Littérature américaine

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La littérature américaine regroupe les auteurs ayant produit l'essentiel de leur œuvre aux États-Unis. Elle peut être regroupée au sein de la littérature anglophone, mais elle peut aussi être un objet d'étude à part entière.

Les débuts

La littérature coloniale

William Penn
Jonathan Edwards
Thomas Paine

Dès la découverte de l'Amérique par les Européens, l'écriture joue un rôle majeur dans la création d'une identité culturelle qui s'affirme d'une part par l'appropriation du Nouveau Monde au détriment des natifs, d'autre part par l'idée d'un monde neuf et cependant intemporel. Au cours de la période coloniale, les nombreuses descriptions du pays seront ainsi une manière d'affirmer un droit de possession opposé à l'illettrisme supposé des natifs américains, et elles forgeront une représentation européenne du continent.

Au début de son histoire, ce qu'on appelle aujourd'hui les États-Unis sont une série de colonies britanniques sur la côte orientale du continent nord-américain. À ses débuts, la production littéraire américaine n'est qu'une forme de la littérature anglaise et ses thèmes ne se démarquent pas de ceux que l'on trouve dans les œuvres anglaises. Les premières œuvres américaines s'attachent à décrire la vie dans les colonies, les interrogations religieuses nées de la colonisation ainsi que la situation sociale, notamment les relations avec les Amérindiens.

Beaucoup de compositions de la première littérature américaine au XVIIe siècle sont des pamphlets et des essais historiques vantant les bienfaits économiques et militaires des colonies à la fois pour l'Europe et pour les colons. Le capitaine John Smith peut être considéré comme le premier auteur américain avec A True Relation of ... Virginia ... (1608) et The General Historie of Virginia, New England, and the Summer Isles (1624). Les autres auteurs importants de cette première littérature coloniale, qui sont à la fois les premiers historiens et les apologistes de la colonisation sont Daniel Denton, Thomas Ashe, William Penn, George Percy, William Strachey, John Hammond, Daniel Coxe, Gabriel Thomas, et John Lawson.

Les querelles religieuses qui poussèrent les Européens à s'installer en Amérique du Nord apparaissent souvent dans la première littérature des États-Unis. Un journal écrit par John Winthrop s'interroge sur les fondements religieux de la colonie de la baie du Massachusetts. Edward Winslow tient un journal des premières années qui suivent le débarquement des puritains du Mayflower. On peut classer parmi ces auteurs d'inspiration principalement religieuse des auteurs tels que Increase Mather ou William Bradford. Ce dernier publie un journal intitulé History of Plymouth Plantation, tenu entre 1620 et 1647. A contrario, des auteurs tels que Roger Williams et Nathaniel Ward prennent clairement position pour la séparation du gouvernement et de la religion.

Dans les décennies qui suivent l'arrivée des premiers colons, de nombreux écrits décrivent les conflits et les relations avec les Amérindiens, notamment chez les auteurs suivants : Daniel Gookin, Alexander Whitaker, John Mason, Benjamin Church, ou encore Mary Rowlandson. John Eliot traduit la Bible dans la langue des Algonquins.

La première littérature américaine vit aussi éclore une poésie relativement originale. Anne Bradstreet et Edward Taylor représentent particulièrement cette poésie. Michael Wigglesworth écrivit un poème qui devint vite très célèbre, The Day of Doom, décrivant le temps du Jugement Dernier. Nicholas Noyes est connu, quant à lui, pour sa production poétique d'inspiration burlesque.

Plus tard, Jonathan Edwards et George Whitefield représentent le Great Awakening (le « Grand Réveil »), un renouveau religieux du début du XVIIIe siècle prônant un retour à un calvinisme strict. Parmi les auteurs puritains nous pouvons citer Thomas Hooker, Thomas Shepard, Uriah Oakes, John Wise, ou Samuel Willard. D'autres auteurs moins stricts sont Samuel Sewall, Sarah Kemble Knight, ou William Byrd.

La production littéraire du e siècle dépasse l'écriture descriptive des premiers Européens installés sur la terre américaine et se veut déjà un premier pas vers une littérature à proprement parler américaine du fait de l'importance plus en plus grande donnée au sentiment d'appartenance à une nouvelle nation de la part des descendants d'Européens. Ainsi, même si le roman se développe et qu'une production poétique existe, le XVIIIe siècle est avant tout marqué par le nombre très important d'écrits politiques relatifs à la Révolution américaine.

La période révolutionnaire compte de nombreux écrits politiques, incluant les partisans des colonies tels Samuel Adams, Josiah Quincy, John Dickinson, Thomas Jefferson ou Joseph Galloway, un loyaliste attaché à la Couronne d'Angleterre. Les œuvres de Benjamin Franklin, principalement Poor Richard's Almanack et The Autobiography of Benjamin Franklin, sont considérées comme un grand témoignage et eurent une grande influence sur la formation de l'identité américaine naissante. Le pamphlet de Thomas Paine, The Common Sense, et les The American Crisis writings ont très largement influencé la Révolution américaine.

Pendant la Révolution américaine elle-même, des poèmes et des chansons tels que Yankee Doodle ou Nathan Hale étaient très populaires. De talentueux satiristes s'exprimèrent à cette époque tels que John Trumbull ou Francis Hopkinson. Philip Morin Freneau écrivit des poèmes à propos de la course à la guerre.

Les débuts d'une production américaine originale

Déclaration d'indépendance américaine.

À la suite de l'Indépendance, une littérature américaine originale tiraillée entre les origines européennes des habitants du nouvel État et la volonté de définir le peuple américain en tant que nation, fait ses premiers pas et donnent naissance aux premiers romans typiquement américains.

Dans la période d'immédiat après-guerre, les Essais fédéralistes de Alexander Hamilton, James Madison, et de John Jay représentent un débat historique sur l'organisation du gouvernement et les valeurs républicaines. The United States Declaration of Independence de Thomas Jefferson, son influence sur la Constitution, son autobiographie, les Notes on the State of Virginia, et ses très nombreuses lettre ont amenés les critiques à faire de lui l'un des plus talentueux premiers écrivains américains. Fisher Ames, James Otis, et Patrick Henry ont une grande importance pour leurs écrits politiques et leurs discours.

On considère souvent que le premier roman américain est The Power of Sympathy (1789) de William Hill Brown. Cependant certains critiques considèrent qu'il s'agit de Interesting Narrative (1789) de Olaudah Equiano. La plupart des écrits de la nouvelle nation luttèrent pour trouver une voie américaine en littérature. La littérature américaine à ses débuts emprunte beaucoup aux courants européens. Ainsi, Wieland et les autres romans de Charles Brockden Brown ( 1771- 1810) imitent les romans gothiques anglais. Les contes de Washington Irving ( 1783- 1859) sont influencés par la littérature européenne, même s'ils ont pour cadre le Nouveau Monde.

Dès la fin du e siècle, les États-Unis cherchent à défendre leur culture et leur langue, dans le but de se démarquer de la Grande-Bretagne, particulièrement dans le contexte de la Révolution américaine [1]. Dans les années 1780, les efforts portent sur l'individualisation d'une graphie et d'une orthographe américaines : Noah Webster, dans le cadre de la société philologique de New York, écrit un dictionnaire américain [2]. Le mot « américanisme » apparaît en 1781 sous la plume du révérend John Witherspoon. Phillis Wheatley écrit une ode à George Washington en 1776 [3]. En 1784, elle rédige un véritable panégyrique de la nouvelle nation américaine [4].

Les premiers romans

À la fin du XVIIIe siècle et au début du e furent publiés les premiers romans américains. Il commençait alors à y avoir un public de lecteurs, femmes et hommes, suffisant pour que des éditeurs soient intéressés. Parmi les premiers romans, on trouve un grand nombre de romans sentimentaux, écrits par des femmes pour un public féminin, et racontant les mésaventures de jeunes filles séduites (le plus célèbre étant Charlotte Temple de Susanna Rowson).

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