Lycée en France

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Le lycée polyvalent Marlioz en Savoie, à Aix-les-Bains.

Dans le système éducatif français, le lycée correspond au second cycle des études secondaires [1]. Ce second cycle peut être général et technologique ou professionnel [1]. Il correspond principalement aux trois dernières années de l' enseignement secondaire ( seconde, première et terminale), pour des adolescents âgés, généralement, de 15 à 17 voire 18 ans (du début de la seconde à la fin de la terminale).

Par extension, le lycée est l' établissement scolaire de cet enseignement.

Les enseignements au lycée aboutissent à des examens finaux et nationaux : le baccalauréat, le BEP ou le CAP. Néanmoins, un certain nombre de filières relevant de l'enseignement supérieur, comme les BTS, les CPGE et les classes préparatoires au DCG, sont en partie prises en charge par les lycées. En 2013, il y avait  :

De 1802 à 1959, le terme « lycée » désignait des établissements financés par l'État couvrant l'ensemble de l'enseignement secondaire long (de la sixième à la terminale), par opposition aux « collèges », qui pouvait également couvrir l'ensemble du cycle secondaire long, mais étaient financés par la municipalité. De 1959 à 1963, l'ensemble des collèges et lycées couvrant l'intégralité de l'enseignement secondaire long prirent la dénomination de « lycée ». À partir de 1963, le terme prend sa signification actuelle, le premier cycle de l'enseignement secondaire (de la 6e à la 3e) se transformant progressivement en « collège d'enseignement secondaire » [2].

Le nom vient du Lycée, un gymnase d' Athènes près duquel Aristote enseignait. L'origine de cette appellation serait due à la proximité d'un sanctuaire dédié à Apollon Lykeios [3].

L'organisation des cursus au sein des lycées français a été partiellement modifiée lors de la « réforme du lycée » créée par les ministères Darcos et Chatel de 2007 à 2009, et dont l'application commencera à la rentrée 2010 pour les secondes, 2011 pour les premières et 2012 pour les terminales.

Histoire

Des établissements d'abord uniquement masculins pour former une élite

Créé à l'origine par Napoléon Bonaparte par la loi du 11 floréal de l'an X (1er mai 1802) pour former « l'élite de la nation », le lycée, selon l'expression de Napoléon, fait partie avec le Code civil ou encore la Légion d'honneur, des «  masses de granit ».

Les lycées de garçons ont été créés en 1802 à partir des plus importantes écoles centrales. Le lycée assure une formation en lettres (français, latin, grec ancien, 4 professeurs) et en sciences (4 professeurs). L'article 5 du décret du 17 mars 1808 en fixe ainsi le programme : « Les langues anciennes, l'histoire, la rhétorique, la logique, et les éléments des sciences mathématiques et physiques ». Le régime usuel est l' internat et les lycées sont marqués par un encadrement de type militaire. Peu nombreux, les lycées sont entièrement pris en charge par l'État. Le fonctionnement est assuré par un proviseur, un censeur [4], un économe et l'enseignement par des professeurs agrégés de l'université.

Les douze premiers lycées créés en l'an XI sont ceux de Bruxelles, Moulins, Marseille, Mayenne, Mayence [5], Besançon, Rennes, Douai, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Rouen et Paris (ancien collège de Paris du Prytanée français). Le Lycée Impérial de Montpellier, actuel lycée Joffre, est considéré comme l'un des plus anciens lycées de France car directement issu de l'enseignement médiéval et, par la suite, universitaire [6] [réf. insuffisante].

Avec la Restauration, les lycées prennent le nom de « collèges royaux ». Ils reprennent le nom de lycée sous la Deuxième République, ce que confirme la loi Falloux ( texte). Les lycées comprenaient alors des « petites classes », dont l'enseignement se rapprochait du primaire, classes connues sous le nom de Petit lycée.

Les lycées de jeunes filles voient le jour avec la loi proposée par Camille Sée et votée le 21 décembre 1880. Cette loi instaure un enseignement secondaire féminin qui peut se dérouler dans des lycées de jeunes filles qui sont au nombre de 36 dès 1896 [7]. Le premier lycée de jeunes filles en France fut créée à Montpellier en 1881 : c'est l'actuel lycée Georges-Clemenceau. Les lycées et collèges (publics) deviennent gratuits entre 1926 et 1930 et certains sont restés non-mixtes (essentiellement dans le privé ) jusqu'à une époque récente.

Les deux filières : classique et moderne

Originellement, l'enseignement dans les lycées et collèges était uniquement classique, dans le sens où les langues latine et grecque étaient enseignées. Cependant, dans un contexte de Révolution industrielle et afin de former aux métiers du commerce et de l'industrie intermédiaires c'est-à-dire compris entre le cadre et le manœuvre, l'idée d'un enseignement intermédiaire situé entre le primaire et le classique, semblable à la Realschule en Allemagne, prit forme.

Le , le ministre Victor Duruy institua l'enseignement spécial, prenant place dans les collèges afin de répondre à ces besoins ; cet enseignement était organisé en trois années et son programme était concentrique (l'on partait du programme de l'année précédente et on approfondissait) et plus tourné vers la pratique, comportant du dessin et de la menuiserie. Les professeurs étaient formés à l’École normale de Cluny [8].

L'enseignement spécial se rapproche de plus en plus de l'enseignement classique : sa durée s'allonge de trois, quatre et six, la nomenclature des classes est reprise et les débouchés se rapprochent de ceux du classique : Saint-Cyr, Polytechnique, etc. En 1891, l'enseignement spécial devient l'enseignement moderne.

L'enseignement secondaire est réformé en 1902 : dans les enseignement classique et moderne quatre années de tronc commun (6e-3e) sont suivies par deux années de préparation du premier bac, dont il existe quatre formes :

  • A : latin-grec
  • B : latin-langues
  • C : latin-sciences
  • D : langues-sciences

A, B et C sont de l'enseignement classique alors que D est de l'enseignement moderne.

Dans l'enseignement classique, le grec pouvait être commencé en 5e.

Ce premier bac donnait droit à pouvoir préparer, en une année, la seconde partie du bac (Mathématiques élémentaires et Philosophie) [9]. L'enseignement moderne accède ainsi à une forme d'égalité avec le classique, bien que perçu comme d'un niveau inférieur. Le primaire supérieur reprit le flambeau et les élèves issus du moderne.

Vers la démocratisation du second cycle du secondaire

Le décret no 59-57 du 6 janvier 1959 établit des « lycées classiques, modernes et techniques » ; les anciens collèges techniques et les écoles nationales professionnelles sont transformés en lycées techniques [10]. En 1963, les petites classes des lycées sont supprimées et assimilées au primaire. En 1977 sont institués, par le décret no 76-1304 du 28 décembre 1976, les lycées d'enseignement professionnel, devenus lycées professionnels en 1985 par le décret no 85-1267 du 27 novembre. Les lycées généraux et les lycées techniques sont alors regroupés sous le nom de lycée d'enseignement général et technologique. Très souvent, les sections générales, technologiques et professionnelles de lycée coexistant dans ce qu'on appelle des lycées polyvalents.

En 1985, Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l' Éducation nationale lance le mot d'ordre : « 80 % d'une classe d'âge au baccalauréat », objectif repris de manière presque identique par son successeur, René Monory et repris par la loi d'orientation scolaire de 1989 de Lionel Jospin, alors ministre de l'Éducation Nationale. S'ensuit une décennie de fort développement des lycées et des premiers cycles universitaires [11]. L'innovation la plus marquante de la période est la création du baccalauréat professionnel en 1985. Il permet aux titulaires d'un BEP ou d'un CAP de compléter leurs études secondaires et même d'envisager des classes post-bac. De 1987 à 1995, le nombre de bacheliers passe de 300 000 à 500 000. 40 % de cet accroissement s'explique par le succès des bacs professionnels [12].

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