Lapin domestique

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Un Papillon anglais, une des nombreuses races de lapins domestiques.

Le lapin domestique est un lapin européen qui a été domestiqué au Moyen Âge afin d'assurer la production de laurices durant la période de carême. Issus du «  lapin de garenne » sauvage, élevés à l'origine en semi-liberté dans de vastes espaces clos, les lapins de clapier sont de petits mammifères herbivores qui diffèrent très peu de l' espèce souche. Tout comme leur ancêtre des garennes, ils sont en effet de l'espèce Oryctolagus cuniculus, classée dans l'ordre des lagomorphes, la famille des léporidés et le genre Oryctolagus. Le lapin domestique est également caractérisé par ses fortes pattes arrière, adaptées à la locomotion par bonds, et ses longues oreilles. Ses dents poussent continuellement et lui permettent de ronger ses aliments, il pratique aussi la cæcotrophie, ré-ingérant une partie de ses crottes pour les digérer à nouveau. C'est un animal social mais très territorial. Il peut être docile, voire affectueux vis-à-vis des hommes, s'il est habitué jeune à leur compagnie. Il existe plus de 100 races de lapins domestiques recensées au début du XXe siècle, toutes descendent du lapin européen qui a été domestiqué au Moyen Âge en Europe occidentale : une époque relativement récente comparée avec d'autres animaux domestiques.

Le lapin domestique est particulièrement prolifique et donne naissance à des portées nombreuses à de faibles intervalles de temps, notamment dans les élevages à vocation commerciale. Facile à élever bien que relativement fragile, il est d'abord destiné à l'approvisionnement en viande, mais aussi en fourrure et en poils grâce à l'apparition des lapins angoras. Il est aujourd'hui utilisé comme animal de laboratoire et c'est devenu un animal de compagnie ( NAC) populaire, notamment les lapins nains, au point de donner lieu à l'organisation de concours raciaux ou bien de saut. Les très nombreuses races de lapins ont été créées à la faveur de la sélection effectuée par l'homme afin de les adapter aux divers usages précités.

Le lapin est, de manière générale, un animal qui a fortement marqué la culture en raison de sa douceur et de sa prolificité, symbole lunaire de fertilité. Il est de nos jours principalement associé à l'univers enfantin.

Le lapin domestique vit en moyenne entre 5 et 8 ans, avec un maximum de 15 ans [1].

Description

Articles détaillés : Oryctolagus cuniculus et Cuniculture.

Le lapin domestique est issu du lapin de garenne, et reste donc très proche de cette espèce qui forme son ancêtre sauvage. L'aspect extérieur des lapins domestiques peut toutefois varier considérablement selon les races sélectionnées par les éleveurs, et l'animal se démarquer du lapin de garenne tant par sa taille, puisqu'il existe des races dites naines ou géantes, que par sa fourrure, puisque le lapin domestique peut arborer des poils plus ou moins longs ainsi que des coloris variés.

Aspect extérieur

Lapine géant des Flandres au fanon bien visible.

L'aspect général du lapin, tout comme son poids et sa taille, dépendent de sa race. Ainsi, certains sont plutôt élancés comme le lièvre belge quand d'autres ont un port plus ramassé comme le bélier français. De même le corps peut être cylindrique, conique ou convexe, et on trouve des lapins nains comme des races dites géantes [2]. Le poids du lapin se situe généralement entre 0,5 et 8 kg. La tête est pourvue de nombreux poils tactiles appelés vibrisses. Elle est surmontée de deux oreilles placées sensiblement vers l'arrière, qui lui sont reliées par une solide attache cartilagineuse. Ces oreilles sont recouvertes de poils très courts. Leur taille et leur port varient grandement suivant la race : si elles se dressent souvent sur la tête, elles sont au contraire pendantes chez le lapin bélier. Le pavillon est bien irrigué par la circulation sanguine. La lèvre supérieure de la bouche du lapin est fendue en deux pour former le bec de lièvre. Le museau est formé d'un rhinarium, situé juste au-dessus de la bouche et formant une zone glabre en Y. Le philtrum, barre verticale traversant de haut en bas la lèvre supérieure et formant la base du Y, est surmonté des narines qui s'ouvrent en oblique pour constituer les branches du Y. La peau avoisinante peut recouvrir la zone glabre et oblitérer les narines. Les yeux, placés de part et d'autre de la tête, disposent de trois paupières. Deux d'entre elles ont un mouvement vertical, sont munies de cils et recouvertes de poils à l'extérieur. La troisième, dite paupière nictitante, est située entre le globe oculaire et les deux précédentes et ne recouvre qu'un tiers de la surface de l'œil, dans l'angle interne de l'orbite [3]. Le front est plutôt large, le chanfrein plus ou moins courbé et les joues sont bien remplies. Certaines lapines portent un fanon, formant un bourrelet sous leur menton, qui joue notamment un rôle de réserve graisseuse [4]. Chez les mâles, on observe une légère excroissance de glande et de peau qui borde le menton appelée bouton [2].

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La tête est rattachée au tronc par un cou très court et musclé, et peu perceptible. Ce tronc se caractérise par une ligne dorsale régulière, plus ou moins incurvée, et de largeur homogène sur toute sa longueur, même si le râble présente une masse musculaire un peu plus importante. La région pectorale est ample et ne laisse pas transparaître de saillie sternale [2]. Les épaules sont resserrées et proches du corps. Elles se prolongent par des membres antérieurs courts se terminant par cinq doigts, armés chacun d'une griffe longue et arquée, non rétractile. La voûte plantaire n'est pas munie de coussinet mais est recouverte d'une fourrure particulièrement grossière. Les pattes postérieures sont plus longues et ne portent que quatre doigts, également munis de griffes. Elles sont bien charnues, et surmontées d'une croupe arrondie. À la base de cette dernière, on trouve la queue, de longueur moyenne et généralement plaquée contre le corps de l'animal [2]. Comme les autres membres de la famille des Leporidae, le lapin ne dispose pas de glandes sudoripares. Toutefois, les glandes alvéolaires de type sébacé sont abondantes. Les différentes glandes tégumentaires spécialisées présentes chez le lapin sont les glandes paraproctodéales, qui s'ouvrent dans le rectum, les glandes inguinales, des glandes sébacées qui s'ouvrent dans une invagination en forme de sac, les glandes préputiales (chez le mâle) et clitoridiennes (chez la femelle), les glandes sous-mandibulaire, localisée en arrière de la lèvre inférieure et qui permettent aux lapins de marquer leur territoire, et la glande pigmentaire, composée d'un amas de glandes sébacées et située à l'extrémité du museau [3].

Article connexe : Robe (lapin).
Le pelage du lapin peut revêtir des aspects et des colorations diverses, même au sein d'une portée.

Le lapin porte une fourrure composée de nombreux poils recouvrant toute la surface de son corps. On observe différents types de poils : les poils de couverture sont les plus longs, parmi lesquels on distingue les poils recteurs ou poils de jarre très raides, longs et épais, qui jouent un rôle dans l'orientation du pelage, et les poils tecteurs, plus fins et courts qui ont plutôt un rôle de protection ; le sous-poil ou duvet est lui constitué de poils très fins et très densément implantés, à raison de 30 à 50 sous-poils pour un poil recteur, et a un rôle d'isolateur thermique [5]. Suivant leur race, les lapins prennent des colorations très différentes, tant au niveau de leur teinte (blanc, fauve, noir, gris, bleu et toute une multitude de teintes intermédiaires) que de leur motif (uni, panaché, en mosaïque ou plus ou moins tacheté) ou du modèle de pigmentation des poils (unicolore, argenté, agouti) [6]. Certaines races présentent également des poils particuliers comme les animaux angoras qui ont des poils très longs, les rex qui ont au contraire un pelage très court et duveteux ou encore le satin et sa fourrure brillante et soyeuse [7]. La mue a lieu au moins deux fois par an. Elle intervient la première fois à l'âge de 5 à 6 semaines, et pour la seconde fois vers 4 à 5 mois. Une fois que l'animal atteint le stade adulte, elle est surtout liée au changement de saison. La fourrure est en effet plus courte en été qu'en hiver. La mue peut être plus ou moins longue, et plus ou moins fréquente suivant les animaux. Elle peut parfois s'accompagner d'une légère modification de la coloration [8].

Dimorphisme sexuel

Article connexe : Dimorphisme sexuel.

Excepté le cas des races naines, les mâles et les femelles se distinguent par leur allure générale. Les mâles ont généralement une tête plus large, un thorax plus développé et des membres plus épais présentant une musculature bien apparente, quand les femelles présentent une tête plus fine, un corps plus allongé et une ossature plus légère. Le bassin est toutefois un peu plus large chez ces dernières [3]. Un fanon est parfois visible chez la femelle tandis qu'il est quasi inexistant chez le mâle [4].

Squelette

Le lapin, comme tous les mammifères, possède 7 vertèbres cervicales, dont les deux premières, l' atlas et l' axis, jouent un rôle primordial dans la rotation de la tête. La colonne vertébrale se poursuit par 12 vertèbres thoraciques qui portent les 12 paires de côtes, dont seules les 9 premières sont reliées au niveau du sternum tandis que les 3 dernières sont dites « flottantes ». Les vertèbres lombaires sont au nombre de 7, et précèdent le sacrum composé de 4 vertèbres sacrées soudées entre elles. Il porte les os du bassin. Enfin, la colonne se termine par 15 vertèbres coccygiennes, dont les dix dernières forment la queue de l'animal [9].

Les os des membres antérieurs du lapin comportent une clavicule rudimentaire, un humérus qui a la particularité de posséder un grand orifice au niveau de la fosse coronoïde, un radius et une ulna (l'ancien cubitus) qui sont en contact sans qu'il n'y ait fusion. Dans les membres postérieurs on trouve le tibia et la fibula qui ont fusionné dans leur moitié distale [9]. Le lapin se caractérise par des métatarsiens très développés, conséquence d'une adaptation au saut [10]. Les pattes postérieures n'ont que quatre doigts contre cinq pour les antérieures.

Le squelette du lapin est plutôt fragile, et ne représente que 8 % du poids total de l'animal. Par contre, les muscles sont bien développés [10].

Appareil digestif

  v · d ·   Formule dentaire
mâchoire supérieure
3 3 0 2 2 0 3 3
2 3 0 1 1 0 3 2
mâchoire inférieure
Total : 28
Dentition du lapin domestique

Le lapin domestique possède 28 dents, réparties de la manière indiquée sur la formule dentaire. Les incisives sont dites à racine ouverte, ce qui signifie qu'elles poussent durant toute la vie du lapin qui les use en rongeant [11]. Elles ont une forme légèrement courbée, et une table d'usure en biseau. La présence de deux paires d'incisives à la mâchoire supérieure permet de classer le lapin dans l'ordre des lagomorphes et de le différencier des rongeurs. Le lapin n'a pas de canines et ses incisives sont séparées de ses molaires, elles aussi dépourvues de racines, par un espace édenté [12]. Les dents de lait que possèdent les lapereaux (incisives et prémolaires) tombent après environ 18 jours de vie, et sont très rapidement remplacés par les dents définitives [9].

L'intégralité du tube digestif d'un lapin adulte mesure 4,5 à 5 mètres [13]. Après avoir traversé l' œsophage, les aliments arrivent dans l' estomac qui représente à lui seul 40 % du système digestif du lapin. On peut noter qu'il n'y a jamais de reflux de l'estomac vers la bouche chez le lapin. Dans l'estomac, les aliments sont soumis à un milieu acide, dans lequel la paroi stomacale excrète de l' acide chlorhydrique et de la pepsine, et ils commencent à être dégradés, avant d'être dirigés vers le duodénum, la première partie de l' intestin grêle. Là, les enzymes produites par le pancréas vont continuer à dégrader les aliments et les nutriments vont être absorbés par la paroi de cette première partie de l'intestin grêle, qui se poursuit par le jejunum et l' iléon. Le cæcum du lapin est particulièrement important en taille, puisque c'est ici qu'ont lieu les diverses fermentations qui permettent au lapin de digérer les fibres végétales. Les diverses bactéries présentes dans cet organe produisent au cours de ces fermentations des acides gras qui seront ensuite absorbés par les parois du cæcum et du gros intestin. Il s'agit principalement d' acide acétique, d' acide propionique et d' acide butyrique. Les bactéries cæcales synthétisent également de la thiamine (vitamine B1) [14].

Appareil reproducteur

Mâle

Les testicules du lapin sont de forme ovoïde et se trouvent dans des sacs scrotaux ouverts sur la cavité abdominale, ce qui permet aux mâles de rentrer leurs testicules par l'action du muscle crémaster lors de combats avec d'autres mâles, d'une bagarre avec une femelle ou s'ils sont effrayés. Les testicules gagnent les sacs scrotaux alors que le lapin est âgé de deux mois. Ils sont assez volumineux chez l'adulte et se tuméfient au moment de l'accouplement. À chacun des testicules est accolé un épididyme, qui permet la maturation des spermatozoïdes et leur transport vers le canal déférent. Les canaux déférents permettent d'acheminer les spermatozoïdes vers le canal uro-génital. Celui-ci est bordé de diverses glandes annexes parmi lesquelles on trouve notamment les vésicules séminales bilobées entre le rectum et la vessie, la glande vésiculaire, la prostate, les glandes paraprostatiques et la glande bulbo-urétrale ou glande de Cowper [15].

Le pénis est dirigé vers l'arrière au repos mais se porte vers l'avant en érection [16]. Il est dépourvu de gland et mesure 3 à 5 cm. Deux glandes préputiales, localisées juste en arrière du pénis, sécrètent une substance odorante qui joue un rôle dans le déclenchement de l' ovulation de la femelle [15].

Male Genetal System Rabbit.svg

Femelle

Les ovaires de la lapine sont ovoïdes et mesurent 1 à 1,5 cm. Ils se trouvent dans la cavité abdominale, juste en arrière des reins. Sous chacun d'eux, on trouve le pavillon qui, avec l'ampoule et l'isthme, constituent l' oviducte, long au total de 10 à 16 cm. L' utérus est divisé en deux cornes, chacune mesurant 7 cm de longueur et débouchant sur le vagin par un conduit cervical. Les cornes sont réunies en un seul corps au niveau de leur partie postérieure, mais elles ne communiquent pas entre elles et ont donc deux cols distincts, de 2 cm chacun [17]. Le vagin est long de 6 à 10 cm. L' urètre s'ouvre dans le vagin au niveau du vestibule vaginal, où l'on trouve les glandes de Bartholin et les glandes préputiales. Le clitoris est particulièrement développé et mesure 2 à 3 cm. L' urètre s'ouvre dans le vagin au niveau du vestibule vaginal, où l'on trouve les glandes de Bartholin et les glandes préputiales. Le clitoris est particulièrement développé et mesure 2 à 3 cm. Le ligament large, attaché à la colonne vertébrale, soutient l'ensemble de l'appareil reproducteur [18].

Le nombre de tétines fonctionnelles est variable chez la lapine. Il a notamment été accru par la longue sélection sur la prolificité des animaux. On rencontre sur la partie ventrale deux rangées de 4, 5 voire 6 mamelles. Ainsi, le nombre total de mamelles fonctionnelles peut être pair (8 ou 10 tétines) ou impair (9, ou plus rarement 11 tétines). Chaque tétine est munie de 5 à 6 canaux évacuateurs et dispose d'une glande mammaire séparée. Le cas de lapines possédant 12 tétines a été récemment signalé [19]. Quel que soit leur nombre, on trouve systématiquement une paire de tétines axillaires localisées entre les pattes avant, au niveau des 7e et 8e côtes, et une paire de tétines inguinales situées entre les cuisses. Les variations concernent donc les paires de tétines ventrales, auxquelles les lapereaux ont le plus facilement accès [3].

Appareil circulatoire

Le cœur d'un lapin adulte pèse environ 2,7 à 2,8 g par kg de poids vif. Il se caractérise par sa valve atrioventriculaire bicuspide, alors qu'elle est tricuspide chez la plupart des mammifères [20]. Le volume sanguin total est assez stable et représente 55 à 57 ml par kg de poids vif, et ce quel que soit l'âge de l'animal. Il augmente au cours de la gestation et de la lactation chez la lapine mais en conservant une proportion stable par rapport au poids vif de l'animal. Un adulte de 3,5 à 4,0 kg présente un débit cardiaque de 500 à 600 ml par minute, à raison de 220 à 240 pulsations cardiaques par minute. Le rythme cardiaque augmente là encore de l'ordre de 20 à 40 % chez la femelle gestante [21].

La température du corps du lapin varie de 38,2 à 39,4 °C. Les oreilles du lapin, très vascularisées, jouent un rôle dans l' homéothermie de l'animal [10].

Perceptions sensorielles

Vue

Le lapin voit à 360° autour de sa tête.

On considère généralement que chacun des deux yeux du lapin a un champ de vision de 192°, voire plus pour certains auteurs qui estiment que ce champ peut atteindre 240°. Au total, le champ de vision du lapin est de 360°, et la zone de vision binoculaire est de 24° devant lui et de 30° au-dessus de sa tête [22]. En cas d'alerte, le lapin peut accroître cette vision binoculaire à 30° vers l'avant et 8 à 10° vers l'arrière en modifiant la position de ses yeux dans leurs orbites. L'animal ne peut en effet évaluer la distance à laquelle se trouvent les éléments que dans la zone de vision binoculaire. Les oreilles peuvent obstruer la vision des lapins, notamment chez les lapins béliers. Par ailleurs, il existe un angle mort d’une dizaine de centimètres devant le nez. Dans cette zone, les vibrisses permettent de percevoir les éléments placés devant le lapin. Les cellules de la rétine sensibles à la lumière sont peu denses chez le lapin, qui perçoit de ce fait une image floue. Il est donc plus sensible au mouvement qu'à la forme des objets [23].

Chez tous les mammifères, la rétine est tapissée de cellules sensibles à la lumière : on distingue notamment des cellules en bâtonnet et des cellules en forme de cône. Les premières sont particulièrement représentées chez le lapin, ce qui lui permet de percevoir son environnement avec une très faible quantité de lumière : le lapin voit dans l'obscurité. Les cellules coniques du lapin contiennent deux types de molécules d' opsine, qui ont une absorption maximale de la lumière pour des longueurs d'onde correspondant au bleu pour l'une et au vert pour l'autre. Le lapin perçoit donc particulièrement bien ces couleurs, tandis que les autres couleurs, notamment le rouge et l'orange, sont très mal distinguées [23].

Toucher

Les vibrisses sont ici bien visibles.

De nombreux poils longs, épais et semi-rigides appelés vibrisses sont présents sur la tête du lapin, notamment sur la lèvre supérieure et la partie antérieure de la joue, mais également au-dessus des yeux et dans la région temporale. Ils ont un rôle essentiel dans la perception du toucher [3].

Goût

La langue du lapin est tapissée d'environ 17 000 cellules gustatives, qui lui permettent de distinguer les quatre saveurs de base : salé, sucré, acide et amer. Il préfère sensiblement les aliments un peu sucrés et un peu amers. Lorsque l'animal n'est pas soumis à un choix, sa consommation alimentaire est indépendante de l' appétence de l'aliment dont il dispose [24].

Ouïe

Le lapin a une bonne sensibilité auditive. Il perçoit les sons entre 360 et 42 000 à 50 000 Hz, alors que l'Homme n'entend qu'entre 20 et 20 000 Hz. Les lapins n'entendent donc pas les sons très graves, mais ils sont sensibles à une très large gamme d' ultrasons. Le lapin a en revanche du mal à localiser avec précision l'origine d'un son : il ne les localise qu'à 20-30° près contre 0,5 à 1° près pour l'homme. Une fois alerté, le lapin peut se dresser sur ses pattes arrière pour mieux voir, et entendre un éventuel danger [24].

Odorat

L’odorat du lapin est assez développé. Il dispose de 50 à 100 millions de récepteurs sur sa muqueuse olfactive (contre 10 millions pour l'homme et 1 à 3 milliards pour le chien). La surface importante de ses cornets naseaux explique ces nombreux récepteurs, mais les maladies comme le coryza ou la rhinite altèrent très fortement les capacités olfactives du lapin. L'odorat est un sens développé dès la naissance du lapereau, il permet à celui-ci de repérer les tétines de sa mère par le biais des phéromones que celles-ci dégagent [24].

Génétique

Le lapin possède 22 paires de chromosomes. Le séquençage de son génome est actuellement en cours [25]. Du point de vue génétique, le lapin a été largement étudié au niveau de la coloration de sa robe, ainsi que sur quelques mutations particulières comme celles à l'origine des lapins angoras, rex et albinos.

Comportement

Le lapin a été domestiqué très récemment en comparaison d'autres espèces, et on peut observer que son comportement demeure très proche de celui du lapin de garenne, même s'il est moins marqué du fait de la captivité [24].

Social

Un lapin bélier de compagnie

Le lapin est un animal peureux, facilement effrayé si on le surprend. Les contacts répétés avec l'homme permettent de limiter les réactions des lapins vis-à-vis de sa présence. Par exemple, il a été démontré que des lapereaux qui avaient été manipulés avant leur sevrage étaient moins sensibles au stress pendant l'engraissement et présentaient une meilleure croissance [24]. Chez les lapins de compagnie, les contacts répétés entre l'homme et l'animal, notamment si celui-ci y est habitué très jeune, permettent une bonne accoutumance du lapin à la présence humaine.

À l'état sauvage, le lapin est un animal social qui développe une certaine hiérarchie au sein du groupe dans lequel il évolue. On retrouve ce comportement chez le lapin domestique lorsqu'il y a cohabitation entre différents lapins dans un même clapier : des positions de dominant et de dominé sont très rapidement visibles, et se traduisent par une forte agressivité des lapins entre eux et des combats pouvant entraîner des blessures. C'est également un animal très territorial qui marque son territoire grâce à des glandes placées dans trois régions de son corps : les glandes sous-mentonnières situés sous le menton, les glandes anales placées de chaque côté de l' anus et qui permettent de marquer les excréments et les glandes inguinales situées de part et d'autre de l'orifice génital et qui parfument les urines. Les marquages permettent d'identifier un individu étranger (son âge, son sexe), et de détecter si une femelle est disposée à l'accouplement [26].

Locomotion et postures

Un lapin bélier se dressant sur ses pattes arrière.

Les pattes arrière du lapin sont deux fois plus grandes que ses pattes avant, il ne peut donc pas marcher, sauf en position de passage forcé sous un obstacle long. Il se déplace par bonds successifs, plus ou moins grands selon son allure, au moyen des muscles puissants dont sont munies ses pattes postérieures [27]. Par contre, lorsqu'il broute, il avance en faisant de tout petits pas d'environ 5 à 8 cm [24].

Comme son homologue sauvage, le lapin domestique creuse des terriers pour s'abriter et mettre bas s'il se trouve sur un substrat adéquat. Pour creuser, le lapin se sert de ses deux pattes avant simultanément [24].

Le lapin peut parfois se dresser sur ses pattes arrière quand il est aux aguets, afin d'observer les alentours. Il prend cette position lorsqu'il a entendu un bruit suspect, ou senti quelque chose. Quand il a trop chaud, le lapin s'étale de tout son long, les pattes arrière dépliées vers l'extérieur et non plus pliées sous lui [28]. Autre comportement caractéristique de cet animal, il frappe contre le sol avec une de ses pattes arrière lorsqu'il se sent menacé, prévenant ses congénères d'un éventuel danger de cette manière [29].

Comportement alimentaire

Alimentation
Lapereaux tétant leur mère
En élevage, les lapins sont principalement nourris avec des granulés.

Le lapereau tète généralement une fois par jour, le rythme de tétées dépendant surtout de la mère qui vient se positionner au-dessus de la portée pour donner aux lapereaux un accès aux tétines. Il commence à consommer l'aliment de sa mère et un peu d'eau à partir de l'âge de trois semaines, lorsque sa mobilité le lui permet [30].

Après le sevrage, les jeunes effectuent pas moins de 30 à 40 repas solides et liquides par jour, et consacrent 3 heures sur 24 à leur alimentation, contre 2 heures pour un individu plus âgé. La consommation d'eau varie surtout suivant l'alimentation, et un fourrage comportant 70 % d'eau suffit à couvrir les besoins de l'animal. Le régime alimentaire du lapin comprend 15 à 18 % de protéines et au moins 10 % de fibres végétales. Si les protéines végétales sont bien valorisées par le lapin, ce n'est pas le cas des fibres. Les fourrages composés de luzerne, trèfle et sainfoin sont plus nourrissants que ceux de paille de blé, d’orge ou d’avoine. Les fourrages verts, choux, salade, sont à modérer pour éviter tout risque de météorisme. On peut ajouter des croûtons de pain, des navets, des carottes. Ses besoins énergétiques s'élèvent à environ 2 100 kcal/kg de poids vif pour un lapin à l'entretien et atteignent 2 500 kcal/kg pour un animal en lactation, gestation ou croissance [20], [31]. Herbivore (herbes, tubercules, racines), le lapin mange préférentiellement dans l'obscurité, et plus particulièrement le soir et le matin, périodes durant lesquels il ingère les deux tiers de son alimentation [30].

En élevage en batterie, l'alimentation des lapins est presque exclusivement composée de granulés fabriqués à partir de diverses céréales, qui permettent d'avoir une très bonne croissance et de contrôler au mieux la qualité sanitaire des produits ingérés par les animaux. Les lapines en consomment 150 à 350 g selon leur stade physiologique, et les lapereaux en engraissement 100 à 120 g. Il faut assurer d'importants apports d'eau, une lapine allaitante pouvant consommer 1 litre d'eau par jour [32]. L'âge d'abattage d'un lapin de chair est de 3 mois.

Toutefois, d'autres systèmes de production proposent une alimentation plus variée. Ainsi, certaines cages déplaçables permettent aux lapins de pâturer l'herbe naturelle à la belle saison. Chez les éleveurs traditionnels, les lapins sont nourris avec du foin, des choux fourragers, des betteraves fourragères, des graines de céréales germées, des tourteaux, des topinambours, des fruits et bien d'autres aliments à disposition des éleveurs [33].

Attention, le bouton d'or, la digitale, le colchique et le coquelicot sont toxiques pour les lapins [20].

Cæcotrophie
Lapins qui mangent des herbes fraîches.

Le lapin domestique a la particularité de pratiquer la cæcotrophie, c'est-à-dire qu'il réingurgite certaines de ses crottes, les crottes molles. Ce comportement est permis par la variation du fonctionnement du côlon proximal au cours de la journée. Le matin, les boules de contenu cæcal qui rejoignent le côlon sont enrobées d'un mucus produit par les parois coliques. Elles sont évacuées par la suite sous forme de grappes allongées : ce sont les cæcotrophes dites également « crottes molles ». Le restant de la journée, les crottes sont « essorées » dans le côlon lors de contractions de sens alterné qui refoulent les petites particules et la fraction liquide vers le cæcum. Les grosses particules sont évacuées par l' anus et forment les « crottes dures ». Ces dernières s'accumulent dans les litières, tandis que les premières sont récupérées par le lapin dès leur excrétion [13].

Les cæcotrophes contiennent des bactéries et des résidus alimentaires non dégradés, ainsi que quelques résidus des diverses sécrétions digestives. L'intérêt nutritionnel de leur consommation est essentiellement lié aux nombreuses bactéries qu'elles contiennent. Celles-ci sont en effet riches en protéines, mais surtout en vitamines hydrosolubles (B et C). Dans des conditions d'alimentation normales, la cæcotrophie permet de fournir 15 à 25 % des apports en protéines et la totalité des vitamines B et C à un lapin sain [13].

Le jeune lapereau commence à développer ce comportement à partir de l'âge de trois semaines, c'est-à-dire quand il se met à consommer des aliments autres que le lait maternel.

Reproduction en élevage

Physiologie
Accouplement du lapin.

Le mâle atteint la maturité sexuelle vers 140 jours. La lapine est capable d’ ovuler entre 14 et 20 semaines. Contrairement à la plupart des mammifères, elle ne présente pas de cycle œstrien régulier. Elle est en chaleur plus ou moins permanente, son « ovulation provoquée » est induite par l'accouplement : elle se produit 10 à 12 heures après la saillie. Lorsque la lapine est en chaleur, l'accouplement a lieu rapidement lorsque la femelle s'immobilise à la suite d'une courte poursuite. Elle soulève alors le train arrière pour faciliter le coït. Si la lapine n'est pas disposée à s'accoupler, elle s'accole aux parois de la cage, ou colle sa queue au sol pour éviter l'accouplement [34]. La saillie est particulièrement rapide : 10 à 15 secondes après la mise en présence du couple, elle dure en moyenne 3 secondes et peut reprendre dans les minutes qui suivent avec 20 accouplements en ½ heure si on les laisse libres [35]. Lors de cet accouplement, divers stimuli sont transmis au cortex cérébral par voie nerveuse à la suite de l'excitation des zones érogènes de la femelle. Le cortex cérébral tient également compte d'autres messages de types hormonaux (taux de stéroïdes) et externes comme les phéromones et les diverses stimulations des sens pour déclencher ou non l'ovulation par le biais d'un message électrique transmis à l' hypothalamus. Celui-ci produit la gonadolibérine (GnRH) qui provoque à son tour la synthèse d' hormone lutéinisante (LH), hormone responsable de l'ovulation, et d' hormone folliculo-stimulante (FSH), qui joue un rôle important dans la maturation des follicules et qui renforce l'action de la première citée [36]. Il arrive parfois que l'ovulation ne soit pas suivie d'une fécondation, lors de chevauchements entre femelles, ou d'accouplements avec des mâles stériles, trop jeunes ou à la semence de mauvaise qualité par exemple. Dans ces cas, un corps jaune se met en place pour une durée de 15 à 19 jours et produit de la progestérone empêchant toute nouvelle ovulation. On parle de pseudogestation [37].

La fertilité des lapines baisse avec une forte chaleur et augmente avec l’éclairement. Elles continuent parfois à accepter l’accouplement pendant la gestation, la progestérone produite par l'ovaire de la femelle gravide n'étant pas toujours suffisant pour bloquer le comportement d'œstrus. Il n'y a toutefois pas de risque de gestation simultanée (superfétation), contrairement à ce que l’on a pu croire à un moment et à ce qui est observé chez le lièvre [35].

Les spermatozoïdes déposés à l'entrée des cols franchissent ceux-ci d'eux-mêmes, aidés parfois par les contractions musculaires du vagin. Seuls 10 % d'entre eux parviennent à les franchir. Ils arrivent alors dans l'utérus où leur présence provoque des contractions du myomètre qui permettent leur remontée dans les voies génitales. Leur progression dans l'oviducte est ensuite permise par leur motilité propre, les contractions de l'oviducte et les battements ciliaires des parois de celui-ci. Au cours de leur séjour dans les voies génitales femelles, les spermatozoïdes se retrouvent en contact avec le fluide utérin qui déclenche leur capacitation, dernière étape de leur maturation. Elle permet au gamète mâle de pouvoir adhérer à la membrane vitelline de l' ovule. Celui-ci descend dans l'ampoule sous l'effet des battements ciliaires, et arrête sa course à la jonction isthmo-ampoulaire où il attend d'être fécondé [38]. L'œuf fécondé descend dans la corne utérine, où il s'implante à la suite de la cessation des contractions du myomètre permise par la progestérone produite par le corps jaune. Plusieurs œufs sont fécondés de cette manière et s'implantent dans les cornes utérines de la lapine. Leurs cellules vont se multiplier pour former un embryon qui se développe petit à petit. Une placentation de type hémoendochoriale permet les échanges entre la mère et le fœtus à partir du dixième jour. Avant cela il doit se nourrir des sécrétions des tissus environnant [39].

Lapins au nid.

Après une gestation de 28 à 34 jours, la lapine met bas un à vingt lapereaux (entre trois et douze plus généralement). Durant les jours précédant la parturition, elle construit un nid à partir des matériaux solides qu'elle trouve à disposition (paille, copeaux...) et de poils qu'elle arrache sur son ventre et son fanon. La mise bas dure 10 à 20 minutes, mais peut parfois s'étaler sur plusieurs heures. Elle est suivie d'une involution rapide de l'utérus qui perd la moitié de son volume en 48 heures, permettant une remise à la reproduction rapide [40]. Les lapereaux pèsent environ 50 à 55 g à la naissance, avec de fortes variations en fonction de la taille de la portée et des races. Ils sont nus, aveugles (paupières closes et inertes), et plutôt gras - ce qui leur permet de réguler leur température et d’avoir des réserves d’énergie. Le duvet apparaît vers le 3e jour. Leurs yeux s'ouvrent au bout de 10 jours. Il arrive parfois que la lapine mange ses petits, notamment lors d'une première portée. Ce comportement s'explique généralement par un stress, un manque d'eau, une cage trop petite ou des petits touchés trop tôt [41]. Le lait de la lapine est très concentré mais pauvre en lactose. Le lapereau peut rester 48 heures sans téter. Il n’a pas de flore intestinale à la naissance. Les tétées ont lieu une ou deux fois par jour, la femelle se positionnant au-dessus du nid donnant accès aux lapereaux à ses tétines, et elles ne durent que 3 à 4 minutes. La lactation est élevée pendant environ 30 jours mais peut durer facilement 2 mois. Pendant 3 semaines les petits ne boivent que du lait. À partir de 18-20 jours ils commencent à diversifier leur alimentation. Pour les plus grandes races, ils ne mettront que deux mois pour passer de 50 g à 2 500 g (poids d’un lapin moyen) [35].

Composition du lait de lapine [42]
Composition moyenne du lait en gramme par kg de lait
Eau Extrait sec Matière
grasse
Matières azotées Lactose Matières
minérales
716 284 133 153 6 24
Intervention de l'homme

Aujourd'hui, dans les élevages de grande taille, la reproduction se fait exclusivement par insémination artificielle. Cette méthode, employée depuis longtemps chez bon nombre d'animaux, a mis un certain temps à s'imposer chez le lapin car en temps normal, c'est la présence du mâle qui déclenche l'ovulation de la femelle. Le développement de l'insémination dans les années 1980 a suivi la maîtrise de l'utilisation d' hormones sexuelles, et notamment l’ equine chorionic gonadotrophin et la PGF, pour induire artificiellement l'ovulation.

L’insémination artificielle a notamment permis la pratique de la conduite en bande dans les élevages. Toutes les lapines mettent donc bas le même jour ou presque, et il est par exemple possible pour l'éleveur d'équilibrer les portées en déplaçant des lapins de nichées trop nombreuses dans d'autres ou la lapine a été moins prolifique, ce qui leur permet d'avoir plus de lait à leur disposition [43].

Cri

Le lapin européen n'est pas, contrairement aux dires populaires, un animal totalement muet. Lorsqu'il se trouve en situation de peur extrême, il pousse un cri très aigu, prouvant sa détresse. On dit alors qu'il couine. Il peut également pousser un cri bref et aigu, quand il glapit. Et enfin, il peut montrer son mécontentement avec un grognement sonore [26]. Celui-ci est un bruit très sourd que les lapins caractériels peuvent émettre lorsqu'ils sont dérangés par quelque chose de leur entourage et ce qui les énerve.

Le lapin a d'autres moyens d'émettre des sons. Ainsi, il grince parfois des dents lorsqu'il souffre mais aussi paradoxalement lors d'un plaisir particulier (lors des caresses par exemple), et peut frapper ses pattes arrière sur le sol, quand il est particulièrement excité et se sent en danger ou est énervé [26]. Enfin, il pousse parfois un bruit sourd pouvant s'apparenter à une sorte de « honk honk », provenant de son gosier, lorsqu'il est heureux d'un évènement [44].

Toilette

Un lapin nain faisant sa toilette

Le lapin effectue sa toilette en mouillant ses pattes antérieures avec sa salive, puis en se frottant le tour des yeux, les oreilles, le dessus de la queue puis les pattes arrière. Cette opération lui prend plusieurs minutes par jour. Durant sa toilette, le lapin ingère une grande quantité de poils, notamment en période de mue. Ces poils peuvent former des bouchons appelés trichobézoards qui conduisent parfois à des occlusions intestinales [45].

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