Marie (mère de Jésus)

Cet article traite de Marie (mère de Jésus) dans les textes religieux. Pour Marie dans les dogmes chrétiens particulièrement, voir Mariologie et Théotokos. Pour les pratiques de vénération dont Marie fait l'objet, voir Culte marial. Pour un angle de vue spécifiquement musulman, voir Maryam (mère de Îsâ).
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Marie
Sainte chrétienne
Image illustrative de l'article Marie (mère de Jésus)
Raphaël, La Petite Madone Cowper (v. 1505)
Sainte
Vénérée par Église catholique, Église orthodoxe
Fête Mère de Dieu ( 1er janvier)
Annonciation 25 mars
Visitation ( 30 mars pour les Églises orthodoxes, 31 mai pour l' Église catholique)
Dormition et Assomption (15 août)
Sainte Marie Reine  (en) (22 août)
Nativité ( 8 septembre)
Saint nom de Marie  (es) (12 septembre)
Présentation (21 novembre)
Immaculée Conception ( 8 décembre)
Sainte patronne France

Marie, en araméen Maryam ܡܪܝܡ, en hébreu Myriam מרים [1], en grec Μαρία, María, en arabe Maryam مريم, fille juive de Judée, est la mère de Jésus de Nazareth. Les Églises catholique et orthodoxe accordent une place essentielle à Marie, qu'elles appellent Marie de Nazareth, Sainte Vierge, Vierge Marie, Notre Dame (plus souvent chez les catholiques francophones) ou Mère de Dieu (chez les orthodoxes comme chez les catholiques).

Comme pour son fils Jésus, il est impossible d'écrire une biographie de Marie. Une grande partie des traces historiques se trouvent dans les récits apocryphes qui développent souvent les élaborations présentes dans les textes canoniques du Nouveau Testament mais qui peuvent aussi reconstituer une certaine trame historique [2].

Dans les Églises catholique et orthodoxe, Marie est l'objet d'un culte particulier, supérieur au simple culte rendu aux saints et aux anges, appelé le culte d' hyperdulie. C'est un point de divergence important avec le protestantisme et les Églises réformées.

La vie de Marie dans les sources chrétiennes

Dans le Nouveau Testament

Les Évangiles de Matthieu et Luc rapportent l' Annonciation, c’est-à-dire l’annonce par l’ ange Gabriel à « Marie » puis à Joseph, à qui elle était fiancée, de la conception virginale de Jésus. Le récit de Luc donne plus de place à Marie, alors que c’est l’inverse dans celui de Matthieu [note 1].

Comme elle n'a jamais eu de relations sexuelles avec Joseph, ce dernier pense qu'elle a commis un adultère, aussi songe-t-il à divorcer pour ne pas lui porter préjudice, car selon la loi juive elle risque la lapidation [3]. Mais un ange lui explique qu'elle est enceinte en vertu du Saint Esprit et l'en dissuade [4].

Dans la suite du récit, Marie rend visite à sa cousine Élisabeth (c'est la Visitation) et exprime sa joie dans le Magnificat ( Lc 1,39-55). Elle donne naissance à Jésus à Bethléem ( Mt 2,1-6; Lc 2,4-7) où son Fils reçoit la visite des bergers et des mages ( Mt 2,7-12 ; Lc 2,15-21).

La généalogie de Jésus en Matthieu 1, 1-17 [5] mentionne que Joseph est issu de la maison royale de David mais celle de Luc 3, 23-38 [6] fait l'objet d'une interprétation controversée, inscrivant aussi bien Joseph que Marie dans la lignée des rois d'Israël [7].

Les textes évangéliques évoquent ensuite la Présentation au Temple pour accomplir le rite de rachat du premier-né. Syméon prophétise qu'elle connaîtra la douleur ( Lc 2,21-35). Plus tard se produit l’épisode de la disparition de Jésus à l’âge de douze ans ( Lc 2,41-51), lors de la montée annuelle au Temple de Jérusalem : alors que ses parents repartaient pour Nazareth, l'enfant était resté dans le Temple pour discuter avec les "docteurs de la Loi", c'est-à-dire les érudits de la Torah.

Marie apparaît quand Jésus assiste aux noces de Cana ( Jn 2,1-11), puis une fois où elle était à sa recherche alors qu’il enseignait ( Mc 3,31-35), enfin au moment de la crucifixion. Son fils la confie avant de mourir à son disciple préféré. « Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui. » [B 1]

Elle se trouve parmi les disciples lors de la Pentecôte ( Ac 1,14).

Dans les écrits déclarés apocryphes

Crucifixion par le Pérugin, vers 1482

Importance des apocryphes dans la culture chrétienne

Marie est l'objet de diverses traditions que l'on trouve dans des textes déclarés apocryphes à partir du e siècle d'où viennent la plupart des traditions qui la concernent. On y trouve notamment le nom de ses parents, Anne et Joachim, le récit de sa nativité, de son adolescence, ceux de sa vie à Éphèse, de sa Dormition et de son Assomption. Bien qu'elles soient issues de textes qui ne font pas partie du canon biblique, ces traditions ont continuellement bénéficié d'autres formes de reconnaissance chez les catholiques comme chez les orthodoxes. Outre que certaines fêtes liturgiques des calendriers catholique et orthodoxe se rapportent directement à ces récits, les églises sont pleines de fresques et de peintures représentant des épisodes de la vie de Marie tirés des apocryphes, notamment du Protévangile de Jacques, de La Nativité de Marie et de La Dormition de Marie.

Si dans leur ensemble les écrits apocryphes ont été rédigés plus tardivement que ceux retenus pour former le Nouveau Testament, il semble que ce ne soit pas le cas de la totalité des éléments qui se rapportent à Marie dans les apocryphes. Selon Enrico Norelli, « certains apocryphes contiennent des traditions plus anciennes que la composition des récits de naissance de Jésus chez Matthieu et Luc [8] ». Norelli estime que, si l'étude de ces traditions anciennes ne fournit aucune indication d'ordre historique, ni sur la naissance de Jésus, ni sur la vie de Marie, elle renseigne sur la place de Marie dans le christianisme ancien et permet de comprendre pourquoi les traditions sur Marie n'ont pas été intégrées dans les écrits canoniques, alors même que Marie continuait d'occuper une place importante dans les prédications et la tradition chrétiennes.

Différents récits de la conception de Jésus dans les écrits apocryphes

L'âge de Marie fait l'objet de mention dans les écrits apocryphes : "Or elle avait seize ans quand ces mystères s'accomplirent pour elle." (François Bovon et Pierre Geoltrain, Écrits apocryphes chrétiens, t. 1 , Paris, 1997, p. 93 : Protévangile de Jacques) et "Dans la quatorzième année de sa vie, je vins par ma propre volonté, je demeurai en elle, moi Jésus, votre vie." (Pierre Geoltrain et Jean-Daniel Kaestli, Écrits apocryphes chrétiens, t. 2, Paris, 2005, p. 37 : Histoire de Joseph le charpentier).

Marie aurait connu une grossesse de deux mois selon un apocryphe chrétien du début du IIe siècle, l'Ascension d'Isaïe ; cependant, s'il y a eu gestation, il n'y aurait pas eu accouchement : Joseph et Marie étant seuls à la maison, "Marie regarda soudain de ses yeux et vit un petit enfant, et elle fut effrayée. Et après qu'elle fut effrayée, son sein se trouva comme auparavant, avant qu'elle eût conçu. Et lorsque son mari Joseph lui dit : "Qu'est-ce qui t'a effrayée ?", ses yeux s'ouvrirent et il vit l'enfant, il glorifia le Seigneur" (cité dans Marie des Apocryphes d'E. Norelli [9]).

Marie aurait accouché de Jésus au terme de sa grossesse selon le Protévangile de Jacques (milieu du IIe siècle), mais sans que l'accouchement ait affecté sa virginité : Jésus naît dans une grotte alors que Joseph était allé chercher une sage-femme ; une amie de la sage-femme, Salomé, arrivée peu de temps après l'événement, refuse de croire qu'une vierge ait pu mettre au monde un enfant. Elle veut s'en assurer par elle-même ; ayant "touché" Marie, elle est punie de son incrédulité ; elle dit : "ma main brûlée d'un feu dévorant tombe et se sépare de mon bras". Comme elle se repent néanmoins, un ange lui apparaît et lui recommande de porter Jésus dans ses bras. Aussitôt, un miracle a lieu : Salomé est guérie de sa paralysie [10].

Marie aurait eu une grossesse de sept mois, selon une homélie attribuée à Cyrille de Jérusalem, composée peut-être à la fin du IVe siècle, mais dans ce texte que cite E. Norelli, Marie n'est plus une femme, elle est l'archange Michel. "Marie n'est que l'apparence humaine prise par l'ange Michel - représenté dans la tradition juive comme l'ange protecteur d'Israël - afin de faire "entrer" dans le monde humain ce personnage céleste qu'est le Christ" [11]".

Marie aurait eu une grossesse au terme de laquelle elle aurait accouché, mais elle ne serait pas devenue enceinte par l'action du Saint-Esprit, selon l'Epître des apôtres (apocryphe du milieu du IIe siècle). L'ange Gabriel qui, dans les évangiles canoniques, annonce à Marie son nouveau statut de mère du Fils de Dieu, n'était autre en réalité que Jésus lui-même, qui entra alors dans Marie. Jésus dit à ses disciples : "Sous l'apparence de l'ange Gabriel, j'apparus à la vierge Marie, et lui ai parlé. [...] J'entrai en elle et suis devenu chair" (texte cité par E. Norelli dans Marie des apocryphes [12]). L'accouchement aurait eu lieu ensuite normalement.

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