Marie-Thérèse d'Autriche (1717-1780)

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Marie-Thérèse
Marie-Thérèse d'Autriche en 1759, avec le sceptre et la Couronne de saint Étienne, par Martin van Meytens, Académie des beaux-arts de Vienne.
Marie-Thérèse d'Autriche en 1759, avec le sceptre et la Couronne de saint Étienne, par Martin van Meytens, Académie des beaux-arts de Vienne.
Titre
"Roi" de Hongrie et de Bohême,
duchesse de Bourgogne, de Milan, de Brabant, de Limbourg et de Luxembourg et archiduchesse d'Autriche

(40 ans, 1 mois et 9 jours)
Prédécesseur Charles III
Successeur Joseph II
Duchesse de Parme et de Plaisance

(7 ans, 11 mois et 28 jours)
Prédécesseur Charles IV
Successeur Philippe Philippe Ier
Impératrice du Saint-Empire et reine de Germanie

(19 ans, 11 mois et 5 jours)
Prédécesseur Marie-Amélie d'Autriche
Successeur Josépha de Bavière
Biographie
Titre complet voir Titulature complète
Dynastie Maison de Habsbourg
Date de naissance
Lieu de naissance Vienne ( Autriche)
Date de décès (à 63 ans)
Lieu de décès Vienne ( Autriche)
Sépulture Crypte des Capucins
Père Charles VI du Saint-Empire
Mère Élisabeth Christine de Brunswick-Wolfenbüttel
Conjoint François François Ier du Saint-Empire
Enfants Marie-Élisabeth d'Autriche
Marie-Anne d'Autriche
Marie-Caroline d'Autriche
Joseph d'Autriche Red crown.png
Marie-Christine d'Autriche
Marie-Élisabeth d'Autriche
Charles-Joseph d'Autriche
Marie-Amélie d'Autriche
Léopold II Red crown.png
Marie-Caroline d'Autriche
Marie-Jeanne Gabrielle d'Autriche
Marie-Josèphe d'Autriche
Marie-Caroline d'Autriche
Ferdinand d'Autriche
Marie-Antoinette d'Autriche
Maximilien d'Autriche

Marie-Thérèse d'Autriche (1717-1780)
Souverains d'Autriche

Marie-Thérèse Walburge Amélie Christine de Habsbourg (Maria Theresia Walburga Amalia Christina von Habsburg), née le à Vienne et morte dans la même ville le , est une archiduchesse d'Autriche, roi de Hongrie, reine de Bohème et de Croatieetc. [1].

Épouse de François III Étienne, duc de Lorraine et de Bar puis grand-duc de Toscane, qui fut élu empereur romain germanique en 1745 sous le nom de François Ier, elle est connue dans l'histoire comme l'impératrice Marie-Thérèse [2] et, surnommée La Grande, elle est souvent considérée comme souveraine de facto du Saint-Empire qu'elle gouverna officieusement jusqu'à la mort de son mari puis en co-régence avec son fils jusqu'à sa propre mort.

Seule femme souveraine des possessions des Habsbourg, elle est restée, dans la mémoire collective, comme l'un des plus grands monarques de son époque.

Biographie

Famille

Fille de l' empereur Charles VI et de l'impératrice, née Élisabeth Christine de Brunswick-Wolfenbüttel, Marie-Thérèse est archiduchesse d'Autriche par sa naissance. De ses frères et sœurs, une seule survécut à l'enfance : Marie-Anne ( 1718- 1744) dont elle est restée très proche, tout comme de sa tante l'archiduchesse Marie-Madeleine.

Elle épouse, le , François-Étienne de Lorraine, duc de Lorraine puis grand-duc de Toscane ; de cette union, naissent seize enfants. Elle avait aussi marié sa sœur Marie-Anne au frère de François, Charles-Alexandre de Lorraine ( 1712- 1780), gouverneur général des Pays-Bas autrichiens.

Héritière des États des Habsbourg

Marie-Thérèse enfant, en 1727

Afin d'affirmer l'indivisibilité des domaines des Habsbourg, son père, n'ayant pas d'enfant mâle, rendit le 19 avril 1713 la Pragmatique Sanction. Cette disposition de succession au trône réserve celui-ci à l’aîné vivant des enfants du souverain, quel qu'en soit le sexe. De fait, Charles VI désigne donc Marie-Thérèse pour lui succéder, au détriment de sa nièce la fille de Joseph Ier, son frère aîné décédé.

Cet acte, reconnu par les Diètes des États des Habsbourg, est plus difficilement accepté mais finalement garanti par les grandes puissances européennes.

Le , Marie-Thérèse épouse son fiancé, François-Étienne de Lorraine. Ce dernier, aux Traités de Vienne (3 octobre 1735 et 18 novembre 1838) mettant fin à la Guerre de succession de Pologne, reçoit le Grand-Duché de Toscane en échange de son duché héréditaire de Lorraine qu'il abandonne au profit de Stanislas Leszczynski, roi déchu de Pologne mais beau-père de Louis XV.

À la mort de Charles VI le 20 octobre 1740, et malgré ladite Pragmatique Sanction, Marie-Thérèse éprouve des difficultés à faire reconnaître ses droits aux trônes de son père, droits immédiatement contestés par la Bavière, l'Espagne, la France, le Piémont-Sardaigne, la Prusse et la Saxe. Frédéric II de Prusse attaque la Silésie, riche territoire appartenant aux Habsbourg, avec pour conséquence le déclenchement de la Guerre de Succession d'Autriche [3].

Une succession très disputée

Marie-Thérèse, roi de Hongrie et de Bohême

À la mort de l'empereur son père, Marie-Thérèse est une jolie jeune femme de 23 ans, vive, spontanée, très amoureuse de son mari et ayant donné le jour à trois filles dont deux sont mortes au berceau.

Depuis trois générations, la difficulté à engendrer l’héritier mâle destiné à raffermir le trône de la dynastie est cruellement ressentie par la famille impériale et par ses sujets. Alors enceinte de quatre mois, la grande-duchesse de Toscane espère donner enfin le jour à ce fils tant attendu.

Peu préparée à ses fonctions, la jeune souveraine se trouve confrontée à un « empire » sortant d'une guerre désastreuse contre l' empire ottoman, une armée désorganisée, des caisses vides et une administration archaïque aux rouages grippés.

Elle est, de plus, assaillie de tous les côtés et par ceux-là même qui s'étaient engagés à la soutenir, ses voisins et parents, notamment le roi Frédéric II de Prusse, nouveau roi en Prusse. Elle doit mener sans soutien ni argent la guerre de Succession d'Autriche ( 1740- 1748) contre la Prusse, la Bavière, la Saxe, la France de Louis XV, le Piémont-Sardaigne et l' Espagne. Son cousin par alliance Charles Albert, électeur de Bavière, protégé par la France ennemie, est élu empereur (Charles VII) contrairement à la volonté de Charles VI.

À ces trahisons répond une première victoire diplomatique : en mars 1741 naît l'héritier attendu. Sur les conseils de sa mère, elle le nomme en geste d' Action de Grâce, Joseph, comme le père nourricier du Christ.

Sur le plan politique, elle réussit à s'allier à l' Angleterre des Hanovre et à rallier à elle la noblesse hongroise. Cette guerre occasionne pourtant la perte de la Silésie, riche région minière qu'elle doit céder à la Prusse, et d'une petite partie du Milanais qu'elle cède au roi de Sardaigne son beau-frère, Charles-Emmanuel III de Sardaigne.

Le reste des possessions héréditaires des Habsbourg est cependant sauvegardé : Marie-Thérèse, conformément au vœu de son père, est alors à la tête de l' archiduché d'Autriche ( - ), «  roi » de Hongrie [4] (couronnée le [5]) et reine de Bohême ( 1743 - 1780).

Le trône des Habsbourg et la politique impériale

Thaler à la madone et à l'effigie de Marie-Thérèse d'Autriche (1742).

En 1745, après la mort de Charles VII, Marie-Thérèse fait élire son époux François-Étienne de Lorraine sur le trône impérial. Elle-même devient alors impératrice consort des Romains.

Marie-Thérèse au masque : l'impératrice aimait aussi les fêtes et les bals

Nonobstant le fait que la dignité impériale ne pouvait être conférée qu'à un homme, la personnalité de Marie-Thérèse, faite de courage, de grandeur d'âme, de droiture et de pugnacité, s'impose dans la politique de l'Empire, bien plus que la sage mesure qu'observe l'empereur François. Elle est pour toutes les cours, les chancelleries et pour le public, simplement "L'impératrice", qui exerce la réalité du pouvoir.

Ses contemporains la nomment assez rapidement, dès la seconde partie de son règne, « Marie-Thérèse la Grande » [6].

Avec l'accession de François et Marie-Thérèse au trône, la dignité impériale revient dans la Maison de Habsbourg (devenue Maison de Lorraine d'Autriche ou Lorraine-Habsbourg mais connue depuis comme celle de Habsbourg-Lorraine) : la Maison d'Autriche préserve ainsi sa puissance et son importance dans le concert des grandes nations européennes.

Peu formée à sa fonction, elle sait s'entourer d'hommes compétents et dévoués auxquelles elle accorde une véritable confiance mais sait aussi imposer son autorité. Parmi eux, le comte Emmanuel de Silva-Tarouca qui a assisté à sa naissance et à qui elle demande de lui parler sans détour et d'oser la critiquer avec franchise.

La nouvelle politique d'alliance mise en œuvre par son chancelier d'État, le comte de Kaunitz, ayant pour but de combattre la Prusse, a pour conséquence un rapprochement avec la France et le soutien de la Russie et de la Suède. Alliée à la France depuis 1756, Marie-Thérèse reprend la guerre contre Frédéric II de Prusse afin de récupérer la Silésie ; mais à l'issue de cette guerre de Sept Ans ( 1756- 1763), cette tentative échoue lamentablement. Elle empêche toutefois son ennemi de prendre la Saxe, et réussit à obtenir son vote pour l'élection de son fils Joseph comme empereur. Elle favorisera désormais des solutions plus pacifiques.

C'est au cours de cette guerre qu'elle crée un nouvel ordre de chevalerie, qui porte son nom et qui restera jusqu'en 1918 la plus haute décoration militaire autrichienne.

Elle renforce les liens avec ses sujets hongrois en leur manifestant une confiance particulière. Un corps d'élite de hussards hongrois est ainsi chargé d'assurer sa garde personnelle, tradition qui perdure jusqu'en 1918 ; de plus, elle confie au maréchal comte Batthyány l'éducation du futur Joseph II [7].

À la mort de son époux en 1765, Marie-Thérèse, toute à sa douleur, songea à abdiquer mais, effrayée par le tempérament autoritaire et vindicatif de son fils et successeur Joseph II, elle préféra conserver le pouvoir et seulement l'associer au gouvernement des « États héréditaires ».

Durant son règne, elle entreprit diverses réformes centralisatrices, notamment grâce à l'aide de son chancelier Kaunitz. Elle fut aussi une adepte du mercantilisme.

L'impératrice se laisse entraîner malgré elle — par Catherine II de Russie — dans le premier des partages de la Pologne. « Elle pleurait mais signait toujours » dit plus tard le cynique Frédéric II de Prusse, qui n'est pas aussi scrupuleux que la catholique souveraine autrichienne. En 1772, lui est attribuée la Petite-Pologne et la Galicie.

Bien que fervente catholique, elle cherche à renforcer le contrôle de l'État sur l'Église et signe, en 1773, l'expulsion de la Compagnie de Jésus [7].

Mariage et descendance

Les enfants impériaux, Joseph et six de ses frères et sœurs, à la sortie de la guerre de succession.

Marie-Thérèse est une épouse très amoureuse (on l'a dite parfois envahissante). Elle donne à l'empereur 16 enfants (11 filles, 5 fils), parmi lesquels 10 parvinrent à l'âge adulte.

Marie-Thérèse en deuil, ca. 1772.
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