Nichoir

Nichoir typique pour les oiseaux

Un nichoir est un abri artificiel construit ou aménagé par l'homme permettant aux animaux de nicher. Les nichoirs les plus courants sont destinés aux oiseaux et aussi appelés cabanes à oiseaux, mais le terme « nichoir » peut également s'appliquer à différents abris confectionnés pour d'autres espèces animales telles que des mammifères, des amphibiens, ou même des insectes. Le nichoir n’est pas nécessairement fabriqué, il peut s’agir d’une fissure dans un mur, de tuiles de ventilation ou autres irrégularités naturelles du bâtiment. Plusieurs espèces animales ont besoin de ces nichoirs pour assurer leur pérennité. Parce que leurs habitats naturels s'appauvrissent, les haies et les arbres morts disparaissent, oiseaux, chiroptères, batraciens et invertébrés trouvent de moins en moins d'espaces pour nicher.

Cependant, la construction et l'aménagement de nichoirs n’offrent qu’une maigre compensation face à la disparition des sites naturels de nidification. Les nichoirs permettent seulement de pallier les conséquences et non les causes de la diminution des habitats naturels des animaux.

Nichoirs pour les oiseaux

Historique

Nichoir à oiseaux à Bubikon en Suisse

Les premiers nichoirs artificiels sont attestés en Europe au XVe siècle. En Flandres et en Hollande ce sont des pots à étourneaux, petites bonbonnes de terre cuite spécialement fabriquées par les potiers. Dans d'autres régions, la Lorraine en particulier, les pots à moineaux (simples pots à plante collés au mur) ornent les murs des fermes dès le début du e siècle. Ces pots en terre cuite servaient principalement à attirer les moineaux et les étourneaux, qui, en temps de famine, pouvaient venir agrémenter les repas. Suivant les régions, toutes sortes de pots ou cruches ont ainsi été utilisés en réemploi.

La plus ancienne représentation connue de pots à oiseaux est sur le Saint-Christophe de Jérôme Bosch. Leur représentation sur le folio 164 du livre d'heures Les Très Riches Heures du duc de Berry date de la même époque.

Photographie de 1923 représentant différents types de nichoirs.

Les peintures de Pieter Brueghel l'Ancien montrent divers pots accrochés et d'autres peintres ont immortalisé divers nichoirs de terre cuite et ceux à partir de calebasses ou gourdes pèlerines. Enfin, la découverte à Amsterdam de l'enseigne in de sprevpot (au pot d'étourneau) donne une bonne image de ces poteries au e siècle.

Certains nichoirs étaient des « pigeonniers » du pauvre, scellés dans le mur sous forme de deux tuiles canal en Poitou-Charentes, de pots de réemploi dans d'autres régions. Généralement situés au niveau des greniers, ils étaient accessibles de l'intérieur du bâtiment.

D'autres nichoirs traditionnels ne sont pas parvenus jusqu'à notre époque, ce sont les nichoirs en vannerie, osier, noisetier, paille de seigle. Seuls les ouvrages de traditions populaires notent leur existence et les méthodes de fabrication.

Hors d'Europe, certaines tribus amérindiennes construisaient aussi des nichoirs de terre cuite pour les Hirondelles[1].

Aujourd’hui, les nichoirs ne servent plus qu’à augmenter la disponibilité des aires de nidification pour les oiseaux. Ils tentent de reproduire le plus fidèlement possible les habitats naturels dans lesquels les oiseaux cavernicoles ont l’habitude de nicher.

Il n’existe pas de nichoir universel capable d’héberger n’importe quel oiseau. Chaque espèce a des besoins spécifiques en ce qui concerne le type de matériau, les dimensions, le trou d’envol, la hauteur et la méthode de fixation, etc. On peut cependant donner quelques règles générales valables pour toutes les constructions (nichoirs, mangeoires, etc.).

Choix des matériaux

Nichoir en bois

Une attention particulière doit être portée au choix des matériaux. Seuls les matériaux non traités, imputrescibles et reconnus pour leur résistance naturelle peuvent convenir. Le matériau le plus simple et le moins cher du marché reste le bois (sapin, mélèze, peuplier, etc.). Son seul inconvénient est sa durée de vie limitée. Bien que plus difficile à mettre en œuvre, le béton de bois est également adapté à la construction de nichoirs. Outre sa durée de vie exceptionnelle, il présente une robustesse et une légèreté intéressante.

Les principaux types de matériaux utilisés sont les suivants :

  • terre cuite : pots traditionnels, pots à fleurs, collés au mur avec du mortier ou insérés dans une niche ou lors de la construction de mur ;
  • calebasses ou autres courges, bien sèches, suspendues horizontalement ou verticalement, percées d'un orifice de passage d'un diamètre correspondant à l'espèce de l'oiseau ;
  • bûches et troncs d'arbre creux installés horizontalement ou verticalement. Dans la nature le trou creusé ou agrandi par les pics est apprécié par de nombreux oiseaux. Le nichoir Berlepsh, creusé dans une bûche en reprenant la forme des trous des pics doit son nom au baron Berlepsh qui eut l'idée de faire fabriquer ce modèle dans des bûches de 14 à 25 cm de diamètre ;
  • en bois qui devra avoir une épaisseur suffisante (2 cm de préférence, supérieure à 1 cm en tous les cas) pour assurer l'isolation thermique. Les oiseaux ayant besoin de surfaces rugueuses auxquelles ils peuvent s'agripper, il ne faut donc pas raboter ou poncer le bois.

Dans le cas des nichoirs en bois, il peut être intéressant de peindre le nichoir afin d'augmenter sa durée de vie. Il est cependant très important d'éviter les peintures à bois traditionnelles, et de leur préférer des peintures ou des lasures biologiques. Il convient d'être vigilant quant à l'origine de ces dernières, de vérifier leur composition afin de s'assurer qu'il s'agisse bien d'un produit respectueux de l'environnement. Une autre solution consiste à traiter le nichoir à l'huile de lin (à renouveler chaque année), ce qui confère au bois une longévité comparable à celle offerte par une peinture.

Trois types de nichoir et leur tableau de dimensions

D'une manière générale, on distingue trois types de nichoirs pour les espèces communes en ville :

Nichoir de type fermé

Nichoir de type fermé

Le trou d'envol est l'élément le plus important du nichoir. S'il est trop petit, l'oiseau ne rentre pas, s'il est trop grand, il permet à quelques espèces indésirables de rentrer. Il faut donc adapter le trou d'envol aux espèces que l'on veut voir nicher. Les trous d'envol circulaires sont préférables aux trous d'envol carrés. Ils doivent être placés dans la partie supérieure du nichoir

Espèce Diamètre
du trou d'envol
(mm)
Largeur
(mm)
Hauteur
(mm)
Profondeur
(mm)
Hauteur de suspension
(m)
Mésange Bleue, Noire, Huppée, Nonnette 27 ou 28 100 200 100 2 - 6
Mésange charbonnière 32 - 34 100 250 100 2 - 5
Moineau friquet 32 - 40 100 220 100 3 - 12
Rouge-queue à front blanc 32 - 46
trou ovale
100 250 100 3 - 12
Pic Épeiche 45 170 350 170 3 - 10
Étourneau sansonnet 45 - 50 150 280 150 3-12
Sittelle torchepot 46-50 150 340 150 3-10
Martinet noir 50 - 60 220 140 450 5 - 16
Pic vert 65 180 420 180 3 - 12
Choucas des tours 85 190 400 190 5 - 12

Nichoir de type semi-ouvert

Nichoir de type semi-ouvert
Espèce Dimensions
du trou d'envol
(mm)
Largeur
(mm)
Hauteur
(mm)
Profondeur
(mm)
Hauteur de suspension
(m)
Faucon crécerelle 400 * 130 400 350 8000 7 - 15
Rouge-queue noir 150 * 70 120 200 150 2 - 6
Rouge-gorge 150 * 70 120 200 150 1 - 4

Nichoir de type ouvert

Nichoir de type ouvert

Espèce Dimensions
du trou d'envol
(mm)
Largeur
(mm)
Hauteur
(mm)
Profondeur
(mm)
Hauteur de suspension
(m)
Merle noir 180 * 220 180 220 400 1 - 10


Pose du nichoir

  • Nombre de nichoirs

Le nombre de nichoirs à installer dépend en premier lieu de la nourriture disponible. De manière générale, on peut compter 100 m2 de jardin par nichoir, avec un espacement de 10 à 15 m entre les nichoirs.

  • Fixation. Différentes méthodes peuvent être envisagées :
    • Une façon très simple est de fixer un bloc de bois sur le tronc à l’aide de lanières (fils) métalliques ou en plastique, sur lequel on vient fixer le nichoir.
    • La technique la plus respectueuse de l’arbre consiste à suspendre le nichoir par un étrier métallique posé sur une branche et à protéger l’écorce du frottement par un matériau isolant, caoutchouc ou ruban adhésif toilé. Une boucle au milieu de l’étrier permet d'empêcher le nichoir de se décrocher en cas de tempête.
    • On peut, au besoin, fixer le nichoir directement dans le tronc de l’arbre, notamment avec un liteau de fixation. Dans ce cas, il est préférable d’utiliser des pointes zinguées ou mieux, des pointes en aluminium.

Certains tronc d'arbres, toujours humides (hêtre, etc.) sont malsains pour les couvées, il vaut mieux les éviter.

  • Hauteur de fixation

Là encore, chaque espèce a des besoins spécifiques. En règle générale, on peut poser le nichoir entre 3 et 6 m de haut. Il faut toujours suspendre le nichoir au-dessus du vide et non le poser sur une branche, afin d'éviter que les prédateurs ne dévorent les nichées.

  • Période de fixation

Il ne faut pas attendre les beaux jours pour placer les nichoirs, car les oiseaux doivent « s'habituer » à ce nouveau logis avant de s'y installer. On peut donc le mettre en place en automne ou en hiver, pour que les oiseaux puissent s'y installer dès la fin de l'hiver jusqu'au printemps.

  • Orientation

Si possible, le trou du nichoir devrait être orienté sud/sud-est. En fonction de la région, il est préférable d'essayer d'éviter les vents dominants, afin de protéger les nichées de la pluie.

  • Protection des nichoirs

La protection du nichoir contre les chats et les fouines commence dès la conception du nichoir (débordement du toit, chicane, etc.).
On peut également prévoir des dispositifs spécifiques le long du tronc pour empêcher l'accès au nichoir, comme des branches de houx ou une ceinture protectrice constituée de maille en métal qui s'attachent les unes aux autres jusqu'à faire le tour du tronc.

  • Intégration du nichoir au milieu naturel
Les couleurs vives sont à éviter...

Le nichoir sera le plus discret possible sans couleurs vives mais de préférence des couleurs naturelles pour qu'il se confonde avec la végétation et son environnement naturel. L'installation d'un nichoir dans un arbre, où l'on peut le recouvrir de lierre par exemple, est préférable que sur un piquet isolé et exposé.



Entretien du nichoir

Il est important de procéder à l’entretien du nichoir au moins une fois par an. Il peut se faire en automne, une fois la dernière nichée envolée. Les nichoirs doivent alors être ouverts et soigneusement nettoyés. Pour cela, il suffit de frotter le nichoir à la brosse. En tous les cas, il ne faut pas utiliser d’insecticide dans le nichoir, les émanations toxiques pourraient être fatales à la prochaine nichée. On enlève l’ancien nid pour éviter que les oiseaux ne construisent leur nid au-dessus du précédent, limitant ainsi l’installation des puces et autres parasites. Lors de l’ouverture du nichoir, il convient de prendre quelques précautions, et d’éviter par exemple, d’approcher trop le visage. En effet, les puces peuvent également piquer les humains. De plus, le nichoir peut avoir servi de refuge à d’autres locataires : frelons, guêpes, bourdons, etc.
On peut également trouver quelques mammifères : souris, loir, lérot, chauves-souris. Dans ce cas, on attendra la fin de l’hiver pour entretenir le nichoir. Un second entretien peut être nécessaire juste avant la ponte, lorsque le nichoir a servi de gîte nocturne en hiver.
Pendant la période de nidification, il faut éviter le plus possible de déranger les oiseaux, sous peine de les voir abandonner la nichée.

Remarques générales

  1. Il faut savoir qu’un nichoir est rarement occupé la première année. Il n'est pas impossible que les odeurs persistantes de colle ou de lasure découragent les adultes, bien que l'odorat soit un sens très peu développé chez la plupart des oiseaux. Il faut que les oiseaux s’habituent à la présence du nichoir avant de l’utiliser. Il est probable qu’ils commencent d’abord par l’utiliser juste pour la nuit, puis pour les périodes de grand froid et seulement après pour y élever leur nichée. Pour accélérer cette familiarisation des oiseaux avec le nichoir, on peut le garnir d’une mince couche de tourbe ou de copeaux de bois.
  2. Dans la plupart des cas, les nichoirs sont utilisés par des oiseaux peu farouches (étourneau sansonnet, moineau, mésange bleue). Rares sont les nichoirs qui pourront accueillir des oiseaux plus discrets.
  3. Les nichoirs mal conçus ou mal pensés se révèlent être de véritables pièges pour les oiseaux. Le choix du lieu de pose est capital. Un nichoir soumis perpétuellement au bruit, à la lumière ou au dérangement dans un lieu très fréquenté n’aura que peu de chance d’être occupé. Il faut veiller à ce que le nichoir soit inaccessible pour les prédateurs naturels des oiseaux mais également le protéger des actes de malveillance des hommes. Un nichoir en plein soleil peut constituer un piège mortel si l’isolation n’est pas correcte ou les matériaux inadéquats. Enfin, pour éviter la pluie, il faut veiller à faire un toit débordant, à incliner légèrement le nichoir vers l’avant lors de la pose et enfin, pour plus de sûreté, on peut percer quelques petits trous dans le fond pour permettre l’évacuation des eaux résiduelles.
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