Oies du Capitole

Henri-Paul Motte, Les Oies du Capitole

Les oies du Capitole désignent un événement historique mythifié, dans lequel des oies ont donné l'alerte contre une attaque nocturne gauloise. Présents dans la plaine du Pô depuis le VIe siècle VIe siècle av. J.-C.[1], où ils ont fondé Milan, des Gaulois font une incursion au sud et mettent Rome à sac et l'incendient. Des Romains sont réfugiés dans la citadelle du Capitole[1] que les Gaulois tentent, en -390 selon Tite-Live, de prendre par surprise, de nuit. Des oies donnent l'alerte et sauvent temporairement le peuple romain.

Les oies donnent l'alerte

Selon Tite-Live :

« Au début de la république romaine, profitant d’une nuit assez claire, et se faisant précéder d’un éclaireur, les Gaulois s’avancèrent [sur un passage escarpé menant au Capitole], en lui tendant leurs armes dans les endroits difficiles ; et s’appuyant, se soulevant, se tirant l’un l’autre, suivant que les lieux l’exigeaient, ils parvinrent jusqu’au sommet. Ils gardaient un si profond silence, qu’ils trompèrent non seulement les sentinelles, mais même les chiens, animal qu’éveille le moindre bruit nocturne. Mais ils ne purent échapper aux oies sacrées de Junon[2], que, malgré la plus cruelle disette, on avait épargnées ; ce qui sauva Rome.
Car, éveillé par leurs cris et par le battement de leurs ailes, Marcus Manlius, qui trois ans auparavant avait été consul, et qui s’était fort distingué dans la guerre, s’arme aussitôt, et s’élance en appelant aux armes ses compagnons : et, tandis qu’ils s’empressent au hasard, lui, du choc de son bouclier, renverse un Gaulois qui déjà était parvenu tout en haut. La chute de celui-ci entraîne ceux qui le suivaient de plus près ; et pendant que les autres, troublés, et jetant leurs armes, se cramponnent avec les mains aux rochers contre lesquels ils s’appuient, Manlius les égorge. Bientôt, les Romains réunis accablent l’ennemi de traits et de pierres qui écrasent et précipitent jusqu’en bas le détachement tout entier[1]. »

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