Maréchal de France

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Les bâtons des quatre maréchaux de la Seconde Guerre mondiale ( De Lattre de Tassigny, Leclerc, Juin et Kœnig) sont exposés au musée de l'Armée [1].
Insigne de maréchal de France, 7 étoiles.

Le maréchalat de France est aujourd'hui la plus haute distinction militaire française. Le titre de maréchal de France, ou d' amiral de France — son équivalent pour les militaires de la Marine —, constitue une dignité dans l' État. À l'heure actuelle, la France ne compte aucun maréchal de France vivant.

Depuis la création du titre, en 1185, il y a eu 342 maréchaux de France. L'office de maréchal n'est devenu militaire que depuis le début du XIIIe siècle.

Historique

Époque monarchique

À son origine, le maréchal de France n'a qu'un rôle d'intendance sur les chevaux du roi. Son office devient militaire au début du e siècle, tout en étant subordonné au connétable. Le premier à porter le titre de maréchal du roi de France avec une fonction militaire était Albéric Clément, seigneur de Mez, désigné par Philippe Auguste, en 1185.

Après l'abolition de l'office de connétable par Richelieu en 1624, les maréchaux deviennent les chefs suprêmes de l'armée. Parfois le roi crée une charge de maréchal général des camps et armées du roi, qu'il confie au plus prestigieux de ses maréchaux.

Outre leurs fonctions militaires, les maréchaux ont aussi la responsabilité du maintien de l'ordre dans les campagnes, par l'intermédiaire des prévôts des maréchaux, d'où l'appellation de « maréchaussée » donnée à l'ancêtre de la gendarmerie.

Jusqu'en 1793, date de l'abolition de cette charge, il y eut 263 maréchaux de France.

Révolution, Empire, XIXe siècle

Le maréchalat est aboli par la Convention le .

Le sénatus-consulte du établit des « maréchaux d’Empire ». Sous le Premier Empire, on parle, en toute rigueur de terme, de «  maréchal de l'Empire français ».

Avec la Restauration, les maréchaux d’Empire deviennent maréchaux de France.

La loi du prévoit que le nombre des maréchaux de France est de six au plus en temps de paix et qu'il pourra être porté à douze en temps de guerre. Lorsqu'en temps de paix l'effectif est en excédent du chiffre réglementaire, il peut cependant être fait une promotion pour trois vacances.

Sous le Second Empire, Napoléon III n'en change pas le titre. Les maréchaux de France deviennent membres de droit du Sénat.

Sous la Troisième République, la fonction étant perçue comme trop liée avec l'Empire, aucun maréchal de France n'est créé avant la Grande Guerre. Le dernier maréchal, Canrobert, meurt en 1895.

XXe siècle

C'est durant la Première Guerre mondiale que la dignité est rétablie. Les deux derniers maréchaux de France sont Alphonse Juin, mort en 1967, et Marie-Pierre Kœnig [2], mort en 1970.

Actuellement, comme cela est précisé à l'article 4 de la loi du , le « titre de maréchal de France et le titre d'amiral de France constituent une dignité dans l'État ».

Le maréchalat est donc un titre et une dignité, non un grade. Il est symbolisé par sept étoiles (contre cinq étoiles pour le grade le plus élevé, général d'armée). L'autre symbole du maréchalat est le bâton de velours bleu parsemé d’étoiles sur lequel est écrit : Terror belli, decus pacis (Terreur durant la guerre, ornement pour le temps de paix).

Il n'y a pas de condition particulière pour être élevé à la dignité de maréchal de France. La coutume demande que l'on ait commandé en chef une armée et obtenu la victoire ; il n'est pas nécessaire que cette victoire ait été emportée sur le sol national.

La dignité de maréchal de France a été décernée tout au long du XXe siècle par décret et non par voie législative. Toutefois, une loi a pu préalablement autoriser un décret. Ainsi, l'élévation à la dignité de maréchal de Jean de Lattre de Tassigny s'accomplit par le décret du faisant suite à la loi du même jour dont l'article 2 dispose que « Le gouvernement est autorisé à conférer, à titre posthume, la dignité de maréchal de France au général d'armée Jean de Lattre de Tassigny ». De même, la loi du autorise le président de la République française à promulguer par décret le l'élévation du général Leclerc à la dignité de maréchal de France. Toutefois, ces deux lois émanaient du gouvernement (projet de loi et non proposition de loi).

Les textes officiels français ont du mal à s'accorder sur l'usage de la majuscule (« Maréchal de France » ou « maréchal de France »).

Privilèges liés au maréchalat

Les maréchaux ont droit à une dotation personnelle pour frais de représentation de 9 000 francs. Cette dotation est fixée par l'article 1 du décret du , toujours en vigueur.

La loi du disposait que les maréchaux ainsi que les généraux ayant commandé pendant la Première Guerre mondiale pouvaient être inhumés à l' hôtel des Invalides.

Par voie législative, des suppléments de pensions ont été accordées aux veuves des maréchaux (loi du ) avec des dispositions spéciales pour la veuve du maréchal Foch (loi du ) et la veuve du maréchal de Lattre de Tassigny (loi du ). Une autre loi dite personnelle exonéra la veuve du maréchal Juin de droits de succession le 28 décembre 1967.

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