Littérature espérantophone

La littérature espérantophone comprend l’ ensemble des œuvres écrites par des auteurs de nationalités variées parlant espéranto. Son histoire commence en avec la publication de l'ouvrage Langue Internationale par Louis Lazare Zamenhof, initiateur de la langue. On recense aujourd'hui plus de 30 000 ouvrages en espéranto, originaux ou traductions. Ils sont essentiellement disponibles auprès de librairies gérées par le mouvement espérantophone. L’une des plus importantes est le libro-servo de l’ association mondiale d’espéranto qui compte plus de 6 000 références.

L’ Esperanta PEN-Centro a été admis en 1993 au sein du PEN-Club International (Poètes, Écrivains, Nouvellistes), la seule organisation d’écrivains admise au sein de l' UNESCO. William Auld, poète écossais, fut proposé de 1999 à 2006 comme candidat au prix Nobel de littérature par l'association des écrivains espérantophones. Depuis 2007, le poète islandais Baldur Ragnarsson est proposé.

Histoire de la littérature espérantophone

1887-1920 : romantisme primitif et prise de style

Article connexe : Fundamenta Krestomatio.

Le premier roman en espéranto date de 1907, c'est-à-dire vingt ans après les premiers poèmes de Zamenhof. Durant ces vingt ans, les auteurs se sont principalement essayés sur des traductions et, en ce qui concerne la littérature originale, ont produit de la poésie. C’est au docteur Henri Vallienne, un médecin français, que l’on doit le premier roman originellement écrit en espéranto Kastelo De Prelongo (1907) ; il traite des relations entre les membres d’une famille française noble et ses domestiques. L’année suivante, Vallienne, qui dut abandonner sa carrière professionnelle à cause de son état de santé, ecrivit un second roman Ĉu li?  (eo) Les deux ouvrages sont intéressants même s’il ne faut pas faire trop attention aux imperfections linguistiques ; Vallienne étant un auteur pionnier à une époque où la pratique de l’espéranto n’en était qu’à ses débuts. Après les romans de Vallienne, ont suivi deux ouvrages de Heinrich August Luyken  (eo), Paŭlo Debenham  (eo) (1911) et Mirinda Amo  (eo) (1913).

Pendant la Première Guerre mondiale paraît un roman philosophique, Nova Sento  (eo) de Tagulo (nom de plume de H. A. Hyams). Il s’agit d’une utopie où l’auteur expose sa philosophie de vie qui relève des idées socialistes et végétariennes.

1921–1930 : romantisme mature et éclosion littéraire

Après la Première guerre mondiale, Luyken va de nouveau enrichir la littérature espérantophone de deux romans : Stranga Heredaĵo  (eo) (1922) et Pro Iŝtar  (eo) (1924). Le néerlandais Hendrik Bulthuis  (eo) écrit trois romans Idoj de Orfeo  (eo) (1923), Jozef kaj la edzino de Potifar  (eo) (1926) et La Vila Mano  (eo) (1928). Jean Forge, scénariste polonais livre Abismoj  (eo) en 1923 et Saltego Trans Jarmiloj  (eo) en 1924 puis Mr Tot aĉetas mil okulojn  (eo) en 1931. Mais le roman en espéranto le plus important de l’entre-deux guerres est sans doute celui de Julio Baghy, un auteur déjà connu pour ses poésies. Viktimoj (1925) le premier roman de cet acteur dramatique hongrois s’inspire de son expérience de prisonnier de guerre en Sibérie. Ce livre devient particulièrement populaire auprès des espérantophones. Baghy livrera un deuxième roman Hura!  (eo) en 1930, d’un style différent puisqu’il le qualifiera lui-même de « grimace ».

1931–1951 : mouvement parnassien et évolué

En 1931 parait le troisième roman de Baghy, Printempo en la aŭtuno  (eo), où il montre tout son romantisme. En 1933, il se montre assez critique vis-à-vis du cliché de l’espérantophone dans Paŭlo Paal (Verdaj Donkiĥotoj). La même année, il livre la suite de Viktimoj dans Sur sanga tero qui porte toujours sur son expérience sibérienne.

Le premier roman en espéranto important de l'après-guerre est Kredu Min, Sinjorino! du Suisse Cezaro Rossetti. En partie autobiographique, l’auteur nous livre avec beaucoup d’humour toutes les ficelles du métier d’exposant de foire.

1952-1974 : du post-parnasse au modernisme

C’est en 1958 que le livre de Sándor Szathmári  (eo), Vojaĝo al Kazohinio  (eo) est édité en espéranto. Une traduction hongroise était déjà parue en 1941. Là encore nous sommes face à l’un des romans les plus importants de la littérature espératophone. Il s’agit d’une contre-utopie sur le modèle des Voyages de Gulliver.

En 1963, c’est Raymond Schwartz, célèbre chansonnier espérantophone qui livre Kiel Akvo De L' Rivero, son second roman (le premier Anni kaj Montmartre  (eo) (1930) décrit l’expérience d’une jeune Allemande à Paris). Ce livre a pour protagoniste un jeune Lorrain partagé entre la France et l'Allemagne qui s’engage sans cesse un peu plus sur la voie de la guerre.

1975–1991 : poésie expérimentale et romans

Ces deux décennies sont celles où parurent le plus de romans en espéranto. Avec Claude Piron, Christian Declerck  (eo), Corrado Tavanti  (eo) et István Nemere  (eo) le roman policier s’impose.

depuis 1991 : post-modernisme

Pendant cette période, des pièces de théâtre ont été rédigées et servent de base à des exercices de manuels d’apprentissage. On peut citer Tendaraj tagoj  (eo) et Nemave Edifi de Stefan MacGill, ouvrages dans lesquels apparaissent l’agent secret 005, parodie de James Bond. On trouve également davantage de livres pour enfants, comme Arne, La Ĉefido, lequel a reçu un prix en 2006.

Certains romans écrits à cette période sont devenus des incontournables [1], tel La Ŝtona Urbo de Anna Löwenstein (1999), œuvre de fiction historique entre personnages celtes et romains.

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