Oussama ben Laden

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Oussama ben Laden
Oussama ben Laden en 1997.
Oussama ben Laden en 1997.

Surnom ben Laden
Naissance
Riyad ( Arabie saoudite)
Décès (à 54 ans)
Abbottabad ( Pakistan)
Origine Drapeau de l'Arabie saoudite Saoudien (1957-1994)
Apatride (1994-2011)
Allégeance Drapeau de l'Arabie saoudite  Arabie saoudite (1979-1991)
Flag of Jihad.svg Maktab al-Khadamāt (1984-1988)
Flag of Jihad.svg Al-Qaïda (1988-2011)
Grade Émir
Conflits Guerre d'Afghanistan (1979-1989)
Guerre d'Afghanistan (1989-1992)
Guerre d'Afghanistan (2001-2014)
Commandement Chef d'Al-Qaïda
Faits d'armes Bataille de Jaji
Bataille de Tora Bora
Famille 5 épouses (dont une dont il a divorcé)
Une vingtaine d'enfants [1]
53 demi-frères et demi-sœurs

Oussama ben Laden ( arabe : أسامة بن محمد بن عوض بن لادن, Usāma bin Muḥammad bin ‘Awaḍ bin Lādin) [Note 1], né le à Riyad ( Arabie saoudite) et mort le , tué par un commando américain des SEAL [2], [3], [4] à Abbottabad ( Pakistan) [Note 2], est un djihadiste apatride [Note 3] d'origine saoudienne, chef du réseau terroriste Al-Qaïda [Note 4]. Il a revendiqué la responsabilité et l'idée des attentats du 11 septembre 2001 commis aux États-Unis [6], [7], [8].

Le FBI, qui l'a placé à partir de sur sa liste des dix criminels les plus recherchés à la suite des attentats des ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, offrait 25 millions de dollars américains pour tout renseignement permettant sa capture, somme portée par le Sénat à 50 millions en 2007 [9], [10]. L' ONU a établi une liste, diffusée par Interpol en 2006, recensant les organisations et les personnes proches d'al-Qaïda, d'Oussama ben Laden et des talibans.

S'il a pu être considéré comme un héros par certains musulmans [11], d'autres le rejetaient et le condamnaient. Al-Qaïda elle-même provoque des réactions variées parmi les mouvements islamistes, militarisés ou non. [12], [13].

Biographie

Jeunesse

Issu d'une riche famille saoudienne originaire du Yémen, son père fonde le Bin Laden Construction group, entreprise de bâtiment et travaux publics détentrice de nombreux contrats d'exclusivité avec le gouvernement saoudien. La fortune de la famille est estimée à 5 milliards de dollars américains [14]. Selon les affirmations de l'un de ses demi-frères, Yeslam ben Laden, Oussama ben Laden aurait perçu de son père décédé, de 1974 à 1994, entre 12 et 15 millions de dollars [15]. La proximité avec la famille royale d'Arabie saoudite participe à la fortune de l'entreprise qui, devenue une des premières entreprises de construction au monde, se diversifie et devient le Saudi Binladen Group [16], aux nombreuses ramifications. Parmi elles, la Bin Laden Telecommunications, devenue depuis 1999 la Baud Telecom Company (BTC Networks) [17].

Oussama ben Laden a 53 demi-frères et demi-sœurs, son père polygame s'étant marié avec 22 femmes différentes. Lui-même a une vingtaine d'enfants dont Omar marié à une Britannique, Jane Felix-Browne, devenue Zaina Karkar ben Laden [18].

Le jeune homme fait des études commerciales et techniques à l' université du roi Abdulaziz de Djeddah de 1974 à 1978 [19], puis intègre le groupe familial vers le milieu des années 1970.

Il étudie à cette période les textes principaux du wahhabisme [20]. Cette forme de l' islam sunnite, qui est née en Arabie saoudite, est considérée comme étant particulièrement dure et fondamentaliste. En outre, elle organise et structure le droit musulman de la société saoudienne. Les étudiants saoudiens sont donc influencés par le wahhabisme ; dans ce contexte, il semble naturel que ben Laden l'ait été aussi [21], [22].

Guerre contre les Soviétiques (1979–1989)

En 1979, alors que des membres de sa famille sont impliqués dans la prise de la Grande Mosquée de La Mecque, il est approché par le prince Tourki ben Fayçal Al Saoud dit Tourki al-Fayçal, alors chef des services secrets de l'Arabie saoudite (de 1977 à 2001), ambassadeur d' Arabie saoudite à Londres, et fils de l'ancien roi saoudien Fayçal ben Abdelaziz Al Saoud (de 1964 à 1975). À l'époque, le régime du shah d'Iran vient d'être renversé par une révolution qui porte à sa tête l'ayatollah Khomeini, tandis que l' URSS envahit l'Afghanistan quelques mois plus tard. L' islamisme commence à devenir une force géopolitique importante, remplaçant peu à peu le marxisme et le panarabisme comme principale idéologie populaire au Moyen-Orient. De nombreux moudjahids viennent combattre en Afghanistan contre l'URSS, soutenus par l' Arabie saoudite qui y voit une possibilité de diffusion du wahhabisme, et le Pakistan via son Inter-Services Intelligence qui se verrait bien à terme à la tête d'une future internationale islamique.

Officiellement, la CIA a commencé à soutenir les moudjahidines en 1980, mais selon Robert Gates, les services secrets américains ont commencé à les aider 6 mois plus tôt [23]. Selon Zbigniew Brzeziński, le président Carter aurait signé la première directive sur leur assistance clandestine le 3 juillet 1979, sans avoir pour but d'entraîner une intervention militaire des Soviétiques mais en sachant que cette aide la rendait plus probable [24]. Le 24 décembre 1979, l'armée soviétique a envahi l'Afghanistan.

Le prince saoudien Turki al-Fayçal demande à ben Laden d'organiser le départ des volontaires pour l'Afghanistan et leur installation à la frontière pakistanaise. En arrivant sur place, le jeune homme découvre des militants motivés, mais très peu organisés. L'amateurisme règne. Ben Laden aurait coordonné l'arrivée des militants à Peshawar via une organisation appelée « Bureau des services ». Il aurait mis en place une véritable organisation et assuré la formation militaire et idéologique des combattants (camps d'entraînement, mosquées, écoles) ainsi que l'approvisionnement en armes. Peu à peu, il aurait pris en charge les familles. Il se serait occupé de veuves et de l'éducation religieuse d'enfants. D'après Noam Chomsky, les moudjahidines auraient en fait été entraînés, armés et organisés par la CIA, les services de renseignement français, l'Égypte, le Pakistan, etc., pour livrer une guerre sainte aux Soviétiques [25].

C'est ainsi que le jeune homme timide prend de l'assurance, tandis que son prestige grandit. Il aurait lui-même participé à quelques combats [26]. En 1989, son mentor et ami, le Palestinien Abdallah Azzam, est assassiné. Oussama ben Laden se retrouve alors à la tête de l'organisation. Elle est la base d' Al-Qaïda, qui se transforme bientôt en logistique du djihadisme international, certains vétérans d'Afghanistan partant ensuite combattre sur d'autres fronts (en Tchétchénie et Yougoslavie) Durant toute cette décennie, ben Laden rend régulièrement compte au prince Turki al-Fayçal, effectuant pour cela de nombreux voyages en Arabie saoudite.

L'organisation de ben Laden n'est néanmoins, à l'époque, que l'une des nombreuses factions existant en Afghanistan, pays obéissant davantage à des logiques tribales qu'idéologiques. Alors que dans beaucoup de régions afghanes, une version modérée de l'islam est respectée, beaucoup de moudjahidines se méfient de la venue d'étrangers véhiculant le salafisme. Le commandant Massoud, notamment, refuse toute alliance avec ben Laden car il estime qu'il soutient les talibans, contre lesquels il se bat, et qu'il représente un danger pour la communauté internationale [27], [28]. Oussama ben Laden se rapproche alors de Gulbuddin Hekmatyar, un chef fondamentaliste local et « principal bénéficiaire, selon Noam Chomsky, des 3,3 milliards de dollars d'aide (officielle) des États-Unis aux rebelles afghans (un montant à peu près équivalent étant fourni par l' Arabie saoudite) » [29]. Hekmatyar est aussi, à l'époque, soutenu par le Pakistan qui voudrait le voir à la tête du pays après le départ des Soviétiques.

En février 1989, les Soviétiques annoncent leur retrait d'Afghanistan. Les djihadistes décident de poursuivre le combat jusqu'à la prise du pouvoir à Kaboul. Cependant, les États-Unis qui ont atteint leur objectif, et l'Arabie Saoudite, stoppent le financement et le soutien logistique massif en 1990.

Rupture avec l'Arabie saoudite (1989–1993)

Oussama ben Laden retourne en Arabie saoudite, il est considéré comme un héros. Il organise des conférences dans les mosquées, dans les écoles, à l'université sur son « djihad » contre l' armée soviétique.

Lors de la guerre du Golfe (1990-1991), Oussama ben Laden propose au roi Fahd d'utiliser sa milice pour défendre le pays contre une éventuelle invasion des troupes irakiennes [30]. Ce dernier refuse et préfère ouvrir son territoire à l' armée américaine, prêtant ainsi le flanc à l'accusation selon laquelle il aurait autorisé les «  infidèles » à « souiller le sol sacré » de l'Arabie saoudite. Ben Laden se fait alors de plus en plus critique vis-à-vis de la famille royale, et va jusqu'à accuser les princes de corruption. Le ministère de l'Intérieur saoudien saisit son passeport pendant l'hiver de 1990 à 1991 [31].

Oussama ben Laden quitte l'Arabie saoudite en mai 1991 [32].

Il choisit de s'allier à des opposants au régime wahabite installés en Iran et en Syrie [33].

Interdit de séjour en Arabie saoudite, il vit alors à Khartoum, au Soudan, de 1992 à 1996 [19]. Il y est accueilli par Hassan al-Tourabi, qui dirige le Front national islamique soudanais (FNI). Il s'installe dans le pays, y investit et fait quelques affaires (routes, exportations agricoles, acquisitions foncières, activités bancaires en accord avec les principes de la banque islamique).

À plusieurs occasions entre 1992 et 1993, des membres de sa famille vont le rencontrer au Soudan pour lui demander d'abandonner son opposition à la famille royale et de revenir en Arabie saoudite, sans effet. En juin 1993, sa famille arrête sa participation dans les compagnies familiales et ses parts sont vendues pour une valeur de 9,9 millions de dollars, somme qui est placée sur un compte bloqué, qui ne pourrait être utilisé qu'à son éventuel retour au pays, ou donné à ses héritiers après sa mort. En février 1994, sa famille répudie Oussama dans un communiqué [34]. Au début d'avril 1994, l'Arabie saoudite le prive de sa nationalité [5], [35].

Il reste cependant en relations discrètes avec certains membres du régime saoudien, la famille royale étant en effet peu unie. Ces relations secrètes entretenues avec certains membres de la famille royale saoudienne et ou des forces de sécurités, sont illustrées par les attentats de Riyad du 8 novembre 2003. En effet, il y a « un mouvement croissant de luttes internes entre les amis et les ennemis de ben Laden au sein de la maison royale » [36].

Années troubles (1993–1998)

Entre 1992 et 1995, ben Laden finance et arme les moudjahid bosniaques, notamment via l'organisation « humanitaire » autrichienne Third World Relief Agency (TWRA). Il aurait alors rencontré Alija Izetbegović et reçu un passeport bosnien en 1993 [37], ce que nie le gouvernement de Bosnie-Herzégovine [38].

Ben Laden suit et finance les moudjahidine islamistes les plus radicaux revenus après la guerre d'Afghanistan dans leur pays d'origine (ils y sont surnommés « les Afghans »). Il finance également des camps d'entraînement. Dès décembre 1992, un groupe financé par ben Laden est responsable d'un attentat au Yémen contre les soldats américains en route pour l'opération Restore Hope en Somalie.

La même année, un attentat touche le World Trade Center, et fait 6 morts. Un groupe lié à Oussama ben Laden est soupçonné.

Pour autant, en tant que leader anti-soviétique le personnage de ben Laden continue de jouir d'une image plutôt positive auprès des pays de l' OTAN, et il fait l'objet le 6 décembre 1993 d'un article élogieux dans le quotidien britannique The Independent, titré « Anti-soviet warrior put his army on the road to peace » [39].

Oussama ben Laden profite en effet de la politique d'une partie de l'administration Clinton, soutenue par le lobby pétrolier. Celle-ci a plusieurs objectifs : le soutien à des régimes stables en Asie centrale afin de permettre l'acheminement du pétrole et du gaz, la lutte contre l'influence russe dans la région et une politique résolument engagée contre l' Iran chiite [40]. La poursuite de ce dernier objectif passe par un soutien à l' islamisme sunnite notamment présent au Pakistan [41] et en Arabie saoudite [42]. Cet appui est concrétisé lors d'une déclaration de Bill Clinton, le 15 mars 1995. Il prétend alors que « les valeurs traditionnelles de l'islam sont en harmonie avec les idéaux les meilleurs de l'Occident » [42]. C'est pourquoi Oussama ben Laden n'est pas perçu uniquement comme une menace [réf. nécessaire]. Cette stratégie est cependant infléchie dans les derniers temps du mandat de Bill Clinton.

À la suite de la campagne d'attentats du Groupe islamique armé en France en 1995, la police belge découvre des documents de ce groupe dédicacés à ben Laden [43].

Le 26 mai 1995, Al-Qaïda est soupçonné d'avoir participé à une tentative d'assassinat contre le président égyptien Mohammed Hosni Moubarak [44].

En février 1998, Oussama ben Laden lance un appel à attaquer les intérêts américains partout dans le monde. Il devient dès lors un ennemi officiel des États-Unis, qui obtiennent son expulsion du Soudan. Il se réfugie alors en Afghanistan, passé sous contrôle des talibans depuis 1996.

Terrorisme de masse (1998–2001)

Image satellite du camp d’entraînement de Zhawar Kili visé par les frappes américaines de 1998.

Le premier mandat d'arrêt international lancé sur sa personne date de mi-avril 1998 ; il émane d' Interpol à la demande du gouvernement de la Jamahiriya arabe libyenne, à la suite de l'assassinat en 1994 sur le sol libyen d'un couple de citoyens allemands, les Becker, des agents secrets de l' Office fédéral de protection de la constitution [45] (Bundesamt für Verfassungsschutz/BfV). Depuis lors, l' Espagne [46] et les États-Unis ont également demandé des notices rouges sur lui à Interpol [47].

Les États-Unis le tiennent pour responsable des attentats à la bombe dirigés contre les ambassades américaines de Nairobi au Kenya (213 morts dont huit Américains) et de Dar es Salam en Tanzanie (onze morts, tous Tanzaniens) le . À la suite de ceux-ci, le gouvernement américain met sa tête à prix pour 5 millions de dollars en octobre 1998. À chaque agression, ben Laden se réjouit des attentats, mais ne les revendique pas.

Une preuve tangible de la forte présence de l' ISI en Afghanistan a été donnée par la protestation officielle pakistanaise lors du bombardement américain de représailles par missiles de croisière contre les camps dirigés par ben Laden le qui tua cinq officiers de ce service [48].

En 1999, deux colonels de l' armée chinoise le citent abondamment dans leur livre La Guerre hors limites où il est désigné comme un grave péril futur [49]. Il est placé en juin de la même année sur la liste des dix fugitifs les plus recherchés du FBI [50].

En août 2001, le Groupe islamique combattant marocain fait allégeance à Oussama ben Laden, en particulier via des gens présents en Afghanistan, et qui vont par la suite vivre en Belgique [51]. Le prince Turki est limogé durant la même période par le régime saoudien.

Épaulés par le Pakistan, les États-Unis négocient avec les talibans, qui tergiversent. Les attentats du 11 septembre 2001 stoppent brutalement cette négociation.

Traque et communication (2001–2011)

Après le 11 septembre 2001

Oussama ben Laden et Ayman al-Zawahiri, lors d'une interview à Kaboul, le 8 novembre 2001.

Oussama ben Laden est considéré comme le principal responsable des attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center et le Pentagone. Il a lui-même reconnu une implication dans les attentats contre le World Trade Center du 11 septembre 2001, en avouant en être l'instigateur (« Je vous le dis, Allah sait qu'il ne nous était pas venu à l'esprit de frapper les tours. Mais après qu'il fut devenu insupportable de voir l'oppression et la tyrannie de la coalition américano-israélienne contre notre peuple de Palestine et du Liban, j'ai alors eu cette idée ») et s'est félicité de leur tenue.

À la suite des attentats du 11 septembre 2001, et après que le gouvernement de l' Émirat islamique d'Afghanistan a refusé de livrer ben Laden, le président des États-Unis George W. Bush obtient la mise sur pied d'une intervention internationale en Afghanistan dans le but déclaré d'anéantir Al-Qaïda.

Des mesures diplomatiques pour le contrer sont prises depuis la fin des années 1990, notamment la création d'un Comité des sanctions contre Al-Qaïda et les Taliban (créé par la résolution 1267 en 1999, appelé aussi Comité 1267) [52], les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies 1377 du 12 novembre 2001 [53] et 1390 du 16 janvier 2002 [54] reliées à la position de l' Union européenne [55].

Le 13 décembre 2001, le gouvernement fédéral des États-Unis porte à 25 millions de dollars son offre pour toute information conduisant directement à sa capture, et une prime additionnelle de deux millions de dollars est offerte conjointement par la «  Air Line Pilots Association » et la « Air Transport Association » [56]. À partir de ce moment, les États-Unis veulent officiellement ben Laden « mort ou vif ».

Malgré des recherches qui ont continué jusqu'en janvier 2002, ben Laden n'a pas été retrouvé lors de la bataille de Tora Bora. Des chefs de guerre afghans, comme Zaman Ghamsharik, sont soupçonnés de l'avoir laissé s'enfuir [57]. Après sa fuite de Tora Bora, ben Laden parvient à échapper à ses poursuivants pendant une décennie.

La chaîne qatarie Al Jazeera publie le un message sonore reconnu par les autorités des États-Unis comme provenant d'Oussama ben Laden. Celui-ci met en garde et menace plusieurs pays occidentaux de nouveaux attentats s'ils continuent à soutenir « le gang des bouchers de la Maison-Blanche ».

Selon les interrogatoires de son épouse Amal par les autorités pakistanaises après sa mort, après avoir fui Tora Bora, il serait allé à Kohat près de Peshawar, où il aurait rencontré Khalid Cheikh Mohammed au moins une fois. Ben Laden se serait déplacé régulièrement dans le Waziristan en 2003, puis dans la vallée de Swat pendant quelques mois.

Le , une lettre signée d'Oussama ben Laden est retrouvée sur le corps d'un militant tué dans un affrontement avec la police saoudienne et lié aux attentats de Riyad. La lettre, vieille d'environ six mois, félicitait le groupe du militant [58].

2004

En 2004 il se serait installé dans une maison à Haripur avant de s'établir définitivement dans une villa d' Abbottabad [59] (ville située à 50 km au nord de la capitale Islamabad) en 2005, et ce pour plusieurs raisons : souffrant d'une grave infection amibienne intestinale, il pouvait être plus facilement soigné en ville ; devant l'efficacité des drones américains, Ayman al-Zawahiri, no 2 d' Al-Qaïda, estimait que sa sécurité rapprochée n'était plus assurée dans ces zones reculées ; il pouvait y rencontrer facilement de nouveaux responsables d'Al-Qaïda, notamment Ilyas Kashmiri  (en), son protégé et dont il voulait faire le fer de lance de son mouvement [60]. Il aurait reçu une transplantation de rein, sans qu'on sache où cette opération aurait eu lieu (à Karachi ou en-dehors du Pakistan).

Le , une vidéo diffusée par la chaîne d'information en arabe Al Jazeera quatre jours avant les élections présidentielles aux États-Unis tendrait à montrer qu'Oussama ben Laden est toujours en vie au moment de l'enregistrement malgré les rumeurs persistantes de décès dans les montagnes à la frontière de l'Afghanistan et du Pakistan. Ce dernier renvoie dos à dos les deux candidats et annonce de futurs attentats. Il affirme que contrairement à la thèse de dirigeants américains, son but n'est pas de lutter contre la liberté, auquel cas il se serait attaqué à des États nordiques. Il estime que les attaques contre le World Trade Center sont une mesure de rétorsion contre les « tueries » organisées par les militaires américains.

Le , la chaîne de télévision Al Jazeera a diffusé un enregistrement audio, attribué à Oussama ben Laden, désignant le Jordanien Abou Moussab Al-Zarqaoui comme son adjoint en Irak et appelant à un boycott des élections prévues le .

2006

Le , après un an de silence, Al Jazeera diffuse un nouvel enregistrement audio où Oussama ben Laden annonce la préparation de nouvelles opérations terroristes et propose une « trêve » en échange d'un retrait des troupes américaines en Iraq et en Afghanistan : « Nous n'avons pas d'objection à vous offrir une trêve (hudna) de longue durée dans des conditions justes que nous respecterons, parce que nous sommes une nation à laquelle Dieu interdit la traîtrise et le mensonge ». Une trêve aussitôt refusée par la Maison-Blanche. L'absence d'images alimente de nouvelles spéculations selon lesquelles Oussama ben Laden serait malade ou blessé et peut-être même mort.

Dans un autre enregistrement audio diffusé le 23 avril, Oussama ben Laden évoque pour la première fois la situation au Soudan en appelant ses partisans « à se préparer avec tout ce qui nécessaire à une guerre de longue durée contre les voleurs croisés dans l'ouest du Soudan » ; l'ouest du Soudan correspondant au Darfour [61].

Deux nouveaux enregistrements audio attribués à Oussama ben Laden sont diffusés le 23 mai et le 30 juin : le premier disculpe Zacarias Moussaoui après sa condamnation à perpétuité dans le cadre des attentats du 11 septembre 2001 et le second rend hommage à Abou Moussab Al-Zarqaoui tué dans un raid américain à Bakouba le .

Selon la sénatrice américaine Dianne Feinstein, présidente de la commission des Renseignements au Sénat, ben Laden avait quitté les montagnes depuis 2005 ou 2006 pour rejoindre un complexe fortifié.

Recherches intensifiées des Américains (2007–2011)

Le , la chaîne Al Jazeera diffuse, quelques jours avant le sixième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, des extraits d'une vidéo d'Oussama ben Laden, la première depuis près de trois ans [62]. Le chef d'Al-Qaïda, dont la voix a été officiellement identifiée par les services de renseignements américains, s'adresse aux États-Unis et évoque la situation actuelle en Irak [63]. Ben Laden y mentionne les noms du président français Nicolas Sarkozy, élu en mai 2007, ainsi que du Premier ministre anglais Gordon Brown qui a succédé à Tony Blair en juin de la même année.

Le , le Comité des affaires étrangères du Sénat des États-Unis rend public un rapport révélant qu'Oussama ben Laden aurait pu être capturé ou tué alors qu'il séjournait dans la région montagneuse de Tora Bora aux alentours du [64] si l'armée américaine avait mobilisé massivement plusieurs milliers d'hommes dans la région au lieu d'opter pour une approche commando appuyés par les miliciens afghans et des frappes aériennes [65].

Le , le secrétaire américain à la Défense Robert Gates déclare que les autorités militaires américaines n'ont pas eu, depuis des années, le moindre indice sur la localisation de ben Laden [66].

Le , dans un nouvel enregistrement audio, ben Laden revendique la responsabilité de la tentative d'attentat du sur un vol Northwest Airlines reliant Amsterdam à Détroit, et menace les États-Unis de nouvelles attaques.

En 2011, sa première épouse, Khairiah Saber, l'aurait rejoint à Abottabad après avoir été libérée par les autorités iraniennes qui l'avaient gardée en résidence surveillée pendant une décennie. Ben Laden entretenait un contact avec des chefs du Lashkar-e-Toiba ainsi que des talibans afghans [67].

Mort

Article détaillé : Mort d'Oussama ben Laden.
Célébration à Times Square à la suite de l'annonce de la mort d'Oussama ben Laden.

Le matin du , vers 1 h 30, heure locale, Oussama ben Laden a été tué dans la ville d' Abbottabad au Pakistan [68] dans une coûteuse résidence fortifiée (compound), construite en 2005 [69] et surveillée par les services de renseignement américains depuis août 2010 [70], à environ 50 kilomètres d' Islamabad et à moins de 140 kilomètres des régions tribales, lors d'une opération militaire au sol ordonnée par le président américain Barack Obama et menée par une vingtaine de SEAL (commandos de l' US Navy). Au moins quatre autres personnes, des membres de sa famille (un de ses fils et des collaborateurs, — deux messagers), auraient été tués lors de l'affrontement. Son corps a été récupéré par les forces spéciales américaines qui l'auraient ramené en Afghanistan, avant d' immerger sa dépouille en haute mer [71]. Le président des États-Unis a commenté la mort du terroriste lors d'une allocution le soir même, à 5 h 36 heure française, déclarant que « justice est faite ». Il a également salué la coopération des autorités pakistanaises à cette opération [70].

L'annonce a provoqué plusieurs manifestations patriotiques spontanées à travers le pays, notamment au cœur de New York, près de Ground Zero et à Times Square, et au centre de Washington, D.C., sur la Place Lafayette, près de la Maison-Blanche. L'ancien président américain George W. Bush, est sorti du silence qu'il observe depuis son départ de la présidence pour saluer une « grande victoire pour les États-Unis » [72].

Trois jours avant l'élimination de ben Laden, le président Obama a annoncé un remaniement de son équipe de renseignement et de défense, entraînant notamment le départ de Robert Gates, Secrétaire de la Défense des États-Unis nommé par George W. Bush, et son remplacement par Leon Panetta, directeur de la CIA depuis le 5 janvier 2009, date de l'accession de Barack Obama à la présidence des États-Unis [73], [74].

Quelques jours après la mort de ben Laden, Leon Panetta affirme que la torture par l'eau (waterboarding), autorisée par George W. Bush et appliquée par exemple à Khalid Cheikh Mohammed à 183 reprises pendant le mois de mars 2003, a permis la récupération d'informations ayant conduit à la cache de ben Laden [75], en particulier le nom d' Abu Ahmed al-Kuwaiti, identifié comme le messager de ben Laden [76].

La haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay souligne que les opérations antiterroristes devaient respecter le droit international mais considère que ben Laden avait assumé la pleine responsabilité pour ses actes, incluant des massacres de civils pouvant être qualifiées de crime contre l'humanité [77].

Le 5 mai 2011, le président Obama a rendu à Ground Zero un hommage solennel aux victimes des attentats du 11 septembre. Il avait invité son prédécesseur George W. Bush à se joindre à lui, mais ce dernier a décliné l'invitation [78].

Al-Qaïda a confirmé, le vendredi 6 mai 2011, la mort d'Oussama ben Laden dans un communiqué diffusé sur les sites islamistes [79]. Le Tehrik-e-Taliban Pakistan avait promis dès le 2 mai de venger la mort du dirigeant d'Al-Qaïda [80]. Le mouvement revendique l' attentat du 13 mai 2011 à Shabqadar au nord-ouest du Pakistan qui tue 98 personnes, surtout de jeunes recrues d'un groupe paramilitaire de police, blesse plus de 140 personnes. De plus, celui-ci précise que l'attaque constitue une vengeance pour la mort de ben Laden [81], [82].

À la suite de son décès, la justice fédérale des États-Unis a formellement mis fin, le 17 juin 2011, aux poursuites engagées contre lui [83].

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