Liste des monarques de France

Article général Pour un article plus général, voir Roi de France.

La liste des monarques de France réunit les rois et les empereurs qui ont régné sur la France, au travers des différentes constructions politiques, territoriales et dynastiques qui se succédèrent ( Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Valois, Bourbons, Orléans, Bonaparte). Parmi les différents moments de cette royauté française, on distingue l'époque des royaumes francs au haut Moyen Âge, le royaume de France en tant que tel jusqu'à la Révolution française, puis le Premier Empire, la Restauration, la monarchie de Juillet et enfin le Second Empire. Le dernier monarque ayant régné en France est l'empereur Napoléon Napoléon III, déchu officiellement le , après la défaite de Sedan. Jusqu'alors, la France avait toujours été une monarchie ou un empire, hormis durant deux périodes : la Première République, du au , et la Deuxième République, du au (voir la liste des présidents de la République française).

La date de commencement de la France en tant que royaume et entité politique constituée est sujette à controverse. La date la plus reculée admise est celle de l'avènement de Clovis en 481, qui correspond globalement à l'émergence et la consolidation du Regnum Francorum. Son mariage et sa conversion au christianisme lui ont permis de réunir le royaume des Francs, celui des Burgondes et les restes du pouvoir impérial exercés par les évêques dans les différentes cités gallo-romaines. Le territoire continue sur plusieurs siècles à s'appeler la Gaule, mais on possède depuis cette date des actes de la chancellerie de France qui attestent de l'existence et de la continuité d'un État franc, puis français.

Historiographie

Histoire des listes de souverains

Sous la royauté

Sous la royauté, diverses listes de souverains français ont existé et toutes n'étaient pas cohérentes ; ainsi la liste des rois représentés dans la grand-salle du Parlement de Paris ne coïncide pas avec celle du Registre de Guérin réalisé par le clerc Étienne de Gallardon sur ordre de l' évêque de Senlis [1], [2]. Ces diverses listes avaient pour particularité d'intégrer les prédécesseurs païens de Clovis Ier, à commencer par Faramond [Note 1], de suivre la suite des rois de Neustrie en excluant ceux d'Austrasie [3]. Les différences portaient sur la prise en compte ou non de Charles Martel, représenté comme roi à la basilique Saint-Denis ou sur le reliquaire de Saint Louis de la Sainte-Chapelle [4], de Charles de Basse-Lotharingie intégré dans le registre de Guérin [1], de roi élu mais n'ayant pas régné comme Philippe frère aîné de Louis Louis VII représenté à la grand-salle [5], [3]. Du haut Moyen Âge jusqu'à la Renaissance, la légende de l'origine troyenne des Francs et des Gaulois, permit également aux Francs puis aux Français, de faire de leurs souverains les héritiers des rois de Troie et des Gaules ; ainsi, Jean Lemaire de Belges raconta l'histoire des rois des Gaules ancêtres des rois de Troie et de France [6]. Les listes produites par les serviteurs directs de la monarchie française s'en tenaient cependant aux seuls rois des Francs et de France. La liste de l' Almanach royal, paraissant sous l' Ancien Régime et la Restauration, ne donnait que les rois et les reines depuis Hugues Capet [2].

Par les historiens

Depuis, plusieurs listes ont été établies par les historiens et pour une chronologie précise, notamment des règnes du haut Moyen Âge, on peut consulter :

  • Hervé Pinoteau, La symbolique royale française, Ve – XVIIIe siècles, P.S.R. éditions, 2004, p. 867-873 ;
  • Christian Settipani et Patrick Van Kerrebrouck, La préhistoire des Capétiens, 481-987, 1re partie Mérovingiens, Carolingiens et Capétiens [« Nouvelle histoire généalogique de l'auguste maison de France », I, 1], 1993, p. 38-39 ;
  • Erich Zöllner, Geschichte der Franken bis zur Mitte des sechsten Jahrhundert, Munich, 1970, p. 106-108 ;
  • Margarete Weidmann, « Zur Chronologie der Merowinger im 7. und 8. Jahrhhundert », Francia, 1998, t. 25/1 Mittelalter-Moyen Âge, Sigmaringen, 1999, p. 177-230.

Hervé Pinoteau donne par exemple quatre-vingt-cinq souverains de Clovis Ier à Charles Charles X en incluant les rois d’Austrasie, les empereurs Lothaire et Charles Charles III le Gros [Note 2], les rois associés sous les premiers Capétiens directs [7].

Titulature

Titres officiels

Le titre officiel des souverains français a évolué au cours des âges : roi des Francs, roi de France, roi des Français, empereur des Français. Ces quatre titres ont pu être complétés de titres complémentaires correspondants aux souverainetés étrangères acquises par le monarque.

  • Le titre officiel du souverain est roi des Francs depuis les Mérovingiens jusqu'à Philippe Auguste :
    • Sous les Mérovingiens, malgré les partages du royaume de Clovis Ier, les descendants de ce dernier régnant sur différentes portions du territoire franc ( Austrasie et Neustrie) porteront simultanément le titre de roi des Francs, manifestant par là la conscience de l'unité et de l'identité particulière du royaume des Francs [8] ;
    • Sous les Carolingiens, cet usage se poursuit avec deux modifications ; l'ajout par Charlemagne des titres correspondant à ses nouvelles souverainetés : « empereur gouvernant l’ Empire romain, roi des Francs et des Lombards » ; puis l'abandon après 814 par les rois de toute référence à un peuple ou une nation jusqu'au rétablissement par Charles Charles III le Simple du titre de roi des Francs [Note 3] ; il s'agissait pour Charles III, devenu le seul Carolingien et l'héritier des terres d'origine du Royaume franc, de montrer qu'il était le continuateur légitime de la tradition franque [9], [Note 4] ; ce titre sera repris par ses successeurs Robertiens et Carolingiens jusqu'à Louis Louis V.
    • Sous les premiers Capétiens, le titre officiel de roi des Francs est maintenu jusqu'à Philippe Auguste ; mais apparaît sous son règne, à partir de 1190, en latin : Rex Franciæ, roi de France [10] ; la titulature latine rex Francorum restera par ailleurs en usage jusqu'à la Révolution alors que les littérateurs non officiels inventeront le titre de rex Galliæ sous la Renaissance [9].

Titres officieux

Au-delà du titre officiel, les rois de France bénéficiaient de deux qualifications accordées par les papes :

  • «  Fils aîné de l'Église » [13], [14], parce que les rois de France étaient les successeurs directs de Clovis Clovis Ier, premier roi d'Occident baptisé et converti au christianisme [15], [16], [17]. Le titre de « fils aîné de l'Église » n'était pas officiel mais il s'imposa progressivement comme désignant sans équivoque le roi de France. Pour être tout à fait exact, on aurait dû préciser « Fils aîné de l'Église d'Occident » ;
  • « Roi Très chrétien » [18], [19], [20], [21], ce titre désigne à partir de Charles Charles V le seul roi de France. Le titre de «  Très chrétien » n'était pas officiel mais en revanche le prédicat « sa majesté très chrétienne » était officiellement utilisé dans les traités.

Numérotation

Règles de numérotation

Dès la fin du Moyen Âge, on commença à numéroter les rois depuis les Mérovingiens, à partir des ancêtres mythiques de la « Première race de France ». Cette numérotation débute avec le mythique Faramond, premier roi franc païen, et omet plusieurs rois, car elle ne retient que le seul souverain de Paris ou de la Neustrie durant les périodes de partages successoraux du royaume des Francs. Ainsi, dans la grand-salle du palais de la Cité, la numérotation des rois Thierry et Dagobert ne tenait pas compte des rois des Francs d'Austrasie. Sous l' Ancien Régime, les rois de France tiennent les seuls rois de Neustrie pour leurs prédécesseurs et Charles VII est donné comme étant le « 57e roi de France », suivant la numérotation émise par Jean du Tillet [22]. On trouve ainsi les mentions de « Louis XIV, 68e roi de France » du vivant du roi [23], et Louis Louis XVI était connu comme le « 70e roi de France » [24].

Compte tenu du fait que les rois d'Austrasie se considéraient et se titraient « rois des Francs », ils sont désormais donnés et numérotés dans les listes de souverains francs et français. Ainsi, Hervé Pinoteau donne Louis Louis XVI 82e ou 83e roi de France [25], [Note 7]. Après le partage de 843, les rois des Francs de l'Ouest, à partir de 911 et le règne de Charles Charles III le Simple, sont les seuls à se titrer « rois des Francs ». Ils sont comptés dans la liste des rois français, les autres royaumes issus du partage ayant perdu conscience de leur lien avec le royaume des Francs originel, essentiellement basé en Gaule.

Origine de la numérotation

La numérotation des grands personnages homonymes ne débute qu’au e siècle [26]. En France, celle des rois apparaît sous le règne Louis Louis IX, roi de à [26]. À la suite notamment de l’ Histoire et culture historique dans l’Occident médiéval de Bernard Guenée [26], [27], [28], les historiens s’accordent pour considérer le dominicain et encyclopédiste Vincent de Beauvais comme le premier chroniqueur connu à numéroter les rois de France [26], [27] ; Primat de Saint-Denis la systématise [26], [27], [28].

Il est admis [29] que Charles Charles V, roi de France de à , est le premier à se donner un numéro d’ordre [30], [31]. Louis Louis XI, roi de France de à est le premier des « Louis » à prendre un numéro d’ordre [30] ; son successeur, Charles Charles VIII, roi de France de à , le premier à graver son numéro d’ordre sur la matrice de son sceau [30] ; et son successeur, Louis Louis XII, roi de France de à , le premier à graver son nom associé à son numéro d’ordre sur les monnaies royales [30]. Le numéro d’ordre de François François Ier, roi de France de à , ne lui a été attribué qu’après sa mort, par rétronymie, afin de prévenir la confusion avec son petit-fils, François François II, roi de France de à [30].

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