Pétra

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Petra *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
La Khazneh, le plus célèbre des monuments de Pétra.
La Khazneh, le plus célèbre des monuments de Pétra.
Coordonnées 30° 19′ 45″ nord, 35° 26′ 37″ est
Pays Drapeau de la Jordanie  Jordanie
Type Culturel
Critères (i) (iii) (iv)
Numéro
d’identification
326
Zone géographique États arabes **
Année d’inscription 1985 ( 9e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Pétra (de πέτρα petra, « rocher » en grec ancien ; البتراء Al-Butrāʾ en arabe), de son nom sémitique [1] Reqem ou Raqmu (« la Bariolée ») [Note 1], [3], est une cité nabatéenne située au sud de l'actuelle Jordanie. C'est le pôle touristique majeur de ce pays.

Créée dans l' Antiquité, vers la fin du VIIIe siècle VIIIe siècle av. J.-C., par les Édomites, elle est ensuite occupée vers le VIe siècle VIe siècle av. J.-C. par les Nabatéens qui la font prospérer grâce à sa position sur la route des caravanes transportant l' encens, les épices et d'autres produits précieux entre l' Arabie du Sud, l' Égypte, la Syrie et la Méditerranée. Vers le e siècle, la modification des routes commerciales et des séismes entraîneront l'abandon progressif de la ville. Pétra a abrité à son apogée jusqu'à 25 000 habitants. Tombé dans l'oubli à l'époque moderne, le site est redécouvert en 1812 par le monde occidental grâce à l'explorateur suisse Jean Louis Burckhardt.

Les nombreux bâtiments, dont les façades monumentales ont été directement taillées dans la roche, en font un ensemble unique qui est inscrit, depuis le , sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. La zone autour du site est en outre, depuis 1993, un parc national archéologique. L' érosion, les pluies et le tourisme — en progression constante depuis la fin du e siècle — sont cependant une menace pour la préservation du site et des actions sont entreprises pour enrayer la destruction des monuments.

Les communautés locales bédouines, les Bedul, sont intégrées de manière participative à la préservation du site de Pétra et à l' économie du tourisme. Mais, victime de l'instabilité politique de cette région du monde, le site connaît, au cours de certaines années, une baisse de la fréquentation touristique qui entraîne une perte de revenus pour les communautés locales qui vivent du commerce touristique.

Géographie

Articles détaillés : Arabah, Jordanie, Golfe d'Aqaba et Mer Morte.

Situation

carte du relief de la région du Jourdain et du Sinaï
Carte de la région.

Pétra est située à mi-chemin entre le golfe d'Aqaba et la mer Morte à une altitude de 800 à 1 396 mètres au-dessus du niveau de la mer, dans un fond de vallée de la région montagneuse d' Édom, à l'est de la vallée de l' Arabah. Le site de Pétra se trouve à près de 200 kilomètres au sud d' Amman, capitale actuelle de la Jordanie, soit à environ h de route [4].

La situation de Pétra, dissimulée entre des rochers aux parois abruptes et dotée d'un approvisionnement sûr en eau, en fait un lieu propice au développement d'une cité prospère, comme étape du commerce caravanier. L'endroit n'est accessible par le nord-ouest que par un étroit sentier montagneux ou à l'est par l'accès principal, le Sîq, un canyon d'environ 1,5 kilomètre de long et jusqu’à 200 mètres de profondeur, qui à son endroit le plus resserré mesure seulement deux mètres de large [5], [6].

La présence d'eau et la sécurité apportée par le site ont fait de Pétra une halte naturelle au croisement de plusieurs routes caravanières qui reliaient l' Égypte à la Syrie et l' Arabie du Sud à la Méditerranée, chargées principalement de produits de luxe ( épices et soie en provenance d' Inde, ivoire en provenance d' Afrique, perles de la Mer Rouge, résine de Boswellia (l'« arbre à encens ») et encens du sud de l'Arabie) [6].

Climat

Climat de Ma'an, dans le gouvernorat de Ma'an à l'instar de Pétra
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc.
Température minimale moyenne ( °C) 2,1 2,9 5,9 9,5 12,9 15,5 17,1 17,6 15,3 11,9 7,5 3,3
Température moyenne (°C) 7,5 8,7 12 16,3 20,4 23,5 25,2 25,4 23,3 19,3 13,7 9,1
Température maximale moyenne (°C) 12,9 14,6 18,2 23,1 27,9 31,5 33,3 33,2 31,3 26,8 19,9 15
Précipitations ( mm) 17 14 13 6 3 0 0 0 0 4 7 14
Source : « Climate Ma'an », sur Climate-data.org (consulté le 29 avril 2017)
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
12,9
2,1
17
 
 
 
14,6
2,9
14
 
 
 
18,2
5,9
13
 
 
 
23,1
9,5
6
 
 
 
27,9
12,9
3
 
 
 
31,5
15,5
0
 
 
 
33,3
17,1
0
 
 
 
33,2
17,6
0
 
 
 
31,3
15,3
0
 
 
 
26,8
11,9
4
 
 
 
19,9
7,5
7
 
 
 
15
3,3
14
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Le site

Pétra est un site localisé dans un cirque rocheux structuré par plusieurs failles creusées par des wadis, qui constituent les principales voies de communication. L'axe principal est le wadi Mousa, qui traverse le site d'est en ouest, d'abord dans la gorge du Sîq (« le fossé ») située à l'est, dont l'entrée, précédée par les « tombeaux Djinns », était surmontée d'une grande arche aujourd'hui effondrée. Ce défilé, traversant le massif du Khubtha, constituait la voie d'accès principale pour parvenir à Pétra, et avait été dallé dans l'Antiquité. À partir de sa sortie, où se trouve la Khazneh, l'espace s'élargit. À cet endroit se trouvent de nombreux tombeaux ainsi que le théâtre. Le cours du wadi Mousa change d'orientation pour se diriger vers le nord sur quelques centaines de mètres, avant de reprendre son trajet sur un axe est-ouest, là où se trouve le centre de Pétra, avec ses principaux ensembles monumentaux. Ce secteur est défendu par des murailles sur ses flancs nord et sud plus exposés, la défense des côtés est et ouest ne posant pas de difficultés en raison de l'exiguïté des voies d'accès. La voie pavée principale du centre-ville (son cardo) suit le cours du wadi sur sa rive sud, où ont été érigés d'est en ouest les marchés antiques, des jardins et le « grand temple sud » avec son esplanade, puis une porte monumentale ouvrant sur le temple Qasr el-Bint. D'autres édifices se trouvent sur la rive nord, notamment le temple aux Lions. Au niveau de la sortie orientale du centre, plusieurs le cours principal est rejoint par plusieurs wadis d'orientation grossièrement nord-sud, qui ouvrent vers d'autres parties du site où se trouvent des monuments funéraires (notamment le tombeau « Turkmaniyeh » le long du wadi Abû 'Ullaiqa) ; le sanctuaire d'Al-M'aysrah, et vers le nord-ouest le massif sur lequel est érigé le Deir (le « monastère »). Plus bas le wadi Mousa est rejoint par un réseau de wadis venant cette fois du sud, conduisant vers d'autres parties du site, notamment le wadi al-Farasa bordé par plusieurs tombeaux. Dans sa partie haute ce wadi mène au massif d'al-Madhbah (l'« autel », aussi accessible par un escalier depuis le théâtre). Au sud-ouest du site se trouve le massif d' Umm el-Biyara, la « mère des citernes », nommé ainsi en raison des nombreux aménagements hydrauliques qui y ont été construits dans l'Antiquité, qui a livré de niveaux d'époque édomite et une nécropole nabatéenne [7].

plan avec des tracés de routes, de rivières et de monuments représenté par de petits carrés
Plan détaillé de Pétra.
         Rempart              Chemin d'accès
  •      Anciens bâtiments, tombes rupestres ou temples
  •      Bâtiments récents, principalement destinés au tourisme
  • Double carré : Haut-lieu
    Carré avec rond central : Forteresse des Croisés
    Carré barré : Fouille

Géologie

Pétra est une ville «  troglodyte » située au milieu d'escarpements rocheux et la pierre y est visible partout sur le site. Celle-ci est composée de grès à dominante rouge-brun, roche détritique issue de l’agrégation et la cémentation (ou diagenèse) de grains de sable. Il s'agit d'une roche cohérente [8]. Elle est organisée en strates, qui offrent parfois des déclinaisons de couleurs chatoyantes (allant du jaune au violet en passant par le rose) renforcées par l'intensité de la lumière, particulièrement en fin d'après-midi [4].

Pétra est située dans une région à forte sismicité. Elle se trouve à la limite entre deux plaques qui coulissent : la plaque d'Arabie et la plaque d'Afrique. Le , en 419, 551 et 747, des tremblements de terre ont endommagé la ville et ses monuments [9], [A 1].

Aux alentours de Pétra, on peut trouver des roches contenant de la silice, que les Nabatéens ont pu extraire dans des carrières pour faire du béton imperméable [10].

L'alimentation en eau

Les sources étant peu abondantes dans cette région semi-désertique, c'est l'eau de pluie, environ 150 mm par an [A 2] (aujourd'hui de 50 à 250 mm [11]), qui assurait l'essentiel des besoins. Les sources locales seules ne pouvaient fournir de l'eau que pour quelques familles [A 2]. Les Nabatéens construisirent un système de captage des eaux et de redistribution, avec des règles de répartition aux habitants [A 2].

Pétra, située dans une cuvette, pouvait récupérer les eaux pluviales d'un bassin de 92 km2 grâce à la relative imperméabilité des roches [12]. Cette faible perméabilité du sol posait néanmoins de nombreux problèmes, comme le déclenchement de crues saisonnières des wadis (hiver et printemps) très puissantes et donc destructrices (notamment le oued Wadi Moussa). En effet, jusqu'à ce qu'il soit dévié au e siècle, le cours d'eau du Wadi Moussa (« ruisseau de Moïse »), qui coule depuis la source d'Aïn Moussa (« source de Moïse ») dans le Sîq jusqu’au village de Gaia, était à l'origine de crues meurtrières, comme en 1963 lorsque 24 touristes français meurent noyés, surpris par l'arrivée d'une vague monstrueuse [12]. Il existe aussi un « petit Sîq » qui rejoint le Sîq principal près des tombes royales [13].

Couloir sinueux creusé dans la roche avec deux rigoles latérales également creusées dans la roche. Quelques personnes marchent en arrière plan au fond du couloir.
Les deux aqueducs creusés dans les parois du Sîq pour acheminer l'eau.

Au Ier siècle, Strabon dira que les habitants de Pétra « ont des sources en abondance, que ce soit pour des fins domestiques ou pour arroser leurs jardins » [A 2].

Des installations de collecte et de distribution d'eau destinées à stocker et transporter l'eau en s'affranchissant du relief escarpé sont encore visibles de nos jours, notamment des cinq barrages hydrauliques et des réservoirs à ciel ouvert [12]. Il existait également un important réseau de citernes souterraines. Au nord-est et sud-est de Pétra, les eaux du Sîq coulaient dans deux aqueducs, une galerie ouverte (recueillant les eaux ruisselant des parois) taillée dans la roche et enduites de plâtre imperméable, une autre fermée, en pente douce, constituée de tuyaux en terre cuite ou en céramique [A 2], [12]. Les eaux pluviales alimentaient le premier aqueduc, l'Aïn Moussa le second [14], les 200 citernes (dont plusieurs sur le mont Umm el-Biyara, ou « Mère des citernes [15] »), beaucoup de réservoirs et un nymphaeum, ou fontaine publique [A 2]. Un réseau de plus gros débit permettait aussi de capter l'eau de sources plus éloignées et d'alimenter des quartiers en hauteur [12]. On estime que ces réseaux amenaient environ 40 millions de litres d'eau par jour à Pétra [A 2].

Le système de distribution d'eau était donc suffisant pour couvrir les besoins de la cité. Il a été comparé, bien que la taille des deux cités soit très différente, avec celui de Rome à la même époque, lui aussi très avancé [16].

L'agriculture et l'élevage

Lorsque la ville était en plein essor, l'eau servait essentiellement à la consommation des habitants et du bétail ainsi que, dans une phase plus tardive, à l'arrosage des jardins. Des céréales, comme l' orge ou le blé, des arbres fruitiers et des vignes étaient sans doute cultivés à Pétra. Des pressoirs creusés dans le rocher ont été retrouvés, datant probablement de la période de domination romaine, qui avait donné au vin une grande importance [17].

De nos jours, des aménagements agricoles sont visibles autour du site, comme des cultures en terrasses dans le secteur de Zurrabeh, créés pour lutter contre l'érosion des sols et obtenir des rendements plus élevés. Depuis l'abandon du site, vers la fin du Ve siècle de notre ère, le manque d'entretien des aménagements hydrauliques a entraîné la destruction de l'essentiel des barrages ; seuls quelques vestiges sont encore visibles, tels qu'un ouvrage dédié à la distribution de l'eau dans le lieu-dit des « jardins romains » [17].

Actuellement, des troupeaux de chèvres noires sont également visibles autour du site de Pétra. Leur domestication est prouvée depuis le Néolithique [17].

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