Mouvement démocrate (France)

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Mouvement démocrate
Image illustrative de l'article Mouvement démocrate (France)
Logotype officiel.
Présentation
Président François Bayrou
Fondation
Siège 133 bis, rue de l'Université
75007 Paris
Vice-présidents [note 1] Marielle de Sarnez
Jacqueline Gourault
Jean-Marie Vanlerenberghe
Yann Wehrling
Nathalie Griesbeck
Secrétaires généraux Yann Wehrling
Christine Espert
Porte-parole Yann Wehrling
Trésorier national Jean-Jacques Jégou
Adhérents 12 000 [1] (2017)
Positionnement Centre [2], [3]
Idéologie Social-libéralisme [2]
Humanisme
Fédéralisme européen
Affiliation européenne Parti démocrate européen
Affiliation internationale Alliance mondiale des démocrates
Couleurs Orange
Site web mouvementdemocrate.fr
Présidents de groupe
Sénat Hervé Marseille ( UC)
Assemblée Marc Fesneau ( MoDem)
Parlement européen Guy Verhofstadt ( ADLE)
Représentation
Députés
41 / 577
[note 2]
Sénateurs
5 / 348
Députés européens
2 / 74
Conseillers régionaux
51 / 1 722
Présidents de conseils départementaux
1 / 101
Conseillers départementaux
48 / 4 108

Le Mouvement démocrate (abrégé en MoDem [note 3]) est un parti politique français [note 4] du centre créé par François Bayrou (alors président de l' UDF) à la suite de l' élection présidentielle de 2007.

Le MoDem entend rassembler les démocrates soucieux d'un positionnement indépendant et central sur l'échiquier politique [note 5]. En s'abstenant lors du vote de confiance au deuxième gouvernement Fillon, les quatre députés revendiqués alors par le MoDem [note 6] ont confirmé le positionnement « indépendant » de leur formation, à la fois en dehors de la majorité et de l'opposition parlementaires sous la XIIIe législature. Le MoDem compte des membres du gouvernement, un groupe parlementaire à l'Assemblée nationale, des députés européens, des sénateurs et des élus locaux.

Les adhérents de moins de 33 ans forment les Jeunes démocrates, mouvement de jeunesse du MoDem.

Histoire

De l'Union pour la démocratie française au Mouvement démocrate (2007)

Autonomie du centre ou alliance à droite

Depuis 1978 et la fondation de l' Union pour la démocratie française (UDF) comme confédération des partis du centre et de la droite non gaulliste, le centre français est associé à la droite. L'UDF est, dès 1978, l'alliée traditionnelle du RPR, malgré des velléités d'indépendance des centristes (groupe parlementaire Union du centre dans la législature 1988-1993, liste du Centre conduite par Simone Veil aux élections européennes de 1989).

Sous l'impulsion de François Bayrou, élu président du parti en 1998, l'UDF opère un recentrage progressif, au prix de déchirements internes, avec notamment le départ de Démocratie libérale en 1998. La rupture se fait après l'élection présidentielle de 2002 : Jacques Chirac et Alain Juppé créent l' UMP en vue d'assembler en un seul parti la droite et le centre ; la majorité des députés UDF sortants rejoignent alors l'UMP. L'UDF parvient cependant à préserver un groupe parlementaire à la suite des élections législatives françaises de 2002. L'UDF n'est pas associée à la constitution du gouvernement Raffarin. Un de ses adhérents, Gilles de Robien, y siège cependant jusqu'en 2007, contre l'avis de François Bayrou.

En 2004, l'UDF quitte le Parti populaire européen et fonde le Parti démocrate européen avec notamment les Italiens du parti de centre gauche la Marguerite ; à l' Assemblée nationale, il affirme de plus en plus franchement ses divergences de vues avec l'UMP. Cap21, parti écologiste classé à droite jusqu'en 2002, se rapproche du centre en présentant des listes communes avec l'UDF aux élections régionales de 2004.

Gilles de Robien appelle fin 2005 l'UDF à revenir à l'alliance à droite. Pour trancher ce choix d'orientation, François Bayrou convoque le congrès extraordinaire de Lyon, en , où est approuvée par 92 % des votants sa motion qui définit l'UDF comme un « parti libre ».

François Bayrou, le troisième homme de l'élection présidentielle de 2007

La campagne présidentielle de 2007 voit, pour la première fois depuis Raymond Barre en 1988, une personnalité du centre rassembler un soutien assez important pour être considérée comme éligible. François Bayrou annonce le dans Le Monde qu'en cas d'élection, il créera un « grand parti démocrate ».

Avec 18,57 % des voix au premier tour, le , François Bayrou termine en troisième position. Il annonce la création du « Parti démocrate » :

« Les Français trouveront pour les représenter une force de contre-pouvoir, libre, capable de dire oui si l’action va dans le bon sens et non si elle va dans le mauvais sens. Capable, autrement dit, de faire sortir la politique des réflexes du toujours pour et du toujours contre, pour défendre l’intérêt général. (…) Le parti démocrate défendra l'idée que la responsabilité de la France et de l'Europe doit s'exercer en particulier dans le domaine de la lutte contre le réchauffement de la planète, de la défense de la biodiversité et du développement du tiers monde, particulièrement de l'Afrique. Ce nouveau parti défendra la démocratie, comme portant des valeurs et un idéal, considérant que ce sont ces valeurs qui donnent leur sens à la vie des hommes et à la société qu'ils forment. »

— François Bayrou, Conférence de presse à Paris,

Ni l'UDF, ni François Bayrou lui-même n'appellent à voter pour l'un des deux candidats restant en lice. Cependant, après le débat Sarkozy-Royal du 2 mai, François Bayrou indique à un journaliste du Monde qu'il ne votera pas pour Nicolas Sarkozy (il annonce trois ans plus tard qu'il a voté blanc [4]). Selon un sondage TNS Sofres, les électeurs de François Bayrou au premier tour de l'élection présidentielle de 2007 sont aussi nombreux à choisir au second tour Ségolène Royal que Nicolas Sarkozy (40 % chacun). Il est soutenu par Azouz Begag, ministre chargé de la Promotion de l’égalité des chances dans le gouvernement Dominique de Villepin.

Lancement du Mouvement démocrate pour les élections législatives

Le , les conseillers nationaux de l'UDF réunis à la Mutualité, appellent à la création du Mouvement démocrate par un vote à main levée, à l'unanimité moins 4 voix « contre » et 4 abstentions [5].

L'intention annoncée de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions aux élections législatives de 2007, se traduit par la présentation de 535 candidats (sur 577 circonscriptions), chiffre jamais atteint par l'ancienne ou la nouvelle UDF. Cependant, 18 des 23 députés UDF, soutiens de Nicolas Sarkozy, créent, à la demande de ce dernier [6], le Nouveau Centre, qui se définit comme de centre droit et dans la majorité présidentielle.

Francois Bayrou au premier meeting du Mouvement démocrate au Zénith, le 24 mai 2007.

Le lancement public du Mouvement démocrate se déroule le 24 mai 2007 au Zénith de Paris. Deux partis politiques, l'UDF et Cap21 sont mentionnés dans les statuts du Mouvement démocrate comme membres fondateurs.

L'UDF est le plus important en termes quantitatifs (près de 35 000 adhérents) et politiques, François Bayrou et la plupart des cadres du Mouvement en étant issus. Cependant, une forte majorité des députés sortants UDF, certains sénateurs et certaines figures politiques traditionnelles de l'UDF, comme le député européen Jean-Louis Bourlanges ou Simone Veil (qui soutient Nicolas Sarkozy dès le premier tour), se démarquent de cette initiative en rejoignant soit l' UMP soit le Nouveau Centre. Toutefois, la grande majorité des autres élus de l'UDF (y compris les députés européens et la majorité des sénateurs) participent à la création du Mouvement démocrate. Didier Bariani explique à l'occasion du Conseil national de l'UDF, réuni le 10 mai 2007, que « les statuts de l'UDF ne seront ni modifiés, ni amendés, ni complétés demain » : « L'UDF dans sa dénomination, ses statuts et son règlement reste totalement intacte. Elle sera membre fondateur, ou partie constituante, du Mouvement démocrate. » Ainsi, d'autres formations pourraient joindre le MoDem si elles le souhaitent.

Les candidats du parti portent alors l'étiquette « UDF - Mouvement démocrate ». Selon une carte du journal Le Monde basée sur le résultat de François Bayrou à l'élection présidentielle, un très grand nombre de circonscriptions législatives auraient pu faire l'objet d'une triangulaire avec le centre [7]. Pour se maintenir au second tour, un candidat doit en effet avoir rassemblé sur son nom au moins 12,5 % des suffrages des électeurs inscrits sur les listes électorales. Ce pronostic se basait donc sur les circonscriptions dans lesquelles au moins 12,5 % des électeurs inscrits avaient apporté leur voix à M. Bayrou lors du premier tour de l'élection présidentielle.

D'après le ministère de l'Intérieur, les 535 candidats de l'« UDF-Mouvement démocrate » obtiennent 1 981 107 voix, soit 7,61 % des suffrages exprimés, le 10 juin 2007, au premier tour. Ce score, supérieur à celui de l'ancienne UDF lors du scrutin de 2002, fait du MoDem le troisième parti au niveau national, nettement devant les 2,04 % du Nouveau Centre [8], mais loin derrière l'UMP et le PS. Néanmoins, seulement trois candidats atteignent le seuil des 12,5 % des inscrits et se maintiennent au second tour. Tous les trois sont élus au second tour : François Bayrou ( 2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques [9]), Abdoulatifou Aly, ( circonscription de Mayotte [10], [11]) et Jean Lassalle, ( 4e circonscription des Pyrénées-Atlantiques), dans le cadre de la seule triangulaire du pays (MoDem-UMP-PS) [9]. François Bayrou bénéficie de la décision de l'UMP de retirer son candidat — en ballottage défavorable, comme le candidat PS — dans un « geste d'amitié ». Ces trois élus siègent à l' Assemblée nationale parmi les députés non-inscrits [12].

Deux autres députés sont également initialement revendiqués par le MoDem. Thierry Benoit, que François Bayrou évoque dans son discours télévisuel au soir des élections comme un des députés MoDem, car adhérent UDF et bénéficiant de l'investiture du parti, sans adhérer au MoDem. Après avoir annoncé, peu avant le Congrès fondateur de Villepinte les 1er et 2 décembre 2007, qu'il n'adhère pas au parti, il s'apparente le 1er juillet 2008 au groupe Nouveau Centre de l'Assemblée nationale [13]. Jean-Christophe Lagarde, également investi par le MoDem, fait campagne sans étiquette et sans candidat UMP face à lui. Il rejoint le groupe parlementaire du Nouveau Centre à l'Assemblée nationale [14], et devient même, le 3 juillet 2007, le 5e vice-président national du Nouveau Centre.

De l'association de financement au parti

La question du nom

Annoncé le 25 avril, le « Parti démocrate » ne fut pas créé pour deux raisons : la connotation fâcheuse du sigle résultat des initiales correspondantes (« PD » évoquant «  pédés », désignation injurieuse des homosexuels en français métropolitain) d'une part ; l'existence d'un autre Parti démocrate français d'autre part. François Bayrou proposa donc le 4 mai 2007 le nom de Mouvement démocrate (MoDem). L'existence depuis 1978 du Mouvement démocrate français (formation politique gaulliste et souverainiste) ne semble pas être sujette à polémique.

Le Mouvement démocrate est surnommé MoDem ; ce mot-valise aurait été inventé par les jeunes UDF sur les forums Internet et fut repris immédiatement par François Bayrou lors du Conseil national fondateur du 10 mai 2007.

Congrès fondateur
Logo du Mouvement démocrate d'avril à mai 2007.
Logo du Mouvement démocrate de mai à décembre 2007.

Le Mouvement démocrate a organisé la tenue du « Forum des démocrates » (du au , à Seignosse-Le Pénon), dont l'objectif a été d'engager un débat interne, ouvert à d'éventuelles futures organisations membres, sur le futur parti.

À ce jour, le MoDem est formellement un parti politique (car il a déposé ses statuts et son association de financement a été agréée par la commission des comptes de campagne [15]). Cette association de financement a été créée pour permettre le recueil des adhésions depuis le . Le nom exact déposé pour le rattachement financier des candidats aux élections législatives 2007 est UDF-Mouvement démocrate.

Le congrès fondateur du MoDem s'est tenu le samedi (journée entière) et le dimanche (le matin). Le congrès UDF s'est tenu juste avant, le vendredi (après-midi). Les deux congrès ont eu lieu au parc des expositions de Villepinte ( Seine-Saint-Denis).

Lors de son congrès, les statuts du parti ont été adoptés avec une procédure de votes à mains levées, à la suite de dizaines d'amendements. François Bayrou (seul candidat) a ensuite été élu président du MoDem et un bureau exécutif provisoire a été nommé.

Les membres fondateurs du MoDem sont : François Bayrou, Marielle de Sarnez, Michel Mercier et Jacqueline Gourault, ainsi que tous les adhérents du MoDem et de l'UDF à jour de cotisation au 1er décembre 2007. Les statuts de l'association, créée le 7 mai 2007, ont fait l'objet d'un dépôt en préfecture le 9 mai (veille du Conseil national de l'UDF, le 10 mai, à la Mutualité de Paris).

Un bureau exécutif national, a été nommé par François Bayrou lors du Congrès fondateur. François Bayrou, qui était, depuis sa création, le président de facto du Mouvement démocrate et seul candidat en lice [16], a été élu président du MoDem lors de ce congrès par un vote des militants. Le Bureau exécutif national a été en partie renouvelé le 29 juillet 2009 [17], puis en décembre 2014.

Stratégie d'indépendance (2008-2012)

Alliances au « cas par cas » pour les municipales et conséquences aux sénatoriales (2008)

François Bayrou à l'Université de rentrée du Mouvement démocrate à Cap Esterel, le 5 septembre 2008.

À l'occasion des élections municipales de 2008, le MoDem a revendiqué son indépendance et son refus de la bipolarisation en choisissant une stratégie du « cas par cas » en fonction des enjeux et des projets locaux. Le parti a ainsi été conduit à présenter des listes indépendantes dans certaines villes ou à s'allier à d'autres formations politiques, soit à droite (comme à Bordeaux avec Alain Juppé) soit à gauche (comme à Dijon avec François Rebsamen). Les adversaires du MoDem et certains médias ont souvent qualifié d'« illisible » [18] ou d'« opportuniste » [19] cette stratégie. Ces élections ont confirmé d'une part la difficulté qu'a le MoDem de construire une nouvelle force politique centrale et indépendante, comme l'ont montré certaines dissensions internes comme à Lyon [20], et d'autre part l'avantage de son positionnement qui lui ont permis d'apparaître au soir du premier tour la « clé du deuxième tour » [21] selon certains analystes. À l’issue du premier tour, le MoDem a obtenu 594 960 voix, soit 3,70 % des suffrages exprimés dans les communes de plus de 3 500 habitants, selon le décompte réalisé par le ministère de l'intérieur [22] (les candidats centristes alliés la majorité présidentielle dont le Nouveau Centre et certains MoDem ayant quant à eux rassemblé 3,49 % des suffrages exprimés [23]). Le site officiel du MoDem a préféré mettre en avant le résultat du parti réalisé dans les 350 villes où il présentait des listes indépendantes, soit une « moyenne de près de 16 % des voix » relevant également que « 15 villes ont été gagnées au premier tour dont 2 de plus de 40 000 habitants » [24]. Au second tour, la stratégie fut aussi choisie en fonction des situations locales. Dans 60 villes [25], les candidats ont maintenu leur liste (comme à Saint-Étienne, à Rennes ou à Quimper), parfois après avoir exprimé sans succès leur volonté de fusionner avec d'autres listes (comme à Paris). Dans d'autres villes, les listes MoDem pouvant se maintenir se sont retirées, le plus souvent sans donner de consignes de vote (comme à Lyon ou Blois). Enfin, d'autres listes ont fait le choix de fusionner, comme Jean-Luc Bennahmias avec la liste PS à Marseille, Jean-Luc Forget avec la liste UMP à Toulouse, ou Jean-Marie Orihuel avec la liste d'union de la gauche à Aubagne. Ce dernier choix a cependant été condamné par François Bayrou, car la liste d'union de la gauche était conduite par le maire sortant Daniel Fontaine, membre du PCF [26]. À l'issue du second tour, les résultats du MoDem se traduisent souvent par des défaites. Malgré un faible écart de voix, c'est symboliquement le cas de François Bayrou à Pau dont la candidature était un enjeu majeur du parti. À Paris, le MoDem ne réussit à conserver qu'un seul siège de conseiller de Paris, en la personne de Marielle de Sarnez. Le parti n'est donc plus en mesure de constituer un groupe au sein du Conseil et n'aura pas contribué à modifier sensiblement l'équilibre des forces entre droite et gauche, le PS, l'UMP et leurs alliés, conservant respectivement 12 contre 8 arrondissements, comme durant la précédente mandature. Le MoDem gagne ou conserve cependant un certain nombre de villes moyennes comme Biarritz, Mont-de-Marsan, Saint-Brieuc, Arras, Talence ou encore Saint-Leu à La Réunion, et parvient à réaliser quelques scores notables dans d'autres villes, comme à Saint-Étienne, où son maintien au second tour favorise la victoire du Parti socialiste contre le maire radical valoisien sortant. À la suite de ces municipales, le MoDem compte un millier de maires au total [27].

Lors des élections sénatoriales de septembre 2008, où les élus municipaux constituaient 95 % des grands électeurs, le faible score du MoDem aux élections municipales de mars a constitué un handicap. Le MoDem perd les deux sièges de ses sénateurs sortants candidats à leur succession ( Philippe Arnaud et Philippe Nogrix, André Vallet ne se représentant pas). L'équilibre au sein du groupe Union centriste-UDF, divisés entre partisans de la stratégie d'indépendance du MoDem et ceux se positionnant dans la majorité présidentielle, s'en trouve modifié. Les sénateurs MoDem soutenant sans réserves François Bayrou ne sont en effet plus que 7 sur les 15 élus du groupe membres du parti. Le poids stratégique du groupe Union centriste-UDF pourrait néanmoins s'affirmer en raison du renforcement des groupes de gauche et l'affaiblissement numérique de celui de l'UMP. En effet, la majorité relative détenue par ce dernier à la Haute Assemblée lui impose d'obtenir l'appui de sénateurs siégeant aux groupes RDSE et UC-UDF.

Échecs électoraux et dissensions internes (2009-2012)

En , les adhérents sont consultés par internet sur un rapport désignant entre autres les têtes de liste aux élections européennes (sauf pour l'outre-mer). Sur 13 255 votants, 86 % sont favorables au rapport proposé, 6 % sont contre, 8 % votent blanc [28]. Lors du scrutin européen le MoDem connaît un revers électoral en n'obtenant que 8,46 % des suffrages, soit 1 455 225 voix et six élus, contre 11,96 %, soit 2 053 446 voix et onze élus pour l'UDF en 2004. Il perd également sa position de troisième force politique à ce scrutin, acquise en 2004, au profit des listes Europe Écologie. À l'issue du scrutin plusieurs personnalités du MoDem (dont en particulier Jean-François Kahn [29] et Corinne Lepage [30]) relèvent ce qu'ils considèrent comme le résultat d'une erreur de stratégie. Selon eux, le MoDem et son président François Bayrou, n'auraient pas suffisamment mis en avant les questions européennes et de développement durable pendant la campagne, au profit d'un discours d'opposition à Nicolas Sarkozy qui aurait eu l'intention de transformer le scrutin européen en test électoral, en vue de l'élection présidentielle de 2012. S'ajoutent à ces critiques sur les thématiques de campagne, celles tenant au fonctionnement interne du MoDem, notamment la « lettre ouverte aux dirigeants du Mouvement démocrate » de l'initiative « Les Promoteurs », qui réclament une plus grande collégialité dans les prises de décisions et dans l'expression médiatique du Mouvement, jugées trop concentrées sur la personne de François Bayrou ; ainsi qu'à l'absence de « colonne vertébrale » [31] idéologique et à l'absence de grands axes qui structurent la pensée du MoDem (initiative du GRID [32]).

En -, le MoDem doit faire face à une série de défections et critiques de ses membres [33], [34] ; dans le même temps, les intentions de vote en faveur du parti s'effondrent [35].

Le , Corinne Lepage, vice-présidente du MoDem, quitte le parti [36], son parti quitte officiellement le MoDem le 30 mai [37].

Pour les élections régionales de 2010, le MoDem adopte une stratégie visant à présenter des listes indépendantes au premier tour dans l'ensemble des régions. Au second tour, le parti envisage des alliances avec d'autres formations politiques à la condition qu'elles ne soient pas membres de la majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy. Cette stratégie est suivie dans l'ensemble des régions métropolitaines, même si elle connaît quelques exceptions et plusieurs contestations de responsables du parti. Ainsi, le responsable du MoDem de Charente-Maritime intègre dès le premier tour la liste de Ségolène Royal qui avait proposé au MoDem cinq places éligibles. Plusieurs responsables du MoDem rejoignent quant à eux les listes de la majorité présidentielle dès le premier tour, comme Nicolas About, président du groupe Union centriste au Sénat, dans les Yvelines ou Laurent Gérault, chef de file du MoDem pour les régionales en Pays de la Loire, qui quitte le parti pour rejoindre l' Alliance centriste de Jean Arthuis. De plus, les divisions en Languedoc-Roussillon n'ont pas permis de présenter une liste [38]. Au niveau national, le MoDem conclut par ailleurs une alliance électorale avec l' Alliance écologiste indépendante, qui se traduit par des listes communes, comme en Franche-Comté. Cap21, composante fondatrice du MoDem, poursuit sa propre stratégie et conclut plusieurs alliances avec Europe Écologie en intégrant ses listes au niveau régional ( Alsace, Haute-Normandie, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Bretagne, Pays de la Loire, Lorraine). Avec 4,2 % des voix, le MoDem signe son plus mauvais score ; seule la liste de Jean Lassalle a franchi la barre des 10 % en région Aquitaine et seulement trois autres listes atteignent les 5 % permettant une éventuelle fusion dans une autre liste : Rodolphe Thomas en Basse-Normandie (8,9 %), Bruno Joncour en Bretagne (5,30 %) et Marc Fesneau dans le Centre (5,08 %). Toutefois, aucune de ces listes ne cherche à fusionner ni ne donne de consigne de vote pour le second tour. La présidente de Cap21 et vice-présidente du MoDem, Corinne Lepage qualifie par ailleurs de « désastreux » les choix stratégiques adoptés par le MoDem [39]. Elle annonce par ailleurs son départ du MoDem à titre personnel et souhaite soumettre la question pour son mouvement à ses militants [40]. Au second tour, la liste de Jean Lassalle a atteint 15,65 % des voix, dernier de la triangulaire. Au total, le MoDem a obtenu 12 élus lors de ces élections.

En septembre 2011, le Modem forme son cabinet fantôme, à l'image du « shadow cabinet » britannique [41], équipe de vingt-deux responsables ayant chacun son portefeuille.

Le MoDem a présenté ou soutenu un peu moins de 400 candidats dans l'ensemble des 2026 cantons renouvelés par Élections cantonales de 2011 [42]. Selon le MoDem, ceux-ci ont recueilli en moyenne 13,87 % des voix au premier tour, 8 d'entre eux ont été élus au premier tour et 70 se sont maintenus au second tour [42]. Entre les deux tours, François Bayrou a appelé à « un vote républicain contre le FN » après le bon score du parti de Marine Le Pen au premier tour [43]. À l'issue du second tour, le MoDem revendiquait 32 élus contre 12 sortants [44] et protestait contre le « mode de calcul trompeur utilisé par le ministère de l'Intérieur » [44] qui communique des statistiques basées sur l'ensemble des cantons sans tenir compte du nombre de candidats présentés.

Les élections sénatoriales de 2011, concernent 6 sièges sur les 7 que compte le MoDem dans cette assemblée. Didier Borotra (Pyrénées-Atlantiques) ne se représentant pas, le MoDem compte 5 candidats à leur réélection : Jacqueline Gourault (Loir-et-Cher), Roselle Cros (Yvelines), Jean-Marie Vanlerenberghe (Pas-de-Calais), Denis Badré (Hauts-de-Seine) et Jean-Jacques Jégou (Val-de-Marne). Jean-Marie Vanlerenberghe (Pas-de-Calais) et Jacqueline Gourault (Loir-et-Cher) sont réélus dès le premier tour, et Jean-Jacques Lasserre est élu au second tour dans les Pyrénées-Atlantiques. Les sénateurs Denis Badré (Hauts-de-Seine) et Jean-Jacques Jégou (Val-de-Marne) ne sont pas réélus.

Le 7 décembre 2011, François Bayrou officialise sa candidature à l' élection présidentielle de 2012. Malgré sa volonté de ne pas apparaître comme le candidat du MoDem, la presse l'assimile à son parti, par mimétisme avec les autres candidats. Ayant tout d'abord réussi à attirer vers sa candidature plusieurs personnalités de centre droit telles que Philippe Douste-Blazy [45], Alain Lambert, Bernard Bosson ou Pierre Albertini, François Bayrou reçoit le soutien d'une vingtaine de sénateurs divers droite et de plusieurs parlementaires villepinistes au tournant de l'année 2012 [46]. Le , c'est l'ancien ministre, ancien maire de Toulouse et cofondateur de l' UMP, Philippe Douste-Blazy qui rejoint François Bayrou et appelle à une union nationale autour de ce dernier [45]. Après une entrée en campagne au cours de laquelle le candidat réussit un doublement des intentions de vote en sa faveur, François Bayrou retrouve le dans un sondage sa troisième place de 2007, à égalité avec Marine Le Pen à 15 % [47]. Il ne parvient cependant pas à susciter une dissidence des centristes de l'UMP, malgré ses appels répétés à Pierre Méhaignerie, qui décide finalement de soutenir Nicolas Sarkozy, avant de se retirer de la vie politique [48]. Mi- et alors que le candidat franchit à la baisse la barre des 10 % dans les sondages, plusieurs soutiens du candidat centriste, dont Jean-François Kahn et le magistrat Philippe Bilger, craignant une alliance à droite ou la reproduction du non-choix de 2007, l'appellent à refuser à l'avance tout soutien à Nicolas Sarkozy au second tour [49], [50]. La « jeune garde », menée par trois cadres du parti, Cyril Chadé, Audrey Tricoit et Vincent Chauvet, prend alors l'initiative de publier une tribune dans Libération appelant François Bayrou à négocier un accord de gouvernement avec François Hollande s'il ne parvenait pas au second tour [51]. François Bayrou obtient 9,13 % des voix au premier tour de la avril 2012, arrivant en cinquième position parmi les dix candidats. Le 3 mai, à l'issue d'une réunion du bureau du MoDem, François Bayrou annonce qu'il ne donne pas de consigne de vote à ses électeurs du premier tour des élections présidentielles mais qu'il votera, à titre personnel, pour le candidat socialiste François Hollande.

Rapprochement avec la droite (2012-2017)

Article détaillé : L'Alternative (France).
Logotype du Centre pour la France.

Le MoDem présente ou soutient 400 candidats « Centre pour la France » dont 75 % sont membres du parti aux élections législatives de 2012. Une centaine de candidats potentiels auraient quitté le mouvement après le 6 mai 2012. 40 % sont des femmes et 10 % représentent la diversité. Réalisant en moyenne 2,7 % des voix, seuls sept candidats se qualifient pour le second tour, dont Philippe Folliot, Alliance centriste et deux à La Réunion qui réalisent les meilleurs scores du MoDem. Le CpF a soutenu un certain nombre de candidats issus du Nouveau Centre, de l' Alliance centriste, du Parti radical et du Parti radical de gauche ou des socialistes dissidents en fonction des contextes locaux [52]. Ainsi, Rama Yade, radicale, ex-UMP, a été soutenue par le MoDem, de même que le maire divers gauche d' Autun Rémy Rebeyrotte [53].

Le , à la suite de l' affaire Cahuzac, François Bayrou annonce le lancement d'une pétition citoyenne visant à obtenir un référendum sur une loi de moralisation de la vie publique. En l'espace de 24 heures, la pétition recueille plus de 19 000 signatures.

En , François Bayrou déclare lors de ses vœux que « le Mouvement démocrate portera aux élections municipales de 2014 une démarche inspirée des GAM [54] ». « Ce qui compte pour une ville, ce n’est pas l’étiquette des candidats, mais leur qualité humaine et leur projet. J’ai en mémoire en vous disant cela l’expérience des GAM, groupes d’action municipale, qui changèrent autrefois la face de bien des villes. Ces groupes ont été constitués - je cite la phrase de leur constitution - « par des militants et des animateurs qui considéraient que les partis politiques ne répondaient pas en tant que tels aux besoins des citoyens ». Et c'était une première expérience de « démocratie participative ». » Selon le journal Sud Ouest, François Bayrou pourrait mettre en place un tel groupe d'action municipale nouvelle version dans sa ville de Pau [55]. Le , Marielle de Sarnez annonce que le MoDem soutiendra Alain Juppé lors des municipales à Bordeaux, comme il l'avait fait précédemment en 2008 [56]. Le , elle a également annoncé sur le plateau des 4 Vérités, sur France 2, qu'elle serait candidate en 2014 à la mairie de Paris pour représenter le MoDem. En 2008, la liste conduite par Marielle de Sarnez à Paris avait obtenu 9,08 % des suffrages. Le , Jean-Luc Bennahmias annonce sa candidature aux primaires de l'opposition à Marseille [57], provoquant une réaction des adhérents marseillais [58] qui réclament son départ, refusant une alliance avec le PS enfermé dans de lourdes affaires judiciaires [59]. Jean-Luc Bennahmias, désavoué par le bureau exécutif national, François Bayrou [60] et par les adhérents marseillais du parti centriste, est contraint de quitter le MoDem en et est remplacé par Childéric Muller, déjà président du comité de ville de Marseille [61] qui, après avoir tenté de monter des listes en deux jours [réf. nécessaire], soutiendra Jean-Claude Gaudin dès le premier tour. Michel Fanget (15,97 % des suffrages en 2008) a également annoncé pour sa part qu'il sera candidat en 2014 à la mairie de Clermont-Ferrand [62]. Geneviève Darrieussecq, maire MoDem de Mont-de-Marsan est de nouveau à la tête d'une liste d'union MoDem-UMP à l'instar de 2008 [63]. Le , Alain Juppé est venu soutenir François Bayrou lors d'un meeting dans la ville de Pau [55]. Au premier tour des élections municipales, les listes conduites par le Mouvement démocrate dans les communes de plus 10 000 habitants ont obtenu en moyenne plus de 15 % des voix et plus de 50 maires sont élus [64]. Au second tour, François Bayrou est élu maire de Pau, tandis que son parti conserve les villes de Biarritz, Saint-Brieuc, Mont-de-Marsan, Talence ou encore Saint-Leu à La Réunion.

Le 5 novembre 2013 François Bayrou signe avec Jean-Louis Borloo, président de l' Union des démocrates et indépendants (UDI), une charte qui unit leurs deux partis au sein d'une plate-forme politique commune, L'Alternative, avec l'ambition de conduire des listes communes aux élections nationales, européennes et régionales ainsi que d'organiser une primaire commune aux partis centristes en vue de l'élection présidentielle de 2017 [65]. Lors des élections européennes de mai 2014, les listes de l'Alternative obtiennent 9,93 % des voix, un résultat en hausse par rapport à celui de 2009. Sept eurodéputés du MoDem sont élus ou réélus.

Lors des élections départementales françaises de 2015, le MoDem retrouve la présidence du Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques et entre dans l'exécutif de nombreux conseils départementaux : Savoie (UMP), Territoire de Belfort (UMP), Calvados (UDI), Loir-et-Cher (UDI), Lozère (PS) notamment. Au soir du second tour, plus d'une quarantaine d'élus MoDem font leur entrée dans une vingtaine de conseils départementaux.

À l'occasion des élections régionales françaises de 2015 Le MoDem est allié avec les listes LR-UDI dans onze régions et se présente seul en Bourgogne-Franche-Comté dans laquelle sa tête de liste Christophe Grudler recueille 3,26 % des suffrages exprimés et à la Réunion, ou mené par son député Thierry Robert, il arrive en troisième position avec 20,32 % des suffrages exprimés, cette liste fusionnée avec la liste de gauche menée par la députée Huguette Bello (PLR) échouera au second tour.

Au total, le MoDem a obtenu 60 élus lors de ces élections.

Soutien à Emmanuel Macron

Élection présidentielle de 2017

La participation du Mouvement Démocrate aux élections de 2017 se montre par les prises de positions de François Bayrou et des autres responsables du parti.

Il prend tout d'abord la forme du soutien à la candidature d' Alain Juppé à la primaire de la droite et du centre [66], sans pour autant faire participer officiellement le MoDem à la primaire. La large victoire de François Fillon, qui devient ainsi le candidat des Républicains et de leurs alliés, rebat les cartes.

Interrogé sur la candidature d' Emmanuel Macron, président du mouvement En marche ! qui souhaite dépasser le clivage droite-gauche comme lui, François Bayrou émet tout d'abord des critiques, et parle d'un candidat « des forces de l'argent ». Cependant, lors d'une déclaration à la presse le concernant sa décision en vue de la prochaine échéance électorale, François Bayrou estime que la France est « décomposée » et propose une alliance à Macron pour ne pas prendre le risque de dispersion des voix. Il pose quatre exigences pour cette proposition (à savoir une véritable alternance dans les pratiques politiques, une loi sur la moralisation de la vie publique, l'amélioration de la rémunération du travail et l'introduction de la proportionnelle pour les élections législatives [67], [68], [69]) ; qu'Emmanuel Macron accepte aussitôt [70]. François Bayrou apporte depuis lors son soutien à Emmanuel Macron, notamment en assistant à un meeting du candidat à Reims [71].

Élections législatives de juin 2017

Un accord électoral est passé avec La République en marche !. Le MoDem devait présenter environ 90 candidats sous ses couleurs propres, en alliance avec La République en marche ! qui déclare vouloir présenter au total 577 candidats [72]. Néanmoins EM ne présente que 5 candidats MoDem sur 424 investitures le 11 mai 2017. François Bayrou déclare que «la liste n'a pas l'assentiment du MoDem. [...] Je convoque le bureau politique du MoDem vendredi soir en souhaitant que dans les heures qui viennent, un mouvement de raison permette des investitures communes dans toutes les circonscriptions, comme Emmanuel Macron et moi en sommes convenus depuis le premier jour de notre entente». Au 11 mai, le Modem maintenait au moins 12 candidats, tous désignés avant le ralliement à la candidature d'Emmanuel Macron. Un nouvel accord permet l'investiture de 80 candidats Modem. À l'issue du second tour des élections le 18 juin, le Modem obtient le nombre de 43 députés à l'Assemblée Nationale, ce qui constitue un record pour cette formation.

Participation aux gouvernements Philippe

Le 17 mai 2017, François Bayrou est nommé ministre d'État et ministre de la Justice, alors que Marielle de Sarnez devient ministre chargée des Affaires européennes. Les deux ministres quittent le gouvernement le 21 juin 2017, suite à l' affaire des assistants parlementaires du MoDem, et sont remplacés par Jacqueline Gourault et Geneviève Darrieussecq dans le gouvernement Philippe II.

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