Lutte ouvrière

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Lutte ouvrière
Image illustrative de l'article Lutte ouvrière
Logotype officiel.
Présentation
Porte-parole Nathalie Arthaud
Fondation 1939 ( groupe Barta)
1942 (Groupe communiste)
1944 (Union communiste)
1956 (Voix ouvrière)
1968 (Lutte ouvrière)
Siège Paris
Nom officiel Union communiste
Positionnement Extrême gauche [1]
Adhérents 8 000 (2010) [2], [3]
Idéologie Trotskisme [4]
Marxisme
Léninisme
Internationalisme
Féminisme
[réf. nécessaire]
Affiliation internationale Union communiste internationaliste
Couleurs Rouge
Site web lutte-ouvriere.org
Représentation
Députés
0 / 577
Sénateurs
0 / 348
Députés européens
0 / 74
Présidence de conseils départementaux
0 / 101
Maires de communes de plus de 70 000 habitants
0 / 65
Conseillers municipaux
79 / 526 341
Conseillers régionaux
0 / 1 757

Lutte ouvrière (LO) est un parti politique français situé à l' extrême gauche. Il s'agit du nom d'usage de l’Union communiste ( trotskyste), principale organisation du regroupement international Union communiste internationaliste.

Le nom « Lutte ouvrière » vient du nom de l'hebdomadaire édité par l'Union communiste. L'utilisation du nom « Lutte ouvrière » s'est, par métonymie, généralisée avec l'accord de la direction du parti, qui présente ses candidats aux élections sous cette dénomination. Le nom peut donc être considéré comme commun au parti et à son organe de presse officiel.

La porte-parole nationale du parti est Nathalie Arthaud, qui a pris la suite d' Arlette Laguiller au congrès annuel de l'organisation des 6 et [5]. Depuis quelques années, il existe également plusieurs porte-parole régionaux.

Communiste et internationaliste, Lutte ouvrière défend les idées du trotskisme et met l'accent sur le rôle central de la classe ouvrière.

Historique

Origine

Articles connexes : David Korner et Groupe Barta.

Lutte ouvrière prend ses origines en la personne de David Korner, alias Barta, jeune militant trotskiste roumain qui, avec trois autres camarades, rallie en 1936 les trotskistes français exclus de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) qui viennent de constituer le Parti ouvrier internationaliste (POI). Autour de lui, le groupe s’élargit sensiblement lorsqu'avec d’autres il entre, sur l’indication de Léon Trotski, au Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP) de Marceau Pivert (c’est l'«  entrisme »). Indisposé par l’état d’esprit «  petit-bourgeois » qui règne dans la IVe Internationale au moment de l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale, David Korner alias Barta se retire à la suite d'un banal malentendu et, avec son groupe, composé alors d’une dizaine de militants, il constitue l’Union communiste (UC) avec l’intention d’établir « un contact réel et étendu avec la classe ouvrière ». L'UC se consacre à la propagande contre la « guerre impérialiste mondiale » [6].

Après la rupture du Pacte germano-soviétique le et l'invasion de l' URSS par les troupes allemandes, l’Union communiste appelle à la mobilisation et établit une nouvelle propagande pour défendre l' URSS [7]. Sous l’ Occupation, le groupe se maintient et diffuse les premiers numéros de La Lutte de classe [8], autant que possible, à l’image de Pierre Bois [9], alias Vic [10], jeune cheminot réfractaire au STO ou de Mathieu Bucholz, militant communiste finalement repéré et assassiné à la Libération par des militants du Parti communiste qui l’accusent d’être un «  nazi ». L’injustice de ce crime conduit un jeune communiste de 16 ans, Robert Barcia alias "Hardy", ami de Mathieu Bucholz, à intégrer le mouvement trotskiste.

Crise

En 1947, le groupe Barta compte toujours une dizaine de militants. Il déclenche et participe activement à la grève chez Renault. Pierre Bois en est le dirigeant pratique, David Korner, alias Barta, le dirigeant politique. Une attaque de tuberculose empêche Robert Barcia d'y participer. À la suite de la grève, le groupe organise le «  Syndicat démocratique Renault » qui comptera jusqu’à 406 syndiqués. Cependant, des tensions apparaissent : Pierre Bois et David Korner s’opposent sur l’orientation du groupe et, à la suite d'un conflit au sujet de la rédaction d'un tract, la crise éclate. La lassitude s’empare de la plupart des militants qui cessent peu à peu toute activité. La scission entre le groupe de Pierre Bois et celui de David Korner est consommée en 1949, et l’Union communiste disparaît en 1950.

Reconstruction

Robert Barcia, démissionnaire à l'été 1948, reparaît dès 1950 et, en compagnie de Pierre Bois, toujours actif chez Renault, tente de recoller les morceaux. Pendant cinq ans, le groupe tente de se reconstituer.

Fondé en 1956, Voix ouvrière regroupe beaucoup d'anciens du «  groupe Barta ». David Korner, alias Barta, participe en écrivant des articles mais ne reprend pas sa place de dirigeant. Voix ouvrière circule sous la forme d’un petit journal d’entreprise, pendant plusieurs années en collaboration avec un autre groupe, le « PCI- Lambert ». Voix ouvrière, bimensuel, commence à être diffusé à partir de 1963, d’abord sur 4 pages, puis sur 8, la publication deviendra hebdomadaire en 1967. Après la révolte étudiante et la grève générale de mai-juin 1968, comme tous les mouvements se réclamant du trotskisme et d'autres mouvements d' extrême gauche, Voix ouvrière est interdite et dissoute par le décret du président de la République du 12 juin 1968, en application de la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées. Le mouvement se reforme immédiatement sous le nom de son journal, rebaptisé Lutte ouvrière, puis se renforce en nombre et multiplie les bulletins d’entreprise.

En 1971, la première fête de Lutte ouvrière est organisée, dans un champ, sur la commune de Presles dans le Val-d'Oise. Lutte ouvrière sera ensuite le premier groupe politique à présenter une femme à l’ élection présidentielle, en 1974, en choisissant pour porte-parole et candidate nationale Arlette Laguiller [11]. En 1981, c'est l'essor des radios libres, et Lutte ouvrière s’y essaie avec « Radio La Bulle », sur un fond de Boléro de Ravel. L’expérience dure quelques mois. Lutte ouvrière connaît par la suite un certain succès médiatique et politique. En 2002, Arlette Laguiller obtient 5,72 % des voix à l’ élection présidentielle.

Élections

Lutte ouvrière présente des candidats dans toutes les grandes élections depuis 1973. Arlette Laguiller, porte-parole de l'organisation depuis 1973 est candidate aux élections présidentielles de 1974, 1981, 1988, 1995, 2002 et 2007. Si elle dépasse 5 % lors de deux scrutins, réalisant 5,3 % (1 615 552 voix) en 1995 et 5,72 % (1 630 045) en 2002, en 2007 avec 1,34 % (488 119), elle semble ne plus être soutenue que par son électorat traditionnel.

Aux élections municipales de 1995, LO présente 49 listes, obtenant 2,81 % des voix, soit 39 879. En 2001, LO présente 128 listes dans 109 villes différentes, qui recueillent 4,37 % des suffrages, soit 120 347 voix. LO obtient ainsi 33 élu(e)s dont 11 femmes, dans 22 villes différentes, sans fusionner ses listes au second tour avec la gauche plurielle.

Lors des élections régionales de 1998, LO présente des listes dans 68 départements, obtenant 4,5 % et 20 élus.

Lutte ouvrière s'associe plusieurs fois à la Ligue communiste révolutionnaire dans des élections, notamment lors des élections Européennes de 1979, celles de 1999 (3 élus LO et 2 LCR), et lors des élections régionales de 2004. LO appelle également à voter pour Alain Krivine lors de l’ élection présidentielle de 1969.

Lors des élections régionales de 2004, Lutte ouvrière propose une alliance électorale à l'autre grand mouvement trotskiste français, la Ligue communiste révolutionnaire. Selon LO [12], cette alliance est inspirée par l'hypothèse qu'il est probable qu'un fort courant d'électeurs préférerait voter PS pour donner une gifle à la droite. Leur résultat de 4,95 %, représente une légère augmentation par rapport au résultat des élections régionales de 1998 (4,83 %), mais bien en dessous du résultat de la présidentielle de 2002 (10 % en les additionnant). La réforme du mode de scrutin [Note 1] fait que les trotskistes (LO et LCR) perdent tous leurs élus dans les conseils régionaux, malgré un score supérieur à 1998.

À la différence des élections municipales de 2001, où elle ne présente que des listes autonomes, Lutte ouvrière propose en 2008 des alliances locales aux autres partis de gauche. Cette nouvelle orientation, vivement critiquée par la fraction l'Étincelle [13], est justifiée ainsi par Georges Kaldy : « nous n'offrons pas nos services au PS, mais là où la gauche peut être supplantée par la droite ou regagner une municipalité, nous discutons. Nous ne voulons pas que notre score puisse favoriser la droite » [réf. nécessaire] qui ajoute : « changement de contexte politique. En 2001, on n'avait pas envie de cautionner la gauche au pouvoir. L'élection de Sarkozy et son offensive générale contre les travailleurs ont changé la donne ». [réf. nécessaire] LO note qu'elle s'est déjà alliée avec le PSU en 1971 puis avec le PCF en 1995 [14].

À ces élections de 2008, LO présente donc près de 5 000 candidats sur 188 listes différentes (contre 128 en 2001) [15]. Dans 70 villes, les militants de Lutte ouvrière participent à des listes d'union, principalement conduites par le Parti communiste (38 listes) ou le Parti socialiste (26 listes), sur des listes qui comportent parfois d'autres partis comme la LCR, les Verts, le MRC, le PT ou le PRG. LO présente par ailleurs des listes indépendantes dans 118 villes, là où aucun accord n'a pu être conclu [16]. Au premier tour, LO obtient 36 élus (dont 14 sur des listes indépendantes et 22 sur des listes d'union), au deuxième tour, 43 candidats sont élus sur des listes d'union. Comme LO l'a annoncé, ses militants se retirent des listes de gauche qui ont fusionné avec le Modem entre les deux tours [17], notamment à Marseille.

Aux élections européennes de juin 2009, Lutte ouvrière décide de présenter des listes afin de faire « entendre une voix communiste révolutionnaire », dire « qu’il faut que le monde du travail se défende et, par là même, défende les intérêts de l’ensemble de la société » et « qu’il est absolument indispensable pour la survie même de la société d’arracher au grand patronat et aux financiers le contrôle qu’ils ont sur l’économie » [18].

Aux élections régionales de 2010, Lutte ouvrière annonce présenter des listes autonomes dans toutes les régions [19].

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