Parti communiste français

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Parti communiste français
Image illustrative de l'article Parti communiste français
Logo officiel.
Présentation
Secrétaire national Pierre Laurent
Fondation 1905 (SFIO)
1920 (SFIC)
1921 (PC)
1943 (PCF)
Siège 2, place du Colonel-Fabien, 75019 Paris
Porte-parole Olivier Dartigolles, Patrice Bessac
Fondateurs Ludovic-Oscar Frossard
Fernand Loriot
Boris Souvarine
Positionnement Gauche
Adhérents 56 595 à jour de cotisations (2016) [1]
Journaux proches L'Humanité
L'Humanité Dimanche
La Terre
Mouvement de jeunesse Mouvement jeunes communistes de France
Idéologie Communisme [2]
Euroscepticisme [3]
Affiliation européenne Kominform (1947-1956)
Parti de la gauche européenne (depuis 2004)
Groupe au Parlement européen GUE/NGL
Affiliation internationale Internationale ouvrière (1905-1920)
Internationale communiste (1920-1943)
Conférences mondiales des Partis communistes (1957-1969)
Conférences internationales des partis communistes et ouvriers (depuis 1998)
Coalition Front de gauche
Couleurs Rouge
Site web http://www.pcf.fr
Présidents de groupe
Sénat Éliane Assassi
Assemblée André Chassaigne
Parlement européen Gabriele Zimmer ( PGE)
Représentation
Députés
7 / 577
Sénateurs
18 / 348
Députés européens
1 / 74
Présidence de conseils départementaux
1 / 101
Maires de communes de plus de 70 000 habitants
5 / 65
Conseillers municipaux
1 588 / 526 341
Conseillers régionaux
29 / 1 757

Le Parti communiste français (PCF) est un parti politique français de gauche. Principale organisation membre du Front de gauche, il revendique, en 2016, 56 595 adhérents à jour de cotisation [1].

L'organe officiel du parti a longtemps été le journal L'Humanité, qui en est désormais structurellement indépendant tout en en restant très proche. De nombreuses revues lui sont cependant directement affiliées comme La Revue du Projet, Progressistes et Économie & Politique. Ses structures de recherches Espaces Marx et la Fondation Gabriel-Péri éditent La Pensée, Les Cahiers d'Histoire et Transform !.

Le parti est fondé en au congrès de Tours lors d'un congrès de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) appelé à décider de l'adhésion à l' Internationale communiste ; la majorité du congrès ayant décidé de cette adhésion crée alors la Section française de l'Internationale communiste (SFIC), la minorité faisant scission et maintenant la SFIO. Plus important parti français dans l'immédiat après-guerre, le parti, alors stalinien, constitue la première force de gauche en France. Son influence et son assise électorale ont peu à peu diminué, le PCF étant notamment dépassé par son rival dans la gauche, le Parti socialiste, lors des élections législatives françaises de 1978, puis lors de l' élection présidentielle française de 1981. Plus récemment le PCF a réagi en s'engageant dans une alliance électorale, le Front de gauche, tout en maintenant d'autres alliances locales, notamment avec le Parti socialiste, Europe Écologie Les Verts ou des formations d' extrême gauche.

Histoire

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Congrès de Tours

Le , une majorité des militants socialistes de la SFIO réunis en congrès à Tours décident de s'affilier à l' Internationale communiste (également connue sous l'appellation «  Komintern »), fondée en 1919 par Lénine à la suite de la révolution russe. Le Parti communiste français, qu'on appelle alors Section française de l'Internationale communiste (SFIC), qui est ainsi créé accepte par conséquent de se soumettre aux conditions explicitement formulées par l'IC. Il s'engage à construire un parti révolutionnaire, qui peut utiliser des moyens légaux, mais qui aussi doit se doter d'un appareil clandestin et ne doit pas exclure l'action illégale. Le parti constitué doit être discipliné, suivant les règles du centralisme démocratique : les minoritaires doivent suivre la ligne décidée majoritairement. Comme les communistes reprochent aux partis de la Deuxième Internationale, dont la SFIO, de laisser aux élus une trop grande marge d'autonomie vis-à-vis de la direction partisane, seule une minorité des élus socialistes rejoint le nouveau parti. Enfin, la SFIC, comme son nom l'indique (Section française de l'Internationale communiste) est un parti internationaliste. Ces principes de base vont sous-tendre toute la vie de la SFIC et du PC jusqu'à la dissolution officielle de l'IC en 1943, et même bien au-delà.

Premières années (1921-1933)

Les premières années du jeune parti sont marquées à la fois par de nombreuses exclusions de membres fondateurs du parti (comme Boris Souvarine, Alfred Rosmer, Pierre Monatte, Albert Treint…), par la stalinisation du parti, ainsi que par un activisme militant illustré, par exemple, par des manifestations contre la guerre du Rif, en 1925, et plus généralement par l' antimilitarisme. L'arrestation et l'incarcération de courte durée est très fréquente, tant pour les militants que pour les dirigeants. Dans ces années-là, une grande partie des rares élus à avoir fait le choix du PC en 1920 revient dans le giron de la SFIO. Dans le même temps, on constate l'ascension rapide d'un nouveau personnel dirigeant, plutôt jeune, formé pour l'essentiel dans les écoles de l' Internationale communiste. En 1924, aux élections législatives, le parti obtient 9,82 % des suffrages et 26 députés.

Henri Barbé et Pierre Celor, qui accèdent au secrétariat du parti en 1927, sont emblématiques de ce nouveau personnel dirigeant. Suivant les directives du Komintern, ils mènent la politique dite de « Classe contre Classe », laquelle exclut toute entente avec les partis considérés comme « bourgeois », SFIO comprise. Le Parti qui avait obtenu 26 sièges aux élections de 1924 en perd la moitié aux élections de 1928. Jeune secrétaire à l'organisation, Maurice Thorez dénonce la formation d'une fraction à la tête du parti et prend les rênes de l'institution partisane à la faveur d'un nouveau changement de direction imposé par Moscou en 1930-1931. Certains membres de la SFIC participent à des activités d'espionnage en France au profit de l' URSS [4], une stratégie qui culminera et cessera avec l'éclatement de l' affaire Fantômas [5] en 1932.

Des organisations communistes dissidentes, d' extrême gauche, se créent pour défendre un communisme opposé au stalinisme : le Cercle communiste démocratique, la Ligue communiste, l' Union communiste, entre autres. La revue La Révolution prolétarienne regroupe les principaux fondateurs du PC exclus ou démissionnaires.

Antifascisme, Front populaire et guerre d'Espagne (1934-1939)

Après la prise du pouvoir par Hitler et les événements de 1934 en France, l'Internationale communiste recommande une nouvelle ligne, moins sectaire. La lutte pour la direction du parti entre Jacques Doriot et Maurice Thorez aboutit en 1934 à l'éviction du premier qui crée son propre parti (le Parti populaire français). Maurice Thorez a alors les mains libres pour mettre en œuvre cette nouvelle ligne. Thorez est entouré d'une équipe constituée de Jacques Duclos, Benoît Frachon et du délégué du Komintern, Eugen Fried. L'équipe Thorez-Duclos-Frachon connaîtra une longévité exceptionnelle et dirigera pratiquement le parti français pendant une trentaine d'années.

La Chambre des députés élue en mai 1936.

À la suite de la manifestation du 6 février 1934, interprétée par la gauche française comme un coup d'État fasciste manqué, le PC change de stratégie. Une union antifasciste de la SFIO et du PC se réalise progressivement. Elle aboutit le 10 janvier 1936 par un programme commun aux socialistes, communistes et radicaux pour les élections législatives. Au printemps, le Front populaire gagne les élections et le PC remporte 72 sièges avec 15 % des voix. Le PC soutient le gouvernement Blum sans y participer. Début juin 1936, la direction du PC appelle à l'arrêt de la grève générale spontanée qui s'est déclenchée peu avant, et qui permet l'obtention des congés payés et d'autres mesures sociales qui ne figuraient pas dans le programme de Front populaire. Sur le plan syndical, la CGTU, communiste, et la CGT dont elle avait fait scission après le congrès de Tours, fusionnent à nouveau.

Les instances dirigeantes sont totalement subordonnées à l'IC, elle-même complètement dominée par Staline et les autres dirigeants de l'État soviétique, mais cette subordination pose peu de problèmes à l'intérieur du parti français, tant est grand le prestige de l'URSS, et du fait que le libre débat y est empêché. Toute opposition à cette orientation entraîne l'exclusion (c'est le cas d' André Ferrat, ancien rédacteur en chef de L'Humanité qui rejoint la SFIO).

De 1936 à 1939, le soutien aux républicains espagnols représente une composante majeure du Parti communiste français, tant par l'envoi de volontaires dans les Brigades internationales que par la mise sur pied de puissants moyens matériels. Le contingent français organisé par le PCF est le plus nombreux dans les rangs des Brigades internationales. De même pour l'aide logistique aux républicains espagnols, hormis le PCUS, c'est le PCF qui organise l'aide partidaire la plus importante.

Dans les années 1930, le PCF suit le revirement politique stalinien de l'URSS au sujet des femmes, rompant avec les avancées féministes post-Révolution de 1917, en condamnant le divorce et l'avortement tout en favorisant le natalisme. L'Église, qui profite de la crise économique pour pousser les femmes à retourner au foyer, voit Maurice Thorez tendre la main aux catholiques [6].

Seconde Guerre mondiale (1939-1945)

Après la signature en 1938 du pacte de cohabitation entre l'Allemagne nazie, la France et l'Angleterre qui isole l'URSS, Staline réagit. Le pacte germano-soviétique est signé en 1939. En septembre 1939, le Parti communiste français approuve la signature du pacte germano-soviétique : l'accord entre l'Allemagne nazie et l'URSS qui établit un pacte de non-agression entre les deux pays, organise le partage de la Pologne et sauvera l'URSS (dépassement de la production industrielle de l'Allemagne en 1941 et déplacement des principales usines derrière la ligne « Stalingrad-Moscou »). Daladier impose la mise hors la loi du PC. Il s'ensuit une scission au sein des élus du parti et une période de clandestinité. Un cinquième des anciens élus du PC (16 parlementaires PCF de 1936 sur 76) refuse « le Pacte » et fonde le Groupe ouvrier et paysan à la Chambre des députés. Durant la clandestinité, l'essentiel de la direction du parti est regroupée en Belgique et, sur un ordre de Dimitrov, Maurice Thorez déserte et rejoint Moscou. Suivant les consignes du Parti, « Une heure de moins pour la production, c'est une heure de plus pour la révolution », certains [évasif] militants commettent des sabotages dans les usines d'armements françaises pendant la Drôle de guerre [7]. À noter également que certains [évasif] appelés refusent de combattre les Allemands lors de la campagne de France.

Réunion clandestine de la direction du PCF à Longjumeau en 1943, réunissant, de gauche à droite, Benoît Frachon, Auguste Lecœur, Jacques Duclos et Charles Tillon.

La clandestinité est brièvement interrompue, par quelques militants seulement, durant l'été 1940, pour demander en vain, via l'avocat communiste Robert Foissin, membre de la défunte Association juridique internationale (AJI), l'autorisation de faire reparaître légalement L'Humanité aux autorités allemandes qu'il obtiendra en échange de la censure des Allemands mais Vichy y mit son veto. Ainsi l'interdiction se prolonge jusqu'à la Libération, en été 1944. L'ancien numéro trois du Parti Marcel Gitton regroupe quelques députés communistes du Groupe Ouvrier et paysan et fonde le Parti ouvrier et paysan français (POPF) partisan de la Collaboration. Ce nouveau Parti connaît peu de succès auprès des militants (environ 300 dans toute la France [8]). Plusieurs de ces meneurs, dont Marcel Gitton, furent par la suite abattus par la Résistance communiste.

Pour la quasi-totalité des militants du PCF, cette période de clandestinité est très cruelle. Il en est ainsi pour Prosper Perri et Ambroise Croizat, entre autres, députés arrêtés sur ordre du gouvernement socialo-radical, au sortir de l'Assemblée nationale, emprisonnés et persécutés jusqu'en 1944, à Alger, par les autorités successivement républicaines, puis vichystes. Plus tard Ambroise Croizat fait partie du gouvernement du général de Gaulle. Il met en place, entre autres, la Sécurité sociale et le modèle social français caractéristique des Trente Glorieuses.

Bien préparé à la Résistance par la pratique de la clandestinité décrétée par le gouvernement socialo-radical, le PC français engage la lutte contre l'occupant à partir de mai 1941 avant même que les troupes d'Hitler n'envahissent l' URSS en juin. Cependant, certains militants ou des groupes locaux communistes, qui n'avaient pas tous cessé en 1939 ou 1940 d'être antifascistes, s'étaient spontanément engagés dans la résistance, sans demander la permission du parti.

Exemple de ces cadres qui refusent de suivre la ligne du Parti, Georges Guingouin qui forme plusieurs petits groupes à partir de 1940, joue un rôle important dans la formation du maquis du Limousin, l'un des plus grand de France, en dehors de celui du Vercors, et devient son principal dirigeant. Le maquis du Limousin joua un grand rôle dans l'issue de la bataille de Normandie, comme le confirme Eisenhower, en retardant la division SS Das Reich. Dès cette époque néanmoins, Georges Guingouin a des relations conflictuelles avec le Parti qui l'exclut en 1952. Henri Rol-Tanguy, membre du Comité Central du PCF après la guerre, entre dans la clandestinité dès octobre 1940 (qui tient jusqu'en mai 1941 davantage du militantisme politique clandestin que d'une « organisation armée de résistance »), puis participe à la mise sur pied de l' Organisation spéciale (OS), avant de devenir le commandant des FFI de l' Île-de-France et le chef de l'insurrection de Paris.

Auguste Havez et Marcel Paul sont également actifs dans l'ouest de la France, la grève des mines du Nord, en mai 1941 rassemble 100 000 mineurs et prive les nazis d'une partie du charbon produit. Plus de 200 mineurs sont déportés [réf. nécessaire], cf. Auguste Lecœur), et plusieurs exemples locaux. Le 17 juin 1940, c'est avec un jour d'avance sur celui du général de Gaulle que Charles Tillon, chargé de réorganiser le PC dans le sud-ouest, lance un appel [9] à la résistance contre « le fascisme hitlérien ».

De nombreux intellectuels communistes participent à la résistance, notamment autour de La Pensée libre clandestine, qui voit la publication de numéros en février 1941 et en février 1942 (ce dernier saisi avant d'avoir pu être distribué) et dont les contributeurs sont presque tous exécutés par les Allemands : Georges Politzer, Jacques Decour, Jacques Solomon, Valentin Feldman, Charles Hainchelin ou encore René Blech. D'autres intellectuels, au premier rang desquels Louis Aragon, Elsa Triolet ou Georges Dudach, prendront le relais, en particulier dans Les Lettres françaises, mais aussi dans d'autres revues littéraires publiées en zone non-occupée. Depuis Moscou, c'est l'écrivain Jean-Richard Bloch qui assure à partir de 1941 les émissions en français de Radio Moscou [réf. nécessaire].

Le 15 mai 1941, le PCF prend l'initiative d'appeler à un vaste rassemblement de tous les Français « sauf les capitulards et les traîtres ». Ainsi naît le Front national de lutte pour l'indépendance de la France, qui devient membre du Conseil national de la Résistance et l'un des principaux mouvements de Résistance.

Les résistants communistes français sortent ensuite de leur isolement et se rapprochent des autres éléments de la résistance intérieure française comme de la France libre : à la mi-1943, le Front national participe au CNR. L'organisation clandestine du PCF, dirigée par Auguste Lecœur, gagne en puissance jusqu'à prendre une grande importance au sein du CNR et le commandement national des Forces françaises de l'intérieur.

Les communistes jouent alors un rôle important dans la résistance à l'occupant nazi de par leur capacité d'organisation. Selon les dirigeants de la France libre, en effet, les mouvements de Résistance, hormis les Francs-tireurs et partisans (FTP) et autres résistants d'obédience communiste, étaient alors le plus souvent inorganisés et insuffisamment coordonnés.

À partir de juin 1941, les différentes organisations rattachées de près ou de loin au PC sont alors à même d'attirer un nombre important d'hommes et de femmes désireux de participer à la lutte contre l'occupant (en particulier le Front national et les Francs-tireurs et partisans (FTP)). La mouvance du PC devient importante au sein du Conseil national de la Résistance (CNR).

Le Groupe Manouchian (section parisienne des FTP-MOI) était pendant un temps en 1942-1943 le mouvement de Résistance armée le plus actif de France, réalisant une opération armée tous les deux jours. Ses participants étaient très déterminés et actifs car directement visés par le régime de Vichy, étant des étrangers communistes dont une majorité de juifs. Le Groupe Manouchian totalise 230 attentats dans la seule ville de Paris dont l'exécution du général Julius Ritter, le responsable du STO en France. Le Groupe Manouchian devient un symbole de la Résistance française avec la publication de l' Affiche rouge et l'exécution de la plupart de ses membres.

Des communistes sont également présents dans des mouvements de résistance non communistes. Ce sont souvent des militants qui n'occupaient pas, avant-guerre, une place centrale dans l'appareil du parti et qui, privés de contact avec le parti clandestin, ont eu l'opportunité de rallier un autre mouvement. Le parti les a ensuite encouragés à rester dans ces organisations. Par exemple, Jean-Pierre Vernant, universitaire qui termine la guerre comme responsable FFI de 9 départements du Sud-Ouest a désavoué le pacte germano-soviétique et rejoint le mouvement Libération [réf. nécessaire].

Après-guerre : un parti stalinien au faîte de sa puissance

À la mort de Staline, le Secrétaire Général du PCF Maurice Thorez déclare l'attachement des communistes français à son égard en ces termes : «  Stalinien est un titre d'honneur et de gloire que nous nous efforçons de mériter. » [10]

Après la Seconde Guerre mondiale, le Parti communiste français est stalinien. Le culte de la personnalité du PCF glorifie Staline, en le qualifiant notamment de « génial continuateur de Marx, Engels et Lénine » et de « grandiose bâtisseur du communisme » [10].

L'annonce de sa maladie, dans la nuit du 3 au 4 mars 1953, puis de sa mort, le 5 mars, causent une émotion immense et sincère dans les rangs communistes. L'historien français Michel Winock estime que l'adoration dont Staline faisait alors l'objet, si elle était forte de son vivant, l'était bien plus encore juste après sa mort. Il écrit notamment que « le communisme se vi[vai]t comme un espérance religieuse dont les promesses ne sont pas renvoyées dans le monde surnaturel mais dans le monde sublunaire des hommes de chair et de sang [Staline] » [11].

À la Libération, le Parti se décrit comme le « Parti des 75 000 fusillés », chiffre exagéré puisque les historiens estiment à 25 000 le nombre de fusillés, déportés en France, toutes tendances politiques confondues [12]. Environ 4 520 personnes furent fusillées en France à l'issue d'une condamnation par un tribunal allemand ou une juridiction française, dont 80 % à 90 % de communistes [13] [réf. insuffisante]. Néanmoins nombreux également furent ceux exécutés sans procès, en particulier à partir de mai 1945 et qui moururent de la torture.

Le PCF s'implante très fortement dans le monde ouvrier, dans le monde rural et dans le monde intellectuel. Si la revendication du PCF d'être devenu le « parti de l'intelligence » est exagérée, il n'en exerce pas moins un magistère considérable dans les milieux intellectuels, s'implantant notamment dans les écoles normales supérieures. Les communistes acquièrent de nombreux « compagnons de route » parmi les intellectuels, par exemple l' existentialiste Jean-Paul Sartre. Le poids des communistes français dans la vie intellectuelle est particulièrement fort et lorsque le livre du transfuge soviétique Victor Kravtchenko, J'ai choisi la liberté, paraît en France, il fait l'objet d'une violente campagne de dénigrement : Kravtchenko finit par attaquer en diffamation le journal communiste Les Lettres françaises et gagne son procès en 1949 [14].

Le 31 août 1944, le général de Gaulle forme le premier gouvernement provisoire. Il compte deux communistes : François Billoux et Charles Tillon. Aux législatives de 1945, le PCF fait une percée en obtenant 26,2 % des suffrages et 159 députés, devenant le premier parti de France et de la gauche, au détriment de la SFIO (25 %) et du Parti radical (13,6 %). Le 13 novembre 1945, le deuxième gouvernement du général de Gaulle est caractérisé par l’entrée de cinq ministres communistes : Maurice Thorez, Ambroise Croizat, François Billoux, Marcel Paul et Charles Tillon. En juin 1946, le PCF obtient 25,98 % des suffrages mais perd 6 sièges à l'Assemblée nationale. En novembre, il obtient son score le plus important dans les élections législatives : 28,26 % des suffrages et 182 sièges, redevenant ainsi le premier parti de France, en ayant débordé ses bastions ouvriers pour être présent dans pratiquement tous les départements. Dans cet esprit est créée en 1945 l'Union de la jeunesse républicaine de France (250 000 adhérents). Aux municipales de 1947, le PCF obtient 29,9 % des voix derrière le RPF qui obtient 38 % des voix. De 1944 à 1947, des ministres PCF participent aux différents gouvernements.

C'est en mai 1947 que sur un fond de guerre froide entre les deux blocs et de guerres coloniales dans l'empire français, les communistes français sont exclus du gouvernement et sont contraints de retourner dans une opposition que certains qualifieront de ghetto, puisqu'au cours des dix années qui suivent, le PCF est le seul parti à rester à l'écart du pouvoir. La même année, le Kominform donne pour nouvelle direction stratégique aux différents partis communistes de s'opposer aux politiques gouvernementales et le PCF lance des grèves massives [15]. Aux législatives de 1951, le PCF maintient un score élevé (25,9 % des suffrages) mais perd 79 sièges du fait de son isolement et de la nouvelle loi électorale. Maurice Thorez, atteint d'hémiplégie, passe, entre 1950 et 1953 de longs séjours en URSS pour se faire soigner. Pendant ce temps, l'enthousiasme d'après-guerre qui avait rassemblé des Français d'horizons différents au sein du PCF se dissipe, créant des désaccords idéologiques au sein des militants ; les exclusions sont alors nombreuses, menées principalement par Jacques Duclos ( Tillon, Lecœur, Marty, etc.). Après la mort de Staline, en 1953, les dirigeants communistes français rechignent à dénoncer Staline, comme l'a fait le PCUS, mais ils demeurent attachés à l' URSS, dont ils soutiennent en 1956 l'action pour pacifier la Hongrie contre l' insurrection de Budapest.

Déstalinisation et éloignement de l'Union soviétique

Timbre soviétique représentant Maurice Thorez.

En 1956, le PCF suit une orientation d'« unité nationale » et vote, avec d'autres partis, les pouvoirs spéciaux à Guy Mollet — ce dernier ayant (sans succès) tenté d'établir une majorité parlementaire pour obtenir, d'après ses dires, une ligne plus libérale en Algérie. Cependant, Guy Mollet applique par la suite une politique très dure de répression durant la guerre d'Algérie. Cette année aux législatives le PCF obtient 25,36 % des suffrages et 150 députés.

Aux législatives de 1958, avec le retour au pouvoir du général de Gaulle, le PCF obtient 18,9 % des voix au 1er tour mais seulement 10 députés. Il réoriente sa ligne politique à son congrès de 1959, en estimant que le régime gaulliste représente le « pouvoir des monopoles ». Dès lors, il estime que peut exister une alliance de ceux qui s'opposent au «  capitalisme monopoliste d'État » [16]. Dans les années 1960, le maoïsme commence à séduire un certain nombre de Français ; le PCF est alors marqué par le départ ou l'exclusion d'une partie de ces militants. En 1963, les maoïstes français se regroupent dans l'Association des amitiés franco-chinoises (AAFC) puis l'année suivante dans la Fédération des cercles marxistes-léninistes de France (FCMLF). Aux législatives de 1962, le PCF obtient 22 % des suffrages et 40 députés. À l' élection présidentielle de 1965, le PCF soutient le candidat unique de la gauche François Mitterrand (44,80 % des voix au second tour). En 1966, des trotskystes comme Alain Krivine qui pratiquaient l' entrisme sont exclus de l' UEC, et créent la Jeunesse communiste révolutionnaire.

Maurice Thorez décède en 1964. Trois ans auparavant, Georges Marchais est élu au bureau politique : il deviendra un responsable important du Parti à partir de 1970. La période entre 1964 et 1970 peut être qualifiée de transition, avec un nouveau secrétaire Waldeck Rochet, affaibli par la maladie à partir de 1969. Durant les événements de Mai 68, le PCF est d'abord hostile au mouvement étudiant : Marchais écrit dans L'Humanité du 3 mai un article intitulé « De faux révolutionnaires à démasquer », où il s'en prend par exemple à « l'anarchiste allemand Cohn-Bendit ». En juin 1968, le PCF imprime une affiche en revendiquant d'avoir « été le seul, dès le début, à dénoncer publiquement les agissements, les provocations et les violences des groupes ultra-gauchistes, anarchistes, maoïstes, ou trotskystes, qui font le jeu de la réaction » [17]. En 1967, Les Éditions sociales publient un livre préfacé par Étienne Fajon, du correspondant de L'Humanité en Chine, Jean-Émile Vidal, qui se livre à une critique en règle de la Révolution culturelle en cours. Elle est considérée comme un substitut au stalinisme : nouveau culte de la personnalité encore plus fort que le précédent, fanatisation politique et militarisation de groupes de jeunes dans le but de frapper des militant gênants pour Mao Zedong et Lin Biao, du Parti communiste Chinois [18].

Aux législatives de 1968, le PCF obtient 20 % des voix et 34 députés, mais son rival le Parti socialiste progresse avec 16,5 % des voix.

Toujours en 1968, la répression par l'URSS du Printemps de Prague voit le PCF se démarquer de la politique soviétique. Le Parti désapprouve, en effet, l' intervention de l'armée sans pour autant la condamner fermement [19]. Cette ambiguïté l'éloigne d'un certain nombre de militants, en particulier des cercles intellectuels qui lui étaient restés favorables.

Lors de l' élection présidentielle de 1969, Jacques Duclos, récolte 21,23 % des voix, à deux points du candidat centriste Alain Poher, qualifié pour le second tour. Ce score, considéré comme excellent, confirme la suprématie du PCF au sein de la gauche, qui devance largement les autres candidats, de la SFIO ( Gaston Defferre), du PSU ( Michel Rocard), des Radicaux-socialistes indépendants ( Louis Ducatel), et de la LC ( Alain Krivine).

Le programme commun, l'abandon du modèle soviétique, et l'amorce du déclin (1970-1981)

En 1970, Waldeck Rochet se met en retrait de la direction du parti pour cause de maladie, il sera remplacé deux ans plus tard, par Georges Marchais. Ce dernier veut redresser le parti qui stagne autour de 20 % depuis 1958. Il signe donc en 1972, le Programme commun d' Union de la gauche avec le nouveau Parti socialiste tout juste créé. Aux législatives de 1973, le PCF obtient 21,34 % des voix, un score insuffisant pour Georges Marchais alors que le PS progresse à 19,18 %.

En 1974, la parution en France de L'Archipel du Goulag d' Alexandre Soljenitsyne, participe au débat sur la situation des pays communistes et en particulier durant la période stalinienne. À l' élection présidentielle, François Mitterrand, s'impose comme le candidat de l' Union de la gauche. Celui-ci échoue de peu (49,19 % des voix), face à Valéry Giscard d'Estaing.

Aux cantonales de 1976, pour la première fois depuis 1945, le Parti socialiste devance le Parti communiste (22,83 % contre 26,28 % pour le PS). Aux municipales de l'année suivante, la Gauche obtient le meilleur résultat de toute son histoire, le PCF devient le parti qui dirige le plus grand nombre de mairies à travers la France.

En 1976, le PCF se démarque des dirigeants de l' Union des républiques socialistes soviétiques pour s'orienter vers une ligne de type eurocommuniste à l'image du Parti communiste italien. Cet évènement survient vingt ans après la publication en URSS du rapport Khrouchtchev, ce qui fait dire au secrétaire national du PCF Robert Hue, en 1997 : « Le PCF a trop tardé. Ça nous a coûté cher [...]. C'est vingt ans trop tard » [20]. Le parti abandonne alors la référence à la doctrine de la «  dictature du prolétariat » (XXIIe congrès), affirme son indépendance vis-à-vis de Moscou et son attachement aux libertés publiques : « C'est la voie démocratique et révolutionnaire que nous proposons à notre peuple pour aller au socialisme tenant compte des conditions de notre époque en faveur des forces de progrès, de liberté, de paix ». Le but du PCF, « parti de la nation et internationaliste », est « la transformation de la société capitaliste en une société socialiste, société fraternelle sans exploiteurs ni exploités » (L'Humanité, ). Aux élections de 1978, le PCF enregistre 5 793 139 votants, un record pour le parti lors d'une législative mais encaisse malgré cela un revers, obtenant 20,61 % des voix et 86 députés, au profit du PS qui obtient 22,79 % des voix et 104 députés. Aux européennes de 1979, la liste de Georges Marchais marque un léger recul du PCF, avec 20,6 % des voix et 19 députés, le PS avec François Mitterrand obtient 23,5 % des voix et 22 députés.

Mais en 1979, malgré la phrase de Georges Marchais sur le bilan jugé « globalement positif » des pays communistes au XXIIIe congrès, le PCF abandonne la référence au marxisme-léninisme, ce qui se traduit notamment par la disparition du Centre d'études et de recherches marxistes (CERM) et son remplacement par l'Institut de recherches marxistes, qui sera lui-même remplacé en 1995 par l'association Espaces Marx, ainsi que par une condamnation du stalinisme.

Le PS, pour la première fois depuis 1945, dépasse le PCF en 1978 (22 % contre 20 %), pour le remplacer finalement comme pôle principal de la gauche en France.

Sous la Cinquième République, jusqu'en 1972, le PCF monopolisait l'opposition, et en politique étrangère avait l'occasion de donner son satisfecit à certaines décisions qui, quand bien même issues de la Droite, étaient compatibles avec ses idées : indépendance de l'Algérie (1962), retrait du commandement intégré de l'OTAN (1966), discours de Phnom Penh (1966), politique pro-arabe (1967).

Le PCF crut qu'un accord programmatique avec le PS le conduirait de façon définitive au pouvoir, en appliquant le vieux principe « plumer la volaille socialiste » (Albert Treint), c'est-à-dire qu'une partie de l'électorat socialiste basculerait en faveur du PCF. Or, c'est précisément l'inverse qui arriva : en effet, la composition de la société française, où les classes moyennes étaient importantes, ne permettait pas la constitution d'un tel rapport de forces ; d'autre part, l'importance et la cohésion du monde ouvrier allait diminuant avec la crise économique le déclin de la grande industrie (disparition des charbonnages et fortes réduction de la sidérurgie) et la croissance des entreprises de services.

Dès 1975, les élections locales montrent que le PS l'emporte sur le PCF, et la rupture de 1977 ne fait que renforcer le basculement du centre gauche vers le PS ; les voix perdues à partir de cette date ne seront jamais rattrapées. La chute du mur de Berlin anéantit le soutien international dont il bénéficiait et le marginalise.

Incompatibilité avec la participation gouvernementale (1981-1989), le déclin

La campagne de 1981 est marquée par une hausse du nombre d'adhésion. Les sondages sont de plus en plus favorables à Georges Marchais qui passe de 17 % en janvier 1981 à 20 % à la veille du premier tour, tandis que François Mitterrand passe de 24,5 % en février 1981 à 21,5 % à la veille du premier tour. Pour les communistes, cette élection est un moyen de retrouver le leadership à gauche. Georges Marchais propose notamment le rétablissement de la planification économique, la nationalisation de toutes les grandes entreprises et la hausse du SMIC. Enfin, il devient un personnage extrêmement populaire parmi les médias [réf. nécessaire]. Mais le 26 avril 1981, le choc est de taille, Georges Marchais n'obtient que 15,35 % des voix, se retrouvant dix points derrière François Mitterrand. Il rallie Mitterrand au second tour. Aux élections législatives de 1981, le PCF confirme son déclin : avec 16,13 %, il tombe à 44 députés, perdant des sièges notamment pour la première fois en Seine-Saint-Denis au profit du PS alors qu'il y avait réalisé le grand chelem en 1978. Il obtient alors, comme il l'avait toujours réclamé, le droit de participer à un gouvernement de gauche de la Ve République avec le PS, le MRG, et plus tard à partir de mars 1983 le PSU. Mais cette participation est modeste : quatre ministres sur quarante-deux.

Après les élections législatives, le PCF participe donc au gouvernement de Pierre Mauroy avec les ministres Charles Fiterman (Transports), Anicet Le Pors (Fonction publique), Jack Ralite (Santé) et Marcel Rigout (Formation professionnelle). Mais la politique économique keynésienne du gouvernement s'avère être un échec, le chômage augmente, la désindustrialisation se poursuit. De à , Jacques Delors, alors ministre de l'Économie, pilote une transition vers une politique de « rigueur économique ». Aux cantonales de 1982, le PCF n'obtient que 15,87 % des voix et perd 45 conseillers généraux, principalement dans ses fiefs ouvriers ainsi que la présidence du conseil général de Meurthe-et-Moselle.

Après trois dévaluations successives, des milliards de francs de fuite de capitaux et une poursuite de l'augmentation du chômage, les socialistes choisissent de renoncer à leur projet économique et social, de peur d'isoler l'économie française. Aux élections européennes de 1984, le PCF s'effondre à 11,24 %, se retrouvant talonné par le Front national qui perce à 10,95 %. Les électeurs ouvriers semblent ainsi se tourner vers l'extrême-droite. En juillet 1984, les communistes décident ainsi de quitter le gouvernement pour protester contre la nouvelle orientation dite «  libérale » du Parti socialiste et dans l'idée de trouver un nouveau souffle. En septembre, le PCF redevient officiellement un parti d'opposition. [réf. nécessaire]

Aux élections régionales de 1986, le PCF obtient 10,34 % des suffrages. Aux élections législatives qui ont lieu le même jour, le PCF passe sous la barre des 10 %, n'obtenant 9,78 % des voix et 35 députés.

Mais Georges Marchais refuse de remettre la ligne du parti en question. Il continue ainsi de soutenir le régime soviétique. Il propose André Lajoinie comme candidat à l' élection présidentielle de 1988. Le courant rénovateur de Pierre Juquin qui propose notamment une refonte du PCF sur une ligne eurocommuniste et écologiste s'oppose à ce choix. En 1987, Pierre Juquin, alors porte-parole du parti, se présente contre le candidat officiel du parti à la présidentielle. Il obtiendra 2,13 % des voix, tandis qu'André Lajoinie enregistrera le plus mauvais score jusque-là obtenu par le PC à une élection, 6,76 %. Le PCF semble avoir définitivement perdu ses électeurs ouvriers alors que le FN progresse dans ce milieu.

En 1989, aux élections européennes, la liste de Philippe Herzog obtient 7,72 %.

Financement et aide logistique par l'URSS

L'URSS a, depuis les années 1920, aidé financièrement et matériellement les divers partis communistes à travers le monde.

Durant la guerre froide, par année fiscale, environ 2 millions de dollars US étaient transférés à la demande du Politburo du Parti communiste de l'Union soviétique de la Gosbank (banque d'État soviétique) au PCF ; ce sont des agents du KGB qui livraient les sommes demandées aux dirigeants des partis concernés. Les PC martiniquais, guadeloupéen et réunionnais encaisseront environ 2 millions de dollars entre 1961 et 1990 reversés par le PCF.

Le 13 novembre 1979, alors que la guerre d'Afghanistan va s'engager, le Politburo, à la demande de Boris Ponomarev, dégage, « étant donné la situation extrêmement difficile du Parti », six millions de dollars pour le PCF pour lui permettre de payer ses dettes.

Ainsi cette note des archives du PCUS du 13 octobre 1983, sous l'en-tête « Très secret. Du KGB au Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique » :

« Au camarade Ponomarev, directeur du Département international,

Compte-rendu de la rencontre avec le camarade Gaston Plissonnier (PCF) : conformément à vos instructions du 23 septembre dernier, la rencontre a eu lieu à Berlin avec le camarade Plissonnier et son homme de confiance, lors de laquelle nous avons remis aux amis français la somme d'un million de dollars qui leur a été assignée. Pour des raisons de sécurité, le camarade Plissonnier a refusé de signer sur place le reçu avec l'argent livré, se référant à un accord avec Moscou. Néanmoins, il a ordonné à son homme de confiance de signer le reçu de livraison sans indiquer le montant de la somme. »

L'aide apportée par le PCUS était aussi matérielle et concernent également les journaux affiliés au PCF. De 1982, année de la première livraison, jusqu'en 1989, la dernière, ceux-ci ont reçu gratuitement 4 058 tonnes de papier [21]. Le 10 juillet 1987, le Politburo approuve, « suivant la demande du PCF », la livraison de 1 300 tonnes de papier par an pour les années 1987 et 1988.

Pour la seule période de 1971 à 1990, le PCF encaissera cinquante millions de dollars ( Parti communiste italien : 47 millions, Parti communiste des États-Unis d'Amérique : 42 millions) [22].

Le secrétaire général de la CGT Henri Krasucki, membre du bureau politique du PCF, a demandé en mars 1985 au conseil central des syndicats de l'URSS d'accorder à son syndicat une aide urgente de 10 millions de francs (1 million de roubles convertibles). Cette demande a un caractère strictement confidentiel et seuls les dirigeants de la CGT membres du comité central du PCF ont été informés de cette demande. Cette aide sera accordée en 2 versements en 1985 et 1986 de 500 000 roubles provenant du comité du tourisme et d'excursion [23].

De la rénovation à l'effondrement (1989-2002)

Le local du PCF à La Courneuve. La faucille et le marteau demeurent en 2009.

Aux Municipales de 1983 et aux Municipales de 1989, le PCF encaisse de lourdes pertes, les communistes perdent Nîmes, Amiens, Vierzon, Saint-Quentin, Saint-Étienne et Reims. Certains communistes, tels Charles Fiterman quittent le PCF pour le PS considérant que l'idéal communiste est mort.

D'années en années, le PCF poursuit son déclin (Victoire du « Oui » au référendum sur Maastricht, 8,09 % aux régionales de 1992, 9,30 % aux législatives de 1993). Fin 1993, Georges Marchais se résout à passer la main. En janvier 1994, au XXIIIe Congrès, le PCF abandonne le Centralisme démocratique et le mode d'organisation marxiste-léniniste. Les militants votent désormais directement pour choisir une motion. Le marteau et la faucille sont supprimés sur le logo du PCF. Les différentes tendances du partis peuvent s'organiser en courant, ainsi les marxistes-léninistes ( Maxime Gremetz, André Gerin) se regroupent au sein du courant orthodoxe et les eurocommunistes ( Marcelin Berthelot, Patrick Braouezec) s'organisent au sein du courant Communistes unitaires dit refondateur. À l'issue du congrès, Robert Hue prend le titre de Secrétaire National et devient donc numéro 1 du parti. Les communistes refusant la mutation commencent à s'organiser ( Coordination Communiste, Gauche communiste ....) au début des années 1990.

La campagne présidentielle de 1995 s'avère être difficile, Robert Hue est le candidat du PCF mais ne décolle pas dans les sondages (3 à 4 % d'intentions de vote durant la campagne). Le PCF doit faire face à la concurrence d' Arlette Laguiller en pleine ascension. Au soir du premier tour, Robert Hue obtient 8,64 % des voix, un score jugé positif par le parti qui fait mieux qu'en 1988.

Robert Hue (qui crée plus tard une organisation proche du PS) engage le parti sur la voie de la rénovation. Lors de la publication du Livre noir du communisme, Robert Hue reconnait les crimes du marxisme-léninisme et rompt avec l'ancienne formule de Georges Marchais en déclarant que « le bilan n'était pas globalement positif, contrairement à ce qu'a dit le PCF à cette époque. Il est négatif, monstrueux même à bien des égards. ». Enfin en 1996, il propose de changer le nom du Parti communiste, mais abandonne face à la pression du courant orthodoxe qui menace alors de faire scission si cela arrivait.

Gauche plurielle

Robert Hue lors de manifestation de la gauche contre les essais nucléaires.

En 1997, aux législatives, le PCF participe à la Gauche plurielle, une coalition de toute la gauche parlementaire destinée à faire vivre et entendre toutes les tendances de la gauche au sein d'un même gouvernement. Profitant de candidature communes dans certaines circonscriptions, le PCF remonte à 35 sièges (contre 22 en 1993) obtenant 9,94 % des voix. Malgré de fortes dissensions internes, dues aux remises en cause du passé, cette stratégie voulue par Robert Hue a d'abord semblé positive, puisqu'il maintient son électorat et que plusieurs ministres entrent au gouvernement en 1997 : Jean-Claude Gayssot au ministère de l'Équipement, des Transports et du Logement, Marie-George Buffet au ministère des Sports, Michelle Demessine (puis Jacques Brunhes à partir de septembre 2001) au secrétariat d'État au Tourisme et en 2000, Michel Duffour au secrétariat d'État au Patrimoine et à la Décentralisation culturelle.

La politique de ce gouvernement est d'abord très populaire (croissance économique, diminution du nombre de chômeurs de 3,2 à 2,2 millions, emplois-jeunes, réduction du temps de travail, etc.) avant de décevoir de nombreux électeurs communistes et certains militants. Jean-Claude Gayssot fait voter la loi solidarité et renouvellement urbains (SRU) fixant notamment l'objectif de 20 % de logements sociaux dans les villes qui en manquaient et généralisant la régionalisation des services TER de la SNCF. Tout en permettant l'ouverture du capital d'Air France aux capitaux privés et à ses salariés pour relancer l'entreprise mal en point, il préserve la SNCF de la privatisation sans toutefois revenir sur l'existence de Réseau ferré de France créé en février 1997 par Bernard Pons ministre des Transports du gouvernement d' Alain Juppé. Il relance le projet de TGV-Est et de nombreux investissements ferroviaires et routiers comme le viaduc de Millau. Au plan européen, il fait avancer la réglementation du transport maritime et la législation sociale dans le transport routier de marchandises. Il donne un élan décisif à la réalisation du projet d'avion Airbus A 380 et autorise l'accroissement des capacités de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle tout en limitant les nuisances sonores aéroportuaires par une nouvelle définition des couloirs aériens en Île-de-France. Son ministère est également le principal créateur d'emplois-jeunes.

Marie-George Buffet fait progresser la lutte contre le dopage dans le sport. Michelle Demessine généralise le chèque vacances aux PME et est très active pour que la France reste la première destination touristique mondiale.

Malgré le bilan de ses ministres, le PCF ne peut échapper au sort de la gauche plurielle mise en échec sur la question de la sécurité.

Dans le même temps, le parti continue à se réformer. En 2000, le conseil national met en place une direction collective entre Marie-George Buffet (Secrétaire Nationale) et Robert Hue (Président). Enfin le candidat à la Présidentielle est désigné directement par les militants.

Au début des années 2000, la confirmation de la mutation conduit un certain nombre de courant s'opposant à la mutation conduite par la direction de Robert Hue puis Marie-Georges Buffet. Autour du député Georges Hage, de figure telles que Henri Alleg, Georges Gastaud ou de l'ancien député européen Pierre Pranchère, l'opposition se structure et rassemble au sein d'une structure appelée la convergence communiste, qui débouche sur une organisation nationale autonome rassemblant des communistes membres du PCF ou non avec la création du PRCF en 2004. D'autres communistes en opposition à la ligne majoritaire de la direction s'organise avec la création du réseau faire vivre et renforcer le PCF ou le réseau des cellules et sections autour des sections de Saint Quentin ou du XVe à Paris.

Chute électorale

Aux régionales et cantonales de 1998, le PCF obtient un score de 10,15 % qui lui permet d'augmenter son nombre total de conseillers généraux et régionaux pour la première fois depuis 1979. Un an plus tard aux élections européennes de juin 1999, Robert Hue, secrétaire national, est le seul candidat à présenter une liste à parité homme-femme. Il ouvre sa liste sur la société civile. Il tente aussi une alliance avec l'extrême-gauche, mais la Ligue communiste révolutionnaire et Lutte ouvrière refusent, considérant le PCF comme social-démocrate [réf. nécessaire]. La liste communiste obtient 6,78 % des voix et six élus sur 87, se retrouvant devancée par Les Verts et talonnée par l'extrême-gauche.

Aux municipales de mars 2001, un nombre record de communes communistes basculent à droite, comme Argenteuil, Colombes, Montluçon, Sète, Nîmes et La Seyne-sur-Mer. Les Verts s'imposent comme la seconde force de gauche dans certaines villes devant le PCF.

Militants communistes lors d'une manifestation parisienne.

À l'automne 2001, les militants communistes désignent Robert Hue comme candidat à 77,41 % face à Maxime Gremetz notamment. La percée impressionnante d' Arlette Laguiller, met Robert Hue en difficulté. Les sondages ne lui donnent que 5 à 6 % des voix et le nombre record de candidat, ne lui laisse que peu de place dans les médias. Le 21 avril 2002, alors que l'extrême droite crée la surprise, Robert Hue n'obtient que 3,37 % des voix, le pire score d'un communiste à une présidentielle.

À l'extrême gauche du spectre politique, le Parti communiste est concurrencé par des partis trotskistes comme Lutte ouvrière ou la Ligue communiste révolutionnaire, sans qu'il semble en mesure de prendre dans la gauche gouvernementale la place du Parti socialiste.

Sur le plan interne, le parti s'enrichit d'une diversité d'opinions et comprend plusieurs courants, même si les tendances ne sont pas reconnues par les statuts. Un courant conservateur (les orthodoxes), surtout implanté dans le Nord de la France (Pas-de-Calais), revendiquant le marxisme-léninisme comme doctrine, un courant refondateur (avec notamment Patrick Braouezec ou Lucien Sève) qui prône une réorganisation totale du parti et le courant majoritaire, derrière Marie-George Buffet qui prône l'ouverture aux mouvements sociaux et aux autres organisations de gauche, tout en n'excluant pas une participation gouvernementale.

Le PCF doit enfin faire face à un nouvel adversaire inattendu, à l'autre bout de l'échiquier politique : le Front national qui trouve une partie de ses électeurs dans la classe ouvrière.

Ouverture sur la Gauche antilibérale (2002-2007)

Après 2002

À l' élection présidentielle de 2002, Robert Hue, président du PCF, obtient 3,37 %, le score le plus bas du parti depuis sa création. Il passe de 35 députés à 21 aux législatives, totalisant 4,82 % des voix (son pire score jusque là était de 9,1 % en 1993). Ces résultats s'accompagnent d'une chute conséquente du nombre de militants (de 182 000 en 1999 à 125 600 en 2002, d'après Roger Martelli [24]).

Cet échec entraîne la démission de Robert Hue de sa fonction de président du PCF [25] ainsi que de ses partisans ( Jean-Claude Gayssot notamment). Lors du 32e congrès, une majorité se reconstruit autour de Marie-George Buffet qui reste seule à la tête du parti. La stratégie d'alliances, et l'avenir du parti même, suscitent le débat : les orthodoxes prônent l'autonomie, les refondateurs la constitution d'un « pôle de radicalité » à la gauche du PS, les « huistes » un « parti communiste nouveau » qui contribuerait à rééquilibrer la gauche [26].

Les élections régionales, cantonales et européennes de 2004
Fête populaire organisée par le PCF (2007, Paris).

Aux élections régionales de 2004, le PCF adopte une stratégie « à la carte » : listes ouvertes au mouvement social et à d'autres forces en Île-de-France ( Marie-George Buffet et Claire Villiers) ou en Auvergne ( André Chassaigne) ; autonomie dans le Nord-Pas-de-Calais ( Alain Bocquet) et en Picardie ( Maxime Gremetz) ; union avec le PS dès le premier tour dans 14 régions. Les résultats marquent un redressement du PCF [27] qu'il faut tout de même relativiser, car malgré les très bons résultats des Régionales, le PC perd un nombre important de sièges aux cantonales.

La stratégie d'ouverture au mouvement social est adoptée aux élections européennes de 2004, mais elle se heurte aux résistances des fédérations locales, 2 listes sur 6 sont conduites par des syndicalistes. Les listes du PCF obtiennent 5,88 % des voix, en baisse de 1 point par rapport à 5 ans auparavant.

En 2004, le PCF participe à la fondation du Parti de la gauche européenne (PGE), parti politique européen regroupant les partis de la gauche de la gauche (communistes ou non) [28].

Du référendum de 2005 à la présidentielle de 2007

Marie-George Buffet est réélue lors du 33e congrès le .
Le référendum de 2005

Lors de la campagne du référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005, le PCF joue un rôle de coordination du « non de gauche ». Il aide à la création de collectifs unitaires locaux et organise des réunions nationales allant de la LCR aux « socialistes du non ».

La victoire du non renforce la stratégie du PCF (qui gagne alors, selon lui, 7 000 adhérents) : il décide de travailler à un rassemblement de la gauche antilibérale, avec des socialistes, la LCR et des personnalités et forces issues du mouvement social (altermondialistes, syndicalistes, associatifs…). Cette stratégie est confirmée au 33e congrès en mars 2006.

Un «  Collectif national d'initiative pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes » est créé, à la suite des « collectifs du non ». La LCR ne s'y engage que prudemment, désignant Olivier Besancenot comme candidat en juin 2006. Les collectifs adoptent un programme commun, mais butent sur la candidature commune : le PCF propose la candidature de Marie-George Buffet, entourée d'un collectif unitaire de porte-paroles, candidature majoritaire dans les votes des collectifs ; mais la majorité des autres composants s'y oppose.

L'élection présidentielle de 2007

En décembre 2006, les communistes désignent à 81 % Marie-George Buffet comme « candidate commune pour porter le rassemblement antilibéral » [29]. Elle se met en congé de la direction du PCF le 4 janvier 2007, afin de « se mettre au service du rassemblement ».

Réunion organisé à Paris Bercy le 1er avril 2007.

La candidature de Marie-George Buffet, bien que plébiscitée, suscite des divisions dans le parti. Les refondateurs y sont défavorables, privilégiant une autre candidature de rassemblement. Certains ( Patrick Braouezec, Jacques Perreux…) soutiendront la candidature de José Bové.

Elle obtient 1,93 % des suffrages (707 327 voix), en 7e position [30], le pire score de l'histoire du PCF.

Aux législatives qui suivent, le PCF n'obtient que 4,29 % des suffrages et perd 6 députés. Dans l'impossibilité de former un groupe parlementaire, le PCF décide de former un groupe commun avec Les Verts, la Gauche démocrate et républicaine (GDR) [31].

Front de gauche (depuis 2007)

Article détaillé : Front de gauche (France).

Le faible résultat de Marie-George Buffet à l'élection présidentielle provoque un séisme au sein du PCF. Dès le , une assemblée extraordinaire est convoquée pour [32].

Les élections municipales et cantonales de 2008

Les résultats des municipales et cantonales de 2008 marquent un ralentissement de l'érosion de l'influence du PCF, avec des scores très supérieurs à ceux des présidentielles et des législatives. Il maintient un niveau similaire à celui de 2001.

Au premier tour des municipales, le PCF gagne plusieurs villes ( Dieppe, Vierzon, Saint-Claude…), remporte la plupart des primaires imposées par le PS à des maires communistes sortants (sauf à Pierrefitte et Denain) et peut se maintenir au second tour au Havre, à Sète ou à Nîmes. Le second tour est plus contrasté, avec la perte de Calais face à l'UMP (à la suite d'un retrait du FN), de Montreuil face aux Verts et d' Aubervilliers face au PS. Il gagne en revanche Villeneuve-Saint-Georges, Villepinte, Firminy (sept villes de plus de 9 000 habitants).

Aux élections cantonales, le PCF perd la Seine-Saint-Denis au profit du PS, mais gagne l' Allier face à la droite et conserve le Val-de-Marne.

La stratégie du « Front de gauche »

Lors d'un Conseil national en [33], puis lors de son 34e congrès en décembre, le PCF décide de lancer un appel à un « front progressiste et citoyen » [34]. Avec le Parti de gauche (issu du PS) et la Gauche unitaire (issue du NPA), nouvellement créés, et d'autres formations ( République et socialisme, Alternative démocratie socialisme…), ils constituent aux élections européennes de 2009 le «  Front de gauche pour changer d'Europe ».

Il rassemble 6,47 % des suffrages (1 114 872 voix), en légère progression par rapport à 2004, et quatre élus, dont deux PCF ( Jacky Hénin et Patrick Le Hyaric). Jugeant ce score « satisfaisant », Marie-George Buffet appelle à poursuivre et à approfondir la stratégie du Front de gauche en s'attelant à son élargissement, déclarant qu'il « n'y a pas de frontières au Front de gauche, qui doit être encore plus populaire et citoyen » [35].

Le PCF se présente donc aux élections régionales de 2010 dans un Front de gauche « élargi » [36] dans 17 régions sur 22, les militants de cinq autres régions ayant opté pour l'union avec le PS dès le 1er tour [37]. Son score est de 6,95 % (sur 17 régions), en progression par rapport à 2004 et à 2009. En Auvergne, conduit par André Chassaigne, le Front de gauche obtient 14,26 % au premier tour; en Limousin, sous la bannière de Christian Audouin, la coalition élargie au NPA obtient 13,13 % au premier tour et 19,10 % au second avec une pointe à 20,37 % à Limoges. Néanmoins, le PCF perd près de la moitié de ses élus régionaux (95 contre 185), du fait du mode de scrutin.

Le premier semestre 2010 est marqué, d'une part, par le départ de dirigeants et élus refondateurs ( Patrick Braouezec, Jacqueline Fraysse, François Asensi, Roger Martelli, Lucien Sève…), dont certains se consacrent à la Fédération pour une alternative sociale et écologique (Fase) [38] ; d'autre part, par les tensions au sein du Front de gauche, d'abord sur la participation aux exécutifs régionaux [39], puis sur l'éventualité de soutenir Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle de 2012.

Lors de son 35e congrès, en , le PCF décide d'engager une « nouvelle phase pour le Front de gauche » en construisant un « pacte d'union populaire » en vue des échéances de 2012. Marie-George Buffet quitte le poste de secrétaire nationale, remplacée par Pierre Laurent.

Le Parti communiste est très présent dans les manifestations contre la réforme des retraites de 2010 menée par le ministre du travail Éric Woerth, un thème qui a dominé en septembre 2010 la fête de l'Humanité. Afin d'assurer le financement de la retraite en France, pour le droit à une retraite à taux plein, il prône une réforme de l'assiette des cotisations patronales, une cotisation nouvelle sur les revenus financiers des entreprises et des banques aux mêmes taux de cotisations que les salaires et la « suppression des exonérations de cotisations patronales qui ne créent pas d'emploi » [40].

Aux élections cantonales de 2011, le PCF espère conserver ses deux derniers bastions, l' Allier et le Val-de-Marne ainsi que reconquérir la Seine-Saint-Denis. En Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne, le Front de gauche se voit confronté à des candidats communs d' EELV et du PS dès le premier tour. Le Front de gauche progresse en obtenant 10,38 % des voix sur les cantons où il était présent [41]. Il devance l'alliance socialistes-écologistes dans le Val-de-Marne, réalise 20 % en moyenne en Haute-Vienne et dans le Puy-de-Dôme, et s'affirme face au PS et à la droite dans l'Allier.

Élection présidentielle de 2012

L'élection présidentielle de 2012, Paris.

Les militants du PCF se prononcent en faveur de Jean-Luc Mélenchon à 59 % pour les représenter au sein du Front de gauche à l' élection présidentielle, avec des conditions comme 80 % des sièges pour les communistes aux législatives [42], ainsi qu'une personnalisation du candidat moins forte, passer du « je » à « nous » [43]. Le Front de gauche entre en campagne le mercredi 29 juin, place Stalingrad à Paris, devant 6 000 personnes. Meeting unitaire avec intervention de la FASE ou du PCF notamment et enfin du candidat Jean-Luc Mélenchon qui évoqua entre autres la sortie de l' OTAN, le retrait des guerres d' Afghanistan et de Libye, l'abolition de la précarité et du démantèlement des services publics, une disposition à prendre les moyens financiers où ils se trouvent, à rétablir davantage de justice en limitant les rémunérations du patronat et non les salaires des travailleurs qui se verraient eux augmentés. Le programme du Front de gauche, finalisé a été présenté à la Fête de l'Humanité en septembre [44].

La campagne est inédite depuis 1981 pour le PCF qui profite du Front de gauche, tant au niveau de la dynamique militante que des nouvelles adhésions [45]. La campagne du Front de gauche se caractérise par des rassemblements et meetings impressionnants (120 000 personnes à la Bastille à Paris, au Prado à Marseille, 70 000 à Toulouse, 23 000 à Lille, selon les organisateurs) [46] [réf. incomplète]. Son programme s'est vendu à plus de 400 000 exemplaires. Le candidat Jean-Luc Mélenchon termine avec un score historiquement haut pour la gauche de la gauche et jamais atteint depuis 30 ans, à 11,1 %, soit 6 fois plus que la candidate communiste de 2007, Marie-George Buffet, mais qui reste en dessous des attentes suscitées tout au long de la campagne.

Les législatives de 2012 sont en revanche un mauvais résultat pour le Front de gauche qui progresse par rapport au précédent scrutin, avec 6,91 % des voix, mais enregistre un net recul par rapport à la Présidentielle. Alors qu'auparavant, le groupe du Front de gauche comportait 19 députés, seuls 10 ont été élus à l'issue du second tour. Le Front de gauche accuse aussi un échec symbolique : à Hénin-Beaumont, Jean-Luc Mélenchon est devancé dès le premier tour par le candidat socialiste, ce qui le prive d'un duel avec Marine Le Pen.

Le dimanche 10 février 2013, Pierre Laurent est réélu avec 100 % des voix au poste de secrétaire national du Parti communiste français (PCF). Pour la première fois depuis longtemps, aucune autre liste ne s'était présentée contre celle du secrétaire national sortant [47]. À l'occasion du 36e congrès, le parti retire la faucille et le marteau de la carte des adhérents du parti. Ce symbole est remplacé par le logo du Parti de la gauche européenne.

Élections de 2014 et 2015

Aux élections municipales de 2014, le Parti de gauche souhaiterait présenter des listes Front de gauche, contre le PS, dans le maximum de villes, tandis que le PCF fait le choix dans la majorité des villes, surtout petites et moyennes, d'accords avec le PS afin de conserver et d'accroître le nombre d'élus communistes. Dans les villes à majorité communiste en revanche, la plupart des formations du Front de gauche privilégient plutôt des accords « larges », incluant si possible toute la gauche [48]. Ces divergences donnent lieu à un affrontement entre Jean-Luc Mélenchon, coprésident du PG et Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, le premier préférant se démarquer du PS, qu'il juge « social-libéral », alors que le second souhaite maintenir à travers la « tradition historique » d'union locale avec le PS son réseau de 759 maires, 2 397 maires adjoints et 6 596 conseillers municipaux, qui en fait la troisième force politique en termes d'élus au niveau national. Au bout du compte, le PCF perd 57 villes de plus de 3 500 habitants et en regagne 5, soit une perte nette de 52 villes, soit plus de 30 % de l'effectif de départ estimé à 185 villes dans cette catégorie [49].

Lors des élections départementales de 2015, le PCF se classe troisième force politique derrière la droite et les socialistes, avec environ 176 élus Front de gauche, dont 167 communistes. Perdant cependant la moitié de ses 232 élus sortants, le PCF conserve de justesse la présidence du Val-de-Marne mais perd l'Allier [50].

En mai 2015, Fabien Escalona, professeur à Sciences Po Grenoble, explique l'absence de percée de la gauche radicale française ( Parti de gauche, Parti communiste et une partie des écologistes), à la différence de SYRIZA en Grèce et de Podemos en Espagne, par plusieurs facteurs : les institutions et le mode de scrutin, la conjoncture économique et sociale (la France n'a pas connu une cure d'austérité aussi puissante que les pays précédemment cités) et les divisions internes à la gauche radicale. La puissance du FN n'explique selon lui pas la faiblesse de cette gauche, même si le parti frontiste a réussi à capter les primo-votants et les non-politisés. Enfin, Fabien Escalona ne voit pas de progression future de la gauche radicale si elle n'arrive pas à séduire en masse des électeurs socialistes déçus [51].

Intégration de la Gauche unitaire au sein du Parti communiste français

Le 8 septembre 2015, Pierre Laurent annonce sur son blog la dissolution de la Gauche unitaire (GU) au sein de son parti [52], une déclaration commune des deux partis expliquant que : « le IIIe Congrès de Gauche unitaire, fin juin 2015, a considéré que l’heure n’était plus à l’émiettement et à l’éparpillement des forces travaillant à ouvrir une nouvelle perspective pour la gauche. Elle a donc décidé de regrouper ses forces avec celles du Parti communiste français au sein de ce dernier. À la suite des discussions positives ayant eu lieu tout l’été avec la direction du PCF et des échanges, tout aussi positifs, entre militants des deux formations, cette décision a été définitivement ratifiée les 5 et 6 septembre par les délégués des sections de Gauche unitaire, réunis à Paris [53]. » Deux jours plus tard, une conférence de presse confirme l'intégration des membres de la GU au sein du PCF [54], Pierre Laurent indiquant que les « dirigeants et militants vont prendre leur place normalement dans la vie du parti et de ses instances ». Quatre dirigeant de l’ex GU seront désormais invités permanents du conseil national et Christian Picquet siègera également au comité exécutif national du PCF.

Élection présidentielle de 2017

Alors que Jean-Luc Mélenchon s'est auto-déclaré candidat en dehors des instances du Front de gauche, le PCF hésite à la soutenir, cette option étant combattue par le député André Chassaigne. Longtemps réticent, le secrétaire national Pierre Laurent lui apporte un soutien sans ralliement à La France insoumise lors de la Conférence nationale du PCF tenu le 5 novembre, mais celle-ci rejette le soutien à Mélenchon à 55 % [55]. Cependant le vote des militants organisé trois semaines plus tard donne un résultat inverse avec 53,6 % des militants en faveur d'un soutien du PCF à Jean-Luc Mélenchon [56].

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