Maurice Merleau-Ponty

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Maurice Merleau-Ponty
Maurice Merleau-Ponty.jpg
Naissance
Décès
(à 53 ans)
Paris
Lieu d'enterrement
Nationalité
Langue maternelle
Formation
École/tradition
Principaux intérêts
Idées remarquables
Chair/chiasme, visible/invisible, phénoménologie du langage, perception
Œuvres principales
La structure du comportement
Phénoménologie de la perception
Le visible et l'invisible
Influencé par
A influencé

Maurice Merleau-Ponty est un philosophe français, né à Rochefort-sur-Mer le et mort le à Paris. Il est le cousin du philosophe des sciences Jacques Merleau-Ponty.

Biographie

L'enseignant

Après des études secondaires terminées au lycée Louis-le-Grand à Paris, Maurice Merleau-Ponty devient élève de l' École normale supérieure de Paris, à la même époque que Jean-Paul Sartre (avec lequel il entretient des relations d'amitié), et est reçu deuxième à l' agrégation de philosophie en 1930.

D’abord professeur à Beauvais ( 1931- 1933), puis au lycée Marceau à Chartres ( 1934- 1935), ensuite répétiteur («caïman») à l’École normale supérieure de Paris ( 1935- 1939) et mobilisé au 5e régiment d'infanterie et à l’état-major de la  division légère d’infanterie ( 1939- 1940), il enseigne aussi au lycée Carnot ( 1940- 1944) et en première supérieure au lycée Condorcet ( 1944- 1945). Enfin, il obtient un doctorat en lettres en 1945 avec La Structure du comportement ( 1942) et la Phénoménologie de la perception ( 1945) à la Sorbonne.

Il est ensuite nommé maître de conférences de philosophie à la faculté des lettres de l'université de Lyon ( 1945), puis professeur titulaire de la chaire de psychologie (janvier 1948). À la rentrée 1949 il est nommé maître de conférences de psychologie pédagogique à la faculté des lettres de l' université de Paris et obtient le titre de professeur sans chaire en janvier 1950. Enfin, il devient titulaire à partir de 1952, jusqu'à sa mort en 1961 de la chaire de philosophie du Collège de France qu'avaient illustrée avant lui Henri Bergson, Édouard Le Roy ou Louis Lavelle. Sa conférence inaugurale s'intitule « Éloge de la philosophie » : son acuité d'esprit et son intelligence exceptionnelle lui ont permis d'inspirer et d'enthousiasmer de nombreux jeunes philosophes.

Merleau-Ponty fut aussi membre du comité directeur de la revue Les Temps modernes en tant qu' éditorialiste politique, de la fondation de la revue en jusqu'en , soit à l'époque de la rupture de son amitié avec Jean-Paul Sartre (la « rupture » eut lieu en ) [1].

Merleau-Ponty s'engage aussi politiquement, faisant ainsi partie du bureau national du cartel de l' Union des forces démocratiques (UFD), mis sur pieds pour les élections législatives de 1958 et qui rassemblait la gauche non communiste et anti- gaulliste.

À l'âge de cinquante-trois ans, il meurt d'un arrêt cardiaque le soir du , assis à son bureau, où la Dioptrique de Descartes était encore ouverte [2]. « Il laisse une œuvre considérable, inachevée, et singulièrement un livre auquel il travaillait et qui devait constituer son chef-d'œuvre : Le visible et l'invisible » [3]. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (52e division).

Claude Lefort est l' exécuteur testamentaire de son œuvre [4]. Son épouse Suzanne est décédée en 2010 à 96 ans.

La rupture avec Sartre

À l'époque de la guerre de Corée, Sartre s'était permis de publier son article « Les Communistes et la paix » ( 1952) sans prévenir quiconque à la revue des Temps modernes. Supportant difficilement l'attitude qu'avait prise Sartre, à partir de 1950, dans la direction de cette revue, Merleau-Ponty l'appela après que Sartre eut fait sauter sans l'avertir un texte qu'il avait rédigé pour chapeauter un article marxiste (de Sartre), qu'il estimait ne pas être publiable sans ce chapô, dans le numéro de [5]. La conversation téléphonique, tendue, dura deux heures [6], puis fut suivie de trois longues lettres où s'expriment bien sûr leurs désaccords politiques, ainsi que leurs désaccords sur le rôle de l' intellectuel, mais aussi des divergences philosophiques, voire personnelles. Ces lettres marqueront la rupture de leur amitié qui datait de leurs années d'études à l' École normale supérieure de Paris – rupture qui semble ne jamais avoir été acceptée par l'un comme par l'autre, selon François Ewald [7].

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