Le Plateau-Mont-Royal

Le Plateau-Mont-Royal
Le Plateau-Mont-Royal

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Administration
PaysDrapeau du Canada Canada
ProvinceDrapeau : Québec Québec
MunicipalitéMontréal
StatutArrondissement
QuartiersPlateau Mont-Royal, Milton Parc, Mile End
Maire
Mandat
Luc Ferrandez
2017-2021
Démographie
Population104 000 hab.[1] (2016)
Densité12 840 hab./km2
Langue(s) parlée(s)Français
Géographie
Superficie810 ha = 8,1 km2
Divers
Site(s) touristique(s)Théâtre d'Aujourd'hui, Théâtre du Rideau Vert, Espace Go, Théâtre La Licorne, Théâtre de Quat'Sous, Théâtre de l'Esquisse, Agora de la danse, Grands Ballets Canadiens, Parc Lafontaine, Mont Royal, Carré Saint-Louis, Parc Sir-Wilfrid-Laurier, Les Tam-tams. Métros : Sherbrooke, Mont-Royal, Laurier.
Localisation
Localisation de Le Plateau-Mont-Royal
Localisation de l'arrondissement dans Montréal
Liens
Site webSite web de l'arrondissement

Le Plateau-Mont-Royal, ou le Plateau, est un arrondissement et un quartier résidentiel central de la ville de Montréal au Québec (Canada). Il est situé sur le versant est du Mont Royal sur un plateau surplombant le centre-ville de Montréal délimité par la rue Sherbrooke. Il est bordé par les arrondissements Rosemont–La Petite-Patrie au nord, Mercier–Hochelaga-Maisonneuve à l'est, Ville-Marie au sud, et Outremont à l'ouest. On y comptait 104 000 habitants en 2016 répartis dans 8,1 km2[2].

Le développement de Montréal au delà du Faubourg Saint-Laurent au XIXe siècle, entraîne la fondation des villages de Coteau-Saint-Louis en 1846, Saint-Jean-Baptiste en 1861 et Saint-Louis-du-Mile-End en 1878.

Aujourd'hui, Le Plateau-Mont-Royal est l'un des pôles créatif majeur du Canada avec une concentration d'artistes[3], de musiciens[4] et d'organismes de création inégalée dans le reste du pays. On y retrouve l'École nationale de théâtre du Canada, le Conservatoire de musique de Montréal, les Grands Ballets canadiens et plusieurs théâtres comme le Rideau vert, le Théâtre de Quat'Sous, La Licorne et le Théâtre d'Aujourd'hui. C'est aussi sur le Plateau que sont établis le studio de développement de jeux vidéo Ubisoft Montréal et l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec. On y retrouve aussi un accès direct au Parc du Mont-Royal, via le Parc Jeanne-Mance, le Parc La Fontaine, le Parc Sir-Wilfrid-Laurier le Square Saint-Louis, et la Place Gérald-Godin.

Histoire

L'époque des grandes fermes

À partir de 1745, la zone urbanisée entourant Montréal s'étend au-delà de ses fortifications. Le Plateau-Mont-Royal naît ainsi lorsque le faubourg Saint-Laurent, au nord, devient le principal axe de développement. En 1792, Montréal s'agrandit pour établir ses limites officielles à environ deux kilomètres des fortifications. Dès lors, le mont Royal et la rue Duluth forment ses limites. Plus loin du centre, surtout vers l'ouest, des familles anglophones ont à l'époque de grandes demeures entourées de jardins et les Hospitalières de Saint-Joseph ont un vaste terrain qui sera le siège de leur futur Hôtel-Dieu. Encore plus en périphérie se trouvent de grandes propriétés de campagne dont les fermes de la bourgeoisie montréalaise.

En 1850, un réservoir pour l'aqueduc de la ville de Montréal est installé à l'emplacement actuel du Square Saint-Louis. Il a comme fonction d'approvisionner les résidents de la Côte-à-Baron, ce qui désigne la pente descendante au sud de la rue Sherbrooke. À cette époque une ferme à l'emplacement de l'actuel parc La Fontaine est convertie en champ de manœuvres militaires. Au nord, d'autres agglomérations se forment de par l'activité économique des carrières, donnant naissance au village du Coteau-Saint-Louis, en 1846. Une chapelle est construite deux ans plus tard, qui sera remplacée en 1857 par l'église Saint-Enfant-Jésus du Mile-End. De nos jours, le Mile End est un quartier voisin faisant partie de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, mais c'est seulement en 1878 que le village de Saint-Louis-du-Mile-End naît. D'ici la fin du siècle, le flanc de la montagne est acheté par la Ville qui y aménage le parc du Mont-Royal, le parc Lafontaine prend la place des activités militaires et le réservoir de la Côte-à-Baron cède la sienne au Square Saint-Louis.

Le village de Saint-Jean-Baptiste se forme vers 1861. Son point central est également l'emplacement de son marché (le premier marché fut construit vers 1870 et remplacé par un plus moderne en 1933; ce dernier sera finalement démoli en 1966). Ce centre civique est situé à l'intersection de la rue Saint-Laurent (qui deviendra plus tard le boulevard Saint-Laurent) et de la rue Rachel. Les villages du Coteau-Saint-Louis et de Saint-Jean-Baptiste sont annexés à Montréal vers la fin du siècle; respectivement en 1893 et 1886. Quant à Saint-Louis-du-Mile-End et DeLorimier, ils seront annexés à Montréal respectivement en 1910 et 1909. À cette époque, la population de Montréal déborde à l'est du chemin Papineau, où se trouvent des maisons et avenues élégantes.

Sur une carte de 1879[5] on voit que l'arrondissement actuel comprend les 3/4 de St-Louis-du-Mile-End, la moitié de Côte-St-Louis, et tout St-Jean-Baptiste, entre autres. La carte ne montre pas les autres parties de Côte-de-la-Visitation qui sont devenues le village De Lorimier (l'est du Plateau) et Petite-Côte (auj quartier Rosemont).

Un arrondissement ouvrier

Allée d'érables dans le parc Sir-Wilfrid-Laurier, 2009

Au début du e siècle, il s'agissait d'un arrondissement ouvrier. Avec les années, croissance économique aidant, il s'est transformé et la population ouvrière l'a peu à peu déserté. Dès 1900, le Coteau-Saint-Louis devient très cosmopolite, comptant temples protestants et synagogues. Plusieurs commerçants protestants ouvrent boutique sur la rue Saint-Laurent, qui devient, en 1905, le boulevard Saint-Laurent, ainsi que la frontière linguistique entre francophones, à l'est, et anglophones, à l'ouest. À cette époque, le boulevard Saint-Joseph devient la première artère bordée d'arbres de la ville.

Dans les années 1930, la crise économique freine la construction dans l'arrondissement, bien que certains travaux soient financés au parc Sir-Wilfrid-Laurier. L'Université de Montréal déménage sur le flanc nord du mont Royal en 1943, ce qui entraîne le déménagement des bourgeoisies francophone et anglophone vers ce quartier. Depuis l'après-guerre, le quartier accueille des immigrants. Des Juifs arrivés dès lors ont généralement maintenu boutique sur le boulevard Saint-Laurent et déménagé leur demeure vers les quartiers adjacents à l'ouest. Vestige de la présence juive: la charcuterie hébraïque Schwartz's du boulevard Saint-Laurent, un des commerces les plus renommés de Montréal, célèbre pour son « smoked meat » (viande fumée). Ils furent remplacés par des Grecs qui ont contribué à l'art local de la boulangerie et de la pâtisserie. Plus récemment, des Vietnamiens et des Portugais se sont installés, dont témoigne, pour ces derniers, le parc du Portugal.

Du « Chinatown », les commerçants chinois ont remonté le boulevard Saint-Laurent jusqu’à la rue Sherbrooke et l'ont dépassé pour cohabiter avec les boutiques indiennes.

Les années 1980: la gentrification

Tam-tams du mont Royal d'un dimanche d'automne au parc du mont Royal, avenue du Parc

Depuis les années 1980, un mouvement de retour à la ville attire de jeunes professionnels, des artistes et des étudiants vers l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Cela en fait un centre d'activités culturelles et intellectuelles. Aujourd'hui, il possède une hétérogénéité socio-économique moins large. En effet, le quartier s'est gentrifié et devient un lieu de résidence privilégié par la classe moyenne aisée.

En 2004, l'organisme new-yorkais Project for Public Spaces a élu Le Plateau-Mont-Royal comme l'un des 20 endroits nord-américains offrant la meilleure qualité de vie.

Une société d'histoire

La riche histoire du quartier et de ses habitants peut maintenant compter sur l'apport d'un organisme sans but lucratif, pour sa mise en valeur. Depuis sa création, en 2006, la Société d'histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal (SHGP), s'intéresse à documenter et à diffuser l'histoire du quartier et celle des gens qui l'ont habité. La SHGP a ses locaux au Centre de services communautaires du Monastère; au 4450 rue Saint-Hubert, local 325. La SHGP y possède un centre de documentation contenant une foule d'informations sur le Plateau-Mont-Royal. Un des joyaux de ce centre de documentation consiste en la collection du journal Le Guide Mont-Royal qui fut pendant nombre d'années, le témoin du quotidien et de l'actualité du quartier. Un hyperlien (voir plus bas)vous conduira au site internet de la société.