Nâzım Hikmet

Nâzım Hikmet
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Hommage à Nâzım Hikmet sur un timbre soviétique de 1982
Nom de naissanceNâzım Hikmet Ran
Naissance
Salonique (Grèce)
Décès (à 61 ans)
Moscou (URSS)
Activité principale
Poète, romancier, dramaturge
Distinctions
Auteur
Langue d’écritureturc
Signature de Nâzım Hikmet

Nâzım Hikmet Ran (prononcé [na:.'zɯm hik.'mɛt]), né le [1] à Salonique, et mort le à Moscou, est un poète turc, puis citoyen polonais, longtemps exilé à l'étranger pour avoir été membre du parti communiste de Turquie.

Son grand-père paternel, Mehmed Nâzım Pacha, était le gouverneur de Salonique, libéral et poète. Son père, Hikmet, diplômé du lycée de Galatasaray (qui s'appelait alors Mekteb-i Sultani) était fonctionnaire. Sa mère, Celile Hanım, linguiste et pédagogue, fille d'Hasan Enver Pasha (tr), parlait français, jouait du piano et peignait[2].

Biographie

Nâzım Hikmet est l'une des plus importantes figures de la littérature turque du e siècle, et l'un des premiers poètes turcs à utiliser des vers libres comme le fit Orhan Veli. Hikmet est devenu, de son vivant, l'un des poètes turcs les plus connus en Occident et ses travaux ont été traduits dans plus de cinquante langues.

Cependant, dans son propre pays, il fut condamné pour marxisme et demeura en Turquie, même après sa mort, un personnage controversé. Il passa quelque quinze années en prison et baptisa la poésie le plus sanglant des arts. Ses écrits soulignent la critique sociale.

Nâzım Hikmet est né à Salonique (actuellement Thessalonique en Grèce). Il écrit son premier poème Le cri de la Patrie en 1913. Il étudie brièvement au lycée francophone Galatasaray à Istanbul et entre en 1915 à l'école navale turque jusqu'en 1919 où il est réformé après son premier embarquement en raison de son état de santé. Son premier poème est publié en 1918 dans la Revue Yeni Mecmua, intitulé Pleurent-ils aussi sous les cyprès ?. Ses parents divorcent en 1919.

L'engagement politique

Le 31 octobre 1920, Nâzım et son ami Vâlâ Nûreddin quittent Istanbul pour rejoindre le mouvement indépendantiste conduit par Mustafa Kemal à Ankara. Pendant ce voyage à pied de trente-cinq jours, Nâzım Hikmet est confronté à la « réalité anatolienne » et aux conditions de vie des paysans[3].

À la suite d’un entretien avec Mustafa Kemal et le pacha Ali Fuat Cebesoy, oncle de Nâzım, ils sont envoyés à Bolu, une ville entre Ankara et Istanbul, pour enseigner dans un lycée. Ils y restent une année scolaire puis partent en 1921 vers l’Union soviétique via la mer Noire et Batoumi. Au cours de ce voyage Hikmet écrit son premier poème en vers libres Les pupilles des affamés. Nâzım et Nureddin suivent des études de sociologie à l’Université communiste des travailleurs d’Orient (KUTV) à Moscou, à partir de 1922.

En 1924, à la suite de la proclamation de la République de Turquie dont Atatürk est devenu président, Nâzım Hikmet retourne à Istanbul. Il est membre du Parti communiste turc clandestin, et travaille pour une courte durée à Izmir pour le quotidien Aydınlık (en).

La période russe

Nâzım Hikmet repart secrètement une année plus tard, en 1925, pour Bakou en URSS. Le 1er mai 1925 il est condamné par la Turquie à quinze ans de prison pour distribution de tracts, peine abrogée avec l’amnistie du 29 octobre 1926. Il publie son premier recueil de poèmes en turc à Bakou en 1928 : Chanson de ceux qui boivent le soleil, et écrit des articles pour des journaux et des périodiques, des scénarios et des pièces. Le 16 janvier 1928, les membres du Parti communiste en Turquie sont arrêtés et Nâzım est jugé et condamné à trois mois de prison par contumace.

Le retour en Turquie

Il est arrêté en février 1928 à Hopa à la frontière géorgienne au moment où il revient clandestinement en Turquie : enfermé d'abord à la prison de Hopa, puis de Rize, il est ensuite transféré a la prison d’Istanbul. Il est libéré le 23 décembre 1928.

En juin 1929, il commence la campagne Détruisons les idoles dans le magazine progressiste Resimli ay. En juin 1930, la label américain Columbia Records sort un disque des poèmes de Nâzım lus par lui-même : Le Saule pleureur et Mer Caspienne. En juin 1931, trois de ses poèmes sont traduits en français et publiés dans la revue Bifur à Paris.

Le 18 mars 1933, il est placé en garde à vue pour délit de propagande communiste à la suite de la publication du livre Le Télégramme est arrivé la nuit. Le 31 mai, il est interpellé pour avoir participé à la création d’un réseau communiste en vue de renverser le régime en place et est incarcéré à la prison de Bursa. Fin juillet, il est condamné à six mois de prison dans l’affaire Le Télégramme est arrivé la nuit. La même année, il est aussi condamné à douze mois d’emprisonnement pour un autre poème et à cinq ans de prison à l’issue du procès du Parti communiste. Il est finalement libéré le 4 août 1934 grâce à la loi d'amnistie générale pour le 10e anniversaire de la République.

Trois poèmes de Nâzım Hikmet sont publiés dans un manuel d’Histoire de la littérature contemporaine pour classes de terminale préparé par Mustafa Nihat Özön en 1934. En 1935, La Direction de la presse et de l'information de Turquie inclut quelques-uns de ses poèmes dans une anthologie publiée en français : Les Écrivains turcs d’aujourd’hui.

Les années de prison et l'exil

Nâzım Hikmet est arrêté à Istanbul en décembre 1936 pour propagande communiste, et libéré un mois plus tard sous caution. Le 21 juin, Nâzım et ses amis sont acquittés lors du procès pour propagande communiste.

Le 17 janvier 1938, il est arrêté cette fois pour « incitation à la révolte des cadets » et est transféré à la prison d’Ankara, puis condamné à 28 ans et 4 mois de prison. Il passe les douze années suivantes en prison, période pendant laquelle il se marie en deuxièmes noces avec Münevver Andaç.

En 1939 à la prison d’Istanbul, Hikmet commence à rédiger Épopée de la guerre d’Indépendance. En 1940 il est transféré a la prison de Çankırı avec le jeune écrivain Kemal Tahir, puis à la prison de Bursa où il commence à rédiger en 1941 Paysages Humains. À l’initiative de l’Union des jeunes turcs progressistes, un comité pour la libération de Nâzım est créé à Paris, présidé par Tristan Tzara et soutenu par plusieurs intellectuels français comme Jean-Paul Sartre, Pablo Picasso, Paul Robeson, Louis Aragon, ou Charles Dobzynski. En 1949 et 1950 l’Association internationale des juristes de Bruxelles ainsi que des intellectuels turcs écrivent au président de la République et au président du Parlement pour la libération de Nâzım Hikmet.

Le 8 avril 1950 Hikmet commence sa première grève de la faim à la prison de Bursa, il est transféré dès le lendemain à la prison d’Istanbul. Il suspend sa grève à cause de son état de santé sur demande des médecins, mais la reprendra le 2 mai 1950.

Le même mois, sa mère Celile Hanım lance une pétition à Istanbul, les étudiants turcs publient un hebdomadaire intitulé Nâzım Hikmet, et les poètes du mouvement Garip Orhan Veli, Melih Cevdet et Oktay Rifat entament une grève de la faim en solidarité avec le poète. Le 19 mai, Nâzım met fin à sa grève et il est libéré le 15 juillet à la suite d'une amnistie générale accordée par le nouveau gouvernement démocrate (DP) arrivé au pouvoir le 14 mai 1950.

Après un séjour ininterrompu en prison de plus de 12 ans, Nâzım Hikmet aura donc cumulé près de 15 années d'enfermement.

Mais le 8 juin 1951, à l’âge de 49 ans, il est appelé par l’armée turque pour effectuer son service militaire (alors qu’il est malade et déjà diplômé d’une école militaire). Le 17 juin, laissant sa femme Münevver et son fils Mehmet qui vient de naître, Nâzım Hikmet quitte clandestinement la Turquie et arrive a Moscou le 29 juin 1951. Le 25 juillet 1951, il est déchu de sa citoyenneté turque par décision du Conseil des ministres.

Nâzım Hikmet reçoit le prix international de la paix en 1955 avec Pablo Picasso, Pablo Neruda, Paul Robeson et Wanda Jakubowska.

Il termine sa vie en exil comme citoyen polonais. La nationalité turque lui est rendue de façon posthume le 5 janvier 2009, à la suite d'un conseil des ministres reconnaissant que « les crimes dont on l'accusait alors ne sont plus considérés aujourd'hui comme tels[4] ». Nazim Hikmet à Berlin en 1952

Il meurt d'une crise cardiaque à Moscou le 3 juin 1963, et est enterré au prestigieux cimetière de Novodevitchi, bien que dans un poème testament il écrivît : « Enterrez-moi en Anatolie, dans un cimetière de village / Et si possible, un platane au-dessus de moi suffit ».

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