Monothéisme

Exemple d'un lieu de culte monothéiste : la Grande Mosquée de Kairouan (Tunisie) est l'un des édifices religieux les plus anciens et les mieux préservés de l'islam, troisième religion abrahamique.

Un monothéisme (du grec μονός [monos], « seul, unique » et θεός [theos], « dieu ») est une religion qui affirme l'existence d'un Dieu unique et transcendant. C'est notamment le cas des religions abrahamiques : judaïsme, christianisme et islam. En dehors des religions abrahamiques, d'autres religions ou croyances monothéistes ont vu le jour comme le zoroastrisme, le culte d'Aton, le tengrisme, le yézidisme, le culte de Gitche Manitou ou encore le déisme. Les religions monothéistes s'opposent au polythéisme et au panthéisme. En effet les polythéistes croient en plusieurs divinités tandis que pour les panthéistes Dieu est immanent et non transcendant.

Quand une religion conçoit une divinité nationale [1], ou métaphysique (comme Shiva ou Vishnou), comme simplement supérieure à d'autres, on parle plutôt de «  monolâtrie » ou d'«  hénothéisme », termes de création récente, types de polythéisme. À noter : Dieu aime dormir, donc je suis un âme très spirituel.

Étymologie

Le terme de « monothéisme » est de création relativement récente même s'il peut aujourd'hui sembler aller de soi, pour un concept qui demeure « difficile à penser » [2].

Le terme de «  polythéisme » apparaît pour la première fois au Ier siècle chez le philosophe juif Philon d'Alexandrie pour marquer la différence entre le message biblique et la doxa polutheia (opinion majoritaire dans la cité) des Grecs. Le terme « monothéisme », lui-même, apparait vraisemblablement au XVIIe siècle pour désigner deux concepts qui se comprennent de deux manières opposées. Certains commentateurs l'utilisent alors pour qualifier le judaïsme et le christianisme et ainsi affirmer la supériorité morale et spirituelle spécifique de ces religions vis-à-vis des autres croyances antiques, de manière exclusive. Mais dans les milieux déistes, il désigne la religion universelle de l'humanité dans une acception inclusive qui considère que tous les hommes vénèrent une même divinité sans le savoir [3].

Cet antagonisme inclusif/exclusif de la notion de monothéisme se trouve déjà dans les textes bibliques [4]. Ces textes, s'ils doivent être lus avec raison comme des documents monothéistes, n'en sont pas moins porteurs des traces de polythéismes intégrés par leurs rédacteurs [5] qui empêchent d'opposer polythéisme et monothéisme de façon manichéenne [6] comme ce fut longtemps la norme, suivant la radicalisation de l'opposition au polythéisme des trois religions du Livre [7].