Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem

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Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem
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Armes de l'ordre

Nom Equestris Ordo Sancti Sepulcri Hierosolymitani
Devise Deus lo vult
Création 1847
Statut Ordre de droit pontifical
Langue officielle Italien
Siège Rome, couvent et église Saint-Onuphre au Janicule
Grand maître Cardinal Edwin O'Brien
Grand prieur Mgr Pizzabala
Assemblées -Conseil du grand magistère
-Consulta
Lieutenant général Chevalier de collier Professeur comte Agostino Borromeo
Gouverneur général Ambassadeur (comte) Leonardo Visconti di Modrone
Lieutenances 54 (24 en Europe, 15 en Amérique du Nord, 5 en Amérique latine et 6 en Australie et Extrême-Orient)
Membres 23 000

L’ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem est un ordre de chevalerie religieux, de droit pontifical, qui s'inspire des Croisades et est recréé (malgré les dires du Vatican) en 1847 par volonté papale. C'est maintenant un ordre au statut d' association de fidèles catholiques reconnue par le Saint-Siège et non un ordre religieux de frères (voir ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem), et qui œuvre pour aider la communauté chrétienne installée en Terre sainte, aujourd'hui territoire d' Israël, de la Palestine, de Jordanie et de Chypre. Sa devise est Deus lo vult, qui se traduit en français par Dieu le veut.

Histoire

Recréation de l'Ordre en 1847

Pie IX dès le début de son pontificat avait eu un grand souci de la Palestine, d'autant que l' empire ottoman commençait à vaciller. Le pape voulut unifier les forces missionnaires au Proche-Orient, jusqu'alors divisées entre diverses congrégations. Le 23 juillet 1847, par le bref Nulla Celebrior, il rétablit le Patriarcat latin de Jérusalem et nomma patriarche Mgr Giuseppe Valerga. Le bref recréait aussi l'ordre du Saint-Sépulcre sur de nouvelles bases et le nouveau patriarche devint le grand prieur de ce nouvel Ordre le 15 janvier 1848 [1].

Dès qu'il prit l'ordre en mains, Mgr Valerga voulut le réorganiser. Il demanda la division des chevaliers en grades et classes, avec des attributs propres non seulement pour se présenter comme les autres ordres, mais aussi pour pouvoir récompenser ceux qui se seraient signalés par des mérites particuliers. Après des années d'insistance, Pie IX, par la lettre apostolique Cum multa sapienter du 24 janvier 1868, institua les trois classes demandées, chevaliers, commandeurs et grand-croix [2]. Le patriarche entreprit en 1867 une tournée des principales cours catholiques d'Europe en vue obtenir la reconnaissance juridique de l'ordre. L'ordre fut ainsi reconnu dès sa refonte par le royaume de Piémont, puis d'Italie, l'Autriche et la Belgique [réf. nécessaire]. Mgr Valerga, en remplaçant la clause de noblesse requise jusqu'alors par la notion d'appartenance à une élite, voulut faire croître le nombre des chevaliers. En moins de 25 ans il créa 1 417 chevaliers censés vivre more nobilium.

La question de l'admission des femmes au sein de l'ordre se posa très rapidement. Dans la société du e siècle, les états n'admettaient des femmes dans les ordres de chevalerie ou de mérite qu'à titre exceptionnel. Se fondant sur un cartulaire du Saint-Sépulcre, publié à Paris en 1849 qui citait déjà des noms de dames, le patriarche obtint de Pie IX en 1871, l'autorisation d'accepter une noble dame anglaise dans l'ordre. Fort de ce précédent, le deuxième patriarche, Mgr Bracco, en accepta une centaine entre 1873 et 1889. Le pape Léon XIII par le bref Venerabilis frater du 3 août 1888 donna son approbation à la réception des dames dans l'ordre.

Le patriarche latin de Jérusalem en 1926

Pour consolider la position de l'ordre en Terre sainte, le pape Pie X se réserva pour lui et ses successeurs la charge de grand-maître par la lettre apostolique Quam multa du 13 octobre 1908 et accorda aux chevaliers une place dans les chapelles papales, tandis que le patriarche est désigné comme Recteur et administrateur perpétuel de l'Ordre. Pie XI restitua au patriarche ses prérogatives par la lettre apostolique du 6 janvier 1928 et confie à l'Ordre l'œuvre de la préservation de la Foi en Palestine.

À la suite d'une controverse protocolaire surgie entre l'ordre du Saint-Sépulcre et l' ordre souverain de Malte, qui revendiquait la fusion de l' ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem avec l' ordre de Saint-Jean de Jérusalem dont il se réclame héritier [3], l'ordre du Saint-Sépulcre fut alors désigné comme « ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem » tandis que la dignité de grand-maître, qui ne pouvait appartenir qu'à l'ordre hospitalier, restaurée par Pie X, fut abolie et les baillis représentants le patriarche devaient dorénavant être appelés « lieutenants » avec le prédicat d'« excellence ». Ces nouveaux statuts présentés par le patriarche furent approuvés par un décret de la Congrégation du cérémonial le 5 août 1931.

En juillet 1940, Pie XII institua un cardinal protecteur de l'ordre. Son rôle se développa d'autant plus que le second conflit mondial paralysait l'action du patriarche latin de Jérusalem. La grande maîtrise fut restaurée le 14 septembre 1949 par le bref Quam Romani Pontifices au profit du cardinal protecteur. De nouveaux statuts furent rédigés et promulgués, aux termes desquels l'Ordre, placé sous la protection du Saint-Siège, jouirait de la personnalité juridique et serait dévolu à un cardinal grand-maître nommé par le souverain pontife. La visibilité de l'Ordre à Rome fut manifesté par l'établissement de son siège ecclésial en l'église de San Onofrio concédée motu proprio le 15 août 1945 [4] et par l'affectation du palais della Rovere, situé près du Vatican, qui devint le siège du grand magistère, définitivement établi à Rome, Jérusalem demeurant le siège historique.

La dernière modification statutaire a été approuvée par le pape Paul VI en 1977.

L'ordre est considéré par le droit canonique comme une association publique de fidèles.

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