Nûruddîn Abdurrahmân Isfarâyinî

Nûruddîn Abdurrahmân Isfarâyinî
Biographie
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Kasirq ( en) Voir et modifier les données sur Wikidata
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Religion

Nûruddîn Abû Muhammad 'Abdurrahmân b. Muhammad b. Muhammad al Kasirqî Isfarâyinî, connu sous le nom de Nûruddîn Isfarâyinî (en persan : نور الدين اسفرائنی ), est un maître soufi, membre de la confrérie Kubrâwiyya, né à Kasirq, près d'Isfarâyin, le 7 avril 1242. Il meurt à Baghdâd, vers 1317 [1].

Biographie

C'est tout près de son village natal, alors qu'il vit toujours auprès de ses parents, qu'il fait ses premiers pas dans la voie spirituelle au côté d'un représentant du maître Ahmad Jûrpânî. Ce dernier, qui avait été disciple de Radî al-Dîn 'Alî Lâlâ, accepte à son tour le jeune aspirant au sein de son couvent ( khânqâh) et devient son directeur spirituel. Par l'intermédiaire de ces deux maîtres, Nûruddîn Isfarâyinî accède à l'enseignement de Najm al-Dîn Kubrâ, le « maître du maître de notre maître » et s'initie au dhikr et à la retraite [2].

Au bout d'un certain temps, il quitte la région d'Isfarâyin pour le Khurâsân où il poursuit son instruction notamment auprès du shaykh 'Abdullâh qui fut également élève de Radî al-Dîn 'Alî Lâlâ. A la même époque, il reçoit la robe soufie, la « robe du bénéfice spirituel » (khirqa-yi tabarruk) de la part de Rashîduddîn al-Muqrî, un maître de la confrérie Suhrawardiyya. Il multiplie les rencontres dans la région et commence à diriger des disciples. Puis, dans le but d'accomplir le pèlerinage à La Mecque, et semble-t-il sur l'ordre de son maître qui souhaite le déléguer à Baghdâd, il quitte le Khurâsân accompagné d'un groupe de disciples [3].

Au cours de son voyage, Nûruddîn Isfarâyinî décide de reporter le pèlerinage et s'installe à Baghdâd où il commence par réorganiser plusieurs centre soufis dans la ville. Il occupe un établissement nommé Ribât-i Sakîna autour de 1290. Sur les conseils de 'Alâ'uddawla Simnânî, il quitte ce lieu, et finit par s'établir sur la rive orientale du Tigre dans une ruine que le Sultan, l'Ilkhân Ûljâytû, lui assigne à titre de propriété. Il passe une dizaine d'années à reconstruire le lieu, et organise la vie des disciples dans le khânqâh-i bâb-i gharbî. Parmi eux, se trouvent 'Abdussalâm al Khunjî, Jabra'îl- Khurramâbâdî, et 'Alâ'uddawla Simnânî qui deviendra le plus important transmetteur de l'enseignement de Nûruddîn Isfarâyinî en colligeant une grande partie de ses écrits [4].

Contrairement à Najm al-Dîn Râzî, dont le séjour à Baghdâd avait été peu fructueux, Nûruddîn Isfarâyinî gagne en influence, en particulier dans le milieu politique, comme en témoignent ses nombreuses lettres adressées aux grands de ce monde. En effet, il écrit aux vizirs, aux sultans, et autres fonctionnaires de l'administration mongole dont certains deviennent ses aspirants et fréquentent même son couvent. Il attache une grande importance au rôle du soufi auprès des hommes du pouvoir, l'islam ayant été séparé du politique à la suite de l'invasion mongole [5].

Après une période de près de quarante ans, il s'éteint à Baghdâd aux alentours de 1317. Par sa présence, la ville est devenue un centre important de la Kubrawiyya. Selon Jâmî, le khânqâh est toujours en activité deux générations plus tard et sa direction se trouve entre les mains du petit-fils de Nûruddîn Isfarâyinî, qu'il qualifie de « Khalîfa de son éminent grand-père » [6].

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