New Deal

Wikipédia:Articles de qualité Vous lisez un «  article de qualité ».
Page d'aide sur les redirections « Nouvelle donne » redirige ici. Pour les autres significations, voir Nouvelle donne (homonymie).
Franklin Delano Roosevelt, instigateur du New Deal, bouleversa considérablement l'économie américaine pour la sortir de la Grande Dépression.

Le New Deal (« Nouvelle donne » en français) est le nom donné par le président américain Franklin Delano Roosevelt à sa politique interventionniste mise en place pour lutter contre les effets de la Grande Dépression aux États-Unis. Ce programme s'est déroulé entre 1933 et 1938, avec pour objectif de soutenir les couches les plus pauvres de la population, réussir une réforme innovante des marchés financiers et redynamiser une économie américaine meurtrie depuis le krach de 1929 par le chômage et les faillites en chaîne.

On distingue communément deux New Deals [note 1] : le premier, marqué notamment par les « Cent jours de Roosevelt » en 1933 [1] visait à une amélioration de la situation à court terme. On y retrouve donc des lois de réforme des banques, des programmes d'assistance sociale d'urgence, des programmes d'aide par le travail, ou encore des programmes agricoles. Le gouvernement réalisa ainsi d'importants investissements et permit l'accès à des ressources financières à travers diverses agences gouvernementales. Les résultats économiques furent mitigés, mais la situation s'améliora [2]. Le « Second New Deal » s'étala entre 1935 [3] et 1938, mettant en avant une redistribution des ressources et du pouvoir à une échelle plus large, avec les lois de protection syndicales [3], le Social Security Act [3], ainsi que des programmes d'aide pour les farmers et les travailleurs itinérants [4]. Cependant, la Cour suprême jugea de nombreuses réformes inconstitutionnelles, et certaines parties des programmes furent rapidement remplacées, à l'exception de la National Recovery Administration. Le second New Deal fut bien plus coûteux que le premier, et creusa le déficit public. Par ailleurs, malgré des programmes comme la Public Works Administration, le chômage touchait encore 11 millions d'Américains en 1938 [5].

De nombreux programmes du New Deal restent toujours actifs, dont certains qui ont gardé leur nom originel : on peut ainsi citer la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), la Federal Housing Administration (FHA), la Tennessee Valley Authority (TVA), mais aussi le Social Security System, première expérience d' État-providence aux États-Unis ainsi que la Securities and Exchange Commission dans le domaine de la régulation financière.

Les origines du New Deal

La Grande Dépression et le krach de 1929

Articles détaillés : Grande Dépression et Krach de 1929.
Évolution du PIB des États-Unis entre 1920 et 1940. On y voit clairement le point bas de la crise en 1932 [6].

La Grande Dépression, considérée comme l'une des plus grandes crises économiques du XXe siècle [7], débuta le jeudi avec le krach de Wall Street qui fit d'abord plonger les cours du New York Stock Exchange avant de toucher progressivement tous les secteurs, puis par la suite tous les pays industrialisés, à l'exception de l' URSS de Staline. Les États-Unis, « pays d'origine » de la crise, furent logiquement les premiers touchés pendant les années qui suivirent le krach, jusqu'à un point bas atteint en 1932, avec notamment un taux de chômage de 25 % [8]. Le fait est que l' économie américaine souffrait de divers déséquilibres, notamment dans la répartition des richesses et des ressources [8] : on estime que trente-six familles riches possédaient des revenus égaux à ceux de 42 % de la population. En outre, sur 27,5 millions de familles, 21,5 ne possédaient aucune épargne [8].

La situation financière était également préoccupante : face aux nombreuses demandes des épargnants, les banques se trouvèrent désemparées. Les faillites d'établissements bancaires commencèrent alors à se multiplier. D'autre part, les fonds des banques, investis dans la spéculation, diminuèrent progressivement [8]. Par effet de contagion, et en raison des tensions déflationnistes portant sur les produits agricoles, les farmers connurent des difficultés : 15 millions de paysans étaient au bord de la ruine [9]. Dans le domaine de l'industrie, la crise se manifesta par une surproduction, et des faillites d' entreprises [9].

La débâcle de Hoover

Au moment où la crise éclata c'est Herbert Hoover qui était président des États-Unis. Contrairement à ce qui a été dit, en particulier par son futur rival, Franklin D. Roosevelt, Hoover n'était pas un do nothing, c'est-à-dire quelqu'un qui ne fit rien pour endiguer la crise [10]. Cependant, la politique menée par Hoover fut un échec, comme le montrent les conséquences de l'adoption de la loi protectionniste Hawley-Smoot qui provoqua une récession. Sa volonté d'encourager les milieux d'affaires fut également un échec patent : le pays s'enfonça dans la récession et les faillites se multiplièrent. En 1932, les deux candidats à la présidence organisèrent leur campagne : Hoover le républicain affronta le démocrate Franklin D. Roosevelt, qui s'était fait une notoriété en tant que gouverneur de New York. Roosevelt, qui inspirait confiance, remporta largement l'élection avec 57,4 % des voix du vote populaire et 89 % des voix des grands électeurs [11]. Ses promesses de relance séduisirent les Américains : quatre mois après son élection, le New Deal débuta.

Un nouveau président audacieux

Harry Hopkins fut l'un des plus proches conseillers de Roosevelt dans l'élaboration de son New Deal, politique audacieuse et novatrice.

Le , Roosevelt promit dans un discours de sa campagne électorale « une nouvelle donne pour le peuple américain » : il prononça pour la première fois l’expression New Deal lors de son discours à la Convention démocrate de Chicago en 1932 [note 2], [12]. Trente ans auparavant, Theodore Roosevelt, son lointain cousin, avait initié un « Square Deal », programme national visant à soutenir la classe moyenne [note 3], [13]. Ce « Square Deal » était alors le nom donné par Roosevelt et ses associés aux politiques de son administration [13]. En cela, il aurait inspiré Franklin D. Roosevelt. En fait, Franklin Delano Roosevelt était intéressé par le contraste entre Théodore Roosevelt et Woodrow Wilson : « Théodore Roosevelt n'était pas attiré comme Woodrow Wilson par les problèmes de fond et il ne sut pas, comme ce dernier stimuler les convictions sociales et morales profondes, écrivit-il un jour. Wilson, en revanche, ne savait pas, contrairement à Théodore Roosevelt soulever l'enthousiasme à propos d'événements individuels précis même s'ils pouvaient sembler superficiels comparés aux principes fondamentaux » [14].

En 1927, un certain nombre de libéraux américains [note 4], [15] : John Dewey, Stuart Chase, Rexford Tugwell, visitèrent l’ URSS de Staline [16]. Tugwell [17] qui devait plus tard être membre du Brain Trust de F.D Roosevelt puis l'adjoint d' Henry Wallace à l'agriculture, fut intéressé par la planification comme instrument de régulation économique. En réalité, si l'URSS fut peu affectée par la crise, c'est parce qu'elle n’avait pas connu le boom des années 1920 et que ses échanges commerciaux avec «  l'Ouest » étaient réduits [18].

Roosevelt considéré comme un progressiste et un réformiste [19] fut élu à une large majorité avec l'espoir qu'il saurait faire face à la crise économique là où Herbert Hoover avait échoué. Cependant, il arriva au pouvoir sans avoir de plan préconçu pour sauver l’économie de son pays. Son « New Deal » n'était pas idéologique, mais plutôt pragmatique, ce qui conduisit à quelques contradictions. Il y appliqua des idées expérimentées pendant la période progressiste de Wilson et se servit de ses expériences politiques acquises pendant les années 1920. L'idée centrale de Roosevelt est l'expérimentation [1] : il était persuadé de la nécessité de mener une politique audacieuse et novatrice.

Il remarqua également que l'une des principales priorités était de remonter le moral des Américains, en proie au doute face à la généralisation de la crise à toute l'économie. Le , son discours d'investiture resta empreint de lieux communs, tout juste se contenta-t-il de mettre en garde les Américains contre un excès de pessimisme. Il prononça ainsi une phrase devenue célèbre : « The only thing we have to fear is fear itself » (« la seule chose que nous ayons à craindre, c’est la crainte elle-même ») [20], [21], [22], [1]. Pour mener à bien sa politique, il s'entoura de conseillers brillants et imaginatifs qui le suivirent à Washington. On peut notamment citer Raymond Moley, Adolf Berle, Cordell Hull (Affaires étrangères), Henry Wallace (Agriculture), Frances Perkins (Travail), première femme à accéder à un poste ministériel aux États-Unis. Harry Hopkins, l'un de ses plus proches conseillers, fut d'ailleurs l'un des architectes du New Deal. Il fut même considéré par la suite comme son éminence grise [23].

Other Languages
bosanski: New Deal
català: New Deal
čeština: New Deal
dansk: New Deal
Deutsch: New Deal
Ελληνικά: New Deal
English: New Deal
Esperanto: New Deal
español: New Deal
eesti: Uus kurss
euskara: New Deal
فارسی: نیو دیل
suomi: New Deal
galego: New Deal
עברית: ניו דיל
हिन्दी: न्यू डील
hrvatski: New Deal
magyar: New Deal
Bahasa Indonesia: New Deal
italiano: New Deal
한국어: 뉴딜
Limburgs: New Deal (VS)
lietuvių: Naujasis kursas
latviešu: Jaunais kurss
македонски: Њу дил
norsk nynorsk: New Deal
norsk bokmål: New Deal
polski: New Deal
português: New Deal
română: New Deal
Scots: New Deal
srpskohrvatski / српскохрватски: New Deal
Simple English: New Deal
slovenčina: Nový údel
shqip: New Deal
српски / srpski: Њу дил
svenska: New Deal
Türkçe: New Deal
українська: Новий курс
ייִדיש: ניו דיל