Lyndon B. Johnson

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Lyndon Johnson
Portrait officiel de Lyndon B. Johnson (1964).
Portrait officiel de Lyndon B. Johnson (1964).
Fonctions
36e président des États-Unis

(5 ans, 1 mois et 29 jours)
Élection3 novembre 1964
Vice-présidentAucune (1963-1965)
Hubert Humphrey (1965-1969)
GouvernementAdministration L. B. Johnson
PrédécesseurJohn Fitzgerald Kennedy
SuccesseurRichard Nixon
37e vice-président des États-Unis

(2 ans, 10 mois et 2 jours)
Élection8 novembre 1960
PrésidentJohn Fitzgerald Kennedy
GouvernementAdministration Kennedy
PrédécesseurRichard Nixon
SuccesseurHubert Humphrey
Sénateur des États-Unis
pour le Texas

(12 ans)
PrédécesseurWilbert Lee O'Daniel
SuccesseurWilliam A. Blakley
Représentant des États-Unis
pour le 10e district du Texas

(11 ans, 8 mois et 24 jours)
PrédécesseurJames P. Buchanan (en)
SuccesseurHomer Thornberry (en)
Biographie
Nom de naissanceLyndon Baines Johnson
Date de naissance
Lieu de naissanceStonewall (Texas, États-Unis)
Date de décès (à 64 ans)
Lieu de décèsJohnson City (Texas, États-Unis)
Nature du décèsCrise cardiaque
NationalitéAméricaine
Parti politiqueParti démocrate
ConjointLady Bird Johnson
Diplômé deTexas State University
ProfessionEnseignant
ReligionChristianisme

Signature de Lyndon Johnson

Lyndon B. JohnsonLyndon B. Johnson
Présidents des États-Unis
Vice-présidents des États-Unis

Lyndon Baines Johnson, connu sous ses initiales LBJ, né le à Stonewall (Texas) et mort le à Johnson City (Texas), est un homme d'État américain, 36e président des États-Unis, après en avoir été le 37e vice-président.

Membre du Parti démocrate, Johnson est représentant des États-Unis pour le Texas de 1937 à 1949 et sénateur fédéral de 1949 à 1961, dont six ans en tant que chef de la majorité du Sénat, puis deux ans en tant que chef de l'opposition au Sénat et deux ans en tant que whip de la majorité au Sénat. Après avoir tenté en vain d'obtenir l'investiture présidentielle du Parti démocrate, il accepte la proposition de John F. Kennedy de devenir son colistier pour l'élection présidentielle de 1960. Le ticket démocrate l'emporte de justesse face au ticket républicain mené par Richard Nixon.

Le jour même de l'assassinat en cours de mandat de John F. Kennedy, le , il accède à la présidence des États-Unis en sa qualité de vice-président. Il termine la présidence de Kennedy, puis est élu sur son propre nom, l'emportant largement à l'élection présidentielle de 1964. Son mandat est marqué par de violentes émeutes raciales et des assassinats politiques, notamment celui de Martin Luther King et de Malcolm X. Johnson conçoit le programme politique de « Great Society », qui comprend des lois qui soutiennent les droits civiques des minorités, la radiodiffusion publique, la protection de l'environnement, l'aide à l'éducation. Il lance un programme de « guerre contre la pauvreté », créant ainsi le Medicare et le Medicaid et signe en 1965 le Voting Rights Act. Le comportement dominateur de Johnson est resté célèbre, notamment son fameux « traitement Johnson », par lequel il s'imposait physiquement à ses interlocuteurs[1], et dont il a souvent abusé même face aux plus influents hommes politiques pour les forcer à accepter ses législations[2].

Simultanément, il doit gérer la première partie de la guerre du Viêt Nam, où l'implication américaine s'intensifie. La guerre se prolongeant, la popularité de Johnson connaît une baisse importante. Après les élections au Congrès de 1966, l'hypothèse d'une réélection de Johnson à l'élection présidentielle de 1968 semble compromise en raison des turbulences que suscite l'opposition à la guerre du Vietnam au sein du Parti démocrate. Après la primaire du New Hampshire, lors de laquelle il est mis en difficulté, il renonce à se représenter. Malgré les échecs de sa politique étrangère, un certain nombre d'historiens tirent un bilan favorable de sa présidence du fait des réformes qu'il a su réaliser en politique intérieure[3],[4].

Biographie

Jeunesse

Photographie de Lyndon Johnson en 1915 dans la maison familiale de Texas Hill Country près de Stonewall et Johnson City

Lyndon Baines Johnson naît à Stonewall, au Texas, le dans une ferme près de la rivière Pedernales. Ses parents, Samuel Ealy Johnson Junior et Rebkah Baines, qui ne possèdent qu’une modeste ferme, ne peuvent offrir que le minimum à leurs cinq enfants, lui, son jeune frère Sam Houston Johnson (1914-1978)), et ses trois sœurs, Rebekah (1910-1978), Josefa (1912-1961) et Lucia (1916-1997). La famille Johnson est d'ascendance écossaise-irlandaise, ècossaise, allemande et anglaise. Lyndon fréquente l’école publique, mais il est maladroit, bavard. Toutefois, ses prises de parole en public, notamment lors de débats, lui permettent d'être élu président de sa classe. Il est aussi membre de l'équipe de baseball. Johnson obtient son diplôme de fin d’études secondaires au lycée de Johnson City en 1924[5],[6].

En 1926, Johnson s’inscrit au « Southwest Texas State Teachers College » pour devenir enseignant. Il participe aux débats et à la politique du campus, éditant le journal de l'école. Il abandonne l'école en 1927, mais revient un an plus tard pour finalement obtenir son diplôme en 1930.

Juste après son diplôme, Johnson enseigne « la prise de parole en public » et « le débat » dans un lycée de Houston ; il démissionne cependant rapidement pour se lancer dans la politique. Le père de Johnson avait été élu pour cinq mandats au Capitole de l'État du Texas et était l'ami du sénateur Sam Rayburn, l'une des figures montantes de la politique texane. En 1931, Johnson fait campagne pour Richard M. Kleberg et est récompensé par un poste au secrétariat du sénateur fraîchement élu.

En tant que secrétaire parlementaire, Lyndon B. Johnson se lie avec des personnes influentes, découvre comment elles en sont arrivées là et gagne leur respect grâce à ses compétences. Il compte bientôt parmi ses amis des proches du président Franklin Delano Roosevelt, mais aussi des Texans comme lui, parmi lesquels le vice-président John Nance Garner.

Pendant qu’il est secrétaire, Johnson rencontre Claudia Alta Taylor, qui sera connue sous le nom de « Lady Bird », une jeune texane elle aussi. Ils se marient le après s'être fréquentés pendant une courte période. Ils ont deux filles, Lynda Bird, née en 1944 et Lucy Baines, née en 1947. On peut remarquer que Johnson aimait bien donner ses initiales à de nombreuses choses. Les prénoms de ses filles en sont un exemple.

En 1935, Lyndon Johnson devient directeur d’une agence de l’État du Texas chargée de la jeunesse. Ce poste lui permet de proposer des formations et des emplois à des jeunes et donc de montrer aux électeurs texans qu’il a de l’influence. Il reste directeur pendant deux ans, puis quitte son poste pour se présenter au Congrès. Le futur président est connu pour être un patron très exigeant avec ses employés, leur demandant de nombreuses heures supplémentaires ; toutefois, il en fait autant, sinon plus, lui-même.

Il reçoit son premier brevet de franc-maçon le [réf. nécessaire]. Il s'aperçoit peu de temps après que ses tâches au Congrès lui prennent trop de temps et il ne cherchera pas à s’élever dans la hiérarchie franc-maçonne.

Carrière politique

1937-1961 : débuts

En 1937, Johnson se présente au Congrès lors des élections partielles du 10e district du Texas pour représenter Austin et le comté voisin de Hill. Il base sa campagne sur le principe du New Deal et est aidé efficacement par sa femme, Lady Bird Johnson.

Le président Franklin Delano Roosevelt montre un intérêt personnel pour le jeune Texan dès qu’il entre au Congrès. Johnson est affecté au Comité des affaires navales, position d'une grande importance pour un jeune élu. En 1941, Johnson se présente au Sénat dans une élection partielle, contre le gouverneur sortant du Texas, W. Lee « Pappy » O'Daniel. Johnson est battu, mais seulement après un recomptage de bulletins de votes dans une élection marquée par des fraudes massives de part et d’autre.

Johnson sert brièvement lors de la Seconde Guerre mondiale en tant que lieutenant commander (capitaine de corvette) dans la Marine et est décoré de la Silver Star (étoile d'argent), de la médaille de la campagne dans le Pacifique Sud et de la médaille de la Victoire. Cependant les circonstances qui lui ont valu cette récompense sont controversées, l'attribution aurait été en réalité motivée par des motifs politiques.

En 1948, Lyndon B. Johnson se présente de nouveau au Sénat et, cette fois ci, est élu. Mais les résultats de cette élection sont aussi très discutés, car bien qu'il remporte l'élection générale avec une majorité écrasante, il ne gagne l'élection primaire que par 87 voix sur un million de suffrages exprimés. Une plainte est officiellement déposée, mais Abe Fortas que Johnson engage pour le représenter devant la cour fédérale parvient à interrompre l'enquête. Une fois arrivé au Sénat, Johnson est affecté au Comité des forces armées, et plus tard, en 1950, il participe à la création du Sous-comité d'enquête sur la mise en état d’alerte des forces armées. Johnson en devient le directeur et dirige plusieurs enquêtes sur les coûts et l'efficacité de la défense américaine. Ces investigations lui valent l'attention nationale ainsi que le respect de ses aînés au Sénat.

Après seulement quelques années passées au Sénat, Johnson gravit les échelons du pouvoir. En 1953, il est choisi par ses camarades démocrates pour être le chef de l’opposition. Il devient au passage le plus jeune titulaire de ce poste de l'histoire, tous partis confondus. En 1954, Johnson est réélu au Sénat, et comme les démocrates y ont remporté la majorité des sièges, il devient chef de la majorité. Son travail consiste à préparer un programme législatif et à aider à l'adoption des mesures proposées par les démocrates.

1961-1963 : vice-président des États-Unis

Le succès de Johnson au Sénat fait de lui un candidat démocrate potentiel pour les primaires de la présidentielle de 1956. Il est le « fils préféré » du Texas lors de la convention nationale du parti en 1956. En 1960, il forme une coalition appelée Stop Kennedy avec Adlai Stevenson, Stuart Symington, et Hubert Humphrey et obtient 409 voix lors la convention démocrate, mais c'est John F. Kennedy, le sénateur du Massachusetts, qui est élu dès le premier tour de scrutin. Tip O'Neill, un représentant du Massachusetts, État d'origine de Kennedy, se rappelle que Johnson s'est approché de lui lors de la convention et a dit: « Je sais que vous devez au début soutenir Kennedy, mais je tiens à vous avoir avec moi au second tour ». O'Neill a répondu: « Sénateur, il ne va pas y avoir de second tour »[7]

Kennedy se rend compte qu'il ne pourra pas être élu sans l'appui des démocrates du sud traditionnels, dont la plupart ont soutenu Johnson. Par conséquent, malgré leur affrontement il prend Johnson comme colistier et candidat au poste de vice-président. Certaines sources (comme Arthur Meier Schlesinger Jr.) déclarent que Kennedy offrit le poste à Johnson à titre de courtoisie et ne comptait pas qu'il accepterait. D'autres (comme W. Marvin Watson) affirment que la campagne de Kennedy était compromise pour gagner l'élection présidentielle contre Richard Nixon et Henry Cabot Lodge, Jr., et qu'il avait besoin de Johnson sur la liste pour l'aider à remporter le Sud des États-Unis. Selon encore d'autres sources, Kennedy ne voulait pas de Johnson en tant que colistier et ne voulait pas le lui demander. Le choix premier de Kennedy aurait été Symington. Johnson aurait décidé de solliciter la vice-présidence et fait pression avec l'aide du speaker Sam Rayburn sur Kennedy pour obtenir la place[8].

Simultanément à sa course pour l'élection à la vice-présidence, Johnson a également cherché à obtenir un troisième mandat au Sénat américain. Selon Robert Caro, « le 5 novembre 1960, Lyndon Johnson remporte l'élection à la fois pour la vice-présidence des États-Unis, sur la liste Kennedy-Johnson, et pour un troisième mandat comme sénateur (il avait changé la loi du Texas pour lui permettre de concourir pour les deux bureaux). Ayant gagné la vice-présidence, il prend des dispositions pour démissionner du Sénat, comme il était tenu de le faire en vertu du droit fédéral, dès qu'il fut convoqué le 3 janvier 1961."[9] (En 1988, Lloyd Bentsen, le candidat à la vice-présidence du candidat à la présidence du parti démocrate Michael Dukakis, a profité de la «loi de Lyndon», pour conserver son siège au Sénat après la défaite de Dukakis face à George H. W. Bush. La même chose eut lieu pour le sénateur Joseph Lieberman du Connecticut en 2000 après la défaite d'Al Gore face à George W. Bush. En 2008, Joe Biden a été élu vice-président et réélu sénateur américain, comme Johnson l'avait fait en 1960.)

Johnson a été réélu sénateur avec 1 306 605 voix (58 %) face au républicain John Tower 927 653 voix (41,1 %). Le démocrate William A. Blakley est nommé pour remplacer Johnson en tant que sénateur, mais perd l'élection partielle de mai 1961 face à John Tower.

Après l'élection, Johnson se retrouve sans pouvoir. Il tente d'abord de transférer l'autorité du chef de la majorité du Sénat à la vice-présidence, puisque cette charge faisait de lui le Président du Sénat, mais fait face à une opposition véhémente de la part de la coalition démocrate, y compris ceux sur lesquels il avait compté comme ses partisans[10]. Les limites de son influence furent encore mise en relief plus tard cette année-là quand Kennedy nomma Sarah T. Hughes (en), une amie de Johnson, comme Juge fédéral de la magistrature ; alors que Johnson avait échoué à obtenir cette nomination pour Hughes au début de sa vice-présidence, le Président de la Chambre des représentants Sam Rayburn venait de la marchander avec Kennedy, en échange de son soutien sur une loi.

Kennedy s'efforce de garder Johnson occupé, informé, et souvent présent à la Maison-Blanche, mais certains de ses conseillers et des membres de la famille Kennedy sont dédaigneux envers lui. Kennedy le nomme à des postes tels que chef du Comité du président sur l'égalité des chances au travail, ce qui permet à Johnson de s'occuper des Afro-Américains et des autres minorités. Bien que Kennedy puisse avoir eu l'intention que cela soit pour Johnson une position plutôt symbolique, Taylor Branch (en) dans le Pillar of Fire affirme que Johnson contribua à pousser les actions de l'administration Kennedy pour les droits civiques plus loin et plus vite que Kennedy ne l'avait prévu au départ. Branch note l'ironie que Johnson, sur lequel la famille Kennedy comptait pour apaiser les électeurs conservateurs du sud, soit devenu l'avocat des droits civils. En particulier, il constate que le discours de Johnson lors du Memorial Day de 1963 à Gettysburg, en Pennsylvanie, fut un catalyseur qui conduisit à plus d'action.

Johnson s'occupe de nombreuses missions diplomatiques mineures, ce qui ne lui donne qu'un aperçu limité des questions internationales. Il lui est permis de suivre les réunions du Cabinet et du Conseil de sécurité nationale. Kennedy donne à Johnson le contrôle de toutes les nominations présidentielles impliquant le Texas, et il est nommé président du President's Ad Hoc Committee for Science. Lorsqu'en avril 1961, les Soviétiques battent les États-Unis pour mener le premier vol spatial habité, Kennedy charge Johnson de trouver une prouesse scientifique qui pourrait rétablir le leadership mondial des États-Unis[citation nécessaire]. Johnson savait que le programme Apollo et l'élargissement de la NASA étaient réalisables, il guide donc la recommandation vers le programme de l'envoi d'un Américain sur la Lune.

En août 1963, Johnson est touché par un scandale au Sénat quand Bobby Baker (en), le secrétaire de la majorité au Sénat, et un protégé de Johnson, fait l'objet d'une enquête par le Comité d'éthique du Sénat pour des allégations de corruption et malfaisance financière. Baker démissionne en octobre, et l'enquête s'arrête avant de toucher Johnson. Mais la publicité négative de l'affaire fut telle qu'elle alimenta des rumeurs dans les milieux de Washington selon lesquelles Kennedy avait pris la décision de rayer Johnson du ticket démocrate pour l'élection présidentielle de 1964. Le , Kennedy nie cependant que ce soit le cas devant un journaliste[11].

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