Montbéliarde

Montbéliarde
image illustrative de l’article Montbéliarde
Région d’origine
RégionFranche-Comté
Caractéristiques
Taille143-144 cm au sacrum pour une primipare
RobePie Rouge
Autre
DiffusionNationale
Utilisationmixte à dominante laitière

La montbéliarde est une race bovine française issue du métissage de race venue de Suisse et de races autochtones franc-comtoises. C'est une race du rameau Pie rouge des montagnes, issue de métissage entre variétés franc-comtoises et suisses entre les XVIIIe et XIXe siècles.

C'est une race mixte : elle est une excellente laitière pour la fabrication de fromages, première laitière dans les appellations d'origine protégées françaises, et produit conjointement une viande de qualité. Sa place dans l'élevage bovin en France est en croissance constante depuis les années 1950.

Historique et répartition

Origine raciale

Gravure noir et blanc montrant un troupeau bovin sur la place d'un village. Les animaux sont blancs ou rouge sombre-noir à ventre et tête blanche.
Bétail blanc et rouge sombre en 1877.

Au XVIIIe siècle, la Franche-comté possède deux races principales distinctes, la fémeline[a 1], fine, laitière de couleur blond-froment et élevée principalement dans le piémont et la tourache[a 2], rouge foncé à ventre blanc, moins laitière et plus puissante à la traction, élevée plus haut en altitude pour sa capacité à charrier du bois. Ces deux populations ne sont pas bien différenciées, d'autant plus que des métissages existaient[1]. À cette époque, la région exporte des bœufs de travail et des vaches de réforme pour engraissement vers la région betteravière du nord de la France. Or, les deux races sont indistinctement nommées comtoises sans plus de précision[a 3].

Vers 1708, des Mennonites, originaires du canton de Berne en Suisse sont expulsés par les autorités bernoises[1]. Ils sont accueillis dans la Principauté de Montbéliard accompagnés de leur cheptel de race bernoise, la Simmental, du canton de Neuchâtel et de la version pie rouge de race fribourgeoise du canton de Fribourg. Ces deux races proches sont aussi peu différenciées que les deux comtoises[a 4]. Ce groupe bovin suisse est croisé avec des races locales, les éleveurs locaux amenant leurs vaches aux taureaux étrangers pour améliorer la production de leur troupeau. Ces métissages, donnent la vache « comtoise améliorée », nom donné dans les années 1870-1880 et diluant la tourache dans la comtoise. Outre la meilleure capacité laitière des vaches suisses, dans la région de Montbéliard, les éleveurs d'origine suisse appliquent des méthodes de sélections inconnues côté français. Ainsi, pour Philippe J. Dubois, la montbéliarde est une fribourgeoise pie rouge sélectionnée avec quelques apports génétiques de fémeline et tourache[a 5].

Structuration de la profession

Photo couleur d'un opérateur en bleu de travail. Il a un bras droit enfoncé dans le rectum d'une vache pie rouge à mamelle développée et sa main gauche guide un tube relié à une seringue pour injecter le sperme de taureau.
Insémination artificielle dans le Doubs.

Durant un siècle, les éleveurs travaillent à unifier le type de leur cheptel et à améliorer la productivité. La montbéliarde apparait la première fois sous ce nom en 1872 au comice agricole de Langres et la race devient officielle à partir de sa présentation à l'exposition universelle de 1889 à Paris ; au même moment, le registre généalogique ou herd-book, est ouvert. Le vétérinaire Boulland en est le président. Plusieurs autres personnes vont jouer un rôle dont M. Kholer, descendant d'une famille mennonite ; il a étudié les fromageries suisses et allemandes et initie la création de syndicats d'élevage. En 1903, ces syndicats sont au nombre d'une cinquantaine ; leur rôle est l'échange d'information, le choix des taureaux aptes à la monte naturelle, la tenue d'état civil des animaux ou le jugement de la conformation des bêtes avant entrée dans le registre racial[2]. Les premiers contrôles laitiers apparaissent en 1914 et les premières inséminations artificielles réussies ont lieu en 1937[3]. Les syndicats locaux ont vu leur rôle repris, au niveau national par les centres d'insémination artificielle après la seconde Guerre mondiale. C'est à cette époque que se met en place le testage des taureaux[2].

Ce travail collectif est à mettre en relation avec l'usage collectif des pâturages et l’existence de fruitières, système coopératif avant l'heure[4].

Aujourd'hui, la race Montbéliarde est gérée par l'Organisme de Sélection de la Race Montbéliarde (O.S. Montbéliarde), association regroupant les éleveurs, les entreprises à l'origine du progrès génétique et les structures utilisatrices de la montbéliarde. Les missions de l'O.S. Montbéliarde sont l'orientation de la sélection et la promotion de la race. Son siège est situé à Roulans, dans le Doubs[5].