Le Petit Marseillais (journal)

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Le Petit Marseillais
Image illustrative de l'article Le Petit Marseillais (journal)

Pays Drapeau de la France  France
Langue Français
Périodicité Quotidienne
Genre Presse locale
Date de fondation 1868
Date du dernier numéro 1944
Ville d’édition Marseille

Le Petit Marseillais est un quotidien régional édité à Marseille entre 1868 et 1944.

Histoire

Le journal a été créé à Marseille en 1868 par Toussaint Samat (1841-1916), fils d’un tonnelier de Mazargues devenu ouvrier typographe [1].

Élise Lasry explique : « Grâce à sa rencontre avec Gustave Bourrageas, qui revient alors de Zanzibar où il a amassé une petite fortune, Samat va pouvoir concrétiser son rêve. Les deux hommes embarquent dans leur entreprise le beau-frère de Samat, Jean-Baptiste Peirron. Le 22 mars 1868 paraît le premier numéro du Petit Marseillais, tiré à 5 700 exemplaires. Le chiffre augmente rapidement pour se stabiliser à 20 000 avec un record de 40 000 [1]. ».

Les rubriques traitent beaucoup de local, sans oublier le national et l'international, la Bourse et les procès célèbres [1]. Il fut surnommé le « journal à un sou » à cause de son prix de vente (5 centimes de franc - 1 sou) alors que les autres journaux coûtaient 2 sous (10 centimes) [1], [2].

Caricature à la une du supplément hebdomadaire du Petit Marseillais en 1922

En 1869, le journal, grâce à l'affaire des « empoisonneuses » (des dizaines de femmes accusées d'avoir tué leurs maris), réalisa ses premiers tirages importants. Le procès se déroulant aux Assises d' Aix-en-Provence, Toussaint Samat le fit couvrir par ses journalistes qui se relayaient en permanence au Palais de Justice et rapportaient heure après heure le déroulement du procès dans ses moindres détails. C'était une première dans la presse et Le Petit Marseillais en profita pour asseoir sa réputation [1].

En 1880, il devint le deuxième plus grand journal de province, derrière Le Petit Lyonnais et devant La Dépêche [3]. Au cours des années 1880, Félix Dubois fut l'un des correspondants européens du journal, il écrivait de Berlin et de Vienne [4].

Dépôt du journal Le Petit Marseillais à Brignoles

Une statistique journalistique, de 1887, indique que Le Petit Marseillais était alors de tendance républicaine, spécialisé dans les secteurs du commerce et de la finance, et que son tirage était de 76 000 exemplaires [5].

Pour contrer une concurrence devenue plus forte, avec l'apparition des journaux Le Radical, Le Petit Provençal et Le Soleil du Midi, Le Petit Marseillais se modernisa en lançant un format de six pages dont le premier numéro parut le [2].

Au cours de l'année 1939, Le Petit Marseillais atteignit un tirage quotidien de 150 000 exemplaires [6]. En cette fin de décennie, le journal était diffusé dans le sud-est de la France, la Corse et l'Afrique du Nord. Bien qu'il continua à se proclamer républicain, sa ligne politique devint extrêmement modérée [7].

La République du Var, quotidien radical-socialiste, édité à Toulon, fut absorbé [8]. Puis Le Petit Marseillais prit le contrôle d'un autre journal de gauche, Le Petit Var, aussi basé à Toulon, et se déclara favorable dès juillet 1940 à la Révolution nationale prônée par Pétain [9].

Dirigé par Jean Gaillard-Bourrageas, descendant de Gustave Bourrageas, et son rédacteur en chef Albert Lejeune, lors de l'occupation, le journal s'affirma ouvertement pour le gouvernement de Vichy. Il disparût en 1944, aux premiers jours de la Libération. Albert Lejeune avait été rédacteur en chef du Petit Marseillais, de Lyon Républicain et du Petit Niçois pendant la Seconde Guerre mondiale. Aux ordres des autorités allemandes, il avait fait de ces trois journaux les organes de la collaboration. Il fut jugé et condamné à mort le [10].

Tout le groupe de presse et ses imprimeries furent récupérés par la Résistance. Le Petit Var réapparut sous le titre Le Petit Varois, journal d'obédience communiste [9]. Quant à La République du Var, elle réapparut sous le même titre [8]. Les locaux du Petit Marseillais furent récupérés et devinrent ceux de La Marseillaise [7].

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