Louis-Salvador de Habsbourg-Lorraine

Louis-Salvador

Louis-Salvador (, à Brandýs nad Labem-Stará Boleslav, Bohême) est un prince autrichien, le troisième des quatre fils du grand-duc de Toscane, Léopold II, et de son épouse Marie-Antoinette de Bourbon-Siciles.

En tant que membre de la branche de Toscane de la Maison de Habsbourg-Lorraine, il bénéficia d'une éducation plus libérale que de coutume. Elle faisait appel à la modestie, à la force de travail et à l’intelligence, en bref aux vertus qui devaient marquer de façon décisive sa vie d’adulte. Au lieu de l'étiquette de cour, le jeune archiduc aimait mieux s’adonner à l’étude de la nature et des langues et s’occuper de son chimpanzé Gorilla.

Quand la famille dut quitter Florence en 1859, à la suite des mouvements révolutionnaires et s’établir au château de Brandýs nad Labem ( Brandeis) près de Prague, il sembla tout d’abord que Louis, assoiffé de culture, dut se préparer à de hautes fonctions politiques. Mais le jeune homme, lucide, reconnut bientôt qu'il n'était pas fait pour une carrière de fonctionnaire ou de militaire.

Une tendre idylle naquit entre le jeune archiduc et sa cousine de la branche de Teschen, Mathilde. Pourtant, la princesse fut promise au prince héritier d'Italie. Elle mourut tragiquement en 1867 avant la proclamation de ses fiançailles.

Appel de la mer

De nombreux voyages dans sa jeunesse lui avaient donné le goût de la mer et des pays du Sud. Après que l’empereur lui eut donné congé, en 1867, Louis-Salvador, sous le nom d'emprunt « Ludwig comte Neudorf », se rendit pour la première fois aux Baléares dans le cadre d’un voyage d’étude scientifique. La beauté sauvage de la plus grande des îles, Majorque, et l'amabilité de ses habitants l’impressionnèrent si fort que, trois ans plus tard, il considéra cette île comme sa patrie d’adoption. Il y achète des terres et des demeures ou fincas. Il eut ainsi plusieurs résidences sur l'île, parmi lesquels celle de Son Maroig dominant la côte septentrionale.

En 1876, il acheta aussi une villa à Zindis ( Trieste), où il revint ensuite chaque été jusqu'en 1914. Fier détenteur « du brevet de capitaine au long cours », il acheta la Nixe de 51 mètres de long qui, de son propre aveu, était sans conteste sa vraie maison.

« La passion des voyages est innée en l'homme. Seulement, notre civilisation, les nombreuses contraintes que l’homme s’impose, ont apporté la sédentarité et il n'est pas possible de suivre cet instinct naturel, sauf avec le yacht. On peut avoir à bord sa propre activité, soit littéraire, soit artistique, soit scientifique, et s’y consacrer le plus activement possible avec tous les moyens nécessaires pour cela et aussi, de temps en temps, détendre son regard par de nouvelles images, ce qui est, en quelque sorte, un moyen de s’aérer l’esprit. Par le biais de nouvelles promenades et de nouvelles excursions, on crée le moyen de se reposer pendant le travail ce que l'on chercherait vainement avec un domicile fixe. »