Maurice Pialat

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Maurice Pialat
Naissance
Cunlhat, Puy-de-Dôme, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Décès (à 77 ans)
Paris, France
Profession Réalisateur
Films notables L'Enfance nue
Nous ne vieillirons pas ensemble
Loulou
À nos amours
Sous le soleil de Satan
Van Gogh
Séries notables La Maison des bois

Maurice Pialat, né le à Cunlhat ( Puy-de-Dôme) et mort le à Paris, est un réalisateur de cinéma et peintre français.

Après avoir d'abord voulu être peintre, Maurice Pialat réalise au cours des années 1950 et 1960 des courts métrages amateurs puis professionnels. Ce n'est qu'en 1968, à l'âge de 43 ans, qu'il peut tourner son premier long métrage, L'Enfance nue, une fiction sur un enfant de l'assistance publique tournée avec des acteurs non professionnels. Après la réalisation d'une série pour l'ORTF, La Maison des bois, il tourne avec Marlène Jobert et Jean Yanne un film qui remporte un premier succès public, Nous ne vieillirons pas ensemble. Le film suivant en revanche, La Gueule ouverte, est un échec public et financier et Pialat doit attendre quatre ans avant de pouvoir tourner un nouveau long métrage.

Dans les années 1980, il rencontre un certain succès public avec Loulou, À nos amours, Police et Sous le soleil de Satan.

Maurice Pialat a reçu le prix Jean-Vigo pour L'Enfance nue (1968), le prix Louis-Delluc et le César du meilleur film pour À nos amours (1983) et la palme d'or au festival de Cannes pour Sous le soleil de Satan (1987).

Biographie

Maurice Pialat naît à Cunlhat en Auvergne le 31 août 1925. Son père est d'abord marchand de bois, de vin et de charbon, mais est bientôt ruiné et la famille déménage à Courbevoie. L'enfant est surtout éduqué par sa grand-mère à Villeneuve-Saint-Georges [1].

Maurice Pialat a d'abord voulu être peintre. Il suit des cours d'architecture puis de peinture à l' école nationale supérieure des arts décoratifs pendant la Seconde Guerre mondiale et a exposé son œuvre au Salon des moins de 30 ans à la Libération [2]. Il renonce ensuite à la peinture pour vivre de petits boulots ( visiteur médical de 1949 à 1953, représentant de commerce pour les machines à écrire Olivetti de 1954 à 1957, acteur de théâtre) [3].

Dans les années 1950, il achète une caméra et réalise quelques courts métrages amateurs ( Isabelle aux Dombes, Drôles de bobines tourné en 1957 ou L'Ombre familière en 1958...) qui lui permettent d'être remarqué par le producteur Pierre Braunberger, lequel produit son premier court métrage professionnel, L'Amour existe (1960). Pialat réalise deux ans plus tard Janine sur un scénario de Claude Berri dans lequel il montre la dérive nocturne de deux amis dans les rues de Paris [4].

En 1962, il part en Turquie pour réaliser une série de six courts métrages de commande, Chroniques turques. À la même époque, il tourne aussi en Arabie saoudite [5].

En 1964, il participe comme technicien au moyen métrage d' Henry Zaphiratos, Des enfants sages.

À la différence de ses contemporains de la Nouvelle Vague qui ont réussi à passer au long métrage très tôt, Maurice Pialat doit attendre 1968 pour réaliser son premier long métrage, L'Enfance nue, qui sort sur les écrans en janvier 1969. À l'origine, Pialat a voulu tourner un documentaire sur les enfants de l' Assistance publique. Le projet est ensuite devenu une œuvre de fiction qui montre l'histoire d'un enfant de dix ans, séparé de sa famille et placé chez un couple âgé puis en centre de redressement. Le film est sélectionné à la mostra de Venise et reçoit le prix Jean-Vigo [4].

En septembre et octobre 1971, la deuxième chaîne de l'ORTF lui confie la réalisation d'une série intitulée La Maison des bois. La série évoque la vie d'un groupe d'enfants déplacés dans un village d'Île-de-France pendant la Première Guerre mondiale [4].

Pialat peut ensuite réaliser son second long métrage, Nous ne vieillirons pas ensemble, à partir d'un livre qu'il avait écrit. Pour la première fois, Pialat tourne avec des vedettes, Jean Yanne et Marlène Jobert. Le film est sélectionné au festival de Cannes et permet à Jean Yanne de recevoir le prix d'interprétation masculine. Le film est aussi un succès critique et public (1,7 million d'entrées en France) [4], [6]. À la sortie du film, Pialat déclare : « Ce qui est grave dans le cinéma, c'est qu'il n'a jamais fait de progrès. Le premier film était le meilleur… Il y avait déjà tout [7], [note 1]. »

Après le succès de Nous ne vieillirons pas ensemble, Maurice Pialat réalise La Gueule ouverte (1974) qui montre l'agonie d'une mère de famille victime d'un cancer. Cette fois-ci, le film est un désastre commercial avec 27 000 entrées en France. Sa société, Lido Films, est en faillite et Pialat met quatre ans avant de pouvoir réaliser un nouveau long métrage [4], [8].

Passe ton bac d'abord (1978) montre la vie d'un groupe d'adolescents à Lens. Le film permet à Pialat de renouer avec le succès commercial (330 000 entrées en France) [4], [9].

Tombe de Maurice Pialat au cimetière de Montparnasse (9e division), à Paris.
Maurice Pialat a rencontré Gérard Depardieu peu de temps avant le tournage de La Gueule ouverte et a envisagé de lui donner le rôle avant que Depardieu ne se rende compte qu'il ne pouvait faire en même temps Les Valseuses et La Gueule ouverte. Il a ensuite travaillé avec lui dans Loulou, Police, Sous le soleil de Satan et Le Garçu [10].

Loulou, réalisé en 1979 à partir d'un scénario d' Arlette Langmann, raconte l'histoire d'une femme, Nelly, qui quitte son compagnon et sa vie bourgeoise pour vivre son histoire d'amour avec Loulou, un type qui ne travaille pas et passe son temps à traîner dans les cafés avec ses amis. Le film est un succès critique et commercial (940 000 entrées en France) [11], [12].

Sandrine Bonnaire est révélée en 1983 par À nos amours. Elle tourne ensuite Sous le soleil de Satan.

Avec À nos amours, réalisé en 1983 à partir d'un scénario d' Arlette Langmann, Maurice Pialat révèle l'actrice Sandrine Bonnaire qui n'a alors que quinze ans et interprète le rôle du père. Le film est de nouveau un grand succès populaire (950 000 entrées en France). Le film reçoit le César du meilleur film et le prix Louis Delluc [1], [13]. Sur le tournage du film, Maurice Pialat rencontre Sylvie Danton, qui officie comme régisseur et qui devient par la suite sa compagne et sa femme [14].

En 1985, il réalise Police, son seul film de genre, avec Sophie Marceau, Gérard Depardieu et Richard Anconina, d'après un scénario de Catherine Breillat ; c'est la deuxième collaboration avec Gérard Depardieu qui se sentira toujours proche de ce réalisateur atypique. Cette fois-ci, Pialat rassemble 1,8 million de spectateurs dans les salles [15].

Maurice Pialat reçoit la palme d'or au festival de Cannes 1987 pour Sous le soleil de Satan. Sous les sifflets d'une partie de la salle qui aurait voulu voir le prix adressé aux Ailes du désir de Wim Wenders, il dresse le poing et lâche : « Si vous ne m'aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus [1]. ». Comme toujours au cours des années 1980, le public est au rendez-vous avec 815 000 entrées en France [16].

En 1991, Maurice Pialat réalise son Van Gogh. Le film montre les derniers jours du peintre à Auvers-sur-Oise, ses relations avec son frère Théo Van Gogh et le docteur Gachet et ses amours avec la fille du docteur Gachet. Avec 1,3 million d'entrées en France, le film est de nouveau un grand succès populaire [17]. Lors de la cérémonie des Césars, Pialat se vexe parce que son film nommé dans de nombreuses catégories ne reçoit finalement qu'un César, celui du meilleur acteur pour Jacques Dutronc [18].

À 66 ans, Maurice Pialat a un fils avec Sylvie Pialat, Antoine, né le 27 janvier 1991, qu'il fait jouer à l'âge de quatre ans dans Le Garçu [19], [14].

Son dernier film, Le Garçu, sorti en 1995, rassemble moins de spectateurs que les précédents (300 000 entrées en France) [20].

Victime d'une insuffisance rénale grave dans les dernières années de sa vie, Maurice Pialat doit subir des dialyses trois fois par semaine [21]. Il meurt des suites de cette maladie rénale le 11 janvier 2003. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse à Paris [22]. À sa mort, sa femme Sylvie Pialat révèle au public ses peintures à l'occasion d'une exposition à l' Institut Lumière de Lyon [2].

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