Maurice Papon

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Maurice Papon
Maurice Papon à la préfecture de Bordeaux, en avril 1945.
Maurice Papon à la préfecture de Bordeaux, en avril 1945.
Fonctions
Ministre du Budget
Président Valéry Giscard d'Estaing
Premier ministre Raymond Barre
Gouvernement Barre
Prédécesseur Pierre Bernard-Reymond
Successeur Laurent Fabius
Député du Cher
Prédécesseur Laurent Bilbeau
Successeur Berthe Fiévet
Maire de Saint-Amand-Montrond
1971 [Quand ?] 1983 [Quand ?]
Prédécesseur Robert Lazurick
Successeur Serge Vinçon
Maire de Gretz-Armainvilliers
1955 [Quand ?] 1958 [Quand ?]
Prédécesseur Georges Travers
Successeur Anatole Gaucherot
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Gretz-Armainvilliers
( Seine-et-Marne, France)
Date de décès (à 96 ans)
Lieu de décès Pontault-Combault
( Seine-et-Marne, France)
Nationalité Française
Parti politique UDR, RPR
Profession Haut fonctionnaire
Maurice Papon
Complice de crimes contre l'humanité
Condamnation
Sentence 10 ans de réclusion criminelle pour complicité de crime contre l'humanité
Organisation de l'arrestation de Juifs
Affaires Occupation allemande
Période 1942 - 1944
Pays Drapeau de la France  France
Régions Aquitaine, Gironde
Ville Bordeaux
Arrestation 1984

Maurice Papon, né le à Gretz-Armainvilliers ( Seine-et-Marne) et mort le à Pontault-Combault, est un haut fonctionnaire et un homme politique français. Il a été condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l'humanité concernant des actes — l'organisation de la déportation vers les camps de la mort des Juifs de la région — commis quand il était secrétaire général de la préfecture de Gironde, entre 1942 et 1944, sous l' Occupation nazie.

Préfet de police à partir de mars 1958, il a également été impliqué dans la répression sanglante de la manifestation du 17 octobre 1961 organisée par le FLN, puis dans celle du 8 février 1962, organisée par le PCF pour protester contre l' OAS et connue depuis sous le nom d' affaire de la station de métro Charonne.

Ayant par la suite mené une carrière de haut fonctionnaire, jusqu'à des postes ministériels, Maurice Papon a été rattrapé par son passé en 1981, à la suite d'un article du Canard Enchaîné paru entre les deux tours de l' élection présidentielle, alors qu'il était ministre du Budget du gouvernement Barre. Dix-sept années de batailles juridiques ont suivi avant sa condamnation.

Jeunesse et premières affectations

Fils de notable, Maurice Papon passe une partie de sa jeunesse à Gretz-Armainvilliers, dans la maison familiale où il est né. Son père, Arthur Papon, premier clerc à l'étude de Me Aulagnier, fonde la Société française des verreries champenoises et sa mère se consacre à son éducation. Maurice Papon a neuf ans lorsque son père, de centre-gauche, devient maire de Gretz, poste qu'il conserve jusqu'en 1937 et qu'il cumulera avec celui de conseiller général du canton de Tournan-en-Brie et de président de ce même conseil en 1937 [1].

Après des études secondaires à Paris, au lycée Montaigne et au lycée Louis-le-Grand, Maurice Papon fait des études de droit et de lettres, milite à la Ligue d'action universitaire républicaine et socialiste aux côtés de Pierre Mendès France [2]. Il est introduit par son père auprès d'amis politiques députés, très influents dans le Parti républicain, radical et radical-socialiste [3] : il est ainsi membre du cabinet de Jacques-Louis Dumesnil, ministre de l'Air dans les trois gouvernements Laval de 1931 à 1932.

En 1932-1933, il effectue son service militaire : six mois de formation au peloton des élèves officiers de réserve de Saint-Cyr, puis officier au 2e régiment d'infanterie coloniale, à la caserne des Tourelles à Paris, dans la compagnie d'instruction.

Il prépare le concours de l' Inspection générale des finances mais échoue. Marié, père d'une petite fille, il se présente au concours de rédacteur au ministère de l'Intérieur en 1935 pour subvenir au besoin de sa famille. Admis en bonne place, il choisit Paris et il est affecté à l'Administration départementale et communale, où il fait la connaissance de Maurice Sabatier, alors directeur adjoint. Il est rapidement détaché auprès de François de Tessan, secrétaire d’État dans les deux gouvernements Léon Blum et les deux gouvernements Camille Chautemps. Puis il réintègre l'Administration départementale et communale.

Il publie des articles dans Le Peuple de la Brie, dont le directeur politique est François de Tessan. Ce dernier lui avait confié l'examen des questions marocaines. En 1938 et 1939, il écrit aussi dans Le Jacobin, journal bimensuel des jeunes radicaux dont le rédacteur en chef est Jacques Mitterrand [4]. Il écrit aussi dans le Journal de la démocratie et dans La République de Seine-et-Marne, organe du parti républicain radical (centre-gauche).

Mobilisé en septembre 1939 au 2e régiment d'infanterie coloniale à Brest, il s'occupe d'intendance et s'ennuie. Il se porte alors volontaire pour le Proche-Orient, où opère le 2e RIC. Il est envoyé à Tripoli du Liban, puis, pour les services de renseignement, il commande en le poste de Ras el Aïn [5], où il étudie l'islam.

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