Le Prince

Il Principe ou De Principatibus

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Le Prince
image illustrative de l’article Le Prince
Page de titre de l'édition du Prince datée de 1550, dite Testina en raison du faux portrait xylographié de Machiavel qui l'orne[1].

AuteurNicolas Machiavel
PaysItalie
GenreTraité politique
Version originale
LangueItalien
Titre'Il Principe ou De Principatibus'
ÉditeurAntonio Blado d'Asola
Lieu de parutionFlorence
Date de parution1532
Version française
TraducteurGaspar d'Auvergne
ÉditeurEnguilbert de Marnef[2]
Lieu de parutionPoitiers
Date de parution12 avril 1553

Le Prince, traduction française de l'ouvrage Il Principe ou De Principatibus est un traité politique écrit au début du e siècle par Nicolas Machiavel, homme politique et écrivain florentin, qui montre comment devenir prince et le rester, analysant des exemples de l'histoire antique et de l'histoire italienne de l'époque. Parce que l'ouvrage ne donnait pas de conseils moraux au prince comme les traités classiques adressés à des rois, et qu'au contraire il conseillait dans certains cas des actions contraires aux bonnes mœurs, il a été souvent accusé d'immoralisme, donnant lieu à l'épithète machiavélique. Cependant, l'ouvrage a connu une grande postérité et a été loué et analysé par de nombreux penseurs.

Genèse

Circonstances d'écriture

Portrait de gentilhomme dit César Borgia, Altobello Melone, 1500–1524, huile sur toile.

De 1498 à 1512, Machiavel est employé comme fonctionnaire de la République florentine, notamment comme légat auprès de puissances étrangères comme la France, l'Allemagne ou César Borgia[3].

En novembre 1512, quelques mois après l'instauration d'une monarchie à Florence par les Médicis, il est déchu de sa charge ; en décembre, après la découverte d'un complot républicain ourdi par ses amis, il est emprisonné puis exilé dans sa métairie de Sant’Andrea in Percussina[4]. C'est là qu'il écrit le Prince. La rédaction en est presque achevée en décembre 1513, comme en témoigne la lettre que Machiavel adresse à son ami Francesco Vettori[5] :

« Le soir venu, […] je pénètre dans le sanctuaire antique des grands hommes de l'antiquité […]. Je ne crains pas de m'entretenir avec eux, et de leur demander compte de leurs actions. Ils me répondent avec bonté ; et pendant quatre heures j'échappe à tout ennui, j'oublie tous mes chagrins, je ne crains plus la pauvreté, et la mort ne saurait m'épouvanter ; je me transporte en eux tout entier. Et comme le Dante a dit : Il n'y a point de science si l'on ne retient ce qu'on a entendu, j'ai noté tout ce qui dans leurs conversations, m'a paru de quelque importance, j'en ai composé un opuscule de Principatibus, dans lequel j'aborde autant que je puis toutes les profondeurs de mon sujet, recherchant quelle est l'essence des principautés, de combien de sortes il en existe, comment on les acquiert, comment on les maintient, et pourquoi on les perd. »

Mais, dans cette même lettre, il annonce que le travail n'est pas encore fini[6].

L'ouvrage dans son ensemble aurait été composé entre juillet et décembre 1513[7], avec quelques ajouts ou retouches postérieures, comme la dédicace écrite entre 1515 et 1516[8]. L'ouvrage est publié en 1532 [9], après la mort de Machiavel (1527).

Fonction

La fonction de l'écriture du Prince, pour Machiavel, est discutée par la critique : alors qu'il était admis classiquement que l'ouvrage était issu d'une inspiration soudaine, pour rentrer dans la faveur de la monarchie[10], Claude Lefort[11] le considère comme un travail de longue haleine, issu de l'expérience pratique de Machiavel et de sa lecture des historiens antiques.

Il appuie ses propos, tout d'abord, sur la lettre à Vettori : « quant à mon ouvrage, s'ils [les Médicis] prenaient la peine de le lire, ils verraient que je n'ai employé ni à dormir ni à jouer les quinze années que j'ai consacrées à l'étude des affaires de l'État[12] » ; ensuite sur les rapports diplomatiques de Machiavel[13], ébauches de la pensée globale du Prince ; et enfin, sur la dédicace de l'ouvrage où Machiavel ne se fixe pas pour but de flatter le prince mais d'établir une pensée politique appuyée sur l'Histoire : « Vous ne trouverez dans cet ouvrage, ni un style brillant et pompeux, ni aucun de ces ornements dont les auteurs cherchent à embellir leurs écrits. Si cette œuvre vous est agréable, ce sera uniquement par la gravité et la matière du sujet[14]. »

De même, alors que la rédaction du Prince était considérée comme entrecoupant dans le temps celle des Discours sur la première décade de Tite-Live, Lefort, s'appuyant sur une étude de Hans Baron[15], considère le Prince antérieur aux Discours et notamment, la phrase du deuxième chapitre qui fait allusion à un ouvrage sur les républiques[16] serait un ajout postérieur à la première rédaction du Prince. Ainsi, Claude Lefort donne à l'ouvrage le double statut de pensée profonde et de pensée première.

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