Olivier Blanckart

Olivier Blanckart
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Naissance
Activité

Olivier Blanckart est un artiste autodidacte, sculpteur, photographe et critique d'art amateur, né à Bruxelles en 1959. Il a d'abord pratiqué la photographie. Il réalise des sculptures au moyen de matériaux d'emballage détournés : carton, papier kraft, et Scotch d'emballage qui donnent à ses sculptures un aspect caractéristique.

Ses sculptures sont généralement une réinterprétation d'icônes de la photographie d'art ou de reportage. Elles s'inscrivent ainsi dans une lignée du pop art et du superréalisme. Il a réalisé quelques performances, et pratique également le portrait photographique détourné (Moi en Jean-Paul Sartre, Moi en Bruce Willis, Moi en Guy Debord, Alberto Sorbelli en Warhol as drag...).

Les Femmes déviolées

En 2004, il réalise la série Les Femmes déviolées [1].

En 1960, le photographe Marc Garanger alors jeune appelé de la guerre d’Algérie, réalise sur ordre de l’armée française, des portraits de femmes algériennes, sans voile pour la plupart. Leurs têtes ont été dénudées pour les contraintes de la photo d’identité. Ces images, prises dans des camps dits « de regroupement », ont toutefois connu ultérieurement une fortune artistique inattendue sous forme de tirages photographiques, de livres et d’expositions dans des galeries. Autrement dit, tout se passe comme si ces images, produites initialement par une instance militaire au sein d’un dispositif concentrationnaire, avaient changé de statut en devenant des icônes photo-artistiques à la beauté trouble.

Sans se hasarder à faire un procès d’intention au photographe, le travail qui est entrepris ici par les moyens de la sculpture, entend toutefois réinterroger au plus près la nature profonde de ces photographies, tant du point de vue esthétique, historique, politique que tout simplement humain. Olivier Blanckart leur rend leur humanité. Aux matériaux d’emballage détournés qui constituent habituellement le matériau des « remixes » sculpturaux (Scotch, papier kraft et carton) s’ajoutent ici des draps d’examen hospitalier et des alèses en papier jetable utilisés pour la confection des voiles et des turbans transformés en bannière nationale de ces femmes « déviolées » [2].

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