Moselle (département)

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Moselle.
Moselle
Moselle (département) Moselle (département)
Administration
Pays Drapeau de la France  France
Région Grand Est
Création du département 1790 (Sans les arrondissements de Sarrebourg et Château-Salins, mais avec l' arrondissement de Briey, et l'ancien district de Sarrelouis, sous la Première République française)
1871 (Avec les frontières actuelles, mais dénommé Bezirk Lothringen, sous l' Empire allemand)
1919 (Avec le nom et les frontières actuelles, sous la Troisième République française)
Chef-lieu
( Préfecture)
Metz
Sous-préfectures Thionville
Sarreguemines
Sarrebourg
Forbach
Président du
conseil départemental
Patrick Weiten ( UDI)
Préfet Emmanuel Berthier [1]
Code Insee 57
Code ISO 3166-2 FR-57
Code Eurostat NUTS-3 FR413
Démographie
Gentilé Mosellans
Population 1 046 873 hab. (2013)
Densité 168 hab./km2
Géographie
Superficie 6 216 km2
Subdivisions
Arrondissements 5
Circonscriptions législatives 10
Cantons 27
Intercommunalités 33
Communes 729

La Moselle ( prononcé [ m o . z ɛ l]) est le département le plus peuplé de Lorraine. Il fait aujourd'hui partie de la région administrative Grand Est. Le département doit son nom à la rivière Moselle, un affluent du Rhin, qui la traverse dans sa partie ouest et arrose Metz, son chef-lieu. Ses habitants sont appelés les Mosellans. L' Insee et La Poste lui attribuent le code 57.

Histoire

Carte de la Moselle, entre 1790 et 1793, peu après sa création.
Carte de la Moselle en 1852 dans l'Atlas de Levasseur

La Moselle est l'un des 83 départements créés à la Révolution française, le en application de la loi du , à partir notamment de la partie nord de la Province de Lorraine et du temporel de l' Évêché de Metz. L'un de ses premiers préfets est le comte de Vaublanc, de 1805 à 1814. Le département connaît ensuite plusieurs rectifications de frontière jusqu'au traité de Paris de 1815, où lui est enlevé la ville de Sarrelouis et ses environs. Il en est de même pour les cantons de Sarrebruck et de Saint-Jean qui furent brièvement rattachés au département, de 1814 à 1815 [2]. Le département est alors divisé en quatre arrondissements : Metz (chef-lieu du département), Briey, Sarreguemines et Thionville.

La Moselle perd les communes de Bouquenom et Sarrewerden avec la majorité de l' Alsace bossue en 1793, ainsi que Obersteinbach en 1833. Ces trois localités furent rattachées au Bas-Rhin [3].

Annexion par l'Allemagne

Article détaillé : Alsace-Lorraine.

Par un traité de 1814, la Moselle perd au profit de la Prusse plusieurs communes et hameaux, dont le Canton de Tholey ainsi que sept communes du Canton de Sierck-les-Bains [2]. Même chose en 1815 ou le département perd les cantons de Relling et Sarrelouis qui deviennent partiellement allemands. Certaines des communes et hameaux concernés redeviennent français en 1829 ( convention de délimitation du 23 octobre) [4].

Le , Ce département est rayé de la carte à la suite du traité de Francfort par lequel le nouvel Empire allemand, proclamé le 18 janvier précédent dans la galerie des glaces du château de Versailles, en annexe la plus grande partie, ainsi qu'une portion du département de la Meurthe et des Vosges [5]. Seul l'extrême-ouest de la Moselle, correspondant à l'actuel arrondissement de Briey, reste français et forme avec les arrondissements du département de la Meurthe restés français, le nouveau département de Meurthe-et-Moselle. Les territoires devenus alors allemands comprennent non seulement la partie germanophone de la Lorraine (avec en plus des zones anciennement germanophones) : Thionville, Boulay, Sarreguemines et Sarrebourg, dont les habitants parlent le francique lorrain, ou Platt, mais encore des régions où l'on parle français, comme le Pays messin et la majeure partie du Saulnois. Les arrondissements existants depuis la Révolution sont redécoupés [6], et l'on crée le Bezirk Lothringen, « district de lorraine » correspondant à l'actuel département de la Moselle. Il forme alors, avec l' Alsace, le Reichsland d'Alsace-Lorraine, avec Strasbourg pour chef-lieu.

De là est né le mythe des provinces perdues, correspondant en fait à cette nouvelle terre d’Empire, ou Reichsgebiet, dont les traces subsistent dans le statut particulier de l' Alsace-Moselle. L' esprit de revanche, que nourrissait la perte de l'Alsace et de la Lorraine au sein de la population française et de sa classe politique, exalte en France un sentiment profondément germanophobe [7], propice aux velléités guerrières de la France. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, les Mosellans sont incorporés dans les troupes allemandes. Entre 1914 et 1918, si 18 000 Alsaciens et Mosellans s'engagent dans l'Armée française, 380 000 Alsaciens-Lorrains, soit plus de 95% des conscrits, se battent pour l' Empire allemand jusqu’à la fin de la guerre [8]. Leurs tombes sont aujourd'hui entretenues par le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge. Ceci explique la spécificité des monuments aux morts du département, qui ne portent souvent que l'inscription lapidaire « À nos morts », en lieu et place du traditionnel « Morts pour la France ».

Résurgence

Carte du Nord-Est de la France montrant la frontière de l'Empire allemand séparant le Haut-Rhin de l'actuel Territoire-de-Belfort, rajoutant deux cantons vosgiens au Bas-Rhin, coupant l'ancien département de la Meurthe en son tiers nord-est et l'ancien département de la Moselle en son quart ouest. Les deux territoires nord-est ont formé le département actuel de la Moselle et ceux du sud-ouest l'actuel département de la Meurthe-et-Moselle.
Redécoupage des frontières départementales à la suite de l'annexion de 1871.

Entre l' armistice du 11 novembre 1918 et la promulgation du traité de Versailles le 10 janvier 1920, la Moselle est, juridiquement, un territoire sous occupation de l'armée française. Quand en 1919, le traité de Versailles rend à la France les territoires lorrains perdus, on ne reconstitue pas les anciens départements, mais le " Bezirk Lothringen" devient le « nouveau » département de la Moselle, conservant les anciens arrondissements de Boulay-Moselle, Forbach, Metz, Sarreguemines et Thionville et ceux de Château-Salins et Sarrebourg, qui avant 1871, appartenaient à la Meurthe. Le département de Meurthe-et-Moselle reste de ce fait inchangé, conservant l'arrondissement « mosellan » de Briey.

Dans l' entre-deux-guerres, la Moselle reste traumatisée par les déchirures de la guerre et les dommages collatéraux des nationalismes.

Les intellectuels mosellans réagissent diversement au rattachement de la Moselle à la France. Si l'avocat Robert Schuman se montre pacifique et démocrate, certains s’engagent sur la voie d’un nationalisme pro-français, revanchard et cocardier. D’autres s’engagent sur la voie antagoniste d’un nationalisme pro-allemand, tout aussi vindicatif et belliqueux. D’autres encore, comme Adrienne Thomas [9], Polly Maria Höfler (1907-1952), Ernst Mungenast ou Alfred Pellon [10], hésitent entre un pacifisme sincère, mais naïf, et un régionalisme culturel identitaire [11]. Ces mouvements, plus ou moins autonomistes, seront ensuite largement exploités par les nazis [12]. Ce combat identitaire, souvent mené par des intellectuels idéalistes, qui s’inscrit parmi des courants de sensibilité à l’œuvre dans l’Europe entière, traduit aussi une crise d’identité propre à l’ensemble des Alsaciens-Lorrains [13].

Seconde Guerre mondiale

Modèle de vase en faïence de Sarreguemines
Article détaillé : Annexion de la Moselle (1940).

La Moselle est touchée par la Seconde Guerre mondiale, dès la déclaration de guerre le 3 septembre 1939 : près de 30 % du territoire de la Moselle se trouve entre la Ligne Maginot et la frontière allemande [14]. 302 732 personnes, soit 45 % de la population du département, sont évacuées pendant le mois de septembre 1939 vers des départements du Centre et de l'Ouest de la France, essentiellement la Charente, la Charente inférieure, la Vienne, la Haute-Vienne et enfin la Haute-Loire qui accueillent les mineurs [15]. L'ordre d'évacuation pour les villages frontaliers comme Oberdorff a été donné dès le 1er septembre [16]. Parmi les quelque 300 000 évacués, 200 000 reviendront après la défaite [17].

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, malgré l'armistice du , la Moselle est à nouveau annexée, en juillet de la même année, par l' Allemagne nazie. Elle n'est pas réunie à l' Alsace, qui subit le même sort, mais intégrée au Gau Westmark, la "Marche de l'Ouest", comprenant aussi la Sarre et le Palatinat, Sarrebruck en était le chef-lieu. L'importance de la population francophone en Moselle, ou tout simplement francophile, amène le Gauleiter Bürckel à procéder à des expulsions massives vers la France. L' évêque de Metz, Joseph-Jean Heintz, expulsé dès le mois d'août, en est un bon exemple. Moins bien traités que les Alsaciens, les Lorrains expulsés se félicitèrent bientôt de leur destin quand, en 1942, les jeunes Mosellans restés ou retournés au pays furent soumis à l' incorporation de force dans les armées allemandes.

Comme dans le reste de la France, plusieurs types de résistance à l'annexion virent le jour, prenant parfois la forme de groupes organisés et structurés, comme le Groupe Mario, animé par Jean Burger, ou le Groupe Derhan. Au cours de ces années noires, plus de dix mille Mosellans furent déportés dans des camps, notamment dans les Sudètes, pour s'être opposés publiquement à l'annexion en janvier 1943 [18]. Si des villages lorrains furent libérés dès le début de septembre 1944, au début de la Bataille de Metz, la ville elle-même ne fut libérée que le 21 novembre et il fallut attendre le mois de mars 1945 pour voir les combats cesser dans le nord-est du département.

Le bilan matériel de la guerre est très lourd en Moselle. À partir du printemps 1944, les bombardiers américains se sont succédé par vagues au-dessus de la Moselle, faisant d’énormes dégâts collatéraux. Si les populations civiles furent durement touchées, les dégâts matériels furent plus grands encore [note 1]. Les dévastations sont généralisées dans la vallée de la Seille, entre Dieuze et Metz, et au nord d'une ligne Forbach- Bitche. 23 % des communes de la Moselle furent détruites à plus de 50 %, et 8 % des communes le furent à plus de 75 % [19]. Dans la seule journée du 9 novembre 1944, un total de 1 299 bombardiers lourds B-17 et B-24 déversèrent 3 753 tonnes de bombes, de 1 000 à 2 000 livres, sur les ouvrages fortifiés de la Moselstellung et les points stratégiques situés dans la zone de combat de la IIIe armée [20]. Ce funeste ballet aérien ne prendra fin, au-dessus de la Moselle, qu’en mars 1945, lorsque le département sera entièrement libéré.

Le département de la Moselle est aujourd'hui sous régime concordataire et dispose d'un droit local spécifique.

Other Languages
Afrikaans: Moselle
Alemannisch: Moselle
aragonés: Mosela
беларуская (тарашкевіца)‎: Мазэль (дэпартамэнт)
Cebuano: Moselle
čeština: Moselle
Cymraeg: Moselle
dansk: Moselle
Esperanto: Moselle
euskara: Moselle
فارسی: موزل
suomi: Moselle
galego: Mosela
客家語/Hak-kâ-ngî: Moselle
Bahasa Indonesia: Moselle
日本語: モゼル県
ქართული: მოზელი
한국어: 모젤 주
Ladino: Moselle
Lëtzebuergesch: Departement Moselle
Limburgs: Moselle
Malagasy: Moselle
मराठी: मोझेल
Bahasa Melayu: Moselle
Plattdüütsch: Moselle
norsk nynorsk: Moselle
norsk bokmål: Moselle (departement)
Kapampangan: Moselle
پنجابی: ضلع موزل
português: Mosela
română: Moselle
sámegiella: Moselle
srpskohrvatski / српскохрватски: Moselle (departman)
Simple English: Moselle
slovenščina: Moselle
српски / srpski: Мозел (департман)
svenska: Moselle
Kiswahili: Moselle
Türkçe: Moselle
Tiếng Việt: Moselle
Winaray: Moselle
中文: 摩泽尔省
Bân-lâm-gú: Moselle