Osirak

Le centre de recherche nucléaire d'Al-Tuwaitha à la sortie sud-est de Bagdad le 10 mars 1991 après un bombardement américain.
Carte de l'opération Opéra de bombardement d'Osirak.

Osirak est le nom d'un ancien réacteur nucléaire expérimental de 70 MW situé en Irak dans le centre de recherche nucléaire d'Al-Tuwaitha au sud-est de Bagdad, construit par la France et destiné à des recherches civiles sur le nucléaire. Il fut détruit, d'abord partiellement par un raid de l'armée israélienne le (opération Opéra), puis à nouveau, par l'armée américaine en 1991, lors de la guerre du Golfe.

Accord franco-irakien

En 1975, Saddam Hussein se rend en week-end en Provence, où il rencontre Jacques Chirac, alors Premier ministre de Valéry Giscard d'Estaing qui s'était déjà rendu à Bagdad en [1]. Saddam Hussein rencontre également Giscard à Paris, et visite le centre de Cadarache avec Chirac[1]. Ce fut le seul voyage à l'étranger du dictateur irakien[1].

Le , le journal libanais El Ousbou El Arabi publie une déclaration du vice-président irakien Saddam Hussein : « L'accord avec la France est le premier pas concret vers la production de l'arme atomique arabe ». Le , un accord de coopération nucléaire franco-irakien est signé à Bagdad[1]. Le texte précise qu'il s'agit d'une utilisation pacifique du nucléaire[2].

Le projet de s'équiper d'un réacteur de 1 500 MW est abandonné[1], et c'est un petit réacteur de recherche, Osirak, copie conforme du réacteur nucléaire de recherche français Osiris installé à Saclay (puissance de 70 MW)[1]. Saint-Gobain, Bouygues et Technicatome, partenaires du CEA, sont chargés du contrat[1]. La centrale doit comporter en fait deux réacteurs : Osirak (appelé Tamuz 1 par les Irakiens) et un petit, Isis (Tamuz 2)[1].

Le , le Mossad, une agence de renseignement israélienne, détruit avec des bombes à charge creuse, lors d'une opération commando à l'intérieur de l'usine de Constructions navales et industrielles de la Méditerranée (CNIM), à La Seyne-sur-Mer (Var), la cuve en acier du réacteur d'Osirak[1]. La France répare les dégâts[1], mais dans la nuit du 13 au , le Mossad égorge dans un hôtel parisien l'égyptien Yahya Al-Meshad, membre de la Commission atomique irakienne[1]. Des ingénieurs du CEA reçoivent par ailleurs des lettres de menace[1].

Le , au début de la guerre Iran-Irak, deux chasseurs-bombardiers F-4 Phantom de la force aérienne de la République islamique d'Iran attaquent lors de l' Opération Scorch Sword avec 12 bombes Mk 82 le centre de recherches de Tuwaitha à Bagdad mais sans toucher directement les deux réacteurs Osirak et Isis. Il s'agit de la première attaque militaire visant un site nucléaire[3].

Finalement, le réacteur a été détruit lors d'un bombardement mené par Israël qui craignait que l'Irak n'accède à l'arme nucléaire par 8 F-16 et 6 F-15 avec 16 bombes d'une tonne, le . C'est l'opération Opéra à laquelle participe le colonel et premier astronaute israélien, Ilan Ramon, ainsi qu' Amos Yadlin (en), futur chef de l' Amam, les services de renseignements militaires. Cette opération avait été volontairement organisée un dimanche afin de minimiser les pertes humaines éventuelles. Cependant, dix militaires irakiens et un civil français furent tués lors de ce bombardement israélien. Le civil français était Damien Chaussepied, un ingénieur INSA de 25 ans, qui travaillait pour Air liquide et le CEA.

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