Macintosh

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 Ne doit pas être confondu avec Mac OS ou Mac OS X.
Un grand ordinateur tout-en-un en aluminium, écran plat large.
Un modèle d' iMac lancé en octobre 2009.

Macintosh (prononcé /makintɔʃ/) ou Mac est une série de différentes familles d' ordinateurs personnels conçus, développés, et vendus par Apple. Le premier Macintosh est lancé le 24 janvier 1984. (Il a été renommé Macintosh 128K dès le lancement du Macintosh 512K.) Il constitue le premier succès commercial pour un ordinateur utilisant une souris et une interface graphique (au lieu d'une interface en ligne de commande).

Le Macintosh remplace l' Apple II comme principal produit d'Apple. Cependant les parts de marché d'Apple baissent, avant un renouveau des Macintosh en 1998, avec la sortie de l'ordinateur grand public tout-en-un iMac, qui permet à Apple d'échapper à une probable faillite et marque même un succès pour la firme.

En 2011, les Macintosh visent principalement les marchés des professions artistiques, de l'éducation et des particuliers, avec les modèles suivants :

  • l' iMac (dans une version réactualisée) ;
  • le Mac mini (un tout petit ordinateur familial ou de bureau d'entrée de gamme) ;
  • le Mac Pro (une station de travail orientée vers l'usage professionnel) ;
  • les ordinateurs portables MacBook Pro et MacBook Air ;
  • et enfin le serveur Xserve (abandonné en 2011).

Le principe de production des Mac repose sur un modèle d' intégration verticale : Apple se charge de la conception de ses machines et de certains de leurs composants et des logiciels de base en pré-installant son propre système d'exploitation sur tous les Mac. Ceci contraste avec la plupart des ordinateurs vendus avec des systèmes d'exploitation différents, pour lesquels plusieurs constructeurs se chargent de créer du matériel conçu pour utiliser le système d'exploitation d'une autre entreprise. Entre 1984 et 1994, les Macintosh fonctionnaient avec des processeurs de la famille 68000 de Motorola, avant d'utiliser entre 1994 et 2006 des processeurs PowerPC de l' Alliance AIM. Depuis 2006, les Mac vendus utilisent des processeurs x86 d' Intel.

Pour faire fonctionner son ordinateur, Apple a développé une famille de systèmes d'exploitation spécifiques. Basés sur une interface utilisateur graphique, ils sont connus sous le nom de Système (versions de 1 à 7), avant de devenir Mac OS (7.6, 8, 9 et 10). À l'aube des années 2000, cette lignée est remplacée par Mac OS X, développé à partir de NeXTSTEP, rebaptisé OS X en 2012 puis macOS en 2016. Sur les Macintosh à microprocesseur Intel, il est possible d'installer des systèmes d'exploitation comme Microsoft Windows, Linux, FreeBSD ou bien d'autres. Avec les processeurs PowerPC ou même 68k, il était cependant déjà possible d'installer des systèmes d'exploitation UNIX tournant sous ces plates-formes matérielles.

Histoire

De 1979 à 1984 : le développement

Article détaillé : Macintosh 128K.
Un ordinateur beige en forme de pavé vertical, affichant quelques icônes.
Le Macintosh 128K qui constitue le premier succès commercial pour un ordinateur personnel utilisant une souris et une interface graphique.

Le projet Macintosh débute à la fin des années 1970. Jef Raskin, employé d'Apple depuis 1978, avait dans l'idée de créer un ordinateur simple d'utilisation et peu cher et donc accessible aux consommateurs moyens. Il présente son idée à Mike Markkula, l'un des trois fondateurs d' Apple Computer, en mars 1979. Celui-ci lui donne son feu vert en septembre 1979 pour embaucher quelques personnes et monter une équipe au sein d'Apple, projet qui porte le nom de Macintosh, du nom de la pomme préférée de Raskin, la McIntosh. Il faut cependant modifier pour des raisons légales l'orthographe du nom, trop proche de McIntosh Laboratory, constructeur de matériel Hi-Fi [1]. Raskin rassemble toutes les idées récoltées pour cet ordinateur dans un recueil qu'il nomme The Book of Macintosh (Le Livre du Macintosh) [2]. À la recherche d'un ingénieur pour monter un prototype de la machine, Raskin engage, sur recommandation de Bill Atkinson du projet Apple Lisa, Burrell Smith, qui, selon Atkinson, faisait un travail remarquable dans le département maintenance de l' Apple II [3]. Au fil des années, il rassemble une grande équipe spécialisée dans le développement du Macintosh et de ses logiciels. Aux côtés de Raskin et Smith, on retrouve Atkinson, Chris Espinosa, Joanna Hoffman, George Crow, Bruce Horn, Jerry Manock, Susan Kare, Andy Hertzfeld et Daniel Kottke.

La carte mère du Macintosh 128K avec un microprocesseur Motorola 68000 cadencé à 8 MHz.

Raskin était contre l'utilisation de deux éléments qui se sont avérés décisifs pour le succès du Macintosh : le microprocesseur Motorola 68000 et la souris. Il voulait utiliser un microprocesseur Motorola 6809, moins cher mais aussi moins performant car ne pouvant adresser plus de 64  kibioctets, ce qui l'aurait rendu rapidement limité. À la souris, Raskin préférait des touches du clavier affectées au pointage [2]. Bud Tribble, à la tête de l'équipe des développeurs du Macintosh, intéressé par l'évolution que prenaient les programmes du Lisa, demande à Burrell Smith d'essayer d'incorporer le Motorola 68000 du Lisa dans le Macintosh tout en essayant de maintenir les coûts le plus bas possible. Smith relève ce défi en décembre 1980, en concevant un circuit imprimé embarquant le 68000, tout en portant de 5 à 8 mégahertz (MHz) sa fréquence. Le circuit comporte moins de puces de mémoire vive, ce qui permet de le rendre moins onéreux. Le modèle final, sorti en 1984, dispose de 64 Kio de mémoire morte et 128 Kio de mémoire vive constituée de 16 puces de 64 Kb. L'écran de pouces est monochrome et affiche 512 × 342 pixels [4].

Fin 1980, Michael Scott, CEO d'Apple Computer à l'époque, procède à une restructuration de l'entreprise. Steve Jobs est alors contraint de quitter le projet Lisa. Envoyé par Scott pour représenter l'entreprise à son introduction en bourse le 12 décembre 1980, il ne convainc pas comme manager. C'est alors qu'il se tourne vers le projet Macintosh de Jef Raskin. Il y voit une revanche à son exclusion du projet Lisa. Jobs et Raskin ont à plusieurs reprises été en conflit. La souris fut un des sujets de discorde : Raskin ne voulait pas de la souris, Jobs au contraire ne voyait pas le Macintosh sans souris. Steve Jobs sortit vainqueur de la confrontation, puisque la souris a bien fait son apparition chez Apple avec le Macintosh. Ces confrontations répétées et le grand ego des deux personnages ont mené au départ de Jef Raskin du projet Macintosh et d'Apple Computer, officiellement le 1er mars 1982, presque deux ans avant le lancement officiel du Macintosh en janvier 1984 [5]. Selon Andy Hertzfeld, le Macintosh 128K, tel que le connaît le public aujourd'hui, n'a plus grand-chose à voir avec l'ordinateur qu'avait imaginé initialement Jef Raskin dans son Book of Macintosh [2]. Il affirme aussi dans Revolution in The Valley: The Insanely Great Story of How the Mac Was Made, co-écrit avec Steve Capps, que Steve Jobs souhaitait engager Jean-Michel Folon, pour créer un personnage représentatif de la marque, Mr. Macintosh [6].

1984 : le lancement

dessin de Macintosch dans le style de Picasso
Le logo « Picasso » du Macintosh pour son lancement.

Le lancement du premier Macintosh est accompagné d'une vaste campagne de publicité. Sa présentation à la presse en octobre 1983 est suivie par une brochure de 18 pages publiée dans divers magazines en décembre 1983. Deux jours avant son lancement officiel, Apple fait diffuser le spot 1984 réalisé par Ridley Scott, au début du troisième quart temps, à la première coupure publicitaire après la mi-temps du Super Bowl XVIII. Ce spot dépeint un futur dystopique où le monde est dirigé par un Big Brother, monde inspiré par le roman 1984 de George Orwell. Une athlète inconnue, incarnant le Macintosh (illustré par la présence du logo « Picasso » du Macintosh), vient libérer à l'aide de son marteau le monde de sa conformité et de Big brother, représentant IBM. Lors de la présentation du spot en 1983, Steve Jobs met en rapport le Big brother d'Orwell et la tentative d'IBM (selon Jobs) de dominer l'industrie informatique.

Le Lisa 2 et le Macintosh sont lancés le 24 janvier 1984. Pour mettre en valeur la nouvelle interface en attendant l'arrivée des premières applications tierces, ce dernier est livré avec les applications MacPaint et MacWrite. Ce jour-là, Apple tient au Flint Center au De Anza College son assemblée générale des actionnaires. Steve Jobs y présente pour la première fois le Macintosh, et on y voit l'ordinateur dessiner sur son écran Macintosh, insanely great! (« Macintosh, follement génial »), ainsi que raconter une blague à l'aide de son synthétiseur vocal intégré [7].

Les réactions qui suivent le lancement du Macintosh sont globalement positives. Sa facilité d'utilisation, son interface graphique, son prix relativement bas sont appréciés. Pour John J. Anderson du magazine Creative Computing par exemple, le Macintosh représente une avancée importante autant du côté matériel que du côté logiciel. Cependant, la machine n'est pas sans défaut. Anderson, comme beaucoup d'autres, notent un manque de mémoire vive, d'évolutivité (pas de port d'extension par exemple). Comme la machine est incompatible avec les autres systèmes, peu de logiciels sont disponibles.

En avril 1984, Microsoft porte Multiplan de MS-DOS vers le Macintosh, suivi par Microsoft Word en janvier 1985 [8]. La même année, Lotus Software lance Lotus Jazz après le succès de Lotus 1-2-3 sur l' IBM PC ; c'est cependant un échec [9]. De son côté, Apple lance Macintosh Office avec la publicité Lemmings diffusée lors de la Super Bowl XIX. Contrairement à 1984, celle-ci est un échec car elle est perçue comme insultante envers les acheteurs potentiels [10].

Apple fait évoluer son Macintosh en septembre 1984. Les modèles initiaux, qui ne disposent que de 128 Kio de mémoire vive et renommés pour cette raison Macintosh 128K, sont rejoints par les Macintosh 512K équipés, comme leur nom l'indique, de 512 Kio de mémoire vive [11].

De 1985 à 1989 : l'ère de la publication assistée par ordinateur

Un Macintosh SE, premier Macintosh compact qu'il était possible d'améliorer.

La combinaison du Macintosh, de l' imprimante LaserWriter d'Apple – dotée d'un interpréteur pour le langage de description de page PostScript d' Adobe – et des logiciels spécifiques tels que MacPublisher, puis surtout Aldus PageMaker, permet aux utilisateurs de composer, préparer et visualiser directement des documents destinés à l'impression, sans devoir recourir aux onéreuses stations de travail spécialisées utilisées à cette époque. Cette activité est désormais connue sous le nom de publication assistée par ordinateur (PAO). Tout d'abord uniquement possible sur les Macintosh, la PAO est ensuite étendue aux autres ordinateurs personnels. Par la suite, des logiciels comme Macromedia FreeHand, QuarkXPress, Adobe Photoshop et Adobe Illustrator renforcent la position du Mac comme machine d'infographie et permettent d'étendre le marché de la PAO.

Afin d'augmenter la connectivité de ses Mac, Apple lance le 10 janvier 1986, le Macintosh Plus. Vendu, à son lancement, 2 600  USD, il dispose, entre autres, d'un 1 mébioctet de mémoire vive extensible à Mio et de l'interface SCSI. Cette dernière, révolutionnaire à l'époque, permet de relier jusqu'à sept périphériques, tels que des disques durs et des scanners, à l'ordinateur. Le Mac Plus est un succès immédiat et reste en vente jusqu'en octobre 1990 sans que sa configuration ne soit modifiée. Avec 4 ans et 10 mois, il est le Macintosh resté en vente le plus longtemps [12].

Un connecteur ADB mâle.

Malgré le lancement du Macintosh et sa place qui devient de plus en plus importante, Apple continue à faire évoluer sa famille Apple II, avec les lancements de l' Apple IIe en janvier 1983, de l' Apple IIc en avril 1984 et de l' Apple IIGS, premier ordinateur Apple avec une interface graphique en couleurs, en septembre 1986. En mars 1987, sont lancés le Macintosh II et le Macintosh SE. Ils sont tous les deux équipés de l' Apple Desktop Bus (ADB) apparu avec l'Apple IIGS, utilisé pour connecter le clavier et la souris. Le Macintosh SE (SE pour « System Expansion ») est le premier Macintosh Classic à disposer d'un port d'extension interne [13]. Le Macintosh II marque un plus grand virage pour les Macintosh. Pour la première fois, un Macintosh adopte une architecture ouverte, avec plusieurs connecteurs d'extension et un design plus modulaire, proche de celui de l' IBM PC. Il pouvait accueillir un disque dur et deux lecteurs de disquettes 800K. Le Macintosh II est le premier de la série dont le processeur dépasse la fréquence initiale de 8 MHz, avec l'utilisation d'un Motorola 68020 cadencé à 16 MHz. L'évolution n'est pas seulement matérielle, mais aussi logicielle. L'une des principales innovations est Color QuickDraw présent dans la ROM. Cette bibliothèque graphique apporte la couleur, la gestion de la profondeur des couleurs, de la définition d'écran et d'écrans multiples [14].
En septembre 1986, Apple lance le Macintosh Programmer's Workshop, qui permet de développer directement des logiciels pour le Macintosh, sur le Macintosh, au lieu de les développer à partir des Lisa avec le Lisa Workshop [15]. En août 1987, lors de la Macworld Expo à Boston, Apple dévoile HyperCard et MultiFinder [16]. Ce dernier est livré avec le Système 5 [17] en octobre 1987 [18] et apporte le multitâche coopératif.

Le Macintosh Portable est le premier ordinateur portable d'Apple. Il était en vente de 1989 à 1991 et tournait sous Système 6 ou Système 7.

Le Motorola 68030 fait son apparition avec les Macintosh IIx en septembre 1988. Il apporte un certain nombre d'améliorations par rapport à son prédécesseur le 68020, dont une unité de gestion mémoire embarquée [19]. En janvier 1989 sort le Macintosh SE/30, équipé d'un 68030 à 16 MHz, et en mars de la même année, le Macintosh IIcx, plus compact mais aussi avec moins de connecteurs [20]. En septembre, Apple lance le Macintosh Portable, équipé d'un Motorola 68000 cadencé à 16 MHz et d'un écran à matrice active. Il s'agit de la première tentative de la firme de faire un Macintosh transportable et alimenté par une batterie [21]. Au même moment, Apple lance Macintosh IIci, avec un processeur cadencé à 25 MHz. Il était le premier Macintosh à comporter une ROM dite clean (propre) [22] supportant nativement plus de 8 Mo de mémoire vive, contrairement à ses prédécesseurs qui utilisaient une ROM dite dirty (sale) qui contenait encore des blocs de code en 24 bits [23]. Le Portable et le IIci sont les premiers Macintosh à utiliser des composants montés en surface. L'année suivante, en mars 1990, arrive le Macintosh IIfx sur le marché à un tarif de 9 900  USD. En plus de son 68030 cadencé à 40 MHz, il comporte une architecture interne améliorée utilisant de la mémoire vive plus rapide. Deux 6502 sont utilisés pour le traitement des entrées-sorties [24].

De 1990 à 1998 : le déclin d'Apple

Un Macintosh LC III utilisant un boîtier «  pizza box ».

Microsoft Windows 3.0, sorti en mai 1990, se rapproche visiblement du système des Macintosh tant en performances qu’en fonctionnalités. Les PC étaient, à l'époque déjà, des plates-formes alternatives et moins chères que le Macintosh. Apple, après avoir lancé le Macintosh IIfx, Macintosh le plus cher jamais vendu par la société, se lance sur le marché de l'entrée de gamme avec des machines abordables. Ainsi la firme lance trois nouvelles machines en octobre 1990 :

  • le Macintosh Classic, vendu 999 USD aux États-Unis, est resté le Macintosh le moins cher jusqu'à la sortie en juillet 2000 de l'iMac 350 MHz Indigo vendu 799 USD ;
  • le Macintosh LC (LC pour Low-cost Color), doté d'un 68020 et d'une capacité d'afficher des couleurs, tenait dans une Pizza box et était vendu pour 2 500 USD ;
  • le Macintosh IIsi, une version plus économique du IIci (à partir de 3 700 USD), équipé d'un 68030 cadencé à 20 MHz [25].

Ces trois machines se vendent bien [26], mais les marges d'Apple sur ces Macintosh sont plus faibles que sur les modèles antérieurs [27].

Un PowerBook 100, utilisant un processeur Motorola 68000 cadencé à 16 MHz.

1991 voit la sortie de Système 7, une version réécrite en 32 bits du système Macintosh qui apporte des améliorations au niveau graphique (support du Truecolor), de l'adressage mémoire, des réseaux et de la gestion du multitâche (optionnel sous Système 6) [28]. En octobre de cette même année, sont lancés le Macintosh Classic II, le Macintosh LC II ainsi que deux nouvelles familles d'ordinateurs : les Macintosh Quadra, avec les modèles 700 et 900, qui occupent le haut de gamme d'Apple, et les PowerBook ( 100, 140 et 170), plus proches des ordinateurs portables actuels que le Macintosh Portable qu'ils remplacent [29]. Conçus par Sony pour Apple [30], ils apportent quelques nouveautés qui deviennent standard par la suite, comme la position du clavier sous l'écran, laissant de la place pour un trackball et des repose-poignets [31].

En 1992, afin de s'ouvrir un peu plus au grand public, Apple lance la gamme Performa, constituée de Macintosh déjà existants mais rebadgés pour l'occasion à destination des familles et du monde de l'éducation. Contrairement aux autres Mac, ils ne sont pas vendus par des revendeurs agréés et sont livrés avec des logiciels comme Claris Works afin d'être immédiatement opérationnels [32]. Les PowerBook Duo, lancés à la fin de cette même année, premiers ultraportables d'Apple, peuvent être placés sur une station d'accueil afin d'en faire des ordinateurs de bureau avec toute la connectique correspondante. Cette famille d'ordinateurs reste en vente jusqu'en 1997 tout en évoluant avec le temps [33].

Un Power Macintosh 8100, premier Macintosh à être équipé d'un processeur Power PC avec les Power Mac 6100 et 7100.

En 1993, dans l'optique d'une ouverture vers un marché encore plus large, Apple lance les Macintosh Centris, placés entre les Performa et les Quadra, comme leur nom l'indique, au centre des gammes d'Apple. Ces derniers sont réintégrés moins de neuf mois plus tard à la gamme Quadra. 1994 voit l'arrivée de deux innovations majeures : l'apparition des pavés tactiles remplaçant les trackballs, avec le lancement de la série 500 des PowerBook, et l'abandon de l' architecture 68000 de Motorola, remplacée par l'architecture PowerPC RISC conçue par l' alliance AIM formée par Apple, IBM et Motorola en 1991. Cette nouvelle famille de processeurs donne lieu à une nouvelle famille de Macintosh, les Power Macintosh, nom plus tard abrégé en Power Mac. En janvier 1995, après moins d'un an de production, Apple annonce en avoir vendu un million, montrant un relatif succès de ces machines [34].

Cependant, en dépit de ses efforts, la part de marché d'Apple s’érode plus en plus au profit des compatibles PC basés sur des microprocesseurs d' Intel et le système Microsoft Windows. Cette tendance s'amplifie avec la sortie de nouveaux Pentium et celle de Windows 95. Ces derniers améliorent les capacités multimédia des PC et rapproche de plus en plus l'interface Windows du Système Mac. En réponse à cela, Apple lance un programme de licence de son système d'exploitation, permettant ainsi à d'autres entreprises de vendre leurs propres ordinateurs équipés du Système 7. Ces machines sont connues sous le nom de «  clones » [35]. Ces clones étaient censés faire gagner au système des parts de marchés, objectif qui n'est finalement pas atteint car les parts de marché des clones grignotent principalement celles du Macintosh d'Apple [36]. En 1997, à la suite du retour de Steve Jobs chez Apple, la version 7.7 du système est renommée MacOS 8, en lieu et place du défunt projet Copland. Apple n'ayant licencié que le Système 7 aux constructeurs tiers, cela permet à la firme de mettre fin à la commercialisation des clones [37]. Pour célébrer les 20 ans d'Apple, la firme sort en mai 1997 Twentieth Anniversary Macintosh, produit à 12 000 unités. Il a la particularité d'être équipé d'un écran plat similaire à ceux trouvés à l'époque sur les PowerBook, une première pour Apple sur un ordinateur de bureau [38].

De 1998 à 2006 : le renouveau

Le Power Mac G4 MDD.
L' iMac G3, qui signa le renouveau de la firme.
Le Power Mac G4 Quicksilver.

En 1998, après le retour de Steve Jobs à la tête de la société, Apple lance un nouvel ordinateur tout-en-un, l' iMac. L'écran 15 pouces et l'unité centrale s'y trouvent rassemblés dans un même boîtier en plastique transparent teint en Bleu bondi d'abord puis, plus tard, en d'autres couleurs. En plus de se démarquer des autres Macintosh par son design, il marque l'abandon des connecteurs ADB et SCSI, remplacés par deux ports USB. Le lecteur de disquette interne disparaît lui aussi, laissant le support de média amovible au lecteur de CD. De sa mise en vente, le 15 août 1998, jusqu'à la fin de l'année, Apple en vend plus de 800 000 unités [39]. Ces ventes, ajoutés à celle des Power Macintosh G3, permettent à Apple de produire pour la première fois depuis 1995 des bénéfices [40], [41]. En 1999, l'aspect blanc et bleu du boîtier est appliqué au Power Mac G3 et à un nouveau venu, l' iBook, le premier ordinateur portable d'Apple destiné au grand public. Tel l'iMac, l'année précédente, l'iBook est un succès, devenant l'ordinateur portable le plus vendu aux États-Unis au dernier trimestre de 1999 [42]. Lors de cette même année, Apple commence à équiper ses machines du processeur PowerPC G4 avec la sortie des premières versions du Power Mac G4 [43].

L' eMac, d'abord destiné au monde de l'éducation. Sa vente fut ensuite étendue au grand public.
Le Power Mac G5, sorti en 2003, est le premier Macintosh à adopter un boîtier en aluminium anodisé.

Après avoir utilisé de nombreuses couleurs sur les iMac et les iBook, Apple opte pour le polycarbonate blanc pour ses machines grand public. Ainsi le nouvel iBook sorti en 2001, l' iMac G4 et l' eMac sortis tous les deux en 2002, arborent des boîtiers blancs, tandis que pour ses machines destinées aux professionnels, la firme à la pomme opte pour des boîtiers en métal : titane puis aluminium pour les PowerBook G4 et aluminium pour les Xserve.

Le Power PC G4, laisse ensuite sa place au PowerPC G5 à partir de 2003 [44], où il fait son entrée dans le Power Macintosh G5, puis dans l'iMac en 2004. Trop énergivore et dégageant trop de chaleur, Le G5 ne sera jamais intégré par Apple dans ses ordinateurs portables [45]. En janvier 2005, Apple annonce son Mac mini, le Macintosh le moins cher jamais vendu par la firme, disponible à sa sortie pour 499 $/529 € [46]. Après la sortie de Mac OS 8, le système a continué d'évoluer jusqu'à sa dernière version, la 9.2.2. Parmi les améliorations apportées se trouve le support du système de fichiers HFS+ dans la version 8.1, la restriction aux processeurs PowerPC dans la version 8.5 et l'apparition du nano-kernel dans la version 8.6 [47], [48]. Le projet Copland ayant été abandonné, Apple avait racheté, en décembre 1996, NeXT pour faire du système d'exploitation NeXTSTEP la base du nouveau système d'exploitation des Macintosh, Mac OS X. Ce dernier est fondé sur le micro-noyau Mach implanté dans le noyau XNU, tous les deux utilisés par NeXTSTEP, et améliorés à partir du code issu de BSD pour être inclus dans le cœur de Mac OS X, Darwin. La première version bêta publique sort en septembre 2000. Vendue 30 $, elle permet d'avoir un aperçu du nouveau système et de pouvoir rapporter les bugs rencontrés [49]. La première version de Mac OS X, 10.0 (nom de code Cheetah), est quant à elle disponible à partir du 24 mars 2001. Elle contient l'environnement Classic, qui permet de faire fonctionner les applications conçues pour les versions antérieures de Mac OS. Par la suite, Apple publie des mises à jour majeures pour son système d'exploitation : 10.1 Puma (25 septembre 2001), 10.2 Jaguar (24 août 2002), 10.3 Panther (24 octobre 2003), 10.4 Tiger (29 avril 2005), 10.5 Leopard (26 octobre 2007), 10.6 Snow Leopard (28 août 2009), 10.7 Lion (20 juillet 2011), 10.8 Mountain Lion (25 juillet 2012), 10.9 Mavericks (22 octobre 2013), et la dernière en date 10.10 Yosemite (16 octobre 2014).

Depuis 2006 : l'ère Intel

Mi-2005, lors de la Worldwide Developers Conference, Steve Jobs annonce qu'Apple met fin à l'utilisation de processeur PowerPC dans ses ordinateurs au profit de processeurs Intel. Il ajoute que le système Mac OS X a été développé dès le début dans l'optique de fonctionner tant sur les architectures x86 que PowerPC. Les premiers Mac à être équipés de processeurs Intel sont l'iMac, le Mac mini et les MacBook Pro. Le tout nouveau MacBook suit, puis le Mac Pro et, en dernier, les Xserve.

En passant aux processeurs Intel, Apple remplace le préfixe « Power » des noms de ses machines destinés aux professionnels (Power Mac, PowerBook) par le qualificatif « Pro » (Mac Pro, MacBook Pro). Les ordinateurs portables deviennent tous des MacBook, nom qui sera ensuite décliné en fonction des modèles.

À ce jour, tous les ordinateurs vendus par Apple utilisent des processeurs x86 conçus et fabriqués par Intel. Ils sont quelques fois appelés Macintel, sur le modèle du terme Wintel utilisé pour désigner les compatibles PC utilisant des processeurs Intel et le système d’exploitation Windows de Microsoft. Par l'intermédiaire de l'émulateur Rosetta, il est possible d'utiliser des applications PowerPC sur un Macintel, mais à une vitesse inférieure à celle des applications natives. L'environnement « Classic » n'est cependant pas pris en charge par les Macintel et Mac OS X v10.5 « Leopard » [50].

IMac avec Intel en 2013.

L'utilisation de la même architecture de processeur que les PC permet de faire fonctionner un système Microsoft Windows sans l'aide d'un émulateur tel que Virtual PC.

En mars 2006, un groupe de hackers est parvenu à faire fonctionner Windows XP sur un Macintel avec un outil qu'ils ont ensuite mis à disposition sur leur site [51]. Le mois suivant, Apple annonce la sortie de la bêta publique de Boot Camp, un utilitaire qui permet aux possesseurs de Macintel d'installer Windows XP sur leurs machines. Les versions suivantes ont ajouté le support de Windows Vista et la correction de bugs, jusqu'à la sortie de la première version finale, intégrée au système Mac OS X 10.5.

Alors que le Macintosh était depuis la fin des années 1980 la principale source de revenus d'Apple, la diversification des produits avec les lancements de l'iPod, l'iPhone puis de l'iPad, a vu la part de chiffre d'affaires générée par les Macintosh diminuer, passant sous les 50 % en 2007, pour ne représenter en 2010 plus que 30 %. L'iPhone et les applications étant devenues la première source de revenus pour Apple [52].

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