Liste de saints catholiques

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Sans préjuger des autres, l' Église catholique reconnaît publiquement que certains disciples du Christ peuvent être présentés aux autres croyants comme des modèles de vie chrétienne, de doctrine et comme intercesseurs auprès de Dieu. Attention, la sainteté chrétienne n'est pas à confondre avec perfection morale car si de nombreux saints ont eu une vie très vertueuse, d'autres ont eu une vie moins parfaite certaines et certains étant même des "pécheurs repentis", des personnes qui, sous l'influence du Christ, prirent un tournant radical dans leur vie ( conversion). Cette reconnaissance de la sainteté d'une personne ne peut débuter qu'à la mort du croyant ou de la croyante supposé "mort en odeur de sainteté". En effet, dans la théologie catholique et orthodoxe, le seul détenteur de la sainteté, le seul Saint, c'est Dieu lui-même (La Trinité soit le Père, le Fils et le Saint Esprit). La personne qui sera déclarée sainte ou bienheureuse ne peut l'être que parce qu'elle se trouve dans le rayonnement du Christ, c'est-à-dire au Paradis. C'est parce que le saint ou la sainte est dans l'intimité de la sainteté de Dieu qu'elle peut être déclarée officiellement sainte. Cette déclaration, qui fait suite à une longue procédure (procès en canonisation), est ce que l'on appelle : "porter sur les autels" pour les vénérables, la " béatification" pour les bienheureuses et bienheureux et la " canonisation" pour les saintes et les saints. Il existe en effet trois niveaux de sainteté dans l'église catholique. Les vénérables (premier niveau) dont l'église reconnaît "l'héroïcité des vertus" chrétiennes sans pour autant qu'un culte soit rendu à cette personne (comme le Vénérable Étienne Douaihy). Les bienheureux (deuxième niveau) dont la vénération est limitée à une région, un pays ou un ordre religieux (comme le Bienheureux Stéphane Nehmé, la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité ou la Bienheureuse Marie de l'Incarnation). Et pour finir les saintes et les saints (troisième niveau) dont la vénération est étendue à toute l'église catholique (comme sainte Monique, saint Maurice d'Agaune, saint Charbel Makhlouf, saint Bernard de Clairvaux, sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, saint François d'Assise, sainte Jeanne-Françoise de Chantal, saint Jean-Marie Vianney dit le curé d'Ars, saint Jean XXIII, sainte Catherine de Sienne). À cette liste se rattachent également des listes de saints régionaux (ainsi celle des saints bretons ou suisses comme saint Nicolas de Flue) ou particuliers (appartenant à des ordres religieux comme saint Dominique, sainte Marie de l'Incarnation, sainte Louise de Marillac).

Les canonisations

Statue de saint Padre Pio dans une grotte en Uruguay).

Les premiers chrétiens, disciples de Jésus, ont aussi très rapidement été considérés comme des saintes et des saints (comme sainte Marie la mère de Jésus, sainte Marie-Madeleine ou Marie de Magdala, saint Joseph l'époux de Marie, saint Thomas apôtre, les deux apôtres Jacques (saint Jacques fils de Zébédée et saint Jacques fils d'Alphée) tout comme les archanges ( saint Gabriel, saint Michel, saint Raphaël) et les évangélistes ( saint Matthieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean). Et dans les premiers siècles de l'église, ce sont les martyrs (soit les témoins de la foi, ceux et celles qui sont morts pour ne pas avoir renié leur foi chrétienne. Saint Étienne est considéré comme le premier martyr chrétien) qui ont d'abord été considérés comme saintes et saints (comme les apôtres saint Paul de Tarse et saint Pierre mais aussi sainte Blandine, saint Denis de Paris, sainte Cécile de Rome, saint Sébastien, sainte Agnès de Rome). C'est autour de leurs dépouilles que leur culte va se développer comme dans la ville d' Agaune (actuelle ville suisse de Saint-Maurice) où un important groupe de soldats romains - saint Maurice à leur tête - auraient été mis à mort sur ordre de l'empereur. Ensuite, ce sont les «  confesseurs de la foi » (ceux qui ont souffert pour leur foi sans en être morts), les premiers théologiens chrétiens (les Pères de l'Église comme saint Augustin d'Hippone, saint Grégoire de Nazianze et saint Irénée de Lyon) ainsi que les premiers évêques, prêtres, ermites et moines (comme saint Ambroise de Milan, saint Patrick d'Irlande, saint Antoine le Grand, saint Benoît de Nursie, sainte Scholastique) qui ont été déclarés saints ou saintes.

Dans les premiers siècles de l'église, ces canonisations naissaient d'un élan populaire par acclamation de l'assemblée ( vox populi, vox dei) ou alors par le développement d'une dévotion populaire spontanée liée à la qualité de vie chrétienne d'une personne, sa doctrine ou ses miracles.

Au Moyen Âge, dès le XIIIe siècle, l'Église catholique va peu à peu organiser et encadrer la procédure de reconnaissance officielle de la sainteté d'une défunte ou d'un défunt. C'est ce que l'on appelle le procès en canonisation. Un des premiers saints qui fut soumis à cet examen était saint Dominique (canonisé en 1234), le fondateur des Dominicains. La même année, le pape Grégoire IX affirme son droit exclusif à procéder aux canonisations. Il faudra tout de même attendre 1634 pour que le pape Urbain VIII précise toute la procédure et les critères nécessaires à cet examen des candidats à la canonisation. Les écrits, paroles, actes, réputation, vertus, miracles des potentiels saintes et saints sont analysés. Au fil des siècles, cette procédure s'est fortement alourdie et ce n'est qu'après le Concile Vatican II, en 1969, que la procédure va être modifiée en vue d'une simplification. Sous le pontificat de Jean-Paul II, ce mouvement de simplification va encore se poursuivre notamment en diminuant l'accent porté aux miracles (1 seul devient nécessaire) pour centrer l'examen de la cause du candidat sur l'étude de la sainteté de sa vie (constitution Divinus perfectionnis magister en 1983). Notons que la profusion de miracles du vivant du saint ou des phénomènes extraordinaires comme l'apparition de stigmates ont tendance à retarder considérablement les procédures des procès en canonisation. Cela a été le cas pour le saint Padre Pio. La décision de proclamation de la sainteté d'une défunte ou d'un défunt revient finalement au pape.

Une dernière forme de canonisation existe. Il s'agit d'une « canonisation équipollente [1] » qui permet à une personne dont la sainteté est attestée de longue date par une vénération locale et dont le culte existe déjà, d'être déclarée sainte, même si aucun miracle n'a été rapporté et accepté comme tel par l'Église catholique. Cela a été le cas en 2012 pour sainte Hildegarde de Bingen [2] canonisée par Benoît XVI puis, les canonisation équipollentes suivantes prononcées par le pape François comme dans le cas, le 12 octobre 2014, des deux saints canadiens [3] : sainte Marie de l'Incarnation [4] et saint François de Montmorency-Laval [5]. Mais le pape François a utilisé la même procédure de canonisation équipollent pour les cas de saint Pierre Favre [6], sainte Angèle de Foligno [7], saint José de Anchieta [8], et sainte Catherine Tekakwitha [9]. Il faut encore préciser que cette procédure de canonisation équipollente avait été quasi oubliée durant plusieurs siècles (moins de 40 cas en 500 ans), mais le pape François [10] l'a remise au goût du jour puisqu'il l'a déjà utilisée six fois [11] depuis le début de son pontificat [12].