Ordre du Carmel

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Ordre du Carmel
image illustrative de l’article Ordre du Carmel
Je suis rempli d’un zèle jaloux pour le Seigneur Sabaot ! (1R 19,14) Il est vivant le Seigneur devant qui je me tiens. (1R 18,15)
Ordre de droit pontifical
Approbation pontificale1226, et définitivement en 1274
par Honorius III puis Grégoire X
Institutmonastique, mendiant
TypeContemplative et apostolique
SpiritualitéCarmélitaine
RègleRègle de saint Albert
Butcontemplation
Structure et histoire
FondationXIIe siècle (il y a 809 ans)
sur le Mont Carmel
FondateurSaint Berthold, Saint Brocard, Albert de Jérusalem
Abréviationo.carm
Autres nomsOrdre des Frères de Notre-Dame du Mont Carmel
PatronÉlie, Notre-Dame du Mont-Carmel
Branche(s)Grands carmes, ordre des Carmes déchaux, Tiers-Ordre carmélite
Site webhttp://www.carm-fr.org , http://www.carmesdechaux.com/
Liste des ordres religieux
Carmes
Carmes déchaussés
Carmelites
Carmélites déchaussées
Pietro Novelli, Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

L’Ordre du Carmel est un ordre religieux catholique contemplatif. Ses membres sont appelés Carmes (pour les hommes) et Carmélites (pour les femmes). Leur père spirituel est le prophète Élie. Fondé par des ermites sur le mont Carmel en Palestine à la fin du e siècle, les premiers Carmes quittent leurs ermitages au début du e siècle pour se réfugier en Europe. Après bien des tribulations, l'ordre érémitique se transforme en ordre monastique. Il connaît de nombreuses réformes dont la plus marquante est la réforme instituée par Thérèse d'Avila au e siècle.

Il existe aujourd'hui deux branches principales : les Grands Carmes (n'ayant pas suivi la réforme de sainte Thérèse d'Avila) et la branche issue de la réforme thérésienne, les Carmes déchaux. Ces deux branches sont découpées en trois ordres :

  • les Carmes (pour les hommes) ;
  • les Carmélites (pour les femmes), appelées le second ordre (du Carmel) car leur ordre a été créé après l'Ordre des Carmes ;
  • le Tiers-Ordre carmélite (pour les laïcs), appelé le troisième ordre car créé dans un troisième temps[1].

L'Ordre du Carmel est porteur d'une tradition spirituelle riche, qui a une grande importance pour l'Église catholique tout entière, notamment grâce à plusieurs docteurs de l'Église issus de l'Ordre : Thérèse d'Avila, Jean de la Croix, Thérèse de Lisieux. Ils sont spécialement connus pour leur enseignement sur l'oraison, centre de la vie spirituelle du Carmel. De nombreux mystiques ont également laissé des écrits ayant éclairé leur époque et même faisant parfois référence jusqu'à nos jours (Jean de Saint-Samson, Laurent de la Résurrection, Marie-Madeleine de Pazzi, Élisabeth de la Trinité, Maria Candida dell’Eucaristia, Maria Petyt).

Historique

Origine et développement au Moyen Âge

Article détaillé : Histoire des Grands carmes.

Dès le XIIe siècle, des hommes s'inspirant du prophète Élie viennent vivre en ermites dans les grottes du Mont Carmel. Albert Avogadro, Patriarche latin de Jérusalem, leur donne une règle de vie en 1209. Cette règle, constituée de quelques thèmes majeurs empruntés à la Bible, est centrée sur la prière. C'est l'acte fondateur de l'Ordre, qui prend le nom de « Ordre des Frères de Notre-Dame du Mont-Carmel » ou Carmes[2]. Plus tard, en 1247, le pape Innocent IV donnera aux Carmes l'appellation officielle de Frères de Notre-Dame du Mont-Carmel[2].

Le siège de Jérusalem en 1187, qui achève la reconquête de la Palestine par Saladin, oblige les chrétiens venus d'Occident lors des croisades à partir. De retour en Europe en 1238, ils vivent de plus en plus dans les villes où ils constituent de petites communautés. En 1247, l'ordre érémitique qu'est le Carmel est organisé par le pape Innocent IV en ordre monastique mendiant[E 1]. En 1274, l'existence de l'Ordre est définitivement confirmée par le pape Grégoire X.

En 1435, le pape Eugène IV assouplit les rigueurs de la règle monastique par une mitigation qui entrainera de nombreuses tentatives de contre-réforme (tentatives de réformes par Jean Soreth, réforme de Mantoue, Réforme de Touraine)[E 2].

Des femmes proches de ces communautés de Frères Carmes sont attirées par leur vie de prière. Ainsi par exemple, des béguinages aux Pays-Bas donnent naissance à des monastères de carmélites dans la seconde moitié du XVe siècle. Jean Soreth, frère du couvent des Carmes de Caen, supérieur de l'Ordre du Carmel de 1451 à 1471, travaille à la transformation de quelques béguinages des Pays-Bas en monastères de carmélites. Le mouvement ainsi lancé se répand en Bretagne avec la duchesse de Bretagne Françoise d'Amboise[N 1] mais aussi en Italie et en Espagne.

La Réforme thérèsienne et son extension en Europe

Dans le contexte de la tourmente protestante et du Concile de Trente, deux grandes figures marquent en Espagne la vie du Carmel : sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) et saint Jean de la Croix (1542-1591) qui fondent les Carmes déchaussés en 1568. Ils renouvellent dans l'Ordre le sens de la prière et de la pauvreté à travers l'humilité et une vie cachée[3].

Après la fondation du premier monastère de la réforme, le couvent Saint-Joseph à Avila en 1562, 16 communautés féminines et 15 communautés masculines nouvelles sont érigées en Espagne en seulement 20 ans[4].

En 1604, le cardinal de Bérulle et Barbe Acarie fondent le premier carmel déchaussé en France où ils connaissent rapidement un très grand succès (74 carmels féminins et 67 couvents de Carmes réformés sont présents à la fin du e siècle contre seulement 6 couvents de carmélites non réformées)[5]. Plusieurs grands noms de la noblesse ou de la société parisienne entrent au Carmel comme Mademoiselle de La Vallière, ou Louise de France.

Persécutions et effondrement de l'Ordre

Les guerres de Religion entrainent des exactions et la destruction de plusieurs couvents. Le siècle des Lumières est un temps de fléchissement spirituel pour la vie religieuse confrontée aux remises en questions du rationalisme, les vocations religieuses diminuent[E 3].

L'empereur Joseph II du Saint-Empire romain germanique, avant même la Révolution française décide de supprimer tous les couvents des ordres religieux contemplatifs (le Carmel, mais également les visitandines). Tous les monastères de son empire (Allemagne, Autriche, Pologne, une partie de l'Italie, les Pays-Bas) sont supprimés, et les religieux et religieuses sont soit expulsés soit envoyés dans les couvents d'autres ordres. Même l'intervention et la visite du pape Pie VI ne le fait pas changer d'avis[6].

La Révolution française entraîne la fermeture de tous les couvents de Carmes et de Carmélites en France (l'Assemblée constituante supprime les congrégations religieuses à vœux solennels le ). Les biens des religieux sont saisis et vendus. Les Carmes disparaissent de France jusqu'en 1840, les carmélites restent et entrent dans la clandestinité[6]. Plusieurs religieux et religieuses sont exécutés[N 2].

En Espagne, au cours du e siècle, plusieurs émeutes et révoltes amènent les populations à brûler des couvents, voire à y massacrer les religieux. En 1835 le gouvernement ordonne la suppression des couvents qui comptent moins de 12 membres. C'est ainsi que plus de 900 couvents sont fermés[6]. En 1936, avant même le début de la Guerre d'Espagne, les milices républicaines attaquent et incendient de nombreux couvents, et vont même jusqu'à massacrer les religieux (voir Terreur rouge : Violences antireligieuses)[7].

La renaissance du Carmel

Frères carmes.
Sœurs carmélites.
Article détaillé : La renaissance du Carmel.

Expansion des couvents

Après la fermeture des couvents de France en 1792, des carmélites organisent des couvents clandestins. Mère Thérèse-Camille de l’Enfant Jésus (Marie-Thérèse-Françoise-Camille de Soyecourt) qui a pu récupérer la fortune familiale va utiliser cet argent pour racheter des anciens couvents saisis et vendus par la république afin de réinstaller des religieuses. En 1800, Mme de Soyecourt organise un premier couvent clandestin qui servira de plaque tournante pour recueillir les carmélites isolées et les renvoyer vers de nouveaux couvents (clandestins). Ainsi, en 1804, 25 couvents sont reconstitués[6]. Après la chute de Napoléon les restaurations de couvents de Carmélites se poursuivent et de nouvelles fondations voient le jour (57 restaurations et fondations jusqu'en 1850)[8]. Les Carmes déchaux, qui avaient fui la France reviennent y fonder un premier couvent en 1840. Les fondations se multiplient en France jusqu'à la fin du e siècle. En 1901, on compte alors 132 couvents de carmélites, soit 58 de plus qu'avant la Révolution[6]. À partir de la seconde moitié du e siècle les carmels français lancent des fondations sur d'autres continents (Inde, Palestine)[9].

Après la guerre civile espagnole, sainte María de las Maravillas de Jesús restaure le couvent de Cerro de los Angeles et fonde 10 nouveaux couvents en Espagne et à l'étranger (un couvent en Équateur). L'Ordre des carmes déchaux se développe rapidement en Espagne pour atteindre les 149 couvents[10]. En Grande-Bretagne plusieurs fondations de couvents ont lieu au milieu du e siècle. Ces couvents essaiment à leur tour dans différents pays anglophones (Australie, Irlande, États-Unis)[10].

D'autres personnalités contribuent à la restauration du Carmel : l'espagnol Francisco Palau y Quer, l'officier polonais Joseph Kalinowski, le pianiste et carme allemand Hermann Cohen. En 1831 en Inde, le bienheureux Kuriakose Elias Chavara fonde la Congrégation des Serviteurs de Marie Immaculée du Mont-Carmel, communément appelés Carmes de Marie Immaculée. Il fonde également la congrégation féminine du Carmel de Marie en 1866. Ces deux congrégations se répandent en Afrique et en Europe.

Renouveau spirituel

Sainte Thérèse de Lisieux et la sainte Élisabeth de la Trinité renouvellent le message spirituel du Carmel. La lecture d' Histoire d'une âme de la sainte de Lisieux a un immense retentissement, ainsi que sa canonisation en 1925. En 1933, le Carmel de Cologne accueille Edith Stein, philosophe juive réputée, sous le nom de sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Son œuvre théologique et philosophique a beaucoup influencé son époque, et ce jusqu'à aujourd'hui.

Au e siècle le père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus fonde le premier Institut séculier carmélitain : Notre Dame de Vie, faisant partie du Tiers-Ordre carmélitain. La fin du e siècle voit le développement et l’expansion du carmel séculier.

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