Noblesse d'Empire

La noblesse d'Empire est l’ensemble des personnes ayant reçu un titre lors du Premier Empire et leurs héritiers, selon la règle de la primogéniture masculine. Napoléon Ier souhaitait constituer une élite stable, issue de la Révolution française, en attribuant des titres inspirés directement de la noblesse [1] d' Ancien Régime, accompagnés de majorats.

Grandes armes impériales

Création

La noblesse d'Empire naît en 1804 avec les premières créations de titres de princes dans la famille impériale. En 1806 sont créés des titres de ducs et en 1808 les titres de comte, baron et chevalier.

Napoléon instaure le système de distinction par les titres inspirés de l'ancienne noblesse par un décret du . Son but, dans la droite ligne de la création de la légion d'honneur et des sénatoreries viagères, est d'amalgamer la noblesse d'Ancien Régime et la bourgeoisie révolutionnaire pour instaurer une élite stable et fidèle au régime impérial. Cette décision est accompagnée par la création d'un Conseil du sceau des titres, chargé d'établir les armoiries, réservées à cette nouvelle noblesse.

Cette noblesse n'est pas un ordre et ne dispose pas de privilèges à l’exception du majorat, ensemble de biens fonciers ou de rentes immobilisées, inaliénables et produisant un revenu fixé dont le montant est proportionnel au degré d'importance du titre de distinction. Échappant au partage successoral, ce majorat est transmis solidairement avec le titre, selon les règles de la succession en descendance directe et légitime, naturelle ou adoptive, par primogéniture masculine [2].

Cette noblesse nouvelle est pourtant, du point de vue de l'Empereur, un échec. Il avait espéré, en l'organisant, faire de cette institution l'un des soutiens du régime. Dès 1812, il confie à Armand Augustin Louis de Caulaincourt qu'elle ne répond pas à ses attentes. Il aura une confirmation éclatante de sa faillite, deux ans plus tard, lorsqu'il en verra les couches supérieures se rallier sans états d'âme aux Bourbons – et sans se soucier de ses intérêts dynastiques.

Lors de la Restauration en 1814, le maintien des titres impériaux est confirmé par l'article 71 de la Charte, qui dit : « La noblesse ancienne reprend ses titres, la nouvelle conserve les siens ».