités ethniques au Congrès comme les sénateurs Marco Rubio, Ted Cruz et Tim Scott et la représentante Mia Love[9]. On peut également souligner la candidature d'Herman Cain, un temps favori et premier afro-américain à avoir eu une chance de décrocher l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de 2012[10]. Pour l'élection présidentielle de 2016, cette ouverture aux minorités se concrétise par la candidature de l'Afro-américain Ben Carson, des sénateurs hispaniques Cruz et Rubio et du gouverneur Jindal pour décrocher l'investiture républicaine. Le 1er février 2016, les caucus de l'Iowa ont vu la victoire de Ted Cruz, devenu ainsi le premier Latino-Américain, tous partis confondus, à gagner une primaire[11].

Paradoxalement, le Parti républicain est confronté, à l'occasion de ses primaires en vue de l'élection présidentielle de 2016, à une vague populiste sans précédent : la campagne est en effet largement dominée par le milliardaire Donald Trump, qui, dans un langage volontiers familier et sans langue de bois, accumule les déclarations contre l'immigration, notamment musulmane (qu'il veut interdire d'entrée aux États-Unis)[12] et mexicaine (contre qui il propose de construire un mur)[13], ainsi que pour un retour à l'isolationnisme[14] et un durcissement de l'emprisonnement des terroristes, caractérisé notamment par le retour à la torture[15] utilisée lors de l'administration Bush. Ce discours décrit[Par qui ?] comme extrêmement dur, accompagné d'une critique de « l'establishment », le place au centre de la campagne où il enchaine les victoires et domine rapidement la course aux délégués. Cette montée du populisme au sein du Parti républicain est confirmée par les très bons scores de l'outsider Ted Cruz, sénateur au discours très religieux et même plus à droite que Trump sur un certain nombre de sujets[16], et par les scores plus ou moins mauvais voire médiocres de Jeb Bush[16], Marco Rubio[17] et John Kasich, considérés comme les favoris de l'establishment. La direction du parti tente alors plusieurs moyens de faire perdre Trump[18], n'approuvant pas ses manières vulgaires[19], ses déclarations considérées comme racistes par certains[20], la plupart de ses idées, son instabilité, et craignant une lourde défaite face au candidat démocrate lors de l'élection générale[21].

En novembre 2016, Donald Trump remporte l'élection présidentielle en dépit des pronostics peu favorables[22]. Il est officiellement investi en tant que président des États-Unis le . Ses premières mesures visent à réduire le champ d'action de l'Obamacare, se retirer du traité transatlantique et limiter le financement d'ONG pro-avortement ; ce dont les républicains se félicitent[23].

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