Ludwik Lejzer Zamenhof

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Ludwik Lejzer Zamenhof
1908-kl-t-zamenhof.jpg

Ludwik Lejzer Zamenhof en 1908.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 57 ans)
Varsovie Voir et modifier les données sur Wikidata
Lieu d'enterrement
Pseudonyme
Doktoro Esperanto Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Markus Zamenhof ( en) Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Rozalia Zamenhof ( d) Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Klara Zamenhof ( d) Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Lidia Zamenhof
Adam Zamenhof ( en)
Zofia Zamenhof ( d) Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Fabian Zamenhof ( d) ( cousin germain)
Louis-Christophe Zaleski-Zamenhof (petit-fils ( d)) Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Domaines
Espéranto, ophtalmologie, espérantologie ( en) Voir et modifier les données sur Wikidata
Religions
Vénéré par
Membre de
Lingva Komitato ( en) Voir et modifier les données sur Wikidata
Mouvement
Distinctions
Chevalier de la Légion d'honneur‎
Président honoraire de l’Association mondiale d’espéranto ( d)
Commandeur de l'ordre d'Isabelle la Catholique Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres réputées
Langue Internationale, Dua Libro ( d), Fundamento de Esperanto, Ho, mia kor’ ( d) Voir et modifier les données sur Wikidata
signature de Ludwik Lejzer Zamenhof

signature

Zamenhof en 1879

Le docteur Ludwik Lejzer [1] Zamenhof, de son nom original Samenhof [2] (francisé en Louis Lazare Zamenhof), est un médecin ophtalmologiste polonais, né le à Białystok, dans le nord-est de l'actuelle Pologne, et mort le à Varsovie. Né dans une famille juive, ses langues d’usage sont le yiddish, le russe et le polonais [3]. Il est connu pour avoir élaboré la langue construite espéranto dans son ouvrage Langue Internationale, publié en russe le sous le pseudonyme Doktoro Esperanto (« le docteur qui espère »).

Biographie

L’enfance

Ludwik Lejzer Zamenhof naquit le , à Białystok, actuel chef-lieu de la voïvodie de Podlachie au Nord-Est de la Pologne, sa langue paternelle était le russe et maternelle le yiddish. À l'époque, la Pologne n'existait pas en tant qu'État mais était partagée entre l’ Autriche, la Prusse et l' Empire russe. La ville de Białystok faisait alors partie de l'Empire russe et était habitée par des Polonais, des Allemands et des Russes de religions diverses.

Avec une telle diversité de nationalités, de religions, de langues et de mœurs, Białystok est le théâtre permanent de tensions et de graves incidents. Louis Lazare en vient dès son enfance à s’interroger sur le moyen d’éradiquer les préjugés de race, de nationalité et de religion.

Fils de Markus, professeur d’ allemand et de français, auteur de manuels très renommés de langues et de géographie, rigoureux, très attaché à la culture du savoir, et de Rozalia (Liba), une mère sensible et profondément humaine, le jeune Zamenhof se passionne vite pour les langues. Il pense qu’au sein de chacune des communautés qu’il côtoie se trouvent des gens avec lesquels tout problème peut trouver une solution honorable. Il pense que l’impossibilité de communiquer joue un grand rôle dans cette situation et qu'une passerelle linguistique ouvrirait la voie à des relations plus constructives.

Le premier projet de langue internationale

Alors qu’il aime la langue russe, Louis Lazare voit pourtant cet état d’esprit, à l’échelle du monde, à travers une langue n’appartenant à aucun pays dominant, sans lien avec quelque nation que ce soit. Il s’attèle donc sans tarder à la tâche. Il n’a que 19 ans lorsqu’il présente un projet baptisé « Lingwe Uniwersala » à ses camarades de lycée [4].

Il se retrouve vite seul, et les circonstances vont quelque peu perturber ses projets. Son père l’envoie étudier la médecine à l’ université de Moscou. Hostile à des activités qu’il juge chimériques et craignant que des documents qui puissent sembler être chiffrés n’attirent des ennuis à son fils, il lui fait promettre de ne pas s’occuper de cela durant ses études, et garde les notes et manuscrits sous clé.

L’étudiant

À Moscou, les études de médecine n’empêchent pas Louis Lazare de toujours s’intéresser aux langues. À vingt ans, il rédige la première grammaire restée non publiée de yiddish [5] . Il tient malgré tout sa promesse quant au projet qui lui tient pourtant à cœur.

De par ses origines, la question juive le préoccupe aussi. Il prend part à des activités visant à établir une colonie, voire un pays, où le peuple juif pourrait vivre sa propre vie. Il se rendra compte, après son retour à Varsovie, de la contradiction entre un tel projet et ses aspirations à unir les peuples, d’autant plus que certains comportements excessifs l’inquièteront. Il décidera par la suite de se mettre avant tout au service de l’humanité tout entière, conscient que c’est seulement ainsi qu’il servira le mieux son peuple et lui restituera sa dignité.

Après deux ans d’études, il revient à Varsovie, certain que son père, homme scrupuleux, a conservé ses manuscrits en lieu sûr et qu’il pourra enfin reprendre ses travaux linguistiques. Mais sa mère lui révèle alors que son père a tout détruit. L’amertume et la rancœur cèdent vite la place à la détermination. Quoi qu’il en soit, Louis Lazare se sent désormais libre et se remet à l’ouvrage. Sa mémoire lui permet de reconstituer l’essentiel de sa langue. Il lui apporte des modifications et des améliorations. On sait qu’il effectua ses observations de linguistique comparée lors de ses études de médecine à Moscou, ceci grâce aux contacts directs qu’il avait avec des étudiants venus de toutes les régions linguistiques du vaste empire russe [6].

Le docteur

Louis Lazare termine ses études à Varsovie puis s’installe comme généraliste. Ses premiers pas dans la vie professionnelle sont particulièrement pénibles. Il exerce sa profession dans des milieux défavorisés.

La douleur physique et morale de ses patients le bouleverse au point qu’il ne peut plus tenir. Il décide alors de changer de métier, et de se spécialiser en ophtalmologie. La pratique de cette spécialité, toujours dans des quartiers très pauvres à Kherson, près de la mer Noire, à Grodno, en Lituanie, puis à Varsovie, lui permet de vivre plutôt mal que bien. Il lui arrive bien souvent de renoncer à faire payer ses consultations et ses soins. Le jour, il soigne. La nuit, il travaille sur la nouvelle langue.

1887 : année de la chance

Le , après bien des difficultés, parmi lesquelles la censure et les obstacles financiers, résolus grâce à son futur beau-père, Louis Lazare parvient à publier un premier manuel en russe sous le titre Langue Internationale. Il adopte alors le pseudonyme de « Doktoro Esperanto ». C’est par le biais de ce pseudonyme que nait le nom sous lequel la Langue Internationale se fera peu à peu connaître du grand public.

Il se marie le avec Klara Silbernik (1863-1924). Compagne enthousiaste, enjouée, dévouée, collaboratrice efficace, elle a épousé l’homme et partage l'aventure de cette création. Alexandre Silbernik, le père de Klara, sera toujours là lorsque surviendront des difficultés, partageant lui aussi l’idéal de son gendre et l’enthousiasme de sa fille.

Il travaille toujours intensivement, malgré bien des épreuves. Il écrit en prose et en vers et réalise de nombreuses traductions, afin que la Langue Internationale soit éprouvée, rodée, qu’elle n’ait rien à envier aux autres sur les plans de l’expression, de la précision, de l’esthétique. Des avis favorables se manifestent peu à peu : American Philosophical Society en 1889, Max Müller, l’un des plus éminents [réf. nécessaire] linguistes de l’époque, et Léon Tolstoï en 1894. En 1889 paraît la première liste de mille adresses ; il y en aura 5 567 en 1900, 13 103 en 1905.

La censure du régime tsariste n’est pas parvenue, en 1895, à empêcher l’essor de la langue qui a déjà franchi les frontières de l’Empire russe et qui gagnera les autres continents au début des années 1900. Des sociétés d’espéranto se fondent : 44 en 1902, 308 en 1905...

1905 : premier congrès mondial d'espéranto

Plaque apposée sur la maison de Genève dans laquelle Zamenhof séjourna en 1905-1906.

Du 5 au 12 août 1905, Boulogne-sur-Mer accueille le premier congrès mondial d'espéranto avec 688 participants de 20 pays. Preuve est faite que l’espéranto utilisé jusqu’alors essentiellement par écrit, fonctionne parfaitement. Pendant ce congrès, Zamenhof fonde une instance linguistique, le Lingva Komitato (comité linguistique), qui deviendra l'Akademio de Esperanto. Le Fundamento, qui fixe les 16 règles fondamentales de la langue, est adopté lors du congrès mondial de Boulogne.

Les congrès se suivront ensuite chaque année : 1906 à Genève, ville dans laquelle Zamenhof séjourna dès 1905, puis Cambridge, Dresde, Barcelone, Washington, Anvers, Cracovie (l’un des plus importants), Berne.

Le 2 août 1914, tout est prêt pour accueillir à Paris 3 739 congressistes originaires de 50 pays. Ce congrès n’aura malheureusement pas lieu ; la Première Guerre mondiale vient d’éclater, et Zamenhof n’en verra pas la fin.

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