Lexique

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En linguistique, le lexique d'une langue constitue l'ensemble de ses lemmes ou, d'une manière plus courante mais moins précise, « l'ensemble de ses mots ». Toujours dans les usages courants, on utilise plus facilement le terme vocabulaire. Par métonymie, un lexique est un recueil de termes dont le sens est expliqué.

Taille

La taille d'un lexique est, par nature, impossible à définir avec précision car le seul moyen de se faire une idée de son étendue est le décompte des lemmes (ou entrées) d'un dictionnaire de cette langue, quand il existe.

En synchronie

Aucun dictionnaire ne peut dénombrer tous les lemmes d'une langue. En effet, le vocabulaire spécialisé, les jargons, les sociolectes, les idiolectes, l' argot et tous les termes qui ne sont pas encore lexicalisés ne peuvent être comptabilisés. De plus, seule la langue écrite est réellement prise en compte dans l'édition des dictionnaires usuels : un grand nombre de sociolectes purement oraux échappe à toute investigation.

Un dictionnaire usuel, en effet, ne peut que recenser les termes écrits les plus attestés mais ne peut en aucun cas identifier tous les lemmes qui existent à un moment donné, en synchronie, dans la langue qu'il décrit. De plus, à supposer qu'une armée de lexicographes se mette à l'affût de tous les mots utilisés par les locuteurs d'une langue donnée, l'opération prendrait suffisamment de temps pour que le corpus établi soit caduc au moment de la publication. De nouveaux mots seraient en effet apparus et d'autres auraient disparu, d'autant plus dans les sociolectes oraux.

On peut se rendre compte de la difficulté que l'on a à préciser les limites d'un lexique en se demandant ce que signifie l'expression « ce mot n'existe pas ». Faut-il entendre qu'il n'existe pas parce qu'il n'est pas attesté dans le dictionnaire ? Auquel cas on peut se demander dans lequel. Faut-il entendre qu'un mot n'existe que parce qu'il existe un assez grand nombre de locuteurs qui le connaissent ? Auquel cas il n'est pas possible de donner un pourcentage exact de locuteurs nécessaires à cet effet. Enfin, faut-il que le mot soit connu ou utilisé ? Ce qui change grandement les données d'appréciation.

Par exemple, le mot Trésor de la langue français informatisé6.2002). Pourtant, il est bien connu des spécialistes de rhétorique.

Pour finir, en supposant même que l'on trouverait moyen de réunir l'ensemble du lexique enregistré dans la totalité des dictionnaires, lexiques spécialisé y compris, il reste que certains procédés de construction de mots sont productifs, disponibles à tout moment pour la création d'occasionalismes voués à un oubli immédiat ou à une meilleure fortune. Tel est le cas de l'ajout de maints affixes du français : le préfixe re- lorsqu'il marque l'itération de l'action ou de l'état désigné dans le groupe verbal, le suffixe nominal -age, etc. Ainsi, sur la base wikipédi- du nom propre Wikipédia (cf. wikipédient[ne]) peut se construire °wikipédier, °rewikipédier et peut-être °rewikipédiage (l'indice ° signale des formes virtuelles), cf. infra la section "Création de nouveaux lemmes". D'où une question supplémentaire : « prouver l'existence d'un mot » est une expression paradoxale si ce mot a effectivement été produit (par un locuteur natif adulte, par un enfant, par un étranger, etc.), ou encore si aucune règle ne semble s'opposer à sa formation. Tout au plus peut-on alors fonder cette inexistence en droit en arguant de la norme dictionnairique, du jugement de locuteurs considérés comme plus compétents, etc.

Pour une réfutation de la fixité du lexique en synchronie, on se reportera tout particulièrement aux travaux de Danielle Corbin [1].

En diachronie

De plus, diachroniquement, le lexique d'une langue est en perpétuelle évolution : des lemmes apparaissent et disparaissent sans cesse des usages des locuteurs sans qu'il soit pour autant possible d'en recenser tous les cas, ne serait-ce parce que la disparition d'un mot ne peut être constatée que par les spécialistes (vu que les locuteurs n'utilisent plus ce mot) et que son apparition n'est pas forcément un gage de pérennité (qui peut dire si telle ou telle expression à la mode sera encore utilisée dans cinq ans ?). Les dictionnaires usuels ne recensent en effet les mots que quand ils atteignent une certaine fréquence d'emploi, laquelle, faute de mieux, est le plus souvent calculée à partir de corpus écrits.

Il faut souvent attendre qu'un terme nouveau soit suffisamment attesté par des sources variées pour que les dictionnaires l'acceptent comme lemme, certains étant plus restrictifs que d'autres (comme celui de l' Académie française). En effet, il ne serait pas utile de recenser des termes nouveaux qui ne sont que le reflet d'un effet de mode éphémère. Un dictionnaire usuel n'offre donc qu'un cliché du lexique, plus ou moins précis, mais jamais exact. Les dictionnaires étymologiques, quant à eux, recensent aussi des termes disparus et, paradoxalement, qui ne le sont pas réellement puisqu'à défaut d'être utilisés, ils n'en sont pas moins encore connus.

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