Napoléon III

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Napoléon III
Illustration.
Napoléon III par Winterhalter (1855)
Titre
Empereur des Français
[Note 2]
(17 ans, 9 mois et 2 jours)
Chef du gouvernementLui-même
Chefs de cabinet :
Émile Ollivier
Charles Cousin-Montauban
PrédécesseurLui-même (président de la République)
SuccesseurLouis Jules Trochu (président du gouvernement de la Défense nationale)
Chef du gouvernement français[Note 1]

(18 ans, 2 mois et 7 jours)
MonarqueLui-même
GouvernementLouis-Napoléon Bonaparte I, II, III et IV
PrédécesseurLéon Faucher
SuccesseurÉmile Ollivier
Président de la République française

(3 ans, 11 mois et 12 jours)
Élection11 décembre 1848
Vice-présidentHenri Boulay de La Meurthe
Président du ConseilOdilon Barrot
Alphonse Henri d'Hautpoul
Léon Faucher
PrédécesseurEugène Cavaignac (président du Conseil, chef de l’État, de facto)
SuccesseurLui-même
(empereur des Français)
Adolphe Thiers
(IIIe République)
Biographie
DynastieMaison Bonaparte
Nom de naissanceCharles Louis Napoléon Bonaparte
Date de naissance
Lieu de naissanceParis (France)
Date de décès (à 64 ans)
Lieu de décèsChislehurst (Royaume-Uni)
NationalitéFrançaise
Suisse (à partir de 1832)
PèreLouis Bonaparte
MèreHortense de Beauharnais
ConjointEugénie de Montijo
EnfantsLouis Napoléon Bonaparte
Diplômé deÉcole militaire centrale fédérale de Thoune
RésidenceChâteau d'Arenenberg (1817)
Palais de l'Élysée (1848)
Palais des Tuileries (1852)
Chislehurst (1871)

Signature de Napoléon III

Napoléon IIINapoléon III
Présidents de la République française
Monarques de France

Charles-Louis-Napoléon Bonaparte[1], dit Louis-Napoléon Bonaparte, né à Paris, le et mort à Chislehurst au Royaume-Uni, le , est un monarque et un homme d'État français. Il est à la fois l'unique président de la Deuxième République, le premier chef d’État français élu au suffrage universel masculin, le , le premier président de la République française, et après la proclamation de l'Empire le , le dernier monarque du pays, sous le nom de Napoléon III, empereur des Français.

Troisième fils de Louis Napoléon Bonaparte[2] dit Louis Bonaparte, roi de Hollande, et d'Hortense de Beauharnais, il naît prince français et prince de Hollande : neveu de l'Empereur Napoléon Napoléon Ier, il est à la fois neveu et petit-fils de l'Impératrice Joséphine (sa grand-mère maternelle). Exilé après la chute de l'Empire, conspirateur avec son frère aîné pour l'unité italienne, il devient héritier présomptif du trône impérial après les morts successives de son frère aîné Napoléon Louis en 1831, et du duc de Reichstadt (Napoléon II, roi de Rome) en 1832.

Ses premières tentatives de coup d'État, mal préparées (Boulogne, Strasbourg), échouent. Il est condamné à l'emprisonnement au fort de Ham. Mais il profite des suites de la révolution française de 1848 pour se faire élire représentant du peuple puis président de la République. Son coup d'État du 2 décembre 1851 met fin à la Deuxième République, et lui permet l'année suivante de restaurer l'Empire à son profit. Face à l'opposition des républicains, des libéraux de Thiers, de certains monarchistes et des catholiques (après l'unité Italienne), il donne à son pouvoir un caractère autoritaire qui s'atténue après 1859 pour laisser place, progressivement, à un « Empire libéral ».

La philosophie politique qu'il met en place, et qu'il a présentée dans ses Idées napoléoniennes et dans L'Extinction du Paupérisme (1844), est une synthèse d'un bonapartisme mêlé à du romantisme, du libéralisme autoritaire, et du socialisme utopique. Le règne de cet admirateur de la modernité britannique est marqué par un développement industriel, économique et financier sensible, porté par une forte croissance mondiale qu'illustre la transformation de Paris sous l'autorité du préfet Haussmann.

Sa politique extérieure vise à restaurer la puissance française en Europe et dans le monde. Il rompt l'isolement diplomatique voulu au congrès de Vienne par trois puissances de la Sainte Alliance : son entente avec la Grande-Bretagne lors de la guerre de Crimée contre la Russie, son soutien aux mouvements nationaux en particulier lors de l'unité italienne contre l'empire d'Autriche, et ses diverses opérations outre-mer parfois en coalition avec la Grande-Bretagne permettent l'agrandissement du territoire (Nice, Savoie) ainsi qu'une expansion coloniale et commerciale. Elle provoque cependant l'hostilité du royaume de Prusse et subit un échec au Mexique.

Les tensions avec la Prusse aboutissent au piège de la dépêche d'Ems et à la guerre de 1870, qui scelle la fin du Second Empire. Le , Napoléon III est capturé lors de la bataille de Sedan. Le , la République est proclamée. Napoléon III part en exil en Angleterre, où il meurt en janvier 1873.

La vive hostilité de Victor Hugo à l'égard de Napoléon III, exprimée dans ses œuvres et sa correspondance[Note 3], les multiples pamphlets et ouvrages critiques de divers auteurs (Henri Rochefort, Maurice Joly, etc.) et les articles d'une partie de la presse politique contemporaine (Le Siècle, L'Opinion nationale[Note 4]) contribuent à ce que de nombreux historiens[Note 5] qualifient de « légende noire » autour de Napoléon III et du Second Empire[3],[Note 6].

L'œuvre économique et sociale du Second Empire est mise en valeur par l'historiographie officielle dès le début du XXe siècle, mais la révision du jugement historique porté sur Napoléon III lui-même est plus lente. Après la Seconde Guerre mondiale, des travaux des historiens, notamment ceux effectués par Adrien Dansette et Louis Girard[4], vont dans le sens d'une réhabilitation de Napoléon III[Note 7],[5], et marquent une nette rupture historiographique dans la perception de celui qui est le dernier monarque français et le premier président de la République française[Note 8].

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